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Les découvertes que l'on fait tous les jours multipliant de plus en plus les collections d'antiques, il serait fort difficile de faire connaître toutes celles qui existent en Europe. On peut bien indiquer les musées des souverains et les cabinets qui appartiennent à des familles riches ; mais les collections particulières changent de maîtres, changent de lieu, se dissolvent, tandis que d'autres se forment de nouveau. Tel cabinet ne renfermera qu'une ou deux pièces recommandables, et tel autre, quoique considérable, n'offrira au contraire que des morceaux de choix. D'ailleurs combien de médailles, de camées, de terres -cuites, de vases peints, qui, disséminés ça et là, ne peuvent être signalés dans un catalogue. Il exii?-
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terait néanmoins up catalogue approximatif, si le zèle et l'amour pour l'antique étaient sincères. En effet, les propriétaires de ces raretés ne devraient-ils pas se hâter de les faire connaître par des empreintes, par des gravures, des lithographies, par des dessins et par des descriptions ? Ces recueils gravés ne devraient-ils pas être partout annoncés aux artistes? Les peintres, les statuaires, ne devraient-ils pas se les procurer à l'envi pour en faire un objet de contemplation et d'étude, en enrichir leurs portefeuilles, et faire connaître même à ce sujet leurs critiques et leurs observations ?
Cependant les choses ne se passent point ainsi. Des morceaux exquis sont relégués dans des lieux inconnus; personne ne les contemple, si ce n'est quelques froids érudits, en sorte qu'il peut arriver que les plus piquans, les plus instructifs sujets de discussion, restent pendant des siècles dans l'oubli.
Aussi notre projet d'une calcographie universelle d'antiques a-t-il été imaginé pour empêcher ces fâcheux abandons.
Les princes de Rome sont certainement les plus zélés, les plus généreux, et les plus sincères dans leur amour pour les monumens antiques recueillis dans leurs galeries. Leurs belles villa,, leurs palais, sont ouverts à tout le monde; le moindre élève connaît mieux que le prince, tous les fragmens, tous les débris réunis en ces précieux dépôts. Aucun local de leurs vastes habitations n'est tenu secret ; aussi les principales richesses de Rome sont-elles indiquées dans plusieurs catalogues. Il n'en est pas précisément de même des cabinets d'amateurs ou d'antiquaires si nombreux dans cette ville classique. Les spé-
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culations qu'on y fait sur ces sortes d'objets empêchent qu'on ne les mette en évidence. Néanmoins^ c'est incontestablement à Rome que les facilités sont les plus fréquentes pour jouir de ces sortes de recherches , car les raretés en ce genre que renferme Paris et Londres surtout, sont bien moins accessibles.
Ce serait donc provisoirement rendre un grand service à l'art, que d'indiquer les morceaux d'antiquité qui se voient dans les dilTérens endroits du monde. Deux mots sur le lieu où ils se trouvent et sur l'espèce et le caractère des monumens, coûteraient peu au voyageur : de pareilles indications dirigeraient au moins l'amateur ou l'artiste, et faciliteraient le choix des morceaux qu'on voudrait ou étudier ou perpétuer par la gravure ; Rome seule fournirait les trois-quarts de cet utile catalogue. Il est assez étrange qu'on n'ait pas tenté de faire au moins celui de toutes les antiques renfermées dans cette capitale des arts. Les itinéraires de Florence, Venise, Naples, Gênes, etc., et celui de Rome par Vasi peuvent en partie y suppléer. Dellaways a écrit en 1816 sur les antiques conservées en Angleterre, etc. Ces ouvrages donnent quelques indications utiles; mais le vrai moyen de parvenir à un catalogue universel et instructif est celui qu'au chap. 16 nous allons proposer.
HISTOIRE DJi LA PJilNTXJKE.