CHAPITRE
PROJET D'UN MUSÉUM CALCOGRAPHIQUE UNIVERSEL D'ANTIQUES, GRAVÉES SELON UN MODE UNIFORME, CONTENANT TOUTES LES PRODUCTIONS ANTIQUES QUI PEUVENT SERVIR AUX PROGRÈS DE LA PEINTURE, DE LA SCULPTURE ET DE L'ARCHÉOLOGIE.
Le nombre des gravures publiées d'après les monumens antiques est immense; il augmente tous les jours, et le besoin des archéologues, autant que celui des artistes, fera poursuivre avec une activité toujours croissante les recherches qui, à l'aide de la gravure, pourront faire connaître entièrement les anciens. A-t-on cependant atteint le but, en diversifiant et en rendant si peu uniformes tant
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de gravures destinées à faire connaître les monumens? Et ne faut-il pas aujourd'hui s'entendre un peu mieux en Europe, sur la méthode la plus convenable et la plus utile de perpétuer par la gravure les beautés de l'art des anciens ?
Depuis plus de deux siècles on a vu paraître, à Rome surtout, une foule de gravures représentant divers monumens ; mais ces gravures sont de toutes sortes de dimensions et de toutes sortes de modes d'exécution, ce qui rend impossible le rassemblement qu'on voudrait en faire en un recueil unique et régulier. Tantôt aussi elles sont l'ouvrage d'un burin visant à l'effet et étranger à l'art antique, plutôt qu'elles ne sont de véritables productions de l'art du dessin : souvent ces représentations sont d'une petite dimension et grossièrement indiquées. D'autres fois elles ont été exécutées avec une infidélité, une négligence et même une certaine manière plus propre à causer de la confusion dans les idées et des dommages à l'art, qu'à lui apporter quelque profit. Cependant il faut en excepter un assez grand nombre de bonnes gravures tant isolées qu'appartenant à des recueils ou a des musées, et dans lesquelles la simplicité et le beau carac-tère antique, qualités si difficiles à transmettre, sont assez bien conservés.
Les productions en archéologie sont très-fréquentes, et presque toujours des gravures accompagnent les dissertations. Mais l'incertitude oii sont les auteurs, ou les éditeurs de ces productions, sur la forme, la dimension et le caractère qu'ils doivent donner à ces gravures, ne provient -elle pas de ce qu'on n'a pas un type commun et universel auquel on devrait le plus souvent se confor-
mer? Et s'il est vrai que le format des livres qu'on publie délermine ordinairement un certain choix dans l'espèce de planche qui orne ces livres, très-souvent aussi l'auteur ou l'éditeur est le maître d'adopter telle ou telle forme in différemment.
A Paris on a beaucoup gravé d'après l'antique, et c'est même le pays où l'on a le plus fréquemment imaginé de rendre utiles aux arts du dessin les collections que la gravure y multiplie tous les jours de mille façons ; mais sans parler des ouvrages qui, tels que celui de Montfaucon, par exemple, sont lâches, peu corrects et sans caractère, ou qui, tels que plusieurs autres plus modernes, sont maigres, pauvres, quoique minutieux et recherchés, sans citer, dis-je, telle ou telle production gravée en France d'après l'antique, ne peut-on pas dire qu'on a manqué le but, parce que ces représentations sont exécutées arbitrairement de toutes sortes de façons, souvent même d'après de mauvaises méthodes, et qu'elles sont tellement disparates, tellement incohérentes et si souvent éloignées d'ailleurs du langage propre à ces sortes de traductions, que de tous les efforts de leurs auteurs ne résulte point cet aliment substantiel qui seul peut dans tous les tems redonner à l'art moderne de la vie et du crédit ? ^ Cependant chacun sait qu'on n'en doit point dire autant
^ <c La plupart des gravures d'après les plus belles pierres grave'es me » de'plurent, dit Camper, parce que je crus y apercevoir un goût go- » thique, comme on peut le voir par les représentations d'ailleurs bien » exe'cute'cs des empereurs romains publiées par Hub. Goltius en i645. » Il en est de même de Tristan, Beger, Bonanus ; mais on est sur- :» tout révolté du Numismata dans le Thésaurus Antiquus Grœcus » de Groiiovius, et dans Grsevius et Burman, même dans Picart et » Caylus. »
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flu précieux recueil du musée français publié par MM. Laurent, ni de quelques autres ouvrages dans lesquels les grands progrès de l'école moderne se font si bien remarquer.
