‹ Traité complet de la peinture (volume 4)Chapitre 107 sur 142 · DES TABLEAUX D'ANIMAUX · texte numérisé non relu

DES TABLEAUX D'ANIMAUX

viE serait s'engager ici dans un travail infini que d'entreprendre la description anatomique des principaux animaux qui figurent le plus souvent dans les tableaux. Il est vrai que le cheval , le bœuf, le chien , le lion , les oiseaux domestiques et sauvages, tels que le coq , Taigle et tant d'autres ne seront représentés avec justesse , avec expression et caractère , qu'autant que les peintres» familiers d'ailleurs avec le dessin, auront fait des études particulières et approfondies sur la structure osseuse , sur la mécanique , les mouvemens , sur les mœurs enfin de ces êtres différons; mais cette étude indéfmie est hors d'un traité sur l'art , puisqu'elle dépend de ce que nous appelons V Histoire' naturelle, histoire sans bornes, comme nous l'avons dit , et- disproportionnée, même avec la durée ordinaire de la vie. Je me contenterai donc de quelques observations générales ; puis je donnerai un catalogue, ou plutôt l'ébauche d'un catalogue des gravures représentant des animaux.

Nous avons déjà fait remarquer que plusieurs statuaires de l'antiquité se firent une grande réputation par la manière vraie et savante avec laquelle ils représentèrent les animaux en bronze et en marbre. Galamis se distingua dans l'art de représenter les chevaux, et Nicias dans celui d'imiter les chiens. On citait la Vache de Myrou , ainsi que

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la Génisse de Menœchmus et le Chien de Lysippe. Enfin nous lisons aussi que Pasitèle étudiait les animaux dans les ménageries , et qu'il faillit en être la victime ; et OËlien nous dit qu'on faisait des figures iconiques d*après les beaux chevaux comme d'après les beaux athlètes. (Var. Hist. lib. ix, cap. Ss,)

Mais par nos propres yeux nous apprenons que les anciens avaient porté ç^ art d^ représenter les miimoux à un très-haut degré de perfection. Ceux que renferme le Musée du Vatican forment déjà une nomlireuse collection, bien capable de convaincre sur ce point les plus incrédules. Au reste il suffirait des dunées , des pienss gravées « des bas- reliefs, etc^ que nous voyons tous les jours, pour nous démontrer la supériorité des artistes de Tantiquité en ce point.

Parmi les modernes » il y a des peioUes qui se sont livrés avec succès à l'étude et à la représentation des animaux. Sneyders d'Anvers, Ait un des plus habiles. Ce peintre fut le contemporain et l'émule de fiubens en ce genre. Celui-ci n'a pas peu contribué à élever les idées de Sneyders sur le choix pittoresque des attitudes, sur la vie et le mouvement des animaux. Paul Potter de son coté a dessiné aussi très-babilement les chenaux et tous les bestiaux : son célèbre Taureau est un vrai chef-d'œuvre de naïveté. Cependant , malgré le grand talent à» ces deux peintres et de plusieurs autres , il iaut convenir qu'ils ne possédèrent point cette soience profonde «t artistique qui fit produire des résultats si aurprenans aux artistes de l'antiquité. Les artistes anciens ne s'imitaient pas entr'enx, mais tous imitaient la nature; chez les modernes , au contraire » on a vu des pointroi»

TABLBAUX D'ANmAUX. /^lô

traiter les animaitx dans le goût de Paul Potier , de Sneytlers , de J» B. Weiiix » de Castiglione , de Berghem : on a même recommandé ees imitation» dans des livres théoriques. Or y comment les modernes auraient^ils pu ressaisir la nature toute pure , et fiiive voir la vie dans les images des mitnaux , puisqu'tk restaient les imitateurs des peintres accrédités ?

