CHAPITRE
COMMENT ON REPRÉSENTE EN PERSPECTIVE LA TEINTE DES SURFACES PLUS OU MOINS ENFONCÉES DANS LE TABLEAU , TEINTE QUI PARTICIPE PLUS OU MOINS DE LA TEINTE EVANOUISSANTE AÉRIENNE.
J\ ovs supposons toujours que l'on a compris et pratiqué les leçons du clatr^obscur qui correspondent à celles-ci , et qu'on sait mettre en perspective , ou modifier selon la scéDographie aérienne , les tons des objets plus ou moins enfoncés ou fuyans , et cela en se .conformant à l'échelle linéaire de réduètion. II ne s'agit donc ici exclusivement que d'ajouter à ces réductions on çiodificotions aériennes du ton la modification aérienne de la teinte. Or nous possédons cette teinte évanouissante, nous l'avons en réserve sur la palette » ainsi nous la mêlerons dans les teintes des surfaces ou objets, proportionnellement à l'enfoncement que détermine leur distance du cadre; enfoncement que
TEINTES MOMFlij» iSLOIf LEUE ÉLOIGNE MENT. 87
Too peut reconoaltre fur le plan ou d*après lef indication» inscritea sur l'élévation » enfoncement enfin selon lequel une mesure quelconque se trouve réduite par arance sur TécheUe perspective» et à laquelle réduction on rapporte la modification aérienne que doit éprouver la couleur.
Il est donc inutile de redire ici ce qui a été exposé au sujet des tons modifiés selon renfoncement» puisque la modification des teintes doit suifre exactement les mêmes mesures» et que c'est par la même opération qu'on obtient le changementen perspectif soit des teintes soit des tons. Nous parlerons» au chap. 5d5» d'une échelle achromatique abrégée» concordant avec l'échelle linéaire abrégée*
Les peintres qui auront compris et pratiqué ces belles leçons de perspective aériennes , leçons entièrement conformes aux règles infaillibles de la géométrie» reconnaîtront à chaque instant la jfousseté des propositions qu'on trouve dans tant d'écrits sur la peinture au sujet des cou<^ leurs et du clair-obscur » écrits dans lesquels » tout en avançant et en répétant ces erreurs d'après les autres et sans méfiance » on affirme en même tems et par une inconséquence assez singulière» que les règles du coloris ne sont pas démontrables » et que la perspective des couleurs doit être toute dans le sentiment. Les Dictionnaires de peinture» les Encyclopédies» le dictionnaire des Beaux- Arts de Millin entr'autres » laissent le lecteur dans le plus grand embarras au sujet de ces questions. Ou lit « par exemple» dans ce dernier ouvrage : « Qu'un air plus t ou moins pur» ou plus ou moins chargé de vapeurs» • dit paraître à nos yeux la même couleur plus ou moins
> d^radée (la suite prouve que l'auteur voulait dire
> fuyante) , quoique placée au même point de distance...
» Il est également vrai que les couleurs ne se dégradent » pas toutes dans la mêntie proportion; la couleur rouge » perd moins par l'interposition d'un même volume d'air > que la couleur jaune : ainsi une figure vêtue d'écar- 1 late avancera plus qu'une figure vêtue de jaune-clair * placée au même point. » Il n'y a rien de moins exact et de moins intelligible que ces propositions.