En Angleterre, on a gravé aussi des monumens; mais, quoique l'école d'Angleterre soit éloignée du mesquin et du grossier, les gravures qu'elle produit diaprés l'antique sont un peu dépourvues de caractère , et sont traitées d'ailleurs aussi dans toutes sortes de modes d'exécution et sans méthode déterminée. La critique que je me permets ici ne saurait atteindre le mérite des gravures exécutées d'après les fragmens grecs très-bien indiqués dans le Voyage de Stuart et dans d'autres ouvrages plus modernes.
L'Allemagne a fait paraître aussi plusieurs œuvres gravées d'après les monumens, et l'on en produit encore tous les jours dans ce^pays où l'amour de l'antiquité fait de constans progrès ; mais on doit lui appliquer le même reproche en ce point qu'aux autres nations, et les artistes qui se chargent ou que l'on charge de ces publications n'ont pas plus que les autres ime idée nette du meilleur mode de dimension et d'exécution qu'il convient d'adopter. D'ailleurs ils sont eux-mêmes (aux exceptions près qu'il est juste de faire) dénués de ce nerf, de cette grâce, de cette correction , etc. , qui sont des qualités indispensables dans ce genre d'imitation, genre tout particulier et plus sévère, il faut le dire ici, que celui qui a rapport aux productions de l'art moderne.
Enfin toutes les gravures de l'Europe nous font désirer aujourd'hui l'emploi d'une méthode servant de type, qui, une fois adoptée dans une collection classique et univer-
selle, forcerait pour ainsi dire les dessinateurs à rester dans la vraie route affectée à ce genre de traduction. Ils ne chercheraient à se distinguer dans cette calcographie universelle que par les premières qualités de l'art, sans vouloir déguiser leur ignorance des secrets de l'antique, sous les dehors de gravures ou de dessins dont la netteté passe aux yeux de beaucoup de monde pour de la pureté, la sécheresse et l'aridité pour de la correction sévère, et l'étude affectée des parties subalternes pour une rare austérité d'imitation.
Quoique les avantages que peut promettre le projet que l'on communique ici ne semblent pas relatifs au perfectionnement intrinsèque de l'art de dessiner les monumens, mais seulement à la commodité de ceux qui font des recherches studieuses dans ces sortes de recueils, il est évident que l'émulation qui résulterait d'un ouvrage général et collectif où les meilleurs artistes auraient fixé les vrais types serait très-propre à l'amélioration de l'ouvrage lui-même, en ce qu'aucun coopérateur ne voudrait rester en arrière dans cette espèce de concours européen.
Cependant, il ne s'agit point précisément ici de donner des leçons aux artistes chargés de perpétuer par la graphie ces monumens, ni de signaler les qualités qui sont indispensables dans ces sortes d'ouvrages, quoiqu'on ait cru devoir placer quelques réflexions théoriques à la fin de ce projet ; mais il s'agit de convenir universellement d'un moyen premier, indépendant pour ainsi dire du savoir des copistes, moyen qui doit nécessairement produire une amélioration dans tout ce qu'on publierait dorénavant sur les chefs-d'œuvre de l'antiquité.
Ainsi, les bases de la méthode universelle qu'on devrait
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adopter en Europe, sont la dimension du format ou du volume; la dimension des planches, celle des figures, des figurines et des autres objets; la classification des genres; la disposition des divers monumens sur la même planche; le mode d'inscription et de signes de repère; la méthode d'exécution, quant au dessin et à l'art du graveur; enfin l'espèce et le caractère du texte qui pourrait accompagner ou ne pas accompagner l'estampe.
Voilà les bases dont on peut facilement convenir, et qui, étant adoptées même par approximation, offriraient un résultat infiniment important pour l'étude du dessin et de l'archéologie dans tout le monde artistique.
