MOULAGE, EMPREINTES
preuves; mais l'essentiel est obtenu, puisque l'empreinte répète la disposition générale et le mouvement de la figure.
On a encore imaginé le moyen de la colle forte coulée dans ou sur l'original type : on dépouille cette masse de colle forte avant qu'elle ne soit tout à fait séchée , et pendant que son élasticité permet aux parties retournées dans les anfractuosités de Toriginal d'en sortir sans se rompre. On pourrait mêler un peu de &rine bouillie avec la colle forte.
L'emploi d'une cire préparée et toute prête pour estamper tout de suite des médailles ou des camées est encore fort commode. Voici la manière de faire cette composition. Sur une once de cire viei^e qu'on a fait fondre doucement dans nn vaisseau de terre vernissée,^ sans la trop échauffer , et dans laquelle on a mis un gros de sucre candi , broyé très-fin pour en accélérer la fusion , on jette (la cire étant tout-à-fiiit liquide) une demi-once de noir de fumée qu'on aura fait recuire pour achever de le dégraisser , et une goutte de térébenthine : on remue le tout* en se servant d'une spatule, jusqu^à ce que toutes les drogues soient parfaitement incorporées; et après l'avoir tenu un peu sur le feu , on le laisse refroidir et on en fait un pain.
Maintenant nous allons parler des empreintes des médailles antiques» empreintes exécutées soit en soufre, soit en plâtre.
Le soufre est , ainsi que le plâtre , une substance dont l'ouvrier ou l'amateur de l'art des médailles ne peut guère se passer; la facilité de le mettre en fusion, et plus encore, la parfaite exactitude avec laquelle il s'applique sur le corps que l'on veut mouler , le rendent aussi commode
qu'il devient utile* Il y a deux espèces principales de soufre : celui qui est en canon» et celui qui est eu fleur; ce dernier » qui se 'sublime dans deft vaisseaux clos ; est parfaitement pur'; mais son prix élevé ^empêche souvent de Temployi^r» d'autant plus qu'oti purifie trèa-bien le soufre en canon de la manière suivante *:
On fait une petite buze en t&le, en bois, ou en carton, d'environ huit pouces de hauteur sur quatre de diamètre; on y applique un morceau de linge qui ne soit pas trop fin , et on le lie sur cette buze en lui faisant former en dedans une petite poche. Alors on fond le sdufre dans un vase de terre; on le verse bien cband dans la poche de toile , et il passe à travers dans un gobelet légèrement huilé, placé sous la poche pour le recevoir, dont il sort très-facilement lorsqu'il est froid. Cette seule opération suffit pour débarrasser le soufre de tout ce qui pouvait altérer sa pureté , et pour le rendre tout aussi bon que Im fleur de soufre.
' 11 arrive quelquefois qu'ed fondant le soufre, il s'enflamme dans la terrine,. et que cette combustion dit dégager une vapeur qui afiecte la poitrine; on remédie à cet accident en couvrant aussitôt lé vuse avec une planche qui joigne exactement ; le feu ne tarde pas à s'éteindre.
Quelques personnes donnent la préférence , pour leurs ouvrages, au soufre qui s'est ainsi enflammé plusieurs fois ; elles le nomment soufre brûlé , et il est bien aisé à reconnaître par sa couleur plus ou moins brune ; mais nous croyons qu'il n'est pas supérieur au soufre ordinaire; il est seulement d'une couleur un peu singulière pour des médailles de soufre , et peut-être acquiert-il un peu plus de consistance.
MOVLÂG£ y BMPBEINTES. 683
Le soufre» ainsi que nous TaTons dltfeoul à l'heure, est d'uoe fusion très-facile; mis dans un yase'sûi'le'feu, il est bientôt presqu*aussi fluide que de Teau; ensuite il s'épaksit peu à peu, et.deytent sômblable'k un sirop des plus épais; en cet état , si on lè coule dans-l'eau froide , il y conserve très-long-tems une viscosité qu'il aurait bientôt perdue à Fair ; et ayant qu'il soit redevenu sec- et cassant-, on s'en sert, suivant M. Baume , pour prendre» au milieu de l'eau /des empreintes sur des pierres gravées et sur des cachets. • • !■
Quoique le soufra ait une cerlaii né consistance , il est cependant assez d'usage de le fortifier avant de l'etn()toyer à 'formel* des creux» en y mêlant, pendant qu'il est liquide , de la poudre d'ardoises pîlées- , paissée au tamis de soie; cette méthode lui donne du corps» et les Cfeux en sont plus solides : on retc^nuait aisément ceux qui sont faits de cette composition » parce que le bleu Ae' l'ardoise leur donne nn ' aspect verdâtre.
