‹ Traité complet de la peinture (volume 4)Chapitre 134 sur 142 · TOME VIll. l · texte numérisé non relu

TOME VIll. l

GiC PBOCàoÉS MATÉRIELS.

VOUS obtiendrez une vraie poussière de cire » égalemeut déposée; ensuite vous opérerez Tadhérence et la fusion par un feu doux » et vous lustrerez : celte lame de cirr sera diaphane et insoluble à rhumidité. Ce procédé peut être utile dans d'autres opérations étrangères à la peinture, et , quoique bien simple, il parait être une espèce de découverte. Un tel moyen est certainement Irès-innoccol et bien préférable à celui par lequel on liquéfierait la cire en employant Tintermède des alcalis. Voici au reste comment on fait la liquéfaction à l'aide de Talcall.

Faites fondre de la cire dans un verre» moitié cire, moitié eau; versez dedans deux gouttes d'alcali, et remuez bien le tout; vous aurez une liqueur blanche et pd consistance de crème. Le moins d'alcali qu'on pourra mettre sera le mieux. Cette émulsion de cire se conserre long-tems dans des bouteilles bien bouchées. J'observerai ici que les bords du vase dans lequel on fait cetl^ émulsion , font bientôt voir un liséré jaunâtre aux confins de la liqueur , ce qui manifeste déjà Tinflueuce de l'atmosphère sur Talcali. L*ammoniaque doit rendre auasi les cires solublcs et savonneuses. Sa volatilité serait d'un assez grand avantage.

Passons au second moyen d'apposer la cire seuir comme vernis. Nous avons dit qu'il s'agissait d'amollir un peu de la cire blanche par quelques gouttes d'huile' volatile d'aspic (toute autre espèce d'huile peut faire le m^ me effet) , et d'en frotter plusieurs couches extrêmement légères, à l'aide du pouce, en les laissant sécher successivement. Essayez d'abord le frottement sur quelques points de la palette , que l'on suppose nette et braoe de ton. Quand on se sera assuré par ce moyen de la quan-

PBINTURB ENCAUSTIQUE. 627

tité de cire attachée au pouce , quantité qui doit être très-petite , on la déposera sur le tableau en glissant légèrement, et en revenant plusieurs fois sur la mérae place, en sorte qu'il résultera une lame presqu'imperceptible de cire , qui » après trois ou quatre mouvemens de doigt dans le même sens , deviendra transparente , lisse , luisante 9 et criera sous le doigt : Il n'j aura donc pas eu dissolution du dessous ni dérangement dans la transparence, et les bruns resteront aussi bruns, malgré la superposition de cette cire, etc., etc. Cette première couche étant sèche sur tout le tableau , on reconnaîtra aisément par son degré de durelé , si toute Fessence est évaporée et s'il est tems de frotter et de déposer une nouvelle couche. Un linge doux , et non plucheux , pourra trèsbien servir à étendre et & polir ces légères couches de cire amollie. Le pouce sert à apposer la cire , et le linge plié eu tampon sert à la serrer et à la lisser quand elle est sèche. On observera attentivement ensuite s'il j aurait des cavités dans lesquelles ce léger lustrage n'aurait pas pu pénétrer : dans le cas où II en existerait , on se servira d'un moyen propre à réparer cette imperfection , c'est-à-dire qu'on emploiera la pointe , par exemple , d'une estompe do peau blanche; on la couvrira légèrement de cette même cire, et on frottera régulièrement avec cette pointe dans les .petites cavités. Ces opérations ne sont point aussi longues qu'on se l'imaginerait; elles exigent seulement du soin et l'intelligence du principe. Des ouvriers habitués seraient occupés uniquement h ce lustrage pour les peintres , et cette opération ne serait pas plus critique que celle d'appliquer des vernis.

J'avais eu d'abord la crainte que l'huile essentielle, ainsi

G'iS PROCÉDÉS MATERIKLS.

einprisonnéo daos la cire, ne jaunît avec ie leins;mai$ cette crainte était mal fondée : car la quantité d'huile volatile est trop petite dans ce cas , pour que Ton ait uq jaunissement à redouter de son séjour dans la cire , séjour qui , au surplus , ne peut être bien long, surtout si l'endroit oii l'on exécute ce cirage est chaud et aëré.

S*il arrivait que de la cire trop liquide ou trop rudement frottée dérangeât la transparence du dessous, on pourrait essayer tout de suite TefTet du caulérium qui , refcDdant la cire et les résines, rétablirait la diaphanéité et l'absorption des rayons. Si cependant ce moyen ne suffisait pas, il faudrait , avec du gluten , reglacer la partie dans le ton effacé, et rétablir ainsi la transparence primitive. EdUq rien n'est si facile et si intelligible que le lustrage par la cire amollie.

J'ai cru devoir essayer aussi différentes cires amollies, colorées selon les dessous bruns que je voulais lustrer: cette précaution a réussi. En broyant donc extrèmeoent fin. certaines couleurs brunes , elles coloreront cette cire amollie. Le bitume de Judée et le noir d'ivoire peuvent servir très-bien dans la cire amollie pour lustrer les plus fortes ombres. Au surplus, si le lustrage h la cire blanclit' amollie est appliqué avec ménagement et sans trop d'épaisseur, il ne blanchira point les tons forts qu'il doit revêtir et conserver , et l'addition de couleurs brunes pour brunir la cire sera inutile.

Quant au lustrage ou au poli obtenus par la friction, entre les diverses couches de cire qu'on appose , di>on' qu'avant de l'entreprendre il faut avoir soin de ratisser toute la surface du tableau avec une lame de rasoir. Cette opération doit se faire fréquemment , c'est à dire toujours

avant de lustrer ; on se sert aussi de prèle » de poudre de ponce très-fine» frottée avec un petit tampon de toile mouillée. On se sert enfin d'os de sèche et de tous les moyens connus pour obtenir le poliment. Les vergeUes plus ou moins douces offrent encore un fort bon moyen pour polir la cire et la rendre transparente.

Je dois ajouter que souvent je me suis passé de Fuslion dans mes tableaux encaustiques , et que le résultat a été néanmoins conforme en tout au principe et à l'idée que je m'étais faite d'une peinture solide et brillante; en effet, en lustrant chaque couche au moyen de la cire amollie par l'huile volatile d'aspic» j'ai très-bien emprisonné, verni , lissé et fixé mes couleurs sans le secours du feu. Je ne serais pas même surpris si quelqu'érudit nous prouvait un jour que les anciens employaient ce même moyen à l'aide de la cire et du pétrole , et que le feu n'était pas une précaution qu'on employait absolument : néanmoins on comprend, que dans le cas où les anciens eussent apposé la cire divisée à l'eau par l'alcali, le feu leur était nécessaire pour fixer et emprisonner d'abord celte poussière de cire» et pour faire suer cette cire en dehors; mais je laisse ces conjectures.

Ici il est à propos de rappeler que l'on doit renoncer h tout vernis final composé de résines » ainsi qu'aux vernis à la gomme mêlée de sucre candi, vernis qu'il faudrait renouveler tous les mois »

le salit. Il faut donc que 1 nis des peintures. Lecopal nier vernis, n'a point, je le peut supporter le même fi à celle-ci son lustre et sa

63o PROCiDiS MATÊBIELS,

dition de l*huile de lin qui donne de la solidité aux verois grasy dont le copal fait la base. Il ne iàut pas non plas penser à encoller le tableau avant de le cirer , puisque le feu ferait recoquiller cet encollage ( voyez ce qui sera dit plus bas à ce sujet page 641 • )

Maintenant que nous ayons traité la question techoique du Ternis 9 citons les mots de Pline , lorsqu'il nous parle du vernis ou atramentum , dont Apelles couvrait ses tableaux. Pline, sans trop comprendre ce passage qu'il empruntait à quelqu'auleur grec, nous instruit néanmoms de quelques points intéressans relatifs à notre question. Voici ce passage.

c Inventa ejus et cœteris profuére in arte. Vnum imi- » tari nemo potuit , quod absoluta opéra atramenlo illî-

• nebat ita tenui, ut id Ipmm repereuuu elaritaUè c<h

• lorutn excitaret, custodiretque à pulvere et sardibus, 9 ad manum intuenti demum appareret, Sed et tum » ratione magna : ne colorum claritas oculorum aeiem » offenderetf veluti per lapidem specularem intuentibus 9 è longinqao : et eadetn re$ nimis floridis eoloribus 9 austeritatein occulté daret. » (Lib. xxxv, cap. lo).

