‹ Traité complet de la peinture (volume 4)Chapitre 25 sur 142 · TOMB VIII · texte numérisé non relu

TOMB VIII

Su COLORIS.

de l'effet de ces couleurs par sentiment général et collectif, et non par comparaison particulière, ain^i que savent le faire les peintres. Mais pour ce qui est de toute l'harmonie d'un morceau de peinture ; elle est sentie et remarquée de tout le monde , et elle conduit surtout à Tillusion » et à la beauté qui est le but principal de l'art. On comprend assez que ce n'est pas un tableau monochrome» c'est-à-dire d'un accord sans variété» que nous recommandons ici; mais nous voulons signaler les vains efforts de tant d'artistes, qui croient être savans coloristes en mettant de la vérité et de la ressemblance dans des détails qui sont Irès^rarement vus isolémept par les spectateurs et qui toujours paraissent fiiux lorsque l'ouvrage est envisagé tout à la fois.

Ainsi , par la méthode que nous enseignons ici , on répète au moins l'harmonie chromatique naturelle, ou les rapports vrais , dans toutes les parties individuelles qui composent le tableau, harmonie qui est d'une très-grande puissance quant à l'imitation. Or cette répétition de l'harmonie individuelle n'empêche nullement le choix antérieur, ou la combinaison excellente dans les diverses couleurs nécessaires pour la composition de toutl'ensem* ble du tableau. Ces deux harmonies sont tellement distinctes, qu'on doit conseiller de commencer parla première, c'est-à-dire de faire un choix bien entendu de modèles naturels, afin de ne se donner à copier que des ob^ jets dont les couleurs soien^déjà d'une harmonie ou d'une beauté chromatique très-sensible et convenable. Ensuite il finît ajouter la deuxième harmonie , qui consiste dans la juste imitation des rapports optiques de toutes ces teintes particulières adoptées pour modèles.

PERSPKCTIVE OU SCfelfCmBAPHIE DES TEINTES. 85

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