Si nous cherchons à fixer notre choix sur celui des recueils de l'Europe qui pourrait être préféré comme modèle, nous serons un peu embarrassés. Les ouvrages de luxe et d'apparat sont exécutés en estampes de dimensions dissemblables avec toutes sortes d'accessoires inutiles ou même hors du sujet; leur disposition n'est ni régulière, ni méthodique, ni appropriée aux genres qui sont cumulés sans ordre dans ces livres; enfin l'étalage inutile du burin n'a souvent rien de caractéristique, et ne concourt point à l'expression juste des modèles. On connaît aussi des collections d'un petit format où les figures gravées ne sont point assez développées, où un trait souvent maigre et insuffisant, laisse à désirer le caractère du monument et de la forme. Il y a de plus des recueils exécutés presqu'en miniature, etn'offi\int rien de la grande manière et de la simplicité des originaux. Enfin, on ne voit guère de collection en ce genre qui puisse être adoptée pour modèle, et sur laquelle les éditeurs et les artistes puissent se baser dorénavant.
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Néanmoins, c'est peut-être malgré ses grossiers défauts VAdmiranda de P. Saîiti Bartoli qui se rapproche le plus du type qu'il conviendrait d'adopter quant à la disposition et à la dimension. Mais combien de planches détestables dans ce recueil, et combien de manières dans l'exécution de quelques-unes ! Il semble cependant que le but qu'on se proposait en formant cette collection ayant été d'être utile aux artistes, c'est à cette seule idée première qu'on doive ce qu'elle peut avoir de classique. Mais aujourd'hui n'avons-nous pas les moyens de faire infiniment mieux, le goût des anciens étant beaucoup plus répandu et plus fixe en même tems parmi nous ? Il faudrait donc tâcher de se rapprocher un peu de ce format, et même de prendre quelque chose de la méthode avec laquelle sont traitées, sous le rapport mécanique, quelques-unes des gravures qui le composent; mais aussi il faudrait y ajouter ce que l'on met si bien aujourd'hui dans d'autres ouvrages, où la vérité, la précision, la simplicité et la franchise se font surtout remarquer.
Qui ne conçoit pas toute l'utilité et tout l'agrément résultant d'une collection uniforme qui s'augmenterait indéfiniment, et qui serait grossie tous les jours dans toute l'Europe par les diverses productions gravées d'après les monumens; toutes les feuilles de cette collection pouvant être classées dans un ordre quelconque par celui qui les rassemblerait ?
La méthode d'exécution d'un tel muséum étant une fois déterminée, et tous les artistes rivalisant et faisant tous leurs efforts pour y concourir, on verrait les plus habiles dessinateurs s'exciter à l'envi par le désir de faire remarquer l'excellence de leur savoir dans une collection
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OÙ chaque morceau pourrait toujours, et à quelqu'époque que ce soit, être ajouté dans le tout; ce concours étant d'ailleurs ouvert pour tous, et l'exécution étant à la portée de tous les dessinateurs. En effet le procédé de la gravure par l'eau forte, retouchée au burin, serait préférable à tout autre. Ces mêmes tentatives en gravure sont au contraire perdues pour l'artiste peu intéressé à ces sortes d'essais, vu qu'ils ne peuvent se débiter ni se rapporter à aucun corps d'ouvrage connu et classique. Quant à l'avantage qu'on peut retirer aussi du procédé lithographique, il sera apprécié par tout le monde.
Quelle sûreté n'offre pas ce projet à tous les dessinateurs d'après l'antique, graveurs ou éditeurs, dans toute l'Europe, puisque toutes leurs productions, même en feuilles isolées , seraient acquises certainement pour grossir la suite du muséum universel, et qu'ils n'auraient d'autre précaution à prendre que celle de reproduire des monumens qui n'auraient pas encore été gravés dans cette œuvre, reproduction qui, au surplus, n'aurait aucun inconvénient ! Il faut même dire que l'on comparerait avec plaisir les diverses traductions exécutées probablement d'après différens points de vue, en sorte que l'art et l'archéologie n'en retireraient que plus de profit.
Quant à l'archéologie elle-même, on imagine aisément quel secours elle trouverait dans un tel ouvrage par son volume toujours croissant et indéfini, et par la feuille de texte interposé après chaque planche, texte que les antiquaires discuteraient ensuite, corrigeraient et augmenteraient à volonté dans des livres de même dimension. Ces livres indiqueraient aisément les planches du muséum auxquelles toutes ces dissertations se rapporteraient. TOME n. 7
La plupart des monuinens publiés sont accompagnés de dissertations volumineuses qui empêchent les artistes et même les curieux de faire l'acquisition de ces sortes de recueils dispendieux; mais ce muséum s'acquérant successivement pièce à pièce, coûterait peu aux amis de l'art.