Voici comment ce passage est traduit par Poinsinet de Sivry :

c Ses inventions furent d'une grande utilité aux au-

• très peintres dans leur art , mais nul d'eux ne put imi-

• ter sa méthode d'enduire ses ouvrages les plus parfait? 9 d'un atrament (ou vernis) si subtil , qu'en servant de 9 lustre aux couleurs, par les reflets de lumière, et en le»

• garantissant de la poussière et des ordures, il était B d'ailleurs parfaitement diaphane , et impossible à saisir » à la vue , mais seulement au tact : invention d'un but

• vraiment iDgénieux , dont reflet est de rendre moins 9 dures les masses de lumière, et de les faire voir de près,

• comme on les yerrait do loin par rentromise d'une » lame de pierre spéculaire; comme aussi de jeter une » ombre tendi*e, propre à brunir et à tempérer les cou- » leurs tropflorides. • Getle traduction, qui est loin d'être fidèle, prouve assez que des artistes seuls peuvent saisir les idées des auteurs anciens, lorsqu'ils traitent des questions relatives au technique des arts.

Enfin une raison qui devrait faire persévérer les modernes dans la recherche du gluten antique , c'est le besoin qu'on a de conserver et souvent de réparer les peintures ou fragmens de peintures qu^on découvre tous les jours dans les ruines. La plupart des vernis qu'on appose sur ces peintures jaunissent et produisent toutes sortes de ravages. La cire seule peut donc restituer leur solidité première ; et , à l'aide du feu , on peut faire revivre le brillant de leur gluten , et par conséquent la force et l'éclat de leurs couleurs.

Voici l'exposé que fait le Moniteur du 1 1 janvier 1 826 du procédé employé par M. Gélestino, pour conserver et faire revivre les peintures antiques , procédé qui fut autorisé et encouragé par le roi de Naples : il y est dit que c ce vernis est composé de cire dissoute dans l'essence 9 de térébenthine alcoholisée , et que l'on y emploie la > portion la plus pure de la cire , nommée cirine par les w chimistes. 11 faut, pour se procurer cette cirine, mêler 9 une once de cire ordinaire à deux livres d'alcohol bouil- 9 lant, de quarante-deux degrés : on filtre ensuite la li- » queur chaude, et on la laisse reposer; lorsqu'elle est » refroidie , on obtient un précipité gélatineux , et c'est

» là ce qu'on appelle cirloe. On jette ensuite sur ce pré- » cipîtéy avant qu'il ne soit sec, une llyre et demie dliaile • de térébenthine alcoholisée , après on laisse le tout re- B poser quelques jours : on fait découler la liqueur bien » clarifiée » et on peut remployer. » Je ne ferai aucane observation au sujet de cette vague indication.

On débite à Paris des couleurs dites lucidoniques, et on en a appliqué le gluten sur des statues exposées à Tair; il entre à la vérité de la cire dans ces couleurs ; mais il eût élê nécessaire de fixer cette cire par Tustion; et c'est faute d'avoir usé de cette précaution que les statues qu*OD a recouvertes de ce vernis n'ont point été préservées, vi que les résines mêlées de cire sont retournées à Télal poudreux et délébile. La cire, dans cet état poudreux, ne peut rendre aucun service.

On doit en dire autant des enduits de cire amollie par l'essence de térébenthine, et qu'on a tenté d'employer comme vernis ou comme circumiinitio pour les statues. Cette circumiinitio , dont parlent Pline et Sénèque,ébii un enduit qui préservait les marbres de l'influence de l'air atmosphérique; et s'il était vrai, comme le dit Pline, que Praxitèle ne considérait ses ouvrages comme réellement terminés , que lorsque le peintre Nicias j avait appliqué de sa main un enduit de sa composition , il sVn suit que le même moyen n'était pas employé par tout le monde , et qu'il était plus ou moins parfait , selon la pratique dont chacun usait , et selon la nature des ingrédieu> dont on le composait

Plusieurs praticiens prétendent que l'encaustique empâte , gâte et noircit les sculptures , et surtout leurs parties renfoncées et fouillées. Mais comment ont été prati-

quées ces encaustiques? On ne conçoit guère pourquoi la cire pure» bien incorporée dans le marbre par le feu , bien essuyée à chaud , puis polie à froid , ne serait pas suffisante pour préserver les statues pendant un grand nombre d'années , des lichens noirâtres ou verdâlres qui Tégètcnt si promptement sur les marbres : ce que Ton conçoit très-bien encore , c*est que le feu est très-propre à opérer sur le marbre une coction de cire et de résine» coction telle qu*il est impossible, d'en détruire le résultat,, même avec l'acier. Ayant appliqué sur la faïence d'un tuyau de poêle chauffé divers essais de résine et de cire, posés par couches uniques et très-minces, quelques-unes de ces couches ont tellement pris adhérence et pénétré la faïence, que je n'ai pu les enlever ensuite , ni par un mordant , ni par l'acier.

On pourrait donc essayer de faire une ustion ou un brûlcmcnt à l'antique, sur des marbres, avec un mélange de cire et de résine élémi par exemple, résine qui se colore peu au feu, ou de copal qui est si dur, ou de copahu , de naphte ou de toute autre résine ou bitume blanc , qui acquiert une grande ténacité à l'aide du feu.

On aperçoit encore sur plusieurs statues antiques les vestiges de la circumlinitio. Les antiquaires italiens appellent ce vernis antique patiiui ; ils en attribuent l'effet au séjour de ces monumens dans la terre oii ils sont restés enfouis, mais peut-être celte patina existait-elle jadis par l'effet de l'art. Pline dit (lib. 34, cap. 4) •' « ^*-

> tmntne antiqui tinguebant cas {statuas) quo magîs » mirum est placuisse auro integere, — Les anciens tci-

> gnaient de bitume les statues; il y avait loin de là à les B revêtir d'une couche d'or. » Si on ajoute à ce passage.

654 PBOCiDÉS HATBBIELS.

OÙ il 8*agit , il est vrai , de statues de bronze , ce qae Pline dit des bitutnitiations ei codions delà peinture, on se persuadera qu'un vernis conservateur a dû être employé par les statuaires pour préserver leurs marbres et leurs bronzes 9 et que si nous voyons tous les ans, à Paris , des ouvriers qui frottent avec une brosse et du grés nos statues exposées en plein air, et si à Rome , par exemple, on laisse les statues des jardins se corroder, se noircir à Fair sans qu'on les nettoie jamais \ c'est que le reste de barbarie» dans lequel nous sommes encore plongés, nous rend fort insoucians sur tous ces points.

Au reste il n'est pas improbable que. vu les progrès de la chimie , on ait consigné dans quelqu'écrit des recherches sur la circumlinitio antique; cependant aucun de ces écrits n'est venu à ma connaissance; et l'on sait d'ailleurs qu'il n'existe point de traité complet de l'art statuaire, traité dans lequel seraient nécessairement examinées ces différentes questions. Je me hâte donc de citer ici ce qu'on lit dans un petit ouvrage tout nouveau. Cet ouvrage a pour titre : Art de C Ornemaniste , du Stuca teur^ etc. ■

> An moment où j'écris , on yoît à Paris , snr les statues qni décorent l'entrée principale du palais des députés , une mousse noire épaisse (I> quelques lignes, ce qui contraste horriblement avec les statues toute > neuves et bien blanches qui écrasent le pont situé vis à vit de rf palais ; je dis écrasent , car an lieu d'ornemens légers , ces statoc< sont autant de colosses qui choquent la Yue et l'esprit : autre incon ▼enance qu'on cherchera k justifier par les mille petites considérations d'intérêt privé d'après lesquelles on dirige presque tout ce qui c»: du domaine des beaux-arts.

