‹ Traité complet de la peinture (volume 4)Chapitre 8 sur 142 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

ON NÉGLIGE LA JUSTESSE DE COLORIS PARCE QU'ELLE A ÉTÉ NÉGLIGÉE PAR DES PEINTRES TRËSCÉLÈBRES.

Il a-t-il un coloris plus monotone , plus cendré que celui de Michel- Ange? Y en a-t-il un plus dur que celui de Jules Romain , un plus sec que celui de Mantegna;^ et parmi les Bolonais voit-on rien de plus fectice et de moins délicat que ces teintes des sectateurs d'Aunibal Garacci , peintres qui doivent tout à leur clair-obscur et si peu à leurs couleurs ? Quelle fadeur crue dans Lesueur , quel jaunâtre mensonger dans Jouvenet ! et ces parodistes de Rubens et de Gaspard Grayer » quelle ennuyeuse exagération dans les teintes vertes et putréfiées de leurs tableaux, dans ces rouges saoglans et ces gris de lin, qui rappellent sur les carnations les contusions et les meurtrissures ! Quant aux lazzis de la palette des peintres rejetons des écoles vénitiennes et napolitaines , lazzis que certains peintres français d'aujourd'hui nous offrent comme du nouveau dans leurs misérables pastiches, l'Europe entière n'en a-t-elle pas été pour toujours dégoûtée , et n'est-ce

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