PLASTIQUE
réflexion , sans Texpérience , aurait dft faire pressentir : c'est Ri réduction inégale de la hauteur du modèle» comparée à celle de sa largeur. Tout corps humide , dont les parties ne sont pas contenues sur leur hauteur par des membranes solides , comme le bois , par exemple , se pose et s'affaise sur lui-même. Ainsi une figure d'argille » en proportion de sa hauteur et du poids de la terre, 'est sujette à cet inconvénient dont il fSallait parler, puisqu'il engage le sculpteur à des précautions particulières, celles , par exemple, de commencer la figure plus longue qu'il ne faut, ou d'en tenir la plinthe assez épaisse pour y retrouver la longueur nécessaire , quand il aura aperçu que sa figure est devenue trop courte. »
Cet inconvénient , ainsi que beaucoup d'autres , parmi lesquels il faut compter l'assujettissement où Ton est de surveiller l'humidité des figures en terre, détermine beaucoup d'artistes dans la préférence pour la cire préparée à cet effet. La cire plastique reste effectivement toujours ductileetàla disposition de l'artiste, qui veut la soumettre h des corrections , et môme à de grands changemens.
On a imaginé , depuis quelque tems, de construire des espèces de petits squelettes mobiles en cuivre , que l'on recouvre de cire; par ce moyen ingénieux, on peut faire jouer h volonté ses figures , et en modeler les formes selon un mouvement déterminé.
Voici une composition assez bonne pour obtenir une cire-plastique , qui ne soit ni trop molle ni trop dure : Cire jaune, 1 livre; poix de Bretagne, fonces; saindoux, 2 onces; essence de térébenlhine , 1 once. On met toutes ces drogues dans un vase avec un peu d'eau , et on les fait bouillir en écumant toujours les vilainies qui
668 PROCâpàs MATilRIELS.
s'en échappent : chacun pourra aisément donner à c^lle composition soit plus de mollesse > soit plus de dureté.
J'ai sOttTelit introduit avec succès dans la cire du jaune de chrome; cette couleur donne de l'éclat et du mat à la cire , et on juge inieux les formes et Teffet : on broie ce jaune dans le sainrdoux ayant de le mêler dans la composition»
Si Ton veut changer le mouvement d'une marquette en cire , il faut la faire tremper un quart^d'heure dans de l'eau tiède entretenue au môme degré de chaleur; par ce moyen toute la masse derient souple , sans être trop molle à sa surface.
Un moyen assez commode encore pour avoir des marquettes qui peuvent durer quelques semaines seulement sans se sécher , c'est de mélanger la terre à modeler dans du savon noir ajouté en quantité convenable : de semblables marquettes restent long'^tems molles , et ne sont altérables que par l'humidité qu'elles absorbent à la fin et qui finit par les décomposer; mais jusque*bi elles ont l'avantage de se conserver molles sans qu'on en entretienne l'humidité.
Du moulage sur nature.
Le peintre doit» sans contredit, tirer avantage de l'art de reproduire par des moules les beaux originaux qu'il rencontre dans la nature on dans les productions de la sculpture. S'il aperçoit une main, un pied, tels qu'il en a besoin , soit quant à l'action , soit quant à la forme sur un individu-modèle qui consent à se prêter an moulage » jl doit profiter de celte occasion et se procurer ainsi
MOULAGE SUR NATUBK. 66()
Teclype de cette main » de ce pied , ou enCn de celte belle production de la nature ou de Tart.
Il y a deux manières de mouler en plâtre an modèle quelconque : le premier , qui demande beaucoup de pratique, de tems et d'adresse, s'appelle ectyper à bon creux; le second , plus facile , s'appelle ectyper à creux perdu. Dans la première manière on conserve le creux dans lequel on a obtenu l'empreinte; dans la seconde manière, on détruit le moule, qu'on brise peu à peu pour y découvrir l'empreinte : cette deuxième manière est plus &cile , en ce que l'on n'est pas obligé de composer le creux avec des pièces multipliées , superposées et combinées ainsi que nous l'expliquerons tout-à-l'heure, moyens indispensables pour obtenir un facile et sûr dépouillement. Il faut donc qu'un peintre sache mouler à creux perdu : voici les instructions qui lui sont nécessaires pour cette opération.