» 11 fait partie de l'Encyclopédie populaire , (Paris, iS>8, nicdt* Maçons- Sorbonne , n* ii).

PBINTURB BlfCAUSTIQCB. 635

tt Enduit conseryateub dbs statubs bt bas-relibps. » — On prend de l'huile de Un pure; on la convertit en 9 savon neutre au moyen de la soude caustique; on y » ajoute ensuite une forte solution de sel marin , et Ton

> pousse la cuisson jusqu'au point de donner une grande » densité à la lessive, et d'obtenir le savon nageant en » petits grains à la surface de la liqueur; le tout est versé 9 sur un carrelet, et quand le savon est bien égoutté, on » le soumet à la presse pour en exprimer le plus de les- » sive possible : alors on le fait dissoudre dans^ de l'eau » distillée , et on passe la solution chaude à travers un » linge (in. D'un autre côté , on fait dissoudre dans de » l'eau également distillée , un mél ange de 80 parties de 9 sulfate de cuivre et de 90 parties de sulfate do, fer du 9 commerce; on filtre cette liqueur, et après en avoir » fait bouillir une partie dans un vase de cuivre bien net,

> on y verse peu à peu la solution de savon, jusqu'à ce » que la solution métallique soit complètement décom- » posée. Ce point de décomposition étant atteint, une • nouvelle quantité de solution de sulfate de cuivre et de 9 fer doit être versée dans le vase , la liqueur agitée de » tems en tems et portée à l'ébulilion. De cette manière, 9 le savon, sous forme de flocons, se trouve la\é dans » un excès de sulfate ; après quoi , il doit l'être su ccessi- » vement à grande eau bouillante et à l'eau froide ; pu is 9 il est pressé dans un linge pour l'essuyer et le sèche r 9 le plus possible; et c'est dans cet état qu'on s'en sert » comme il va être dit.

» On fait cuire 1 kilogramme d'huile de lin pure avec » 95o grammes de lithargc pure en poudre très-fine; on

G36 PRocàpis MATiaiELS.

» passe le produit dans un linge , et on le laisse déposer » à l'éluve; il se clarifie promptement. Gela lait, ou » prend :

» Huile de lin culte 3oo grammes.

1 Savon de cuivre et de fer. • . • 1 60 » Cire blanche pure 100

> On fait fondre le mélange à la vapeur ou au Baio

• Marie 9 dans un vase de faïence; on le tient fondu pour » laisser dégager le peu d'humidité qui s'y trouve; on » fait chauffer le plutre jusqu'à 80 ou 90 dégrés cenli- » grades dans une étuve» puis on l'en retire et l'on y » applique le mélange fondu.

• Lorsque le plaire se refroidit assez pour que le mé- » lange n'y pénètre plus» on le remet à l'éluve; on le

• chauffe de nouveau à 80 ou 90 degrés , et l'on coDtinuo . • d'y appliquer la couleur grasse jusqu'à ce que le plàlm

9 en ait absorbé assez : il est alors remis à l'étuve peo- » dant quelques instans , pour qu'il ne reste pas de cou* t leur à sa surface , et pour que toutes les finesses de la » sculpture paraissent et ne soient pas empâtées. Cellr » opération étant terminée , on le retire de l'étuve; on t le laisse refroidira l'air dans un endroit couvert , pen- B dant quelques jours» ou plutôt, tant qu'il n*a pas perdu

• l'odeur de la composition; on le frotte avec du coton » ou un linge fin, et le travail est fini.

» Cet enduit remplit tous les pores du plâtre sans laisser » rien à la surface» sans former d'épaisseur , sansem-

• pâler les finesses de la sculpture , et sans rendre flou^

• les traits qui y sont gravés.

» En mettant de l'or-coquille sur les points culminant

« du plâtre y et le préparant ensuite comme il vient d'être

> dit, on obtiendrait la patine antique avec le bronze

> mélallique apparent dans les endroits saillans.

» Lne plus grande quantité de savon de fer dans Yen-

> duit procurerait facilement la patine rougeâtre que ■ présentent certains broncas. Le savon de fer seul don- • nerait une teinte rouge-brun; les savons de zinc» de » bismuth et d'élain imiteraient le marbre blanc. »

Observations diverses relatives à certains points pratiques de la peinture encaustique.

L'exécution dans l'espèce de peinture que nous proposons ici est la même , h très-peu de chose près , que dans la peinture à huile , c'est-à-dire que le peintre applique ses couleurs avec les mêmes pinceaux; qu'il les conduit , qu'il les fond par le même procédé , et qu'elles se rangent sur la palette de la même manière que dans la peinture à huile : cependant il y a quelques petites attentions particulières à apporter à cause de la nature du gluten qui liquêlle les couleurs; mais ces attentions seront sujîgérées naturellement à quiconque se sera fait une idée nette du caractère des ingrédiens qui composent tout le matériel de cette peinture.

Ainsi donc, comme les couleurs liquéfiées par les huiles volatiles sèchent plus prômptement que les couleurs liquéfiés par les huiles fixes» il ne faut pas entreprendre de peindre plus de superficie qu'on n'en pourrait couvrir dans l'intervalle de cette dessication; sans cela on serait exposé à trouver les teintes qu'on aurait déposées sur la toile séchées à demi avant qu'on ait eu le tems de les

638 PROCÉDAS MATJ&RIBLS.

unir el de les modifier. Cet inconTénient, àla?érité, est bien vite réparé « puisqu'en attendaDt qae ces couche!» premières soient tout-4i*fait sèches , on pourra les reconvrir de nouveau, ce qui se répéterait facilement quatre ou cinq fois en une journée; maison risquerait de laisser subsister des dessous grossiers et gênans, si on faisait sécher les couleurs avant de les avoir suilisamment peintes et fondues.

C'est ici le lieu de démontrer un des avantages de cette peinture , celui d*être rendue à volonté » plus ou moin> prompte, ou plus ou moins lente à sécher, et cela sans qu*il en résulte aucun inconvénient matériel (il ne sVit pour cela que d*user d'huiles plus ou moins volatiles) ; ou si l'on use d'une huile lente à se volatiliser , il ne s'np't que d'accélérer son évaporation par le moyen du feu. Ainsi veut-on que la matière sèche promptemcnt? Au lieudf* mélanger ou de broyer les couleurs avec un gluten composé soit d'essence de cire, soit d'essence d'aspic ou de lavande, essences qui sont un peu lentes à sécher ( et c'est ain^ qu'il convient de les avoir ordinairement) , il faut se servir, pour liquéfier le gluten, d'une huile plus volatile, telle que l'essence d'aspic rectifiée , ou telle que l'essence de pétrole, de citron, ou toute autre qui ne puisse pa> gâter les teintes, comme le ferait l'essence de térébenthine. Veut-on, au contraire, que les teintes soient lentes à sécher? On introduit alors dans les couleurs uo peu d'huile volatile de cire ou de copahu , ou toute autre qui soit propre à cet effet; on peut aussi , je le répète, pour accélérer la dessication , user du moyen du cautérium . qu'on expose , avec les précautions nécessaires , devant la partie que l'on veut faire sécher; alors l'huile volatile s*é-

P£I!fT17RE BKGAUSTIQUE. 6icf

chappe» et la résine et la cire restant sèches , elles peuvent , après avoir élé lustrées et serrées , être immédiatement recouvertes par d'autres couches de peinture.

Au surplus , avec le liquide ordinaire tel que » Tessence d'aspic ou de lavande, on a bien assez de tems pour fondre, lorsque Ton y introduit assez de gluten , et qu'on n'abandonne pas une place pour en peindre une autre , comme on a coutume de le faire à huile, sans qu'on soit surpris, dans ce dernier procédé, par le dessèchement; quant à l'huile de cire, elle donne tout le tems nécessaire pour peindre. On imaginera probablement que l'addition de quelques gouttes d'huile d'œillet ou de lin suflirait pour ralentir de beaucoup la dessication; mais Ton doit exclure l'huile fixe, à moins qu'on ne l'introduise selon certaines proportions ou quantités. Voyez ce qui sera dit au chapitre OQd, quand il sera question de la peinture h huile copal ou peinture à tiers d'huile. En voilà assez sur ce point : la pratique , le bon sens , et surtout la connaissance du caractère physique et chimique de celte peinture suQiront pour conduire les artistes à une exécution facile et favorable à l'imitation.