Comme il est impôasible kl plus souvent de saisir le mouvement rapide et successif des onitunux , itest nécesaarre, dans ces cas de mouvement rapides, de les destiner par souvenir ou par construction ralsonnée i par te souvenir on retient ce qu'on a observé dana ces moment fugitifs où les animaux déploient leur agiKié «t leur force ; et par con^ruction râisonnée, on analyse ces mômes mouvemens^ et on les répète en faisant j^uer les parties du aqaelette. Au chapitre 28S, tom. n , nous avons expliqué la méthode par laquelle on pool obtenir éette oonstruc* tion. Ce procédé est d'une grande importanoe, tant pour l'étude qui résuke de ces sortes d'exerdiees, que pour la (âcHité et la justesse qu'on en doit obtenir pour la représentation de tous les êtres animés et imaginés dans un mouvement quelcooq«e» Au reste , ce qnî'pourrait prouver que les mesures et les oates des proportions et dimensions sont intfispensables pour la teprésenlation du cheval et de tous les animaux, c'est la supériorité de nos

8 même imit de ce que t raisonnent sentent tout »mmeltre les

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gueur ; elle est supérieure de beaucoup , comme nous Ta- TOUS dit , il celle des quatre chevaux de Venise , à celle du cherrai ée Marc-Aurèle, au Capîtole. Ajoutons qu'elle laisse bien derrière elle celle des chevaux de Monte-Ca- Vâllo yCëHe des chevaux de Castor et Pollux sur la place du Gapitofe , -celle» d^s chevaux trouvés à Herculanum ou ailleurs. Les têtes des chevaux ^u*on voit dans les basrelie&' de la Celle du Parthénon ou dans quelques médailles de Syracuse pourraient seules lui disputer. Quelle difiiérence ehtre ies* têtes vraies et anhnées de cette école et celles des colonnes Trajane et Antonine !

Raphaël , dans ses chevaux d'Attila et de l'Héliodore , a ptîs pour lype>le f^hevikl de Marc-Aùrèle, qui était déjà bn» ie terre bdg^eikiê avant que ne fleurit le fameux pisflre d'Urbino : Pôlydore de Carravagiô n*a aussi connu que des ék&fBmx êe Tart romain. Jules Romain /dans ses peintures de Mantoue et autres » n'a pas eu d'autres modèles ( et ces artistes ne pouvaieirt pas d^ailleurs arriver k une connâissatice complète du cheval /telle que la possédaient les Crées, qui avalent pu', dans leurs écoles ex- Gêlientes , éti-e conduits h la pet^ection. Ce qu'il importe de'détermine^, c'est le degré de perfection de ces mémos figiires modernes de chevaux , et là confiance qu'on doit mettra en Ce^ prétendus modèles. Qu'on dise % un élève cftre les chevaux de Bouéhardon , de' Lebrun sont admirables, et qu'on gardé le silence sur les chevaux antiques, oti retardefra l'art,' on retardera Tétude de la nature; car cm n'aime plus la nature lorsqu'on sVist accoutumé h des images chargées, nianiérées / et étafamt plutôt la prétention et k manièfé 'déduisante que la beauté vraie et naîve^ •

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SareZ'Yous, disait un jour ud de ces caq^eurs qui écoutent les lieux communs pour les répéter avec un air de finesse ^ save^TOus lequel est le plus estimé des deux cheyaux ailés du Pont-Tournant aux Tuileries? C'est, celui auquel k sculpteur n*a pas mis de bride. Une bridç ne convient ni à Pégase ni à une Renommée*...; et voilà ce causeur faisant des phrases à perte de vue , sans qu'il proférât un seul mot sur le dessin pesant, sur les formes factices de cette sculpture , ou sur ce qu'elle peut avoir de bon. Qui se connaît en chevaux, et voit ceux du Parlhénon, y retrouve la nature 7 au moins la race arabe qu'a voulu représeoler Phidias. A Londres , où Ton se connaît fort bien en chevaux , l'arrivée de cette tête de cheval du Parthénon fit une vive sensation , parce qu'on y it;trouva la nature et le caractère très-déterminé de celte race arabe.

On a élevé une question quf au fait n'est qu'une niaiserie, c Les anciens artistes , a4-on dit, n'étaient pas plus » d'accord sur les mouvemens progressifs des chevaux , » c'est-à-dire sur leur manière d'élever et de porter les » pieds en avant, que ne le sont quelques auteurs mo- 9 dernes qui ont traité cette question. Quelques-uns pré- » tendent que les chevaux lèvent les deux jambes de » chaque côté en méme-tems; et telle est l'allure des 9 chevaux anliques de Venise , des chevaux de Castor et 9 Pollux du Capilole, de ceux de Nonuus Balbus et de 9 son fils à Portici. D'autres sont persuadés que les che- 9 vaux se meuvent en ligne diagonale ou en forme de 1 croix; ils croient qu'après avoir levé le pied droit de de- 9 vant, le cheval lève le pied gauche de derrière, ce qui est 9 fondé sur l'expérience et sur les lois de la mécanique,

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