Le choix du plâtre , soit qii'il soit cru, soit qu'il soit cuit, est une condition importante. Celui qui est cru doit être pesant et rempli de particules brillantes , qui sont autant de petits cristaux; les amateurs les plus dif* ficiles préfèrent le gyps , qui est la pierre à plâtre la plus transparente; elle est fort commune dans les carrières de Montmartre auprès^de Paris , oii elle affecte une cristallisation cunéiforme: les Ottvriera l'appellent talc trè^-impropremcaDt* Tout autre gyps crystallisé serait sans doute aussi bon ; mais il est plus rare en France » en plus petites maases , et mêlé de plus de corps hétérogènes.
Le plâtre ou gyps cuit chex soi est presque, toujours supérieure celui que vendent les plâtriers, et qu'ils cuisent avec peu de soin , ou chez lesquels. il s'altère par l'humi-
672 PBOCI&Dis MAT^BIELS.
11 iaut éviter de s'occuper de celte opération dans un tenus humide» carie plâtre en souffrirait toujours quelque chose» et d'ailleurs il serait moins de garde.
Leplfllre bien écrasé se paaie au tamis de soie; puis on en remplit des bouteilles bien sèches » en Tenlassant pour qu'il n'y ait point de vide » et il se conserve une année entière» si toutes les précautions que nous venons d'indiquer ont été bien observées.
Quelquefois on ajoute de l'eau de colle très-chaude, afin de donner plus de dureté au plutre. On s*est aussi occupé des moyens de le consolider ^ mais jusqu'ici on n'a pas » à ce qu'il parait» réussi» bien qu'on soit parvenu à faire des empreintes en pierres factices » et que les ré* sultats en soient fort satisfaisans.
Le renflement qu'éprouve le plâtre» après qu'il a été coulé» est une des imperfections de ce genre d'ectype; mais elle est inévitable : on n'a point encore assez éclairé les artistes et les praticiens sur ce point. Le renflement du plâtre a lieu et sur le moule et sur l'épreuve. On peut imaginer les différences qu'il doit y avoir entre l'originalmarbre et la copie en plâtre » si celle-ci est sortie d'un moule fait sur un surmoule» c'est-à-dire si l'épreuve a subi l'altération et le renflement successif de trois moules et de deux épreuves » plus l'altération qu'elle a subie ellemême. Les sculpteurs sont les premiers à sentir Timportance de ces altérations ; aussi recherchent-ils avidement les originaux » ou au moins les premières épreuves » et se méfient-ils beaucoup des surmoules*
Il est facile de colorer les empreintes» en colorant l'eau qui sert dans le coulage. Une foule de plantes et d'autres substances peuvent être employées dans ce cas; c'est
MOVLAGJB SUR NATURB. G7?
ainsi qbe l'épine-Tinelte» le safran pour le jaane , l'indigo' pour le bleu, les bois de Brésil et de Fernambouc pour le rouge , celai d'aune poui^ la couleur de chair , peuvent être utilement employés.
Après avoir considéré l'étendue que cette main' occupera sur la table qui doit supporter le moule» étendes avec une spatule du jdâtre qui commence à prendre/et niéttezen on pouce et demi environ d'épaisseul»; et de longueur la mesure de la main , plus un ou deux piouces ; aplatisses cette couche » et avant qu'elle M soit trop pi^ise, superposez une autre couche d'un demi-pouce» laquelle couche sera composée de plâtre sensibleitfent coloré soit avec uii peu de poudre d'ocre» soit avec toute aut^é : placézaussitdt et faites enfoncer dans ce plâtre mou la m^in Jusqu'à l'a moitié de son relief ou de son épaisseur. Auparavant elle aura été frottée suffisamment d'huile d'èliVe mise an pinceau. Dès que le plâtre commencera à dui'cir; on s'occnpora de couper ou tailler ce plâtre de matiiôi^ qu'il' n'arrive qu'à la moitié de Tépaidseuf de la main; on le nettoiera bien tout autour des doigts , b&ù qUe la seconde pièce qui va poser su^ celle-ci rencontre une surface plane. On fera quelques trous dé rqpè're sur cette même surface; et, quand elle sera suffisamment durcie on la huilera avec soin» afin que le' plâtre de la pièce supérieure n'adhère nullement à cette première moitié du moule.