Je passe aune seconde précaution nécessaire à cause de la nature des huiles volatiles , je veux dire leur qualité pénétrante et dissolvante, qualité qui tend à détremper les teintes des dessous lorsque le pinceau passe et repasse dessus pour couvrir d'une seconde couche de couleurs ces dessous. Dans la peinture à huile , cet effet n'a pas lieu , et la teinte une fois séchée , une seconde teinte , frottée et couchée sur la première , ne la détrempe aucunement , à moins qu'on n'ait introduit dans cette seconde teinte quelqu'essence , quelque liquide très-mordant; mais, dans

64o PBOGÊDÊ8 MATilUBLS.

notre nouveau procédé » la teinte qu'on applique déraogerait quelquefois celle de dessous , si Ton n'usait de quelques précautions. D'abord il faut savoir que plus la teinte des dessous est récemment peinte, plus elle e>t facilement soluble et divisible par celle qu'on j superposera : et que plus elle est anciennement peinte ou desséchée , moins elle est susceptible d'être détrempée et enlevée par les liquides pénélrans. Cette observatioo doil déterminer à laisser quelqu'intervalle pour attendre le dessèchement, que peut d'ailleurs accélérer, je le répèle, le moyen du feu ou de la cautérisation.

Quoique cet accident ne survienne pas aussi fréquem- , ment qu'on pourrait le supposer, vu la précaution bieo facile de terminer les parties , avant de risquer qu'une seconde couche ne produise un délaiement de la première, il est nécessaire d'avoir à sa disposition un moyen eilicace pour y obvier. Je dirai donc qu'une opération oonsculement utile, mais nécessaire pour la plus grande soli dite de la peinture , c'est do répéter fréquemment les lus^ trages et les cirages (qu'on me passe ces mots , nous n en avons pas d'autres) entre chaque couche de couleur. Par ce moyen on aura appliqué successivement sur chacune de ces couches une pellicule de cire^ rendue adbéreulf par le feu; et pour la lustrer on l'aura serrée et durcie: ce qui d'ailleurs aura procuré la transparence qui résulte du passage libre de la lumière à travers les teintes de dessous et à travers celles de dessus. Ainsi ces lustrages delà cire emprisonnent les dessous et isolent d'abord les cou> leurs inférieures des autres couleurs qu'on apposera easuite , le tout devant bientôt après être amalgamé et fi^^' par le moyen du feu.

P£INTtRB ENCAUSTH2UE. C4 ^

J*avai8 pensé que, pour empêcher le délaiement, il était convenable d'interposer entre chacune des couches un léger mucilage qui pût les isoler parfaitement; mais je n'avais pas prévu que parce moyen on ne remplissait plus les conditions d'unité matérielle et de cohésion ou d'homogéoéité des parties. D'ailleurs ce mucilage pouvait, dans les lavages » être atteint par l'humidité , et produire par conséquent des ravages. J'ai donc renoncé soit au blanc d'œuf sucré p soit au mucilage de la graine de lin , soit à tout autre gommeux , dont la présence pouvait produire des boursoufllures et des écailles lorsqu'on exposerait la peinture à la chaleur du cautérium , ces parties de mucilages se recoquillant , et ne se liant pas du tout avec la cire et les résines.

On pourrait peut-être imaginer un autre moyen d'isoler les couches : ce serait d'interposer une lame de vernis composé de résine non soluble à l'essence , mais soluble à l'esprit-de-vin, ou bien» pour éviter l'action mordante de Fesprit-de-vin qui serait le liquide de ce vernis, d'employer cette résine, (la sandaraque par exemple), broyée à l'eau et restant déposée en état de poudre après sa dessication, pub de fondre cette poussière résineuse à l'aide du feu. J'abandonne cetle idée aux praticiens; mais je dois dire ici que l'inconvénient du délaiement ne contrarie presque jamais une main un peu exercée.

Quant à la manière d'apposer les légères couches de gluten, qui doivent restituer finalement la transparence et le brillant sur tous les points, j'observerai que l'usage du pinceau est quelquefois funeste , parce qu'il détrempe et enlève , par le frottement un peu rude de ses poils , les teintes de dessous , et parce qu'il dépose trop de gluten.

TOMR VIII. 4i

64^ PBOGÊDàs MATJ&RIELS.

Il faut donc ne se servir que du pouce; par ce moyen les couches sont unies « minces, égales , el on peut les réitérer. Il parait certain que les anciens vernissaient ainsi.

Uoe foule d'autres considérations pourraient être ajoutées à ce chapitre; mais je dois dire ici que le principe de celte peinture matérielle étant une fois connu et bien compris » on éprouvera que son exécution est très-simple, très-naturelle , et plus facile que celle de la peinture à huile» Je puis en outre assurer que, dans celte peintare, il n'y a point à imaginer de ces combinaisons qui exigent les précautions gênantes nécessitées dans la peinture à Thuile par Tefiet des embus , des obscurcissemens » de la lenteur fastidieuse de certaines couleurs à sécher, la longue viscosité, la difficulté de reprendre tous lestons» et enfin le mécanisme qui force presque tyranniquement l'artiste à ne pas perdre un instant de vue sa teinte et sa palette... D'ailleurs toutes les autres considérations ne seraient bien intelligibles qu'aux praticiens, qui, comme on le sait , n'en auront pas besoin.

Il semble encore inutile d'avertir ici que les glacis s'exécutent de même et beaucoup mieux qu'à huile, el qu'ils font beaucoup plus d'effet , parce que les lamelles de gluten laissent mieux traverser les rayons que ne le font les pellicules un peu nébuleuses de l'huile; secondement ils sont sans inconvénient , parce que les coucher successives de gluten ne poussent jamais au noir , en telle quantité qu'on les superpose. Les glacis réitérés à huile , au contraire, éprouvent de si grands ravages que plusieurs peintres se sont décidés à les proscrire. Cependant comment obtenir des tons magiques , mixtes et translucides sans les glacis; conmient doubler l'intensité des

PEINTURE ElfCAUSTIQUE. 643

teintes sans les glacis; comment enfin sans leur secours accorder et terminer un tableau !

De rendait encaustique du subjectile.

Un panneau préparé à colle par le procédé qu*on trouvera indiqué au chap. SSy, vol. ix^peut Irès-bien servir pour recevoir une peiolure encaustique , si toutefois il n'a pas élé trop encollé. La cire peut donc pénétrer plus ou moins dans la préparation ; mais , pour rendre Tencaustique d'uoe grande solidité , on doit procéder à Teoduit d'une manière particulière. Ayant donc un panneau bien plan et bien poli par le menuisier, la première opération consiste à en boucher les trous par un mastic bien approprié : tout mastic qui se fendra se retirera au feu y ou qui ne permettra pas h la cire chaude de le pénétrer et d'adhérer, ne conviendra pas. (Yoy. le chap. 586 des Mastics. ) Le mastic fait de chaux vive et de sang de cochon est très-bon; mais il convient d'y mêler un peu de cire : la cire , liquéfiée à l'esprit-dc-vîn , peut être employée pour ce mélange. A l'aide de la cire et du feu , la couche d'enduit aura adhérence sur ce mastic , ce qui n'aurait pas lieu si la colle ou la gomme y dominaient.

On peut encore employer le gluten-copal , prescrit pour l'encaustique, en le composant d'huile très-volatile, de blanc de plomb , de cire, de copal et d'un peu d*élémi. Ce mastic ne s'amollira pas au feu , et l'humidité ne l'attaquera jamais; il faudra chauffer le panneau pour apposer ce mastic , que l'on emploiera chaud lui-même , afin

644 PROCÉDÉS XATiBIBL»,

été bieo chauffée, est enlevé avec la lame d'acier, on peut encore polir cet enduit avec de la poudre bien fine de pierre ponce , en passant et repassant a?ec un liDgf mouillé. Ce moyen est même très-efficace ; il serre la cire et la nourrit de petits grains de ponce , qui ne peuîent que contribuer à la durcir et à y mieux fixer ensuite les couleurs : la ponce est neutre , et ne peut altérer en rien les teintes.

