DES PORTRAITS EN ACTION
HiST-CB pour obâr à des protecteurs , ou bien est-ce par insouciance et par manque d'imagination « que plusieurs peintres ont repréienté dans un même tableau le père , la Dière, les filsi les filles et la servante, isolés, sans rapport
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fraction , sans gradation d*intérét? Ces 'portraits , dits de famille, portraits appelés inconsidérément par quellesuns historiés, et cela bien qu'ils ne rappellent et ne retracent aucune histoire, semblent presque toujours de mauvais choix et sans beauté , en ce que le peintre parait avoir produit peu avec beaucoup , en ce qu'il a représenté plutôt Tinaction et l'oisiveté , qu'il n'a peint les mœurs individuelles, et en ce qu'il n'a pas su combiner» avcJC les divers personnages , un tout capable d'intéresser.
Un portrait doit donc être un portrait , et non un sujet actionné , ce qui ne serait plus un portrait » oe qui serait seulement un sujet dans lequel des portraits auraient été introduits ou employés comme accessoires. Or, un portrait ne saurait être accessoire, il doit être principal; et l'on ne permet plus aujourd'hui d'en introduire dans les compositions , bien que l'exemple en ait été donné par un grahd nombre de peintres célèbres , qui croyaient devoir représenter dans un coin du tableau soit le donataire » soit leur propre figure.
C'est d'après le même principe que l'on a condamné tous ces portraits travestis en divinités , ces Biane de Poitiers en Diane de la fable , ces marquises en Venas ou en nymphes , et ces Louis XIY en Hercule , conceptions d'ailleurs grotesques et plus ou moins burlesques et ridicules.
Le grand principe de l'unité est encore ici une règle assurée , et ce qui le prouve , c*est l'embarras de ceux qui se sont engagés à donner les préceptes pour peiûdre des portraits dans le style de l'histoire. Jo$ué Reynolds est non-seulement équivoque dans ce qu'il prescrit à ce sujet, maifi il est équivoque aussi dans les tableaux
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qu'il a Toulu exécuter d*après ce faux principe ou cette fiiusse distinction.
Un portrait est une image des mœurs , et non Tiçiage d'une action. Nous avons déjà fiiit remarquer que lo caractère ou les mœurs sont une chose générale » et que Taction est une cBose particulière. Tous les portraits sortis du ciseau des anciens sont sans action; ils sont représentés en repos et accompagnés des accessoires qui caractérisent leurs mœnrs, leurs habitudes» leurs occupations, et peut-être même leurs actions, lorsque celles-ci ont été célèbres. On peut observer à cet égard que le repos fait mieux valoir l'ensemble et runité du caractère, car si l'action dans laquelle on a représenté la personne est tant soit peu importante , elle aura influé sur la physionomie. D'ailleurs cette situation de l'âme n'est que passagère, et la physionomie, qui, pour ainsi dire, en résulte, n'est pas toujours celle qu'on a habituellement. En sorte qu'on peut dire que dans un cas semblable on n'aurait que le portrait momentané de la personne dans la situation donnée, mais non la ressemblance générale et permanente de l'individu.
Je ne suis pas d'accord en ce point , je le sais , avec certains théoriciens, mais, s'ils eussent possédé le principe de l'unité, ils eussent rejeté les choix que nous blâmons ici.
c Quoique l'expression du calme de Tame soit celle 1 qui convient généralement aux portraits ( dit l'auteur 1 de l'article Portrait encyclop. méthodiq. ) , ou peut, » dans la représentation d'une personne connue , expri- > mer une passion qui la caractérise, ou celle qu'elle a 9 dû éprouver dans un moment important de sa vie , et
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» qai caractérise ce moment Ainsi lorsque Jules II tou- B lait que Michel-Auge le représentât tenant une épée, i c'était prescrire au statuaire de lui donner des traits » fiers et menaiçans. » (Remarions cependant que cet attribut pouvait être ajoutéau portrait sans qu'il en résultât une action). < Ainsi on doit louer la pensée de l'artiste » qui a représenté M. de Lally*Tolendal » déchirant ayec » indignation le crêpe qui couvrait le buste de son père. » Cette expression pourrait étreénigmatique pour des » personnes à qui le père et le fils seraient inconnus ; » mais l'énigme est expliquée par le mémoire «Br loquel » on lit : lUan fils n'était point coupable. •
Je pense qu'on pourrait louer la pensée de cet artiste , s'il eût fait un tableau historique ou un tableau d'action de ce sujet, et si, dans ce cas , il eût conservé la beauté requise surtout dans les compositions exclusivement morales ; mais pour un portrait , ce choix d'action est une faute contre l'unité , et ce poctriût eût été mieux conçu si le personnage eût été représenté méditant , et si on eût fait apercevoir ce même buste et ce mémoire dimt le titre même eut été assez apparent pour être lu par le spectateur. *.
Mettre en scène ou en action des portraits » e'est imaginer quelque chose de puéril. Que nous importe ce cher papa donnant une leçon de géogra{>hie à son cher fils ? Que nous importe cet autre fils apprêtant un peu plus loin un cerf- volant ou jouant avec le chat? Le peintre ne saurait se justifier qu'en prouvant qu'on l'a forcé à cette composition y à cet arrangement. En effet » lui dirons-nous» puisque vous voulei représenter un père plein de sollicitude poar l'éducation et l'instruction de son fils, il vous
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fallait monter plus haut les expressions , les caractères ; il ne fallait pas tous contenter de deux figures assez insignifiantes et rendues telles par la nécessité où tous tous êtes mis de répéter les traits , les Têtemens» les allures de Tos indiTÎdus-modèles. Si au contraire il ne se fut agi que d'un portrait» le calme était le caractère qu'il coutcnait d'adopter. De même les jeux, la vivacité de l'enfance sont très'&iblement rendus par l'attitude et la figure assez froide de ce portrait. Le spectateur eût préféré » ou une autre figure très-caractéristique exprimant cet acte de turbulence et d'irréflexion » cet âge de santé croissante , cet âge même de beauté; ou bien le spectateur eût préféré pour jouir de la ressemblance de cet enfant qu'on le représentât dans un instant de repos indiquant les instans pétulans qui ont précédé ce repos.
Enfin on ne saurait nier que les modernes ont manqué le plus souvent de philosophie quand ils ont peint dm portraits , et que , s'il est difficile d'animer la figure sans action d'un individu représenté en portrait , il ne s'en suU pas que l'action qu'on voudra lui donner serve à produire un bon tableau ou une bonne ressemblance , la simplicité d'idée et de sujet étant la première qualité de la peinture. Répétons-le : on voit la vie et la grâce briller dans les portraits des anciens , et cependant c'est du sein du calme et de l'inaction que ressortent ces physionomies si animées , si artistement embellies. Aucune idée complexe ne préoccupe le spectateur , et l'énergie de la nature le frappe et l'étonné constamment lorsqu'il se trouve en présence de ces images.
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