Pour former l'autre moitié» apposez du plâtre coloré de même que celui du dessous et de la même épaisseur » de manière qu'il couvre entièrement la main. Ensuite augmentez Fépaisseur de cette surfece» ou moitié de moîile » avec du plâtre semblable à celui qui a été employé dessous; De cette manière la main sera parfaitement em- TOMB lie. 43
G74 PROCÀDis MATâRIBLS.
priftonnëe; on réparera, on neltoyera tout autour» et on laissera durcir le piâtre au jdegré nécessaire. Quand le tout aura pris asse^ 4^ cpi^sistanc^j ou procédera à la séparation des deux creux. Pour cela, on introduira peu à peu et en plusieurs places > pour préparer la séparation , une lame de couteau; cette opération .faite, et lorsque Ton aura souleyé la .pièce supérie\irPi».9p s'oQCupf^ra de iaire sortir la mab avec précaution, de nii^nière à ne pas briser les. angles. «igiis qui suillisnt çà et là. Il faudra ensuite savonner rintérieu.r du mQide » ce qui 3e bit avec de l'eau de savon que l'on é^^nd au pinceau et qu'on a soin de laisser, pénétrer : on renouvelle trois ou. quatre fois les couches selon rinibibitiou » et jusqu',à ce qu!oa soit assuré que le plâtiçe que Top doit couler; dwf le moule n'y jadhérera.pfis.. Quand, le plâtre est bi^n seq, ce qui exige, une heure à peu pi'ès,. on lie les pièces et on procède au coulage dans le crfsqx , aiin d'oj^tenir une empreinte* . . .
Ayez pour jee,po,uilage di| plfilt^e fin .qui commence h prendre çtqqi es( en #at demi-liquide* Vejrseasrle par Touverture du n^ule, puis renversez et tournez petit à petit le mpule; roulea^-le quiin dM» .v.oa mains* de façon que cette, coucb.e demi-liquide ,de .platée fin ^nètre bifen et s'é(ende dans tqptes iQ^.profoodeurJB du moule* CetlAf remière couche éM^i^K prise > forjtifiez4a par une autre couche, en rejetant» s'il le/ai|t»^ar rouYert|Urâ,i'excédant du plâtre, excédan);. qui l'empêcherait de. prendre prompdement dans le fond.jCe coulage élant.fiiit, .et Tempreinte étant, suffi^mment dp^Pic, il n^.s'agit^ plpsi]ue de découvrir l'empreinte et de s'en emparer. Pour gibIa. il importe de briser le moule avec précaution. Dans cette c^rar tion on enlève assez ^ardia^nt tout le plâtre blanc qui est
HOULAGJi MJR NATURE. G'jù
superposé autour de la couche colorée , et on procède avec plus de précaudoB pour le brisement de cette dernière. Une lame de couteau est UiBstrument dont on se sert à cet effet; on brisera donc petit, h petit jusqu'à ce qu'on arrive à Tempreinte»
[Toutes les parties dont on. regarde le dépouillement comme faciles^puisqu'elles n'offrent point de détours^n'exigcnt pas que l'on en brise l'enreloppe» puisque cidle-ci se dépouiUe aisément d'elleHOdéme; cependant,. si ,; par impatience, on voulait séparer 9 sans l(is Jbriser, de grosses masses , on risquerait de rompra des parties telles que les doigts par exemple lorsqu'il s'agît d'une, main. .,...,,
Mais il y a des poses» des situations ou positions de parlies qui ne permettent pas le dépouillement pargratides pièces de l'empreinte; dans ce cai, il f^t s'aider de quelque moyen plus composé. On interpose donc des morceaux de liège sous ce». parties .du modèle, et ce liége , qui d'ailleurs est élastique , reimpb't tcfos' ces intervalles , et empêche le plâtre liquide,' que J'-on coule pour former l'empreinte » de pénétrer dans les creux détournés du moule» ce qui facilite toute l'opération. . • Quant aux visages > den n'est si facile que d^en «►btc?nir le moule et l'^mpireinte; iï suffit de le composer de deux pièces V si la ferme du modèle l'exige^.. >
L'art de mpuler. sur la nature virante eft*isiir la:i|QiMre morte est fort ancien. > VerrocchiÀ ne fit.que- répéter ce qu'avaient ftiit les anciens., lorsqu'il essaya le prbpiier , dans le 'Xv* aiècle, de mouler le visage des personnes mortes pour en conserver la ressemblance*, {iiaypp^y sous AlBxandre^le^Grand, ou au moins son frère Lysistrate, moulait , au dire de Pline, iesTisagestdes ^ enonnes dont
6^6 PROCéDÊS 1IATÉRIBL5.
il avatt à produire la ressemblance. Nous avons cru devoir citer ici le passage de Pline qui nous apprend ce fail assez intéressant pour Tari.