Sur cette impression on peut coucher légèrement telle teinte que l'on veut» composée par le procédé ordinaire, c'est-à-dire avec la résine-élémi ou du copal dissous dans l'essence d'aspic , et un peu plus chargé de cire qu'on ne le fait pour les teintes du tableau.

Si l'on veut garantir le derrière du panneau , on emploiera de la cire commune » en y incorporant du bilame de Judée ou toute autre résine , et l'on saturera bien le bois , sans laisser d'épaisseur. Le bois étant ainsi bien situré , devient impénétrable à l'humidité.

Il resterait à parler des enduits ou subjectiles» préparés en stuc à la manière des anciens , ou en bois recouverts d'une toile (Voyez à ce sujet ce que nous dirons au chap. des Mastics , des Enduits , des Panneaux , Toiles , etc. )

Je ferai observer que » sur cette préparation qui vient d'être indiquée , on ne peut pas peindre à huile , vu que l'huile siccative n'adhère pas à la cire. Mais si la dernière couche de l'enduit est composée sans addition de cire, et que l'on n'emploie pas le feu, qui ferait transuderen dehors la cire , on pourra peindre à huile sur ce même enduit , impénétrable à l'humidité , comme je l'ai dit.

Par la même raison» line toile préparée à huile n'est pas propre à recevoir la peinture encaustique; il n'y aurait

pas d'adhérence » à moins que cette toile ne Vît pas chargée d'huile , qu'elle fï!kt bien lavée et dégraissée à l'espritde-?in» et qu'on fasse pénétrer dans son épaisseur, à l'aide du feu» une couche de cire. Ces précautions cependant ne m'ont pas paru suffisantes , et on court risque de voir tôt ou tard la peinture se détacher.

Du nettoiement et de la réparation dei peintures encaustiques.

Ce n'est pas signaler un des moindres avantages de la peinture encaustique que de dire que les altérations qu'elle peut subir étant toutes superficielles , elles peuvent par conséquent se réparer aisément. Ces altérations ne sont donc jamais internes» comme celles de la peinture à huile qui subit des ravages intérieurs tels qu'aucuns moyens nepeuvent y remédier. Les huiles poussent au uoir, et produisent naturellement » dans les ombres , des taches obscures qu'il est impossible de faire disparaître. Elles produisent aussi des teintes jaunâtres par leur contact avec les vernis qu'on y applique , et ces teintes jaunes et homogènes ne permettent souvent pas de réparation. Les peintures à huile une fois écaillées , tous les repeints deviennent des discordances» à cause de l'altération indéfinie des huiles de ces repeints; enfin les vernis des tableaux à huile doivent être renouvelés aussitôt qu'ils ont perdu leur brillant , brillant que le frottement ne saurait rétablir : or ce renouvellement est dangereux et fort assujettissant. D'ailleurs quels réactifs dangereux ne doiton pas employer pour l'espèce de croûte» le

646 PEOCiDis HATiBIBLa.

aux peintures » et qui souTent est un composé de bkncs d'œufs» de vernis avec addition d'huile cuite, deilroui» enfin &its avec de la graisse , etc, , etc. ! La peinture encaustique « au contraire « nourrie et fecouverte de cire, n'est sujette qu'il l'effet résultant de la poussière » de la fumée et des salissures des mouches : or rien n'est plus facile que d'enlever ces salissures » soit avec de l'eau alcalisée, soit même avec de l'eau simple. U ne se forme point, dans un tableau à la cire, de taches obscures , de teinte» discordantes; l'accord du coloris est fixe et permanent, ei il ne peut rien survenir intérieurement qui flétrisse Tèclat ou la force des couleurs , ou qui dérange les rapport> optiques d'intensité et d'énergie.

Il est vrai que» s'il arrivait que quelques points du tableau n'eussent pas été bien revêtus de cire par le lustrage, et que quelques petites places résineuses fussent reslécsà nu et exposées à l'air» il pourrait se faire que le simple frottement du linge ne restituât pas la transparence et le lustre sur ces parties » et qu'avec le tems elles parusscnl plus ternes que les parties cirées; mais ce cas ne doii guère être supposé , et il ne résulterait que d'une impe^ fection pratique, dont l'effet serait très-facile à réparer.

Enfin, si le tableau est bien recouvert de cire lustrée ^ quel ravage peut-il éprouver ? on n'en peut concevoir aucun. Si la cire extérieure se ternit par le tems , od la lustre de nouveau, si elle s'évapore, comme on poorrail peut-être le soupçonner, mais ce qui n'est guère pré.sumable sans la supposition d'un haut et constant degn de colérique, on peut la renouveler; on peut, si Ton veut , cirer de tems en tems les tableaux comme on cire les meubles mais par un procédé pratique différent et

PKJNTUEfi ENCAUSTIQUE. 647

moîos rude. Eofio les bruns qui , sous la cire, ne doivent rien perdre de leur force , peuyeni être rétablis par le moindre froltemeot» si le tems ou Tatmosphère les a par hasard aflaiblis. Or on sait que le firottement ternit sans retour tous les vernis à tableaux.

Pour nettoyer les tableaux à huile , il faut enlever le vernis, le réduire en poudre» et» à force de frotter» de briser et de pulvériser, on finit par le détacher» à l'exception pourtant de celui qui » étant enfoncé dans les petites cavités» ne peut être soumis à cette opération; or» comme il reste encore du vernis sur la surface du tableau » même après ce frottement , et que souvent ce vernis de dessous ne fait qu'un corps avec l'huile de la peinture» ce qui a lieu lorsqu'on vernit les tableaux avant qu'ils ne soient bien secs, c'est-à-dire avant un an (après vingt ans , l'huile n'est pas encore réduite à l'état concret ou cristallisé)» il faut avoir recours à un moyen particulier pour finir d'enlever toutes ces résines. On emploie donc à cet effet l'alcool ou l'esprit^e-vîn mêlé à l'essence de térébenthine ; mais ce spiritueux dissout non-seulement le vernis , il dissout aussi l'huile qui contient la couleur. Ainsi l'on conçoit qu'un tableau de cabinet qui, pendant l'espace de trente ans, a pu être nettoyé et reverni quatre ou cinq fois» a pu perdre, et par le frottement et par l'action de l'esprit-de-vin , une partie de ses finesses et même de ses teintes. Je ne parle pas du nettoiement de la peinture ellemême ; on sait qu'il (à ut dans ce cas des alcalis » des mordans , et que, sur dix tableaux de n^altres» il n'y en a pas un qui soit pur et sans repeints , c'est-à-dire tel qu'il était lorsqu'il sortit de l'atelier de l'artiste.

Je viens de iaire ressortir les désavantages de la peîn-

648 PB0CÉDÈ9 HiLTiBIBLS.

ture à huile au sujet du nettoiemeDt des tableaux, exposons maintenant les moyens réparateurs que l'on peut employer dans la peinture encaustique.

Il faut commencer par laver le tableau avec de Teaa douce contenue dans une éponge; si ce moyen ne suffit pas» on emploie une eau savonneuse. Lorsqu'il se troufe des taches de mouches qui résistent à ce lavage » il faut avoir recours au grattoir. Ajoutons en passant que quelques gouttes de suc d'ail» ajoutées aux couleurs ou à la cire qui sert à lustrer finalement le tableau » sont très-propres à éloigner les mouches. L'huile volatile de laurier est trtsbonne aussi , mais elle peut jaunir; il suffirait peut-èlrc d'en mellrc sur la bordure et sur le derrière du tableau. Enfin l'emploi de l'eau-de-vie et de l'esprit-de-vin milij^'é peut servir à enlever les taches » tous les jaunissemens , et même toutes les couleurs du tableau; car en y ajoutant de l'essence de citron» ce mordant attaquera vivement la peinture , surtout si le copal n'y domine pas , ou s'il a été employé mélangé avec beaucoup de cire. Quant au sablon employé avec de l'oseille triturée » si l'on s'en sert pour frottement » il enlèvera la' couleur jusqu'au bois ou au tissu.