Au reste on peut donner au soufre différentes teintes. Voici comment il convient de procéder. '
On fera* fondre dans une ^cuiller de fer » sur un feu modéré» autant de* soufre qu'on aura dessein d'en employer; et lorsque' ce soufre sera liquéfié» oii le jettera dans la couleur dont on vendra le colorer. Sur une once de soufre» on ne peut mettre moins d'une demi-once de couleur» airtrement les soufres seraient trop pâles; Le cinabre ou le Termilion » la* terreverte » l'tcre jaune » le massicot » ainsi que le noir de fumée» sont» de toutes les couleurs» celles qui s'incorporent le mieux ârec le soufre : mais si Ton pouvait parvenir avec moins de difficulté à incorporer et à mêler le soufre avec la mine de plomb
C6/f PBOciDàs MiLT^nifiLs.
réduite en une poudre très-fine» on obtiendrait une teinte qui serait fort agréable à la vue« Celle que donne le vermillon est aussi très-bonne; et quand on veut qu'il ail plus de brillant , on frotte à sec au pinceau avec un peu de carmin la surface de l'empreinte.
, La couleur étant jetée dans le soufre , on aura soin de tenir la cuiller dans une agitation continuelle» tant afin que le soufit) ne s'attache pas à la cuiller et ne se brille point , que pour faciliter l'incorporation de la couleur. Pendant ce lems -là , il se formera sur la surface du sonfre une espèce de crasse oa d'écume, qu'il faut en séparer et enlever avec une spatule ou le tranchant d'un couteau. Au bout d'qn demi-quart d'heure» la çuiUer étant toujours restée sur le feu » pour empêcher le soufre de figer , on verse le soufre par inclinaison ou sur une feuille de fer blanc bien plane, ou sur une feuille de papier huilé; et on l'y laisse refroidir. Le soufre prend alors la forme d'un gâteau. Cette première préparation sert à le cplorer ei à le débarrasser de ses ordures les plus grossières.
Quand on veut faire des empreintes , on coupe un morceau de ce gâteau de soufre; on le fait fondre une seconde fois dans la cuiller de fer» toujours sur un feu modéré: on remue la cuiller» pour empêcher le soulirc de brûler; on en enlève encore la crasse» en cas qu*il en paraisse » et l'on en verse doucement sur la pierre gravée qu'on a disposée et un peu huilée poiir recevoir ce soufre liquéfié. La pierre sera enveloppé^ ou environnée d'un morceau de carte fine » ou d'un papier fort , bien assujetti avec un fil de laiton » et replié sous la pierre . de façon qu'il prend la forme d'un petit godet » et ne peut permettre au soufre de s'échapper par aucune interstice.
HOVLAGB f filIPBBIKTEa. 685
AU liea de carte ou de papier, on peut entourer la pierre d*une petite lame de plomb miace, qui l'embrasse exac* îement. Ces différons moyens réussissent également; on choisira celui, qui paraîtra le plus commode.
A peine le soufre aura-t-il été Tersé dans cette espèce de petit moule , qu*il commencera à figer. Mais , sans lui en donner le tems » aussitôt qu'on jugera qu'il se sera déjà formé sur la surface de la pierre une légère couche de Soufre figé » qui s'étant étendu comme une peau , couvrira la pierre toute entière, onsunridera promptemeni dans la cuiller l'excédent du soufre qui sera encore liquide, puis on le reversera tout de suite dans le moule que l'en emplira.* On continuera ces transvasions, jusqu'à ce qu'il 7 ait une assez forte épaisseur de soufre figé, pour donner du corps à l'empreinte. Avec ces précautions ou évitera les buUes d'air et les soufilures.
