B£S CAMÉES
Ijes camées sont des bas-reliefs d'une petite dimension, exécutés sur des pierres fines de différentes couches colorées, telles que les sardonix, les agathes onix, etc.; ainsi l'épaisseur de la couche blanche de l'onix, par exemple, est employée quelquefois pour former la figure, et la couche brune de l'agathe est ménagée pour le fond. Quelquefois aussi on profite des accidens colorés de la pierre, et ces accidens forment tantôt les cheveux ou la barbe brune, ou quelque draperie, ou d'autres objets qu'on croit devoir ainsi différencier du nu.
Nous répéterons, au sujet des camées, ce que nous avons dit au sujet des bas-reliefs ; c'est que les Grecs furent dans ce genre, comme dans tous les autres, supérieurs aux Romains. Ce qu'on admire le plus, outre la délicatesse et l'excellente intelligence du travail des camées grecs, c'est le style, la simplicité, la naïve finesse des mouvemens, la grâce et le caractère; tout est donc exquis dans les beaux camées grecs; tout y respire la beauté et le
4o ÏIISTOIRB DE LA PEINTURE.
iialurel, loul y est charmant, et l'on y retrouve sans cesse cet inimitable abandon et cette expressive concision que les modernes ne sauront peut-être jamais répéter. Les Romains produisirent beaucoup de camées ; et bien que les pierres gravées en creux et les médailles soient plus communes dans nos cabinets, on peut dire que nous possédons un assez grand nombre de camées antiques de toute espèce.
Comme les camées antiques ont toujours été comptés parmi les objets précieux, il est arrivé que les camées modernes faits à l'imitation des antiques sont devenus un objet de luxe et de spéculation. Dans les parures on considère les camées modernes plutôt comme des ornemens de matière rare que comme des objets d'art, en sorte qu'il s'est introduit un préjugé en faveur de la matière et aux dépens du travail. Souvent donc on parle avec plus d'égard d'une pièce remarquable par son étendue, sa teinte, le caractère coloré de ses couches variées, sa transparence, sa dureté, etc., que d'un camée dont le travail est plus savant que la matière n'est belle. II est vrai que la beauté de la pierre est une assez bonne induction pour en faire croire le travail précieux, puisqu'il est vraisemblable qu'on ne confiait les matières les plus rares qu'aux plus habiles artistes; mais bien que cet indice puisse aider quelquefois les personnes qui, se connaissant en pierres fines, connaissent peu les beautés de l'art, il est un moyen bien douteux de s'assurer de l'excellence d'un camée. Au reste les considérations relatives à la matière, ainsi qu'à la nature du sujet représenté, bien qu'étant d'un grand poids dans l'estimation de ces sortes de raretés, sont presque nulles ici, où nous n'envisa-