Lorsqu'on veut réparer un accident» une brisure ou un trou , le moyen le plus expédient est l'emploi de la cire amollie; mais il convient d'y introduire du cristal pilé, ou toute autre poudre très-dure. Cette espèce de mastic se pose tiède au couteau pliant; dans un instant on peut boucher ainsi une multitude de trous. Cette cire amollie doit être faite avec une huile très-volatile et nouvelle » afin qu'elle sèche promptement; on aura donc recours au calorique pour opérer. On peut aussi colorer ce

PBINTUBB Blf CAUSTIQUE. 649

mastic selon le ton et la teinte de Teodroit qu'on voudra réparer; cela éviterait d'avoir sous les yeux, pendant tout le tems nécessaire pour cette dessication, des taches blanchâtres qui pourraient géoer le réparateur» surtout s'il était dans l'obligation de raccorder ces peintures. Au reste le mastic employé pour la préparation des panneaux doit convenir pour réparer ces mêmes trous ou brisures.

Enfin» si une peinture encaustique était devenue aride par l'eiTet d'une dessication particulière; si elle était gercée , fendillée , menaçant même de se détacher par écailles , Tapplication de la cire liquéfiée à l'eau , puis séchée et chaufl^ée ensuite, serait un moyen excellent. Il est à craindre cependant que l'on n'emprisonne les salissures par cette nouvelle couche de cire; mais on pourrait, si elles ne sont que locales , les enlever après coup.

Je crois superflu d'en dire ici davantage , et de parler des repeints , puisqu'aucune précaution particulière dans la pratique n'est à prendre à ce sujet.

Observations sur une peinture encaustique obtenue par l'intermède de l'eau et sans huile volatile ni huile fijffe.

Nous avons dit que c'était la trop prompte volatilisation de l'eau qui avait fait abandonner les procédés do tous ceux qui ont proposé des peintures à l'encaustique par le moyen de ce liquide. Néanmoins quelques artistes, et particulièrement ceux qui sont familiers avec la pratique de Taquarelle et de la gouache en grand ou en miniature, désireront probablement qu'on leur soumette des tentatives en ce genre. D'ailleurs les archéologues qui no

65o PROCÉDAS XATiRlBLS.

reconnaissent poînt^d*autre liquéfiant que l'eau dans Tancienne encaustique , telle qu'ils la conçoîrent d'après les désignations que nous ont laissées les écrivains , solliciteront et approuveront volontiers des recherches qui n'offusquent point leur érudition. Enfin s'il s'agit des peintres eo général , leurs préjugés leur feront peut-être admettre sans répugpance un procédé qui se rapporte beaucoup ï celui que Raphaël , que Tiziano » Corrégio, etc.» employèrent dans leur jeunesse, un procédé enfin que [M'ai!quèrent jadis les Masaccio, les Guido de Sienne, les Giotto, les Fiésole, etc. Quant à nous, ce qui nous détermine ici , c'est le profit de l'art; c'est l'utilité de cette même peinture endiustique par l'intermède de l'eau.

Nous proposons donc l'encaustique par l'intermède de l'eau, malgré la répugnance des peintres qui, ne pratiquant, ne connaissant que la peinture à huile, exigeront, je le sais , certaines conditions, desquelles ils ont fait une nécessité. Or ces conditions sont , comme nous l'avons déjà dit, de fondre les couleurs à leur gré, tout à leur aise , sans être pressés par le prompt dessèchement de^; teintes , et aussi longuement enfin qu'ils le désirent Ces peintres sont donc accoutumés à un moelleux qu^ils empruntent au blaireau , quoique les miniaturistes , et tant d'autres peintres d'un autre genre, l'obtiennent si bieo avec la pointe du pinceau. Ce moelleux, qui sauve tant d'incorrections et tant de pauvretés , ils craindront de le perdre; et il leur faut absolument des couleurs onctueuses , lentes à sécher, des teintes presque visqueuses, dont les conglutinations favorisent la suavité de la touche et le gras du pinceau; des couleurs enfin qui» comme le disent les praticiens, tirent sous la brosse, et

PEINTUBB fiNGAUSTIQUB. 65 1

qui font qu'une peinture a Tair d*étre conduite et exécutée tout d'une fonte.

Entrons en matière, La première qualité du gluten dans son état sec, c'est, après la solidité, la transparence » et par conséquent la vigueur et l'intensité des couleurs qu'il fait valoir. On pourrait croire que plusieurs couches dégomme arabique, dans laquelle on aurait broyé une pelile quantité de couleurs , suffiraient pour procurer cette force et cette diaphanéilé à un degré à peu près suffisant; mais ces couches s'écailleraient au feu nécessaire pour les cirer, et elles se laisseraient même attaquer par l'humidité, qui, dérangeant la contexture diaphane de la gomme , reproduirait le mat. Il faut donc un gluten qui reste diaphane dans l'état sec, et qui puisse être à l'abri de l'influence de l'humidité; quelques gommes-résines naturelles peuvent remplir ces deux conditions. La sarcocoUe, par exemple, dissoute dans l'eau , et appliquée sur la toile ou sur le panneau, produit nne couche aussi diaphane et moins aride que la gomme arabique. (Les anciens auteurs désignent expressément celte gomme-résine comme étant employée dans la peinture. Pline dit lib. m c. 1 1 • « Sarcocolla ita vocatur arbor gumtnU uti- > lissima pictoribus et medicis. » • Gomme très-utile aux » peintreset aux médecins). » La sarcocolle a affinité avec la cire par sa portion résineuse, et a affinité avec l'eau par ML portion gommeuse; on peut donc y introduire une certaine quantité de cire : le feu ne ferait ensuite qu'un tout des quatre substances , la résine , la gomme , la cire et la couleur. Enfin le lustrage , opéré entre c' l'ardeur du feu , contribuerait à la ti rayons , et procurerait ainsi la transparei

65s PROC&DÉS XATiRIBLS.

raît donc plus que de garantir le tout par une couche de cire. Tel est le principe.

Un autre moyen d'obtenir un gommo-résineux trèspropre à la peinture, c'est d'employer le jaune d'œuf. 11 faut saroir que le jaune d'œuf a la propriété de dissou-dre les résines. (Je l'ai incorporé très-facilement avec du copal dissout dans l'essence de lavande). Le jaune d'œaf peut donc se mêler avec la résine élémi , avec la résine mastic» etc. , et être miscible avec l'eau» malgré son association avec la cire qu'on y ajouterait. Le jaune d'œuf, sans addition d'eau» est assez lent à se sécher; il permet la fonte des couleurs qu'on lui associe , et il offre en cela un avantage dont les anciens ont sûrement tiré parti. Nous connaissons des peintures du moyen âge exécutées à l'œuf» et qui sont d'un travail extrêmement fondu. On a vu en 1810 » à Paris » dans une vente publique» un très-petit tableau d'une seule figure » par Mantegna » qui était exécuté à l'œuf» et fondu comme un émail ou comme une miniature très-soignée. Je rappellerai que la Roma ou Pallas antique du palais Barberini est peinte tout d'une fusion et sans touches perceptibles.

On conçoit que plus l'œuf est mêlée d'eau, plus il perd cette propriélé. Il conviendrait au reste de multiplier les expériences au sujet de la lenteur ou de la promptitude de la dessication des liquides» et de vérifier, par exemple » si certaines gommes , telle que la gomme de cerisier » indiquée par Théophile » (peut-être à cause de celte particularité)» offrent cette propriété. On peut donc peindre au jaune d'œuf» chargé de résine et de cire» etc. Je n'oublierai pas d'observer ici que le camphre amollit et liquéfie même les résines; les pharmaciens l'emploient

peiutubb encaustique. 655

quelquefois à cet effet. On pourrait donc le mêler comme dissolvant avec l'œuf» puis le laisser évaporer*

Plusieurs moyens peuvent encore être tentés. D'abord on sait que l'empois retient un peu plus long-tems les parties aqueuses que les colles ordinaires dans lesquelles on n'introduit pas de cire. Il y a des sirops lents à se dessécher 9 tels sont ceux de limaçon» de jujubes, de dattes. On dit que l'amidon extrait du marron d'Inde fournit une colle d'une lente dessication. Il en est de même du fenu grec et de la graine de phalaris , semences mucilagineuses. Enfin on dit que, dans le parement des tisse* rands» on introduit avec succès la dissolution d'une pe« tite dose d'hydrochlorate de chaux » ou de quelqu'autre sel aussi déliquescent. Quant au mélange d'œuf» de copal, d'huile volatile de cire , et d'eau , j'ai remarqué qu'il était assez long à se dessécher : cette indication est de quelqu'importance.