Quelque tems après , le soufire étant figé» on l'ôtera de dessus la pierre gravée qui s'en détachera aisément et sans le moindre effort. Il ne faut pas .douter , si l'op a us<^ de toutes les précautions qu'on vient d'indiquer, que l'empreinte ne soit exacte et par&ite: mais pour peu qu'elle manque en qoelqu'endroit^ on ne doit pas hésiter à la refondre et à recommencer; le méine soufre pouvant servir. L'opération n'est ni assez coûteuse , ni assez fatigante pour qu'on doive craindre de la répéter.
On ne peut pas tirer des creux de soufre sur toutes sortes de médailles frappées : celles qui sont d'or ou d'ar-. gent sont attaquées par l'acide du soufi*e , qui les corrode et y forme des taches noires4issez profendes; nous avons indiqué la manière de suppléer dans ce cas au soufre par une cire apprêtée.
Les médailles de cuivre ou de bronze restent tout aussi belles après qu*oii a ceuM» dessu» des creux de soufre; aussi 4erveiit*elles ordinairement «pour tirer et composer les premières suites en pifitre; yoici le procédé* qu'il fiiut mettre en usage pour en obtenir de beaux creux.
Siia médaille que^vous voulez couler est épaisse; il sera facile de lier autour d'elle une bande de toile cirée , d'une hauteur égale à Tépaisseurque vous voulez donner à votre creux; mais il. faudra > plus d'adresse si U médaillé est mince; lorsque la bande sera Bien asséjettie^vous oindrez la pièce avec un pinceau doux^ trempé dans de l'huile d'olive» et vous observerez deux choses essedtieUea , premièrement que le pinceau aille également partout ^et secondement fu'il ne reste sur la^médailleque le pioins d'huile^possibl^. Avec un petit uQuet de mpusseline o« de toute autre matière équi «fa lente, vous poHrrezoler cet excédant d'huile qui ne manquerait f>as ^e rendre Je cieux moins net. 4-1
Quelques ouvriers» pour économiser le soulte, au lieu de faire leurs creux totalement de cette substance , les doublent de plâtre de, la manière suivante : ils vefsent d'abord leur soufre «or la médaille ;|etJorsq|ae la niaiière commeikce à se figer » ils* rev^nsenl dans la terrine ce qui peui'COuler encore» et remplissenfcoe vide, avec du plâtre délayé. Cette méthode,* qui rend» il est vrai» les creux moins solides»- devient toutefois nécessaire dans les grands morceaux- où l'on sejcait dans le cas d'employer une quantité de soufre trop considérable.
Le creux qui vient d*élre ainsi formé est propre à fournir de belles médailles- en plâtre» si l'on suit les pratiques suivantes :
MOULAGE 9 EHPBBINTBS. 687
Entourez le creux avec une bande de toile cirée qui le déborde de Tépaisseur dont vous voulez fiiire votre médaille;, huilez-le. exacteoieot comme, vous avez huiiéila médaille d,e bronsse; puia délayez dans un gobelet. un peu de plâtre blanc passé au tamis de soie». de manière k.lui donner la consistance de crème; ei alors avec .un pinceau qui doit assez être doux prenez, .de^ votre plâtre délayé , et barbouillez-en le .creux de manière que le pinceau ait été bien promené partout , et qii'il ait passé dans les ti^îts les plus fins et les plus déliés : c'est dans cette opération , qu'on nomme Timpreasion » qjtie consistCL la netteté do la lyfeédaille de plâtre , parce que Pair, qui. a été expuk6 par le mouven^nt du pinceau» nW plusien état.de former des bulles ou soufflures. Qo.. connaît très -bien au mou* lage la bonté du. plâtre; car le mauvais se réduit en grumeaux , et refuse d'absorber J'huile , tandis que celui, qui e&t excellent doit , en se mêlant avec ^He, devenir savon^ neux. On coule ensuite le reste du. plâtre délayé qiri s'est un peu épaiasi pendant l'opérationç on agite le creux pour que le plâtre, s'étende^ également ^ et au bout d'un quart d'heure ov d'une demi -heure au plus-, le plâtre s'est assez durci pour que Vofï puisse» sans danger» enlever la bande» nettoyer avec soin les bavures» et détacher .le médaillon de son creux. Souvent même ces deux pièces se séparent senles» parce qucl^ bon plâtre » en séchant r-poasse un^ eau qu'<Mi> retrouve sur le creux, en forme de rosée* - < - r
Comme Ja *di£^culté est.de trouver du plâtre assez fki , peut-être vaudrait4l mieux prendre des morceaux de talc» les (aine calciner soi-même à lin feu. ardent; et, quand \h seraient refroidis , les réduire dans un mortier» eapou-