t Hominis autem imaginem gypso è facie ipsâ primas
• omnium expressit, cerâque in eam formam gjpsi infusa » emendare instiluit Lysistratus Sicyonius, frater Lisyppi
• de quo diximus. Sic et similitudinem reddere insUtuit : t ante eum, quàm pulcherrimas facere studebant. Idem » et de signis effigiem exprimere invenit. Grevitque res in
• tantum i ut nuUa signa sua sine argilla fièrent. Quo appa^- » ret antiquiorem hanc fuisse scientiam , quam fundendi
• œris, {Lib. xxxv; eap, i3. ) t
Je vais donner ici la traduction française de Poinsinct de Sîvry* « A l'égard de l'invention des moules de gypse, appliqués et calqués sur la face môme de la personne , et dans lesquels la cire contracte l'empreinte fidèle de tous les traits » cette invention est due à Lysistrate de Sicyone, frère deLysippe» dont nous avons parlé. Ce fut ainsi qu'il accoutuma les artistes à saisir la ressemblance; jusqu'alors on avait cru remplir le vœu de l'art» lorsqu'on avait fait un simulacre le plus flatté et le plus beau possible. Il inventa aussi l'art de multiplier un simulacrâ par lui-même» en prenant l'empreinte de ce simulacre dans un creux composé d'une patc propre* à calquer fidèlement l'efBgie» et quij en se séchant» devenait; moule. €ette invention plut tellement » que les statuaires s'accoutumèrent à ne plus fiiire aucun simulacre de matière dure » sans en tirer par cette V4>ie » la copie exacte en argile : d'où il reste démontré que les statues d'argile ou de plâtre» jetées en moule » sont antérieures aux statues d'airain jetées on fonte. »
UOULAGK, EMPBEIKTES. 677
Voilà une traduction bien allongée, dont l'exactitude no peut être )ugée que par les personnes de Part. D'ailleurs quant à ce qui touche la ressemblance, point indiqué par Pline 9 il est éyident que cet auteur n'a point saisi dans tout ce passage le technique de cette question qui se rapporte à l'art des embdlissemens.
Au reste , toute cette citation sert à démontrer déjà le peu de répugnance des habiles artistes de ces tems à répéter, par des moyens mécaniques , les formes et les finesses individuelles de la nature. Elle nous démontre aussi que de tels moyens n'encouraient aucun blâme et qu'ils étaient mis au nombre des inventions ou procédés utiles et nécessaires à la perfection de l'art. Pourquoi ne supposerions-nous pas que les anciens moulaient plus que les visages , et qu'ils savaient estamper avec une matière molle , bien apprêtée , les parties qui leur semblaient devoir être , à l'aide de ce procédé , plus fidèlement répétées par le ciseau? Voyez les réflexions que nous avons émises au sujet de figures extrêmement vraies du fronton du Parthenon , tome ii , pag. 343 • et au sujet de Lysistrate ,
pag* 447-
Mais il ne suflit pas de savoir emprunter à la nature vivante ses belles parties, il faudrait savoir aussi ectyper les belles figures antiques et souvent les précieuses figurines que l'on trouve çà et là dans les cabinets. Cet exercice fait sur des figurines est très-amusant , parce qu'elles ne sont pas embarrassantes par leur poids et leur volume ; on peut composer, par ce moyen , des collections précieuses. Les procédés nécessaires dans ce cas sont le propre de l'art du mouleur , et nous sommes dispensés de les expliquer complètement dans notre ouvrage, qui n'est destiné qu'à
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la peinture exclusiVemeni ; nous ùous contenlerons donc d'en donner au peintre une courte description*
La première opération consiste à reconnattre quelles sont les cavités qui sont à remplir et qu'il faut mouler en particulier , c'est-à-dire ,- mouler par des petites pièces à part y que recouvriront ensuite les plus 'grandes pièces <iV moule. Ces cavités , fouillées plus ou moins avant par le ciseau du sculpteur» doivent être -remplies par des pièces composées de cire, d*arcanson et de plâtre^ mastic que Ton pousse lorsqu^il est tiède ^-mais liquéfié à Texterieur : on le retire ensuite à Inatde d'une petite anse en laiton > qu'on a soin de faire 'ressortir au travers de la grande pièce de plâ^ qui, elle-même; sera fixéer dans une plus grande, à laquelle on- a donné le nom de <Aape,
On dispose donc les grandes pièces ou diapes , de fiiçon que chacune d'elles en renferme plusieurs petites , et on attache à toutes ces petites pièces des petits anoeaox de laifon ou de fer /pour pouvoir les dépouiller ptas facilement et pour les faire tenir dans .les chapes , par le moyen de petites cordés ou ficelles, qu'on attache aux anneaux et qu'on passe dans les chappes. On marque aussi les grandes et > petites pièces par des chiffres , par des 'lettres , ou avec des entailles , pour les reconnaître , ne se pas tromper, ou ne pa^ perdre de tems qiiand il faudra les rassembler. '
Il faut remarqua que s'il s'agit d'un ynuvràge composé de grandes parties, dans lesquelles il y ait'p^ de détails, et dont les pièces composant le- n^oule sont fort grandes et peuvent se dépouiller aisétHent , ces pièces n'ont pas besoin des revêtemens ou des enveloppes qu'on nomme chapes. Mais s'il s'agit de figures drapées , ou d'ouvrages
MOULAGE, ElfPHEIlITES. 679
chargés d'ornemens » qui offrent beaucoup de détoils , et qui , pour être dépouillés avec facilité , forcent à multiplier les petites pièces» il faut alors faire de grandes chapes 9 ' c'est-à-dire , revêtir toutes ces petites pièces avec d'autre plâtre par grands morceaux , et huiler tant les grandes que les petites pièces , dans* les joints et par^ dessus» afin qu'elles ne s'attachent pas les unes aux autres.