Voici au reste comment je conçois le procédé de pein-* ture des anciens par l'intermède de l'eau. Ils peignaient sur des stucs ou sur des préparations excellentes , trèsblanches, très* polies et rendues imperméables. Les premiers travaux se faisaient par lavis à la sarcocoUe par exemple; peut-être se faisaient-ils aussi à la gomme mêlée d'œuf. Entre chaque couche ou lavis , ils couvraient de cire, fondaient au feu et lustraient. Par ce moyen, ils fixaient déjà physiquement les premières teintes de ces dessous, et ils conservaient ou fixaient artistiquement la transparence. Ils revenaient ensuite, soit par des glacb composés de sarcocolle et de peu de couleurs , soit par des touches plus nourries, plus empâtées, et dans lesquelles la cire était, ainsi que la résine, plus abondantes;

654 PnOC&DiS MATiBlBLS.

la cire » à cause du service qu'elle rendait dans les parties plus mates et plus claires , la résine » à cause de sa force et de sa transparence. Après ces deuxièmes traranx, h ciraient et lustraient de nouveau. La transparence était non-seulement toujours conservée , mais les tons devenaient d'autant plus magiques que ces opérations de lustrage et de glacis superposés avaient été plus fréquemment réitérées. La difficulté de faire prendre les nouvelles couches sur les précédentes qui avaient reçu le lustre, élait surmontée par quelque moyen très-simple; un frottis de tranches d'oignon , un lavage un peu caustique sufEsalt pour faire adhérer les nouvelles couches de lavis ou de couleurs empâtées. Aujourd'hui on emploie la farine de haricots pour ôter le lisse de l'huile» et pour que le vernis ou les retouches prennent malgré ce lisse. Enfin ils donnaient toute la force par des dernières touches. Peutêtre alors s'aidaient-ils de l'asphalte dissoute dans le pétrole; peut-être même retouchaient-ils les endroits profonds avec du napht ou pétrole épaissi; peut-être aus>I les dessous» devenus impénétrables par le moyen de la cire lustrée et serrée , permettaient-ils l'application d'une couche générale de napht ou de bitume liquide et insoluble h l'eau 9 et après ils ciraient et lustraient de nouveau; et tous ces procédés bien entendus donnaient k leur peinture à l'eau une force égale à une peinture au verni» on à huile.

Parlons maintenant des moyens connus de dissoudre dans l'eau la cire pour la joindre aux résines, de manière à former de ce liquide un seul tout. La cire » avec une addition de résine , n'est point soluble à l'eau simple* mais elle le serait pas l'intermède de l'alcali. Ce procéda

PBINTURB ENCAUSTIQUE. 655

^ a ses avantages et ses inconréniens. La cire est encore E soluble à Teau simple par l'intermède d'une substance i gommo-résineuse , qui a affinité d'une part avec Feau et ; de l'autre avec la résine qu'on a mêlée dans la cire, ti Eofin la cire est divisible , mais non soluble proprement I dit avec l'eau simple par l'intermède de l'alcohol mêlé ^ avec elle d'une manière particulière » et même sans alcohol , à l'aide d'une certaine manipulation ou d'une forte et longue agitation.

Plusieurs écrivains, et entr'autres Lorgna , ont pensé que la cire encaustique des anciens n'était pas liquéfiée autrement que par l'intermède des alcalis » et que l'ustion ou la fusion de la cire » qui se faisaient par le moyen du cautérium, suffisaient pour rappeler au-dehors, c'est-à-dire à la superficie , une pellicule de cire exempte d'alcali , et par conséquent impénétrable à l'humidité. Ici se présen-tent deux questions relatives à l'effet de l'alcali : pre-' mièrement , il peut altérer lui-môme certaines couleurs végétales; et secondement» il peut, dans l'intérieur même de la peinture , conserver une affinité dangereuse avec Thumidité, quoiqu'il soit garanti» à ce qu'on croit» par cette lame extérieure de cire qu'on a obtenue par la fusion ou l'ustion.

Nous laissons à d'autres le soin de rechercher si les anciens se servaient ou non de sels alcalins et de na^ irum pour dissoudre leur cire dans l'eau.

La présence des alcalis dans les couleurs» avec lesquelles ils se trouvent en contact et se combinent» est très-funeste pour certaines substances colorées » telles que les laques et d'autres couleurs végétales» ils altèrent aussi beaucoup le bleu^ Prusse» par des causes chimiques qu'il est

656 PBOGÊDis MATiBIELS.

inutile de rapporter ici. Cette considération doit suffire , je pense , pour faire rejeter de la cire Temploi de Talcali comme dissolvant. Cependant je dirai en passant qoe les Grecs n'employaient guère de couleurs vitales. Toutes les couleurs des peintures antiques qu'on a analysées sont minérales , ce qui rend admissible en ce point Topinion de ceux qui ont avancé que les anciens peintres se servaient d'alcali pour dissoudre leur cire.

Après cet inconvénient reconnu dans les substances alcalines» qui dénaturent certaines couleurs, l'autre inconvénient» dont on démontre jusqu'à un certain point l'existence » est celui qui résulte de l'affinité des alcalis avec rhumidité. On ne peut pas prouver en entier cet inconvénient, parce que l'ustion qui a lieu garantit, comme je l'ai déjà dit» la surface extérieure par une lame de cire qui est peut-être elle seule dégagée de l'alcall. Ainsi c'est à l'expérience à fixer ces incertitudes. Néanmoins comme la propriété de la cire exposée au calorique est de suer en dehors» et de traverser les milieux qu'elle enveloppe» sans les entraîner avec elle à la superficie, on pourrait en conclure que les parties salines et alcalines restent emprisonnées dessous cette lame de cire pure. Quelquefois j'ai éprouvé que de pareilles couches extérieures de cire» dissoutes par l'alcali» n'étaient plus $olubles par l'eau ni même par la salive; et d'autres fob j'ai reconnu qu'elles l'étaient» et qu'elles s'enlevaient au lavage avec l'eau simple.

Dans tous les cas» c'est encore une question de savoir si» dans Tinlérieur de son* épaisseur» cette cire » chargée d'alcali » ne pourrait pas s'altérer» et perdre conséquemment sa transparence à cause de son affinité avec rhumi-

PEINTURE BNCàUSTIQVB. 607

dite , affinité qu'elle exercerait soit par les dessous , soit latéralement et par quelqu'interstice , soit enfin par quelques-uns de ces pores et conduits que Tœil ne peut apercevoir. Il convient peut-être de recueillir ici une observation consignée dans TEncyclopédie au moi Encaustique, c On prétend , j est-il dit , que Talcali qu'on intro- » duit dans la cire doit attirer l'humidité ; cependant le > savon exposé à l'air se durcit au lieu de s'amollir; il » n'absorbe donc pas l'humidité de l'air. » Qu'on apprécie autant qu'on voudra cette objection , pour moi je répondrai qu'ayant voulu composer une pâte pour modeler qui ne séchât jamais » j'avais imaginé de la faire avec du blanc de plomb mêlé de savon : ce qui me donna effectivement une pâte excellente pour l'usage que j'en voulais faire; mais j'eus le désagrément de voir que, dans les tems humides» cette pâte absorbait tellement l'humidité , que les figures que j'avais modelées se détachaient par parties , et s'écoulaient , pour ainsi dire , à cause de leur liquidité. Je pense donc que, dans tous les cas, il est prudent de rejeter de la peinture toute espèce d'alcali *.