688 PBOcàDis vàtéribls.
dre la plus fine qu*il serait possible. Oii aura soin dépasser plusieurs fois celle poudre au tamis , et on remploiera comme on fiiit le plaire, mais on la coulera un peu claire.
Les médaillons de plâtre s'enchâssent ordinairement dans une bande de carton mince et dorée d'un seul côté » elle formera plusieurs tours, et l'on en coupera en biseau les deux extrémités avant de les coller. Pour suspendre les médaillons » on perce ce petit cadre en deux places ; on y passe un morceau de fil de fer très-fin » que Von contourne ensuite en anneau.
Les marchands de couleurs Tendent une poudre appelée bronze 9 dont il y a plusieurs sortes » et qui » apposée sur les médailles y leur donne une ressemblance avec le métal de ce nom. On bronxe les médailles lorsqu'elles sont firafches» en promenant sur leurs surfaces un pinceau de poils d'écureuil qu'on a trempé dians cette poudre, qui est de la plus grande finesse, et qui semble ne pooroir former aucune ^aisseur; cependant les vnds amateurs préfèrent les médailles toutes blanches, parce qu'ils prétendent que le bronsc^ quelque fin qu'on le suppose, rmnplit toujours un peu les endroits déKcats. Si les médailles sont sèches lorsqu'on veut qu'eUes reçoivent le bronza , il feut les mouiller^ Le molybdène , dont on fiût les crayons appelés de mine de plomb , écrasé et passé au tamis de soie i fournit un bronze commun qui s'ap • plique à. sec » en frottant de cette poudre avec le bout du doigt ou d'une estompe sur la médaille.
il faut (aire remarquer ici qu'on- ne peut pas obtenir des médailles de soufre dans des creux de soufi«, quelque bien huilés qu'ils puissent être ; l'analogie de la matière fait qu'elle s'unit; et le creux est perdu.
MOtLAGR » EMt»BfiliNT£S. 689
Ainsi quand on veut avoir des reliefs en soufre^ il faut faire le creux en plâtre sur la médaille oHginale , et couler des soufres dans ce creux.
Chaque creux de soufre s'altéranl peu à peu par les épreuves qu'on tire dedans successivement » on doit garder une des premières épreuves bien exactes pour former dessus un nouveau creux , si celui dont on fait usage vient à ne pouvoir plus servir. En indiquant la manière de former un creux sur Tempreinte , nous apprendrons à contr'épreuver toutea les pièces de plâtre qui pouvant sortir d'une seul morceau «ont appelées de dépouilUé
Si vous avez un médaillon de plâtre sur lequel vous désiriez faire un creux , soit que vous n'ayez pas la médaille de métal originale » soit que vous vouliez renouveler un creux que vous possédez déjà , mais qui devient défectueux , il faut rendre bien sec le médaillon , et lui donner ensuite, à chaud, deux couches d'un vernis composé d'huile de lin cuite avec de la litharge ; si la seconde couche était absorbée difficilement par le plâtre , vous présenteriez le médaillon au feu» et le vernis serait bientôt absorbé. C'est sur ce plâtre verni que vous tirerez très -bien des creux de soufre , en huilant à froid ce relief de plâtre comme les médailles de métal.
Ce médaillon verni pouvant servir un grand nombre de fois» on a soin de le réserver pour le même usage. Quelques personnes, au lieu d'employer le vernis que nous venons de décrire , se contentent d'imbiber leur médaillon d'autant d'huile de lin crue qu'il en peut prendre ; d'autres le font en quoique sorte frire dans de la cire; mais Thuile de lin cuite avec la litharge parait préférable.
