‹ Traité complet de la peinture (volume 4)Chapitre 114 sur 142 · TABLEAUX DE BATAILLES · texte numérisé non relu

TABLEAUX DE BATAILLES

rîngénieur géographe» il ne sera, répétODS-le, ni peintre, ni ingénieur; s'il recherche trop Texactitude de forme des habits , des chapeaux p il pourra devenir froid et insipide, et néanmoins il n'échappera pas aux censures des tailleurs, des cordonniers, des passementiers, etc. Un caporal trouvera mauvaise l'allure de tel ou tel bataillon ; un canonnier critiquera une écouvillori; un tambour une baguette ; mais si le peintre imite les passions de l'âme , s'il peint de grands capitaines avec leurs mœurs et avec les signes caractéristiques de leur ?aleur, s'il choisit les momens d'héroïsme pour nous les représenter , il aura atteint le but, et d'une bataille il aura su faire un beau tableau.

Enfin exciter, piquer la curiosité du peuple, en lui présentant des images sanglantes , des scènes de péril et d'audace , et toutes les catastrophes terribles de la guerre, ce n'est pas lui être utile : il faut fixer le but au-delà de l'image , et produire de morales impressions. Que de générosité n'y a-t-il pas h faire ressortir dans les faits belliqueux ! Que de noblesse dans le dévouement ! quel amour de la patrie ne doit pas éclater dans ces épreuves courageuses des guerriers ! Quelle dignité dans le calme de ce général pénétré de la gravité et de la hauteur de sa situation ! Quelle persévéraoce , quelle patience dans ces soldats bravant tous sortes de dangers , pour servir leur pays! Oui , l'amour de la patrie , le bonheur de nos concitoyens , la gloire de nos armes , voilà le sujet ; quant aux combats, ils ne sont que les moyens d'exprimer par les signes de la peinture ces grands sentimens.

Nous ne recueillerons rien ici an sujet de la tactique militaire des anciens et des modernes. Assez d'auteurs

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en ont parlé , et il faudrait pour servir les artistes sur ce point, réunir une trop grande quantité d'indications. Nous renvoyons donc aux écrits où sont traitées ces matières , et pour ce qui regarde les anciens» au Dictionnaire de M. Mongez (Encyclop. œélhod. ); on pourra consulter encore Bussy, Guischard» Lolooz, Mézerai, et en général les écrivains qui ont trailé des mœurs et des usages antiques. ( Voy. le tom, rv, pag. 672 de ce Traité.)

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