DES ORNEMENS, DES YASES, ETC., ANTIQUES
Les ornemens que l'on retrouve sur les monumens, sur les ustensiles et sur presque tous les débris antiques, sont d'un si bon goût, si variés, si bien imaginés, qu'on les a constamment consultés et mis à contribution. Mais les modernes ont-ils toujours bien compris et saisi leur convenance, leur caractère? ont -ils connu le principe de leur disposition, de cette économie optique qui les rend si agréables k l'œil et si propres au mode auquel ils appartiennent ?
Je ne dirai qu'un mot ici relativement aux vases, aux lampes, aux candélabres, aux patères, etc., que l'on découvre tous les jours dans les fouilles, c'est qu'à l'aide de la théorie du beau, qui se trouve dans ce traité, on pourra se rendre compte des principes qui ont dirigé les artistes dans leur invention et leur disposition. C'est parce que l'on n'a eu jusqu'ici que des idées fort incer-
laines &ur cette théorie, qu'on a imaginé que la beauté de ces ornemens et de ces vases tenait seulement aux inspirations heureuses des artistes anciens et à leur sentiment particulier. On a même imaginé, et Millin était de cet avis, que les coquillages et les productions végétales ont été les seuls modèles qu'ils aient consultés; mais si en effet ils ont employé ces modèles, il ne faut pas pour cela restreindre h. la seule imitation l'art de composer, car ces modèles sont à la disposition de tout le monde. Mais ce que tout le monde ne connaît pas, c'est la théorie antique du beau, ce sont les moyens antiques de varier proportionnellement ces vases, ces modèles, etc. Enfin nous croyons avoir tout fait pour l'instruction , lorsque dans nos manufactures nous mettons sous les yeux des ouvriers et des artistes plasticiens des vases antiques de toute espèce. Cela sert, il est vrai, à maîtriser le mauvais goût et le despotisme de la mode , mais cela n'instruit pas les artistes des règles nécessaires pour composer avec unité, selon le beau de la convenance et selon le beau visuel, c'est-à-dire, dans tel ou tel mode, en unité avec telle ou telle destination, en unité avec telle ou telle ligne, telle ou telle couleur de l'objet. Mais je dois m'en tenir à ces indications, ayant à parler des ornemens en général aux chapitres i46 et i65. Il va être fait mention des vases dits étrusques au chapitre suivant.