Si vos creux viennent à s'encrasser de plâtre , vous le»
Ggo PBOciDis matAbibls.
nettoierez très-bien en les entourant d'une bande de toile cirée et en les remplissant d'eau , dans laquelle ¥€his ferez dissoudre sur le creux même quelque peu de sel , principalement aux endroits où il se troute du plâtre que TOUS voudrez détacher.
Nous avons dé)à dit que For et Targent étant attaqués par Tacide du soufre , on ne pouvait sur ces métaux tirer des creux de cette substance; on substitue donc au souffre la cire jaune fortifiée par le blanc de ploaib, el on coule sur les médailles que Ton veut OEKMiler» en ayant soin , au lieu de les huiler, de respirer dessus, de manière qu'elles soient bien ternies par l'haleine. Au reste on coule le moins chaud qu'il est possible» Ces cires sont soaveot très-belles; mais comme elles ont moins de solidité que le soufre f on y tire une emprunte en plâtre , on la vernit ainsi que nous venons de l'enseigner, et l'on forme ensuite sur ce plâtre des creux de soufre.
Quelquefois on est réduit à l'emploi assez imparbii de la cire d'Espagne. Voici comment il faut s'y prendre pour la mettre en fusion. Au lieu d'appliquer la cire sur une carte à jouer, ou sur du carton, il fisiut faire usage de papier bien uni. Pour effectuer cette opération avec soin et avec propreté , on aura une assiette d'argent qu'on mettra sur un réchaud rempli de feu, et lorsqu'elle sera suffisamment échauffée , on posera dans le fond un morceau de papier bien sec , sur lequel on r^Mtndra la cire qu'on aura fait fondre en l'exposant au feu , et non en la présentant à la flamme d'une bougie. Par ee moyen la fumée ne s'attache pas, comme à l'ordinaire, au bâton de cire , et n'en altère pas la couleur. On tiendra pendant quelque tems la cire en fusion , on la remuera ,
MOUtAGB , EBIPRBIRTES. 69 1
et » quand on verra qu'elle est bien unie et bien liée, on y imprimera le cachet. Il est presque indubitable qu'il en sortira une bonne empreinte.
Terminons par indiquer le moyen des mouleurs , pour donner du lustre aux empreintes. Il faut prendre quatre gros de tvès-beau savon » et quatre gros de très-beUe cire blanche : ratissez le savon et la cire dans une pinte d'eau contenue dans un vase neuf et vernissé. Teqez le tout sur des cendres chaudes , jusqu'à ce que le savon et la cire soient bien fondus. Alors trempez-y votre morceau de plâtre que vous tiendrez suspendu par des fils; soutenezle un moment dans ce mélange. Un quart d'heure après , trempez-le de rechef. Vous laisserez sécher la pièce pendant cinq à six jours» et alors vous la frotterez légèrement avec une mousseline dont vous aurez enveloppé, un de vos doigts. Ce mélange , qu'on appelle improprement vernis, ne produit aucune épaisseur; il conserve au plâtre toute sa blancheur , et il lui donne du poli et du luisant. Ce luisant n'est pas toujours favorable h la contemplation de la sculpture. Si le morceau était trop grand pour être tenu suspendu dans l'eau de savon et de cire , il faudrait jeter de cette eau sur le morceau , de façon qu'elle pût entrer dans tous les enfoncemens du travail.
Un moyen que jç crois sûr pour conserver propres les ectypes de plâtre, c'est de les cirer au blanc Pour cela , faites fondre de la cire-vierge mêlée de blanc de plomb irès-'im : apposez cette cire au pinceau; et , à l'aide d'im réchaud » faites-la pénétrer suffisamment dans le plâtre ; puis , avant que la cire soit refroidie , appliquez aveè un tampon de coton de ce ni/èue blanc en poudre.' Il adhérera bien , et le plâtre pourra être lavé au besoin.
C92 PROCÈDES MA.TàHIBLS.
Voici quelques noms d'auteurs qui ont écrit sur l*arl de modeler et sur la sculpture :
Arfe.
Gauricus.
