‹ Traité complet de la peinture (volume 4)Chapitre 116 sur 142 · TABLEAUX DE MARINES · texte numérisé non relu

TABLEAUX DE MARINES

nant ces ouvrages de patience. Mais en doit-il être de même de ces représentations en peinture. C'est ou la navigation , ou Télément imposant et terrible de la mer que l'artiste doit peindœ; c'est le sujet un et déterminé, et non la représentation individuelle et seulement correcte qu'il faut produire. A la vue d'une tempête bien représentée , le spectateur pense-t-il aux poulies ou aux garcettes; et est-ce élre peintre que de ne savoir inléresser que par le calque exact d'une corvette ou d'un briganlln ?

Plusieurs tableaux d'habiles peintres prouvent qu'on peut produire un grand effet en représentant les vagues de la mer; mais il faut avoir beaucoup navigué et observé pour les bien imiter» et pour être vivement ému à la vue de leur représenlation; cependant, à l'aide du poétique et du vraisemblable 9 qu'on peut réunir sur de tels tableaux» un peintre parvient à frapper fortement les personnes même auxquelles ces spectacles sont inconnus.

Toutes les grandes parties de la peinture sont nécessaires dans ce genre de tableaux» et ce serait avoir une idée bien limitée que de croire qu'on parviendra à intéresser» à toucher» et à produire un ouvrage excellent, parce qu'on saura dessiner un port de mer et un vaisseau. On peut donc dire que beaucoup de peintres de marines feraient bien mieux» au lieu de multiplier leurs tableaux insignifians» de commencer par apprendre la peinture.

Quanta la tactique navale» à la manœuvre des vaisseaux» au caractère de combats maritimes» on conçoit

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la marine de tous les tems et de tous les peuples. Et depuis la pirogue du sauvage jusqu'au navire si riche des Ptolémées» il faut qu'il puisse représenter toutes ces différences, soit dans la construction des vaisseaux» soit dans leur manœuvre, soit dans les combats qu'on y livrait.

Nous croyons utile d'extraire ce que M. Lévesque a écrit à ce sujet dans l'Encyclopédie méthodique {Art. Marines.)

ff Les Grecs» dit-il, ont nommé monoxyles, les canots creusés dans un arbre ; ce mol , dans leur langue , signifie un seul bois. Les Romains les appelaient tror bariœ, parce qu'ils étaient faits d'une seule poutre, trabes. Pline dit que les Germains avaient de ces canots qui portaient trente hommes; ce qui supposait qu'alors la Germanie avait des arbres d'une grosseur prodigieuse; Isidore parle de monoxyles qui portaient dix hommes , ce qui . n'excède pas la 'vraisemblance : j'en ai vu qui en pgrtaient deux, et qui étaient taillés dans des arbres ordinaires.

> Chaque peuple s'est fait des canots avec les substances que le pays lui procurait le plus familièrement. Les Bretons en construisaient avec des branches flexibles, qu'ils couvraient de cuirs : d'autres ont fait le même usage de l'osier ; et d'autres encore de carcasses de poissons cétacées. Les Egyptiens avaient des nacelles de papyrus , et même de terre cuite. Juvéual parle de ces dernières :

Parvula fictilibus solUum dare vêla phaselis , Et brevibus pictà remis incumbere testa,

> Il est étonnant qu'on osât se fier à la voile sur des nacelles si fragiles , et qu'en les peignant on ajoutât le luxe à tant de simplicité.

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