Il est vraisemblable, par exemple, que la précieuse collection que lord Elgin a rapportée d'Athènes à Londres, et qui est achetée par le gouvernement anglais, sera gravée avec luxe et à grands frais typographiques. La plupart des artistes seront donc privés de ces gravures; tandis que, si l'on connaissait déjà le format et la méthode d'exécution d'un muséum universel et uniforme, peut-être la gravure répéterait-elle sans délai tous les morceaux de cette inappréciable collection. On peut penser de même au sujet des dix -sept statues exportées il y a peu d'années de l'île d'Egyne à Rome, et que l'on y a restaurées pour le prince royal de Bavière. La même observation est à faire au sujet d'une infinité de monumens ou de séries de monumens qu'on ne cesse de découvrir.
S'il importe peu qu'on grave dans toutes sortes de dimensions Raphaël, Michel -Ange ou Corregio, parce qu'une collection uniforme en ce genre est impossible, la fonction du burin étant de nous faire connaître la diversité infinie des maîtres et une partie de leur coloris, il n'en est pas de même lorsqu'il s'agit d'une collection de monumens antiques sculptés, dont les gravures doivent toutes se rapprocher, se classer et faire pour ainsi dire un cours complet de l'art tel qu'il fut chez les anciens.
Quel moyen facile cette méthode universelle n'offre-
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t-elle pas à un ami de l'antique désirant servir h la fois et son goût et son art ! il pourra enrichir le muséum d'un ou de plusieurs morceaux qu'il aura fait exécuter, ou qu'il aura lui-même exécutés avec la plus grande correction; le débit des exemplaires d'une ou de deux planches l'occupera peu, parce que les frais en seront à sa portée; et en mettant son nom comme éditeur ou comme dessinateur à une gravure appartenant à ce muséum connu et classique, il sera sûr et de se faire honneur et de servir l'art dans lequel il aura d'ailleurs par ce travail particulier fait une étude très-profitable pour lui-même.
Ce recueil une fois connu et une fois consacré, toutes les productions de l'art antique doivent en acquérir plus de considération et de prix : on imaginera de les publier toutes par ce moyen simple et généralement pratiqué en Europe, au lieu de les délaisser comme on le fait le plus souvent ; car, pour publier quelques fragmens antiques, il faut en quelque sorte un livre qui attire l'acheteur, il faut un texte recommandable ; tandis que le moindre texte suffirait dans ce cas, faute d'un autre plus complet. C'est ainsi, pour faire une comparaison, que quand on découvre un monument quelque part, et qu'on ne connaît point de musée central dans la province ou dans la ville où on l'a découvert, on l'abandonne presque toujours. De même donc, quand on ne connaît point de dépôt calcographique et classique , on ne le fait pas graver.
Cette grande collection uniforme n'empêcherait ni les publications de gravures particulières, ni tout autre ouvrage collectif gravé d'après l'antique, de quelque genre que fût cet ouvrage; et ce muséum ne pourrait préju™
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dicier aux excellens recueils qu'on voudrait d'ailleurs publier par vue de spéculation, etc., etc.
Enfin, entreprendre cette calcographie uniforme des antiques, c'est ouvrir un champ plus vaste aux dessinateurs, c'est faire naître une nouvelle émulation dans toute l'Europe artistique, c'est établir un concours et une lutte même avec les Grecs et les Romains, et c'est fixer, comme dans un code synoptique, les grands préceptes qui soutinrent si long-tems l'art glorieux de la Grèce.
Mode d e:vécuiion.
Le Muséum calcographique universel d'Antiques contenant les gravures de tout ce qu'on a découvert et de tout ce qu'on découvrira en antiques, tant en sculpture qu'en peinture, sera divisé en plusieurs genres, savoir : Les statues, les bustes, les bas -reliefs, les camées, les pierres gravées, les médailles et les monnaies, les vases, ustensiles, fragmens de costume, ornemens, etc., et les peintures.