Pour en revenir aux gommo-résineux , je dirai qu'il y en a de naturels et d'artificiels. On en compose avec la

* Toici comment te compote rendait-cire que les frotteart d'appartement z'ppelltnt encaustique , nom donné incontidérément antti par letébénittct à un mélange mon de cire et d'ettence de térébenthine, mélange qu'ilt appliquent tur let meublet , et qui tert k let luttrer à l'aide du frottement : Eau de rivière, 5 pintct;eire neuve, i livre ; savon , 1 quart. Lortqne la cire et le tavon tout fondnt par l'ébulition , ajoutei 3 oncet de tel de tartre, mélex le tout et laittez refroidir. Mêlez de nouveau avant d'appoter ; frottez avant qne cet endait toit absolument tec.

Nout n'indiqnont pat ici le vernis det ébénittet ou det tourneurs , parce que l'huile qu'on y ajoute finit par le jaunir et le brunir. TOME VllI. 4^

658 PHociDÉs matAbiels.

gomme-arabique et la résine-mafitic ou toute autre; mats les gommes-résines naturelles semblent plus solides et êlre même d*une plus lente Tolatilitë. On connaît plusieurs gommes-résines naturelles.

La sarcocoUe exsude du pennea êareoeoUa , arbrisseaa qui crott dans TAfrique septentrionale. Selon Thenard (article Gommes-résines), Topoponax vient d'une racine du Levant. Elle contient, résine 43» gomme 35 4** I^ scammonée grise d'Alep contient» résine 6o , gomme 3, etc., etc.

Je me suis convaincu que les gommo-cireux seuls, sans addition de résine , ne sont pas propres à la peinture parfaite; les essais que fit à Rome un habile paysagiste de Mantoue (Gampo Vecchio), en concurrence avec les peintres Dell 'Era et Angeloni n'étaient passatisfaisans. J'ai m chez Gampo-Vecchio une chambre décorée par lui à Taide du procédéemployé par Hackert en i ygS, et par M'^* Greenlaud en 1792; ce procédé , qui consistait à liquéfier la cire en la mêlant avec de l'eau bouillante chargée de gomme adragant » produisait uneémulsion gommo-cireose (voyez les Annales des Arts, vol. 1) , laquelle émolsioo. mêlée avec les couleurs et appliquée sur le tableau, laissait, il est vrai , une teinte un peu plus riche que la gouache, vu qu'on pouvait la lisser, mais perméable à l'humidité, et ne pouvant pas supporter la présence du feu. Gamp(v- Vecchio m'a dit que ce procédé lui paraissait fort imparfait. Voici au surplus ce procédé tel qu'on le trouve décn't dans les Annales des Arts, c Mettez une once de cire » blanche et une once de gomme tracacanthe dans un » vase de terre vernissé contenant deux ou trois livres » d'eau ; on place le vase sur un feu vif, on remue le mé-

PEINTURE B1IGAII5TIQ0E. 669

9 laDge jusqu'à ce que le tout 50jt très-liquide. Quand la 9 liqueur est refroidie , on enlève le peu de cire qui reste 9 fixée sur la surface , et Ton passe le mélange à travers 9 une toile. En ajoutant un peu d'eau-de-vie , on peut 9 conserver cette liqueur assez loDg4ems dans des bou- 9 teilles fermées, i

Je terminerai ce chapitre par Findication d'un procédé excellent pour ébaucher à Tencaustique. Préparez un panneau comme on prépare ceux qui doivent servir à Tencaustique; composez la couche dernière de poudre de ponce, et mettez très-peu de cire , de manière que sous le doigt on sente un grain sec» et que cette couche ne reluise pas par le frottement. On obtiendra le même résultat si on saupoudre de ponce une couche de gluten avant qu'elle ne soit sèche» et si on épouasette ensuite le superflu. Ébauchez le tableau avec des pastels composés exprès» c'est-à-dire composés avec les couleurs belles et solides qu'on emploie ordinairement à l'encaustique : les blancs étant de blanc de plomb. Quand toute cette ébauche sera faite à l'aide du doigt et de l'estompe, et quand elle aura été légèrement épousselée, jetez dessus la cire liquéfiée en émulsion et dont nous avons parlé , mais jetez-la par aspersion en forme de brouillard, à l'aide d'une brosse secouée exprès; ou bien couvrez tout k tableau avec des lames de cire très-minces, puis chauffez et fondez. Le pastel par ce moyen sera emprisonné. Egalisez ensuite le panneau avec une lame de rasoir; et vous pourrez repeindre et finir par le procédé ordinaire. Cette invention est précieuse en ce qu'elle permet au peintre de pousser trèsloin son travail préparatoire , et en ce qu'elle offre plus de ressources et plus d'attraits que n'en offre l'emploi

C6o PRocinis matériels.

des cartons , moyen qui a son incooTénient , puisque l'artiste ne saurait transporter sur son tableau tout le feu qu'il a jeté sur ce carton. Les traits de correction et de sévérité» les expressions de physionomie» les délicatesses même du clair-obscur resteront ainsi sur le tableau même» et rien ne sera perdu. On sait jusqu'à quel haut degré de fini on peut porter le pastel traité ainsi à Testompe » et combien il est commode d'effacer et de corriger par ce procédé.

Geux]qui savent ébaucher un tableau au lavis, sans beaucoup de gomme » pourront se dispenser de ce pastel , qui cependant est d'un effet excellent » ensuite ils cireront et termineront leur tableau. Jô ferai ici une observation importante» c'est que les lavis sans gomme et à l'eau pure sont bien plus solides et imperméables ^sous la cire que les lavis chargés de beaucoup de gomme.

Si le secret de Yan Eick s'est propagé rapidement en Europe » à cause de la fragilité et du peu de vigueur de la peinture en détrempe usitée de son tems, ne peut-on ps) espérer que le nouveau procédé que je viens de publier se propagera aussi à cause de l'obscurcissement et du peu de fraîcheur de la peinture à huile? Je crois ne pou?o!r mieux finir qu'en rapportant un passage extrait de Lauzi, au sujet de l'encaustique ( pag. s83» 5* vol. édit. de Bassano, i8og. « Tutti conoscono chella non e arri- » vata a quella morbidita» e finitezza a cui giunsero con le » cere gli antichi, con l'olio » e col velare i moderni. )ia 9 ove molti cospirino a raiCnarla; si puo sperare che » soi^ per lei ancora un Yan Eich» e trovi, o adir neglio, » perfezioni ci5 che [tutti i piuori del mondo aveano 9 lunf^amenie desiderata. Yasari.)i < Tout le monde sait

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I que l'encaustique des modernes n'a point atteint la 1 finesse et la morbidesse auxquelles parvinrent dans leur I peinture les anciens par le moyen de la cire, et les mo- I demes par les moyens de l'huile et des glacis. Mais I comme beaucoup de personnes s'occupent de son per- » fectionnement , on peut espérer qu'un jour il paraîtra » pour elle un autre Yan Eick , qui trouvera , ou , pour » mieux dire , qui perfectionnera ce que ( tous tes pein- • ires du mande ont si long-tems désiré. Vasari.) •

Noms de quelques auteurs qui ont écrit sur la pein-ture matérielle des anciens et sur f encaustique.

Astori.

Lorgna.

Bachelier.

Mayer.

Calau ou Kahlo.

Mazeu.

Caylus.

Monnoye.

Cennino-Cennini.

Munz.

Eméric David.

Renfesthen.

Fabbroni.

Requeno.

Garcia.

Richard.

Gibelin.

Riem.

Hakert.

Torrî.

Hyckey.

On peut consulter encore ;

Millin% au mot Eneaustiqi

le.

MuUer (J.-Ch.)

Hooker (voy. les Annales de Chimie, février iSi i ; ou Archives des découvertes. (Traduction de M. Gaultier- Claubry. )

069 PBOGÉDis MATJ&BIBLS.

Gutteobrun. (Voy. le Journal des fabriques, calûer de décembre 181 g.)

Le Magasin encjelopédique; an m , lom. ▼ , pag. 44- Les Philosophicals Transactions. 1771 ; etc.

FIN DU UUlTlkMB VOLVIIB.

TABLE

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