Pour les grandes figures de ronde-bosse » il faut prendre dea précautions particulières : on revêt la figure de plusieurs pièces » en commençant par le bas; ce revêtement se fait par assises » dont la première sera par exemple depuis les pieds jusqu'aux genoux; mais cela dépend de la Candeur da modèle; cor* quand les pièces 'sont trop grandes » le plâtre se tourmente. Ainsi dans une grande ligure, depuis les pieds jusqu'aux genoux; il y aura plusieurs assises. Au-dessus de la prCTiière » ôo en établit une secondé» dont lés pièces sont koujoors proportionnées à la grandeur de la figure» et on continue ainsi jusqu'aux épaules» sur lesquelles on fait la dernière assise» qui comprend la tête.
Quand le creux ou moule du plfitre est fait» on le laisse reposer jusqu'à ce quMl soit bien sec; et qnatfd bn veut s'en servir, on en imbibe d'huile toutes les parties. On assemble les unes et les autres chacune en sa place, puis on couvre le moule de sa chape» s'il en a une; alors on y jette le plfitre, d'une consistance tisser humide pour qu'il puisse s'introduire dans les parties les pliA^ délicates du moule » ce à quoi on peut aider en balançant un peu le moule» lorsque sa dimension le permet. Quand on a jeté à discrétion une certaine quantité de plâtre, on achève de le remplir. 11 &ut attendre » pour ôter la chape
.()8o PReCÉDÉS MATÉRIfiLS.
(Hi le moule» que le plâtre soU sec : alors on enlève toutes les parties Tune après rautre» et Too découvre ainsi l'empreinte ou la figure moulée.
C'est une. si belle jchose, c'est une production si savante qu'une médaille grecque de premier choix; et les médailles ordinaires , les pierres gravées , les camées an- Uques sont des modèles si utiles aux peintres , qu'ils doivent tous posséder le moyen pratique de s'en procurer des empreintes. La vie entière n'est pas suiflSsante pour découvrir, analyser et ressaisir les principes qui ont dirigé les anciens dans ces beaux exemples » et c'est une ambition pour ainsi dire nécessaire que celle de posséder dans sa collection des morceau^L qui n,e sont pas recueillis dans .4*aulres collections.
Voici les procédés qu'on emploie pour mouler, ectyper pu même estamper ces originaux. Parlons d^abord du dernier moyen , celui d'estamper. On a imaginé pour es- ^mper très-promptement,^soit une intaille, soit un camée dont le dépouillement n'est pas trop difiicile, d'employer une substance souple et élastique. On a donc iait usage quelquefois de la mie de pain tendre : pour cela on pétrit loDg-tems dans les doigts de la mie d'un pain peu cuit; ou y mêle up peu de vermiUion» et lorsque cette mie est devenue liante et ductile, on l'imprime sur et dans le modèle dont elle répète en creux le relief. Son plasticité fait que ce moule se dépouille aisément ; on le laisse durcir, et alors il peut servir à tirer des empreintes. S'il s'agit d'une pierre gravée , l'empreinte en mie de pain devient un relief qui de même se laisse tirer en (ju instant. Oii conçoit que les finesses et les traits fort déliés ne sont qu'à peine transmis dans ces sortes d'é-