TABLEAUX DE BATAILLES
selon Tordre d'une chronique militaire , les é?énenienâ d'un grand combat.
On ne doit a4mettre ou approuver ni l'un ni l'autre de CCS genres de tableaux exclusivement; car, dès qu'il s'agit de théorie et de doctrine » il n'y a point de concessions à faire, mais seulement les véritables règles à interroger.
Que des peintres , doués d'une forle imagination et sachant animer, enflammer des combattans, prennent dans l'histoire des guerres certains sujets pour leurs pinceaux; qu'ils aiment cette fière confusion, ces attributs belliqueux, ces actions exaltées qu'on ne trouve que sur les champs de bataille, qui osera les arrêter? qui ne s'empressera pas d'applaudir à leurs élans? Mais s'ils se croient , à cause de ces mômes élans , hors du domaine d'un art philosophique , s'ils composent des tableaux dans la vue seulement d'exciter des frayeurs, de faire briller leur talent pour les expressions extrêmes de désespoir, d'agonies déchirantes, de rage et d'atrocités propres à faire dresser les cheveux sur la tête; si aucun but moral ne se rencontre dans tout ce fatras épouvantable; si enfin les belles combinaisons artistiques sont délaissées pour des détails hardis, l'ouvrage sera blâmable malgré toute la verve de l'auteur; car ces sortes de sujets sont conmie tous les autres dépendans des lois immuables de la peinture.
D'ailleurs si nous examinons avec attention les tableaux de batailles qu'on voit dans les cabinets, nous reconnaîtrons la témérité et les mensonges des peintres qui , pour paraître fougueux, ne craignent pas d'estropier hommes et chevaux; qui, au lieu de poses vraies et vraisemblables, imaginent des bizarreries; enfin qui sacrifient la