‹ Traité complet de la peinture (volume 4)Chapitre 108 sur 142 · TOMB VIII · texte numérisé non relu

TOMB VIII

4l8 DIFF^BBHS GBNBES £N PBINTUBR.

» C'est aiosi que lèvent les pieds l^cheyal de Marc-Aurèle V et les quatre chevaux de son char sur le bas- relief du s Gapitole » ainsi que ceux de Titus sur l'arcade cet em- » pereur. »

Je ne dirai rien sur ce point» je ferat seulement une observation qui s'y rattache;* c^est que les chévacm: représentés en bronze permettent des allures que proscrit parfois le marbre : en bronze , k solidité et la nature de la matière autorise certains mouvemens etsoulèvemens de jambes » qui ne pourraient s'exécuter en marbre sans des supports matériels , qui font souvent un mauvais effet Au reste c'est surtout dans la science de la mécanique des animaux que le peintre et le sculpteur doivent puiser leurs leçons. Nous avons indiqué et déjà recommandé l'ouvrage savant de Barthez sur cette matière : de telles recherches doivent exciter Tardeur de tout artiste de génie.

Cette étude de la mécanique vivante est intimement liée et se confond avec celle des proportions. Chacun comprendra aisément que la proportion de la tête et du cou du cheval est de la plus grande influence sur sonmé* canisme vivant. Si elle est trop longue , trop grosse, si le col est trop allongé , cela ne gêne-t-il pas l'animal dans sa progression , par l'eifet d'un faux contre-poids; si au contraire ces parties sont trop courtes et trop menues , cela ne le gêne-t-il pas» en empêchant la progression en avant du centre de gravité?'

Quant au jeu des formes ou des plans supérieujrs du cheval , jeu si sensible dans la marche , il est 11 remarquer qu'il est d'autant plus considérable que Tanimal est plus grand et plus dégagé dans ses proportions. L'étude

VABLBAUX d'AiHIIIAUZ. 4>9

«le ce jeu -ostéolosique est très-*iniporUuat relatifement à ridée qu'il peut donner de la vie et de TagilHé.

On devrait» dans nos écoles de peinture et de sculpture, posséder une collection nombreuse d'empreintes en plâtre, tirées et sur les beaux modèles naturels et sur les beaux ouvrages sculptés* U existe déjà çà et ft des pièces fort précieuses montées sur natures il serait essentiel de les réunir pour l'instruction des peintres. La précieuse collection de squelettes formée à Paris » au Jardin royal des Plantes, par les soins de M. Cuvier , et servant à Tanatomie comparée» est un riche recueil en ce genre» ainsi que la collection des animaux vivaâs et empaillés du même jardin. Indépendamment de ces secours» les Ecole» vétérinaires offrent des modèles et des livres utiles aux artistes ; celles de Charenton et d'Alfort ne sauraient manquer de leur être d'un grand secours.

Bien qu'il ne s^agisse pa^, dans ce chapitre» de décrire la beauté du cheval » /je vais le terminer par un passage remarquable de Job sur ce sujet. J'^ joindrai la célèbre description que nous a laissée Buffbn de ce superbe animal.

• Est-ce toi qui as donné au cheval sa force» et qui as

> orné son col de la crinière qu'il secoue quand il s'a> 9 nime ? Est-ce toi qui le fais bondir comme la saute- » relie ? Son fier hennissement inspire la terreur. De son » pied il creuse la terre; il triomphe, il sent sa force » et » s'élance au-devant de l'enoeml. U se rit de la crainte » » et ne recule point au-devant de l'épée. Les dards sifflent

> autour de lui , les piques et les lances brillent h ses n yeux: il s'agite» il frémit» la terre se dérobe soué ses

> pas; il craint de ne point arriver au combat. Il répond

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9 fièrement au son des trompettes; il puvre tè» narines

> ti l'approche du choc » au bruit de la voI|i tonnaole des 9 chefs et des cris des soldats. »

Voici la description ^u cheval par Biïffon :

< La plus noble conquête que Thomme ait jtifiais faite

> est celle de ce fier et fougueux animal , qui partage » avec lui les fatigues de la^erre et la gloire des eom- » bats. Aussi intrépide que son mall^e » le cheval voit le » péril, et l'affronte; il se fait au bruit des armes, il l'aime, » il le cherche, et s'anime de la même ardeur; il partage

> aussi ses plaisirs à la chasse « iaux tournois , à la course; » il brille» il étincelle ; mais» 4ocile autant que courageux»

> il ne se laisse point emporter à son feu'; il sait réprimer » ses mouvemens; non-seulement il fléchit sous la main

> de celui quille guide, mais il Semble consulter ses dé>

> sirs , et» obéissant toujours aux impressions qu'il en re- » çoit, il se précipite» se modère .ou s'arrête» et n'agit » que pour y satisfaire. C'est une créature qui reinonce

> à son être po ur n'exister que par la volonté d'un autre» 9 qui sait même la prévenir » qui, par la promptitude et » la précision de ses mouvemens» l'exprime et l'exécute; » qui sent autant qu'on le désire » et ne rend qu'autant » qu'on veut; qui» se livrant sans réserve» ne se re-

> fuse à rien » sert de toutes ses forces , s'excède , et

> même meurt pour mieux obéir. »

Nous citerons parmi les auteurs qui oat écrit sur les animaux» D' André^Bardon » sur les Eléphans. "^ Bourgelât. — Bochart , sur la Peau des Animaux (Hieroz. » p. lib. Il, c. 7)% — Falconet» (voy* dans ses Œuvres ses Recherches sur le Cheval de Marc-Aurèle). — Garsault , Anatomie du Cheval et du Chien» 1 vol. in-4*. —

TABL. D*Allllf. — ÇATAL. d'bST. o'APakfliDBS Al<riM. ^%l

LomaflBO, sur les Chevaux (voy. les chap. 19» so et 91 » i** partie, et le ehap. 19, liy. 11). — Lantensak, Saly , Wattber, Mîllin, aux mots Cheval, Chien, Lion. On peut consulter encore les Encyclopédies aux mots Che* vaux , Statues équestres. — L^a Bibliothèque britannique, année 1817, juin , pag, 376, sur TExpression des Chevaux. — Xénophon, Traité de la Chasse; il y parle des chiens, des sangliers, des cerfs, de la licorne, etc. 7— Voyez encore l'ouvrage publié à Berlin en i8i4 # par la nouvelle Société de libraires ; il est intitulé : Des principaux Chevaux du haras royal de Prusse, à Mestart.

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