‹ Traité complet de la peinture (volume 4)Chapitre 27 sur 142 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

DE LA TEINTE ÉVANOUISSANTE AÉRIENNE. OU DE LA TEINTE DE L'HORIZON , TEINTE CORRESPONDANT AVEC LE POINT ÉVANOUISSANT OU POINT DE VUE FICTIF DE L'ÉCHELLE PERSPECTIVE LINÉAIRE.

Ayant considéré et obtenu le ton général de l'air ou le ton évanouissant 9 il faut en considérer et en obtenir la

TEINTE iTANOVISSAHTR AiBIElIRE. 85

teinte. L*air est ou jaunâtre » ou rougeâtre, ou bleuâtre : U peut être aussi ou orangeâtre, ou verdâtre, ou yiolâtre, et cela quelle q[u'en soit sa pureté ou sa diaphanéité. Le choix de la teinte que Ton doit adopter , comme teinte évanouissante aérienne, est très-important , surtout lorsqu'il s'agit de la représentation d'objets situés à des plans très-enfoncés dans le tableau ou très-éloignés du cadre, ou dont les surfaces soient situées très-obliquement au jour et au spectateur. En effet la grande quantité de teinte d'air qu^il faut , dans ce cas , ajouter à la couleup géométrale, produit une forte modification. Lorsqu'au contraire la profondeur du site n'est pas grande , la modification persi>ectije aérienne colorée p'est pas très-sensible sur les objets enfoncés , et l'erreur dans Iç choix de cette teinte est de moindre conséquence.

L'habitude des exercices relatifs à ce point du coloris bit aisément discerner quel est le choix conyenable de cette teinte éTaaouissante ; car on sait pressentir quelle sera l'influence de cette teinte sur les objets ou surfaces placées plus ou moins loin, plu^ ou moins obliquer ment , etc. D'ailleurs un essai à ce sujet est tr^s-facile i^ laire , et il est bien aisé de décolorer ou de colorer davantage cette teinte évanouissante qu'on a mise en réserve sur la palette » afin' de fournir à toutes les teintes géométrales qu'elle doit influencer : l'empfci d'une échelle abrégée sera très-favocable à cette tentative.

Pour ce qui est du point qu'on doit choisir sur l'horizon pour en prendre la teinte qui composera cette teinte évanouissante (^t ceci importe surtout quand on exécute des tableaux très-profonds , tels que des paysages ) , nous rappellerons que ce n'est pas précisément le point le plus

inférieur ou la dernière ligne de l'horizon, qu'il faut prendre pour règle et pour mqdèle, puisque celte teinte peut être accidentelle, mais qu'il faut prendre pour modèle la teinte qui est un peu auniessus de la ligne d'horizon , afin d'avoir la couleur générale de l'air et non une couleur particulière et étrange. Cependant si l'on roulait répéter l'eûet d'un air ou d'une atmosphère très-orangée, il faudrait que ce soit cette teinte extrême qui soit répétée et conserTéoj pour modifier scénographiquement les couleurs dei objets représentés dans le tableau.

Page 1