CHAPITRE
DES PinCEACX.
ijHAQUE procédé de peintnte demande des piooenux particuliers; aussi leurs espèces sont^lles très-Tariées. L'espèce de poil » la forme du pinceau » et par conséquent la manière de le disposer, de le lier, elc» diff^ent donc
11 nous a semblé inutile de réunir ici les indications relatives à la fabrication des pinceaux; car bien que beaucoup d*artisaD8 s'occupent de cette fiibrication , il n*y en a qu'un petit nombre qui y réussissent. Or comment les peintres , sans une dextérité particulière, réusairaient*ils à faire d'excellens pinceaux, et s'ils possèdent cette dextérité particulière, à quoi leur serviraient nos indications? Ainsi nous nous contenterons ici de quelques observations.
Les Italiens n'ont que le mot p$nMa pour signifier les pinceaux de soies de porc et ceux de poil de martre » de putois , etc. Les Français emploient les deux mots broêse et pinceau. Ne aerait*îl pas mieux de caractériser ces distinctions nécessaires au mot pinceau, en ajoutiant un autre mot, et en disant, par exemple, pinceau de putois, de martre, de soies de porc, de poils de cbènre,:etc. (Voyez le Dictionnaire au mot Brosse.)
Le manche des pinceaux de soies de porc est toujours en bois , les poils de pinceaux de martre^ de putois, etc., sont contenus dans un tube en plume. Pour les gros pinceaux on se sert de la plume de cigne , pour les moyens.
662 PROCiDÉS VATÊBIBLS.
de plumes d'oie» qt pour les petits, de plumes d'alouette. On fait tremper dans l'eau tiède ces tubes avaoft d'y enfiler l'assemblage des poils. Quelquefois on lie et on étraogle en deux places ce tube même» et dans ce cas on emploie un fil de laiton , etc.
La martre, le petit-gris, le putois de Munich, et, selon Théophile , le poil d'âne, le poil de chien et tant d'autres sont employés pour les pinceaux doux. Celui du hlairean est surtout employé pour parlbndre, pour repasser et donner une fusion superficielle aux couleurs ; aussi sa forme est-elle rondeet plate. Celui du putois de Munich est ferme et fin tout à la fois. Les Chinois emploient beaucoup le poil de chèrre; ils se serrent pour hampe de morceaux de ros^u : on a fait usage aussi du poil de chameau , etc Nous avons déjà donné quelques indications relatives à l'emploi des pinceaux, à la page ^jS de ce même volume.
Lorsqu'un pinceau neuf est tràs-sec , souvent les poils s'en détachent Dans ce cas , on le trempe quelque tems dans l'eau avant de s'en servir. Par ce moyen, tb bois ae renfle, la ficelle se resserre, et il ne s'échappe plus, même lorsque cette humidité est évaporée , les poils se trou* vaut serrés par le gluten de l'huile ou tout autre , etc.
Il faut beaucoup de précautions pour bien nettoyer les pinceaux appelés brosses , et ne pas les user. Les fi*ottemens fi^quens sur le pincelier ou godet qui , à cet effet, est chargé d'une, traverse, finissent par les détériorer et par en arracher les poils , surtout si on agit avec force pour enlever de dessus ce pinceau des couleurs déjà devenues visqueuses.
L'huile volatile employée seule pour le nettoiement ùkit recoquiller les pointes fines des pinceaux. Lorsque le
PINCRAUX. ubd
pinceau est épaissi par des glutens visqueux» il convient de le débarrasser en employant le savon. On a donc du savon vert, bien mêlé à chaud avec de Teau et réduit à un état convenable de fluidité. Le gros de Thulle étant essuyé , on prend du savon an bout du pinceau , et sur un bout de planche non rabottée ou blanchie , mais conservant les stries de la scie , on frotte , on agite le pinceau et Ton fait mousser le savon , qui détache tout le corps gras et la couleur. On reprend ensuite dans ses mains le pinceau , le poil étant tourné vers la paume de la main , et avec l'ongle on tire à soi ce qui peut rester de couleur. On savonne de nouveau, et on lave bien le pinceau : cette opération se iîiit au-dessus d'un vase assez grand et rempli d'eau tiède.
Les peintres qui ont en magasin de bons pinceaux doivent avoir dans leur grande boite à couleur (quatrième tiroir , voy. figure 526) , une boite de fer-blanc » renfermant soit du camphre, soit des plantes odorantes propres à éloigner les mites qui, en peu de tems, peuvent détruire un gros assortiment de pinceaux.
Le choix de bons pinceaux est d'une grande imporlance , d'une grande influence sur l'imitation et sur l'exécution du tableau. Quelqu'adresse que possède naturellement un peintre, il réussira beaucoup mieux, il exprimera avec beaucoup plus de sentiment et d'enthousiasme , s'il est muni d'un excellent pinceau , que si cet instrument est rebelle et s'oppose par sa mauvaise qualité aux prestiges qu'on attend de lui.
C64 PROC^Dàs HATtRIELS.