TABLEAUX DITS DE GEHBK
Rien n*est moins exact que celle distinction; si Tenters, par exemple , a peint le genre en imitant des paysans irres » doit-on dire qu'il a peint Thistoire en représentant les Œuvres de Miséricorde et la Tentation de Saint-Antoine ? Est-tl juste de décorer du titre relevé de peintre d'histoire tant d'élèves de Rubens» qui ont donné nn caractère trivial aux dieux et aux déesses représentés dans leurs tableaux ? Meteu , Jean Stéen n>éme, et autres qui ont peint Tame, la vie et les passions^ doit-on les classer à ce rang infértenr de peintres de genre ? La Femme hydropiqne de Gérard-Dou^v est donc aussi un tableau de genre? Quelle confiision dans toutes ces démarcations ! Parce qae le sublime est au-dessus du pathétique ordinaire 9 iaUaitp-il distinguer l'histoire et le genre ? Peindre excellenmient les mœurs d'une famille moderne sur un tableau de moyenne dimension , est-ce n'être peintre qu'à demi; et doit-on appeler grand peintre d'histoire celui qui représente en grand avec fausseté et laideur les mœurs de l'Olympe et le caractère des dieux ?
Oui, on l'a dit avec raison» c tout peintre de genre, > qui croît voir des bornes à son talent, rétrécit les bornes • qu'il a nnaginées , de manière qu'à la fin ces bornes » TemprUonnent. » Ne peut-on pas ajouter que ces bornes rétrécissent aussi l'esprit et les idées du spectateur auquel on offre ces images subalternes?
Pourquoi certains peintres sont-ils si trivials et si bas? c'est qu'ils ont cru que les classifications modernes les autorisaient à cet abaissement et à ces choix abjects. D^là unBrauwer visant presqu'à l'ignoble; de-U un Graasbek se représentant lui-même , ayant une large emplâtre sur l'œil, et ouvrant une bouche effroyable; de-là le choix