Borboni»
Hermsterhuis.
Bulengerus.
Hirl.
Carradori.
Hofstœter.
Caylus.
Huch.
Corrinus.
Luddwing.
Dandré Bardon.
Manuce.
Doisûn^
Minozzi.
Doni.
Prangen.
£m. David.
Rica.
Emesti.
Scamozzi.
Falconet.
Scheib.
Voyez aussi
les n~
8!i et
110 de notre Catalogue.
DE L*ART DE NETTOYER ET DE RÉPARER LES PEllI-
TURES.
Xl est assez surprenant que ce soit la peinture à huile , cette peinture dont on yante tant la solidité et la durée, qui seule , parmi toutes les autres espèces de peintures , ait besoin d'être fréquemment nettoyée et réparée. II importe d'observer à ce sujet que ce n'est point précisément le procédé à huile , employé par le peintre dans l'exécution de son tableau , mais bien l'espèce de préparation de la toile ou du panneau , l'habitude de vernir
NETTOIEMENT ET RÉPARATION DES PEINTURES. GgS
avec des résines jaunissantes , l'usage assez mat entendu de retoucher avec des couleurs à huile les peintures endommagées , etc. • qui forcent d'enlever les vernis et les repeints 9 et de tourmenter enfin presque constamment les tableaux.
L'état délabré des tableaux est une chose si ordinaire , ainsi que la nécessité de les nettoyer et de les réparer , qu'il arrive souvent , loin des grandes villes , que , faute d'habiles réparateurs, on emploie l'industrie d'ouvriers plus ou moins ignorans, qui parviennent presque toujours , mais en dégradant le tableau » à le revivifier. Cependant la maladresse de ces ouvriers nécessitera à l'avenip d'autres réparations inévitables. Celle qu'ils prétendent avoir faite a donc été toujours payée trop cher , soit par la somme qu'ils se sont fait compter , soit par l'état de moindre valeur dans lequel ils ont réduit des tableaux naguère précieux. Les repeints et les vernis ne parviennent à déguiser cette dégradation que pendant un certsiin tems , et au bout de quelques années on se trouvera dans la nécessité d'y remédier de nouveau.
L'art de réparer les tableaux fut surtout cultivé à Venise; il est inutile d'eu rechercher ici la véritable raison; malgré tout il est peu judicieux de trouver cette raison dans le climat de ce pays » dans l'humidité de l'air et la proximité de la mer qui » dit-on , imprègnent l'atmosphère de cette ville de parties salines, dont l'influence est funeste aux tableaux. Quelle que soit cette cause, le gouvernement de Venise se décida à pensionner quelques habiles artistes, pour qu'ils eussent à veiller & la conservation des tableaux appartenant à l'État, et à nettoyer sans danger ceux qui avaient souffert. En 1 778 , on consacra k
694 PROCÉDÉS |IA.TiRi£LS.
ce genre de travail une grande salle à Saint-Jean-Paul » et la direction en fut confiée à M. Pierre Edwards. Depuis cette époque un grand nombre d^artistes non Vénitiens excellèrent dans cet art.
Il faut distinguer deux espèces de ravages ou d'altérations dans les taLIeaux; l'altération cliromatique qui est indépendante de la solidité matérielle , et Taltération matérielle. ou le défaut de soEdité. L'altération chromatique est , ou accidentelle et réparable; ou elle est fixe et chimique » alors elle est irréparabk. Quant à l'altération matérielle» on parvient plus ou moins à la réparer.
