DES PALETTES
Lb tois le plus usité pour les palettes est le bois de noyer, parce qu'il est léger et d'une couleur assez favorable à Ù comparaison des teintes. Les bots rougefitres , tels que le poirier, peuvent influer sur ces comparaisons et affecter trop la vue.
La partie du noyer qui avoisine la racine est priÇférable pour les palettes , afi» qu'elles tie soient pas noueuses et qu'elles ne voilent pas. La palette doit être bien dressée et très-polie à Taide dé la poudre de pîerre-ponce employée sans huile d'olive , puis à l'aide du trîpoli choisi. 11 faut faire ce polissage sur une table bien plane et polie elle-même , ou sur ud marbre.
Une opération ti*»-îiliportan te c'est rîmbîbîlloû et la vernissure de la palette. Je De croîs pas qu'il doit nécessaire de la saturer d'hffile, ainsi qu'on le fait ordinairement, car le sé)onr de l'huile àtios l'épaisseur de la palette ne peut être favorable qu'autant que ces couches successives, absorbées parle bois de la palette, se sèchent et durcissent successivement. Or la manière dont on procède ordinairement d'après les livres n'est point propre au but qu'on doit se proposer. Ce but, c'est de boucher les pores à l'aide d'une matière concrète qui , dans l'état liquide , a pénétré jusqu'au centre de la planchette; or l'huile cuite reste trop long-tems molle et ne favorise pas ce
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beau vernis, ce beau poli qu'on aime à Irourer sur une palette. Il faut donc introduire une autre composition. Je pense que la mixture par deux tiers d*huile , ou même par un tiers » est à préférer (voy. le chap. SgS) ; je pense même qu'on peut se dispenser d'employer de l'huile , et que le copal suffit. Il est vrai qu'ici nous parlons autant de la préparation de la palette pour la peinture encaustique que de la palette pour la peinture à huile. Pour Tencaustique » le copal dissous dans l'essence d'aspic » et introduit à l'aide du feu dans l'épaisseur de la palette» suffit, et il suffirait même pour une palette destin^ aux couleurs à huile. Cependant y pour celte dernière » on pourrait introduire une portion 'd*huile » et dans ce cas , il conviendrait de faire dissoudre dans l'huile , du karabé qui est plus dur encore que le copal. Enfin il n'est pas nécessaire d'imbiber la palette d'une huile superflue et lente à se sécher , procédé qui empêche d'en faire usage avant un an; il est évident qu'on peut au contraire en préparer une dont on peut se servir tout de suite.
Nous avons dit qu'il faut éviter l'emploi de l'huile d'olive dans le polissage du bois des palettes. En elFetp celte huile ne se sèche jamais. Or on peut substituer à Thiiile d'olive l'huile volatile de cire , ou de lavande , ou d'aspic» ou même de térébenthine» et rejeter ainsi toute espèce d'huile fixe pour ce polissage.
L'épaisseur du bois vers le bas de la palette et vers le trou , doit être de deux fortes lignes environ , et elle doit être d'une forte ligne environ vers le bord supérieur opposé.
C'est le soin qu'on donne à la palette qui en fiiit la beauté. La négligence d'un peintre qui dit des entailles
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au bois de sa palelté avec son amassète est presquMmpardonnable. En employant des lames de corne ou d'ivoire » et en enlevant les couleurs à tems» on évitera ces accidens. Gomme le frottement du petit linge avec lequel on essuie la palette n*a pas assez de force pour enlever le^ couleurs déjà séchées sur la palette /on emploiera avec succès un morceau de papier gris et peu collé. On aura aussi quelques morceaux de prêle, qui pourront gratter certains points de la palette ^ et qui la poliront en môme tems. J'ajouterai que l'usage de petits linges larges seulement comme la paume de la main , et qu'on rejoUe ou qu'on brûle dès qu'ils sont trop salis , est bien moins' désagréable que l'usage de torchons trop graqds , qui gê* nent par leur volume et par l'odeur qu'ils finissent par contracter. Il est nécessaire d^avoir deux et trois palettes, 1^ d'y. pouvoir transporter les couleurs demi-sèchès, qu'on aura som de remanier & l'amassète ,- et à part , sur une glace destinée à cet usager
On a inlaginé des palettes enmétal^ en porcelaine, etc. , mais elles sont trop pesantes , surtout lorsqu'elles ont la forme qui oblige k. les tenir par un trou. Cet usage de retenir par (m troU/ à l'aide, du pouce» la palette a quelque chose de bizarre , et il n'est paiâ bien démontré que ce soit la nécessité seule e^ non la routine qui ait perpétué cet usage. Je pense que la main serait tout aussi à l'aise, si on débarrassait le pouce de cette prison tranchantey ou si on imaginait, par exemple, une poignée quelconque placée au dessous de la palette et qui pût donner un peu plus de commodité , de force et do grâce à la main qui ^ il faut le dire, est fort gauchement disposée, lorsqu'on est en action de peindre.
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On n'a poini retrou?é d*îmoges de palettes antiques , images (pii retracent la forme un pen étrange de bob palettes modernes. La précieuse celleetion Paua4aqna^ vendue récemment au roi de Prusse » nous fait Toir plusieurs espèces d*étuis longs de quelques pouces, contenant des couleurs qui probablement serraient aux écrivains et aux graphistes qui peignaient par teintes plates et coiifèrea. Ces petites boites longues n'étaient pas , à proprement parler , des palettes « mais un casier à couleurs , et daes lequel on serrait les pinceaux , les styks » etc.
Nous avons dit qtie la couleur de certains bois était pen favorable aux palettes; cepemdant si ces bois étaient d'ailleurs levers , bien pians » solides et très-'^Iissos , il ne s'agirait que de modifier leur teinte par quelque moyen chimique : on y parviendrait aisément. La chaux vivo, éteinte dans de l'urine , l'eau rouge des tanneur^ , le noir et le sel ammoniac , mais , surtout f une immerrion p/us ou moins longue du bois dans )'eau d'alun sent des moyens artiflciels efficaces pour modifier et rembrunir la couleur naturelle dû liois»
On a vu des palettes de formes divt^rses; on ^ a vu d'ovales, de preisque rondes, de can^éeii Ces variétés prouvent assez que ce choix est plutôt- ntve àÉaîre d'habitude et une question de bon^tt qtf'une affidre de nécessité et de commodité. Or,- comme le peièlre est censé, par le caractère de l'aift qu'il exerce^ être créateur des belles choses , et propagateur du bon goût ; il dejt , ji que d»is le choix des ustensiles dont il fiiit usage, preuve de ce goût et de ee respect pour le beau.