Il sera exécuté sur un format in-folio portant dix-huit pouces (mesure de France). Le maximum de la hauteur de l'estampe sera de treize pouces; j'entends dire , de la partie figurée , car la longueur de l'inscription inférieure déterminera la longueur du cuivre.
Il n'y aura aucun encadrement ou filet étranger au monument, et la base de l'estampe ou de la gravure aura lieu à trois pouces six lignes au-dessus du bord inférieur du papier.
Comme pour obtenir l'uniformité dans cette collection, un des moyens les plus efficaces est de prescrire la grandeur de chaque figure gravée d'après les statues ou les
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bas-reliefs ou autres monumens quelconques (la mesure exacte du monument original devant être rigoureusement inscrite au bas de la planche), la dimension de chaque statue, quelle que soit sa hauteur réelle, et en la supposant développée et droite, sera de dix pouces six lignes.
Les statuettes ou figurines qu'on n'appelle pas généralement des statues, seront exécutées par la gravure^ dans une grandeur de cinq pouces.
La dimension respective des statues de femme, d'adolescens et d'enfans, sera conservée à peu près dans les rapports naturels de diminution, malgré le volume des originaux. Si cependant une statue d'enfant ou d'adolescent était gravée dans une dimension disproportionnée avec les figures viriles, discordance qu'il conviendrait d'éviter, cette différence de rapport serait de peu d'inconvénient, le développement par la gravure dans les beautés de l'objet devant dans ce cas faire compensation.
Le socle, ou la plinthe moderne ou antique, ne sera point compris dans cette dimension des statues, et le piédestal, objet étranger à la statue, ne sera jamais re^ présenté.
Les bustes de toute dimension ont le plus ordinairement pour mesure la hauteur de la tête. Cette hauteur de la tête, non compris l'épaisseur des cheveux et la longueur de la barbe, sera de deux pouces.
Il conviendra de tenir les têtes de femmes et d'enfans proportionnellement plus petites.
Le socle, s'il est antique, devra être représenté.
Les figures des bas-reliefs antiques, quelle que soit leur dimension originale, seront toutes représentées dans imu mesure de cinq pouces.
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Lorsque la longueur du bas-relief ne permettra pas de le faire contenir en entier dans une seule planche, il faudra le diviser en deux ou trois, de manière qu'en réunissant les feuilles, on retrouve le tout ensemble de l'original. On gravera à cet effet sur les deux planches les figures ou objets qui terminent la portion sectionnée, et cette répétition sera exprimée au trait seulement dans une planche, et terminée dans l'autre ; ce qui procurera à volonté une superposition propre à fixer aisément le juste rapprochement.
Si cependant la dimension de l'original était telle qu'en cédant très-peu de la hauteur des figures, et en alongeant très-peu la planche, on pût obtenir le tout sur une seule feuille, il vaudrait mieux adopter cette différence prèsqu'insensible, et qui ne devrait pas excéder six ou huit lignes. Le parti qu'on prendrait d'offrir deux ou trois planches séparées, au lieu d'une seule plus petite, ne pourrait être considéré comme ayant quelqu'inconvénient que par rapport ii la disposition générale de l'original; disposition qui, lorsqu'elle est exactement conservée dans un ensemble, peut devenir un objet d'instruction. Mais cet inconvénient est souvent inévitable, comme cela arrive dans la représenlation par parties des frises et des ornemens très-prolongés; et il faut observer que la quantité suffisante de bas-reliefs représentés entiers et avec tous leurs rapports d'ensemble dans leur belle disposition, rend cette considération presque nulle.
Si une ou deux figures d'un grand bas-relief étaient susceptibles d'offrir plus d'utihté à l'art étant représentées à part grandes comme les statues gravées, on adopterait, dans ce cas, la dimension de ces dernières.
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Les camées, ainsi que les médailles, médaillons, pierres gravées, monnaies, etc., bien que de différentes dimensions, seront représentés, vu leur petitesse, dans la dimension des originaux.