Les couleurs d'un tableau se dénaturent cfaimiquenient de deux manières i d'abord p«r l'effet de la lumière qui les fait évanouir , ensuite par l'effet de leur contact avec les glutens qui les fixent ou qui les recouvrent; ghitens qui, eux-mêmes, se colorent, se roussis6(^t, et qui, combinés avec certaines couleurs matérielles et minérales de la palette , et avec l'atmosphère et la lumière , dénajturent la teinte des couleurs qu'on leur confie. Ces deux espèces d'altérations ne peuvent se réparer. Les teintes évanouies ou dévorées par la lumière ne reviennent par aucun moyen» Quant aux teintes obscurcies , assourdies, roussies, noircies par les glutens dans lesquels elles sont incorporées , elles ne reprennent jamais leur fraîcheur. 11 n'y a donc que les altérations dkromatiques accidentelles qui sont réparables, c'est-ènlire, les altérations provenant de glutens superposés , de sidissures intérieures , de la présence de corps étrangers superposés , et aussi d'une disposition des molécules de la superficie qui réfléchit avec désordre les rayons de la lumière au lieu de les absorber; désordre qui peut se réparer
NETTOIKMENT ET RÉPABATION DBS PEINTURES. 6q&
eu changeant cette contexture accidentelle » et en y faisant pénétrer un corps fluide , diaphane, qui , en ahsor^ bant les rayons du jour» restitue à la peinture ou aux couleurs toute teur intensité primitive.
L'altération matérielle, c'est-à-dire, celle qui résulte du brisement des parties , de leur, solution de continuité , est plus ou moine réparable. Les places effacées par des frottemens ou par l'effet de certains mordans se réparent à l'aide des repeints. Les brisemens même des subjectiles peuvent aussi se réparer; on peut enfin enlever les couleurs et les changer de subjectiles. Nous allons exsamîner ces points différens : conmiençons par les acoidens matériels rdlatifs aux subjectiles.
Panneaux fendus , voilés , disjoints , et toui-à-fait séparés. — Lorsque les ais d'uq panneau sont disjoints , il faut en rétablir la jonction en les remettant en place et en coUabt les joints « le tout étant contenu par l'instrument de fer que les ébénistes appellent s^gent. Si le panneau est Voilé , il faut le mettre en presse à l'humidité et le fixer par un parquet. On peut même amincir à la scie un panneau que sa trop grande épaisseur ferait voiler. Cet amincissCTaent du panneau par la scie s'opère sans difficulté ; en effet on a vu un artiste infidèle, chargé de réparer un tableau précieux, le scier en deux et en faire exécuter une bonne copie sur la moitié qui portait L'empreinte du cachet du propriétaire; en sorte que celuici voulait' prouver par ce cachet que la copie qu'on lui avait rendue était son vrai tableau. L'autre moitié , trouvée chez le faussaire» put seule le désabuser.
8i le bois est très-vermoulu , il importe d'enlever la peinture et de la fixer sur un autre sub jectile ; nous par-
6g6 pBocèDÊs matériels.
lerons de cette opération qu'on appelle enUvage. EnGo si cette réparation est exécutée par un ouvrier adroit » il nj aura presque rien à mastiquer et à repeindre.
Murs et crépis dégradés. — Lorsqu'un mur n'est dégradé que dans quelques petites places, on répare ces places et on y substitue une nouvelle peinture» moyen qui , exécuté par des couleurs à l'huile , n'est pas sans inconvénient , et qui, s'il s'agit de peinture à fresque ou à colle , est assez difficile , mais qui , pour une peinture encaustique y peut s'opérer avec facilité et sans aucun inconvénient.
Si le mur menace ruine et doit entraîner la peinture , ou bien si celle-ci tend à se séparer par l'effet de l'humidité et d'autres causes chimiques , il faudra procéder à l'enlevage.
ToiUs trouées 9 crevées, déchirées. ^-7- Lorsqu'une toile est crevée , déchirée ou trouée , il s'agit ou de rejoindre ces déchirures ou de boucher même le trou avec une pièce. Dans ce cas un moyen fort simple et d'un Cacile emploi , c'est de fondre de la cire et d'y plonger la pièce de cannevas qui doit boucher le trou et en maintenir les bords. On l'applique toute chaude et toute liquide derrière la place déchirée , sur laquelle on aura eu soin auparavant de bien remettre en position les bords du trou , place qu'on aura d'ailleurs imbibée aussi de cire fondue. Cette pièce se refroidit et se durcit assez promptement ; c'est pourquoi on l'applatit avec une lame ou avec une spatule, de manière qu'elle adhère et que le dehors du tableau soit plan et uni. Par ce moyen , l'humidité et la sécheresse n'agiront point sur cette pièce qui , si elle était appliquée avec de la colle , goderait dans les tems secs ,