L'avantage de pouvoir calquer et dessiner au compas les originaux engage h adopter cette mesure naturelle des monumens; cependant, d'un autre côté, l'irrégularité dans la dimension de tant de camées, de médailles, pierres gravées, etc., peut être évitée et modifiée jusqu'à un certain point. Quant aux très-petites pierres gravées ou médailles, comme elles exigeraient souvent du graveur une peine et une ténuité inutiles pour le profit de l'art, le dessinateur pourra en grandir l'image, mais sans excéder la mesure de dix-huit lignes pour les figures. Au reste, il faut toujours observer que l'inscription indiquera cette grandeur véritable de l'objet.
Les ustensiles, fragmens de costume, les ornemens, etc. de grande dimension, seront représentés dans la mesure de neuf pouces environ.
Les grands vases auront pour mesure, sur l'estampe, huit pouces.
Tous les autres vases auront pour mesure cinq pouces ou en hauteur ou en largeur.
Les animaux seront toujours proportionnés aux mesures indiquées ici pour les personnages.
Les figures des peintures auront la même dimension que les figures des bas-reliefs, c'est-à-dire, cinq pouces pour les figures viriles, lorsqu'elles seront en certain nombre dans le tableau ; mais si elles sont uniques, elles pourront avoir la hauteur des statues gravées (neuf pouces), si l'artiste le juge à propos, et ce cas sera déter-
miné par la nature du travail plus ou moins précieux de Toriginal, et par le rapport de ce travail avec l'art du dessin.
Quant aux figures peintes sur des vases, elles auront toutes, quelle que soit la dimension du vase et de ces figures, la mesure employée à la représentation des basreliefs, c'est-à-dire, cinq pouces pour les figures viriles. Quoique l'on calque souvent les figures mêmes des vases, ce qui facilite la justesse de la copie, on peut réduire ensuite ces calques à la mesure uniforme que nous avons cru devoir fixer ici, à moins que cette mesure des figures mêmes des vases ne diffère peu de celle-ci.
On ne représentera jamais dans la même planche que des objets du même genre et, s'il se peut, de la même dimension dans ce genre.
Lorsqu'un artiste, voulant enrichir le muséum calcographique, n'aura à représenter qu'un seul objet qui ne remplirait pas suffisamment l'espace de la planche (inconvénient qu'il pourra en tout tems éviter en admettant sur la même planche quelqu'autre objet antique que son zèle lui fera aisément découvrir) , il lui sera facile d'annexer à cette même planche, soit la forme du champ qui reçoit le travail sculpté ou peint, soit par exemple la forme de la patère, de la lampe, du sarcophage, du vase, etc., dont on offre le sujet, soit un ou deux détails de ce même monument, mais exécutés avec plus de recherche que dans la planche d'ensemble. C'est ainsi qu'on retrouverait avec plaisir une coiffure, un cothurne, une arme, ou même quelques jets de draperies exécutés séparément. On ne serait pas fâché non plus de voir le monument représenté au simple trait sous un autre point
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de vue, etc., etc. ; en un mot, ce cas de dénûment d'objets et de nudité de la planche ne doit point se supposer, tant il est facile d'y remédier.
Ce sera cependant augmenter l'utilité de cette collection que de ne rassembler qu'un très-petit nombre de monumens sur la même planche, parce que chacun désirant les classer, il pourrait arriver que le peu de rapport qu'auraient entr'eux les monumens rassemblés, empêchât la classification que chacun voudrait faire selon ses vues. Et comme l'étude de l'art doit être principalement le but de ce muséum calcographique, je pense qu'il faudra s'attacher à ne réunir sur la même feuille que les monumens analogues quant au style. Ainsi, on verrait avec peine une tête de Septime Sévère à côté d'une figure de Minerve grecque d'ancien style, ces réunions gênant trop pour la classification des monumens.
Inscriptions.
Il y aura trois inscriptions. La première sera placée en haut de l'estampe (voyez la fig. i"^^) ; on y lira ces mots gravés en minuscules italiques : Muséum calcographique universel d'Antiques, La petitesse du caractère n'empêchera point qu'on ne puisse disposer de l'estampe pour toute autre destination que pour le recueil général.
La seconde inscription sera placée immédiatement au bas de l'estampe, et contiendra les noms du graveur, de l'éditeur et du dessinateur. Les lettres en seront de la même forme et dimension que celles de l'inscription supérieure, c'est-à-dire, en minuscules italiques. On distinguera ainsi les trois parties de cette inscription : premièrement, et à gauche du spectateur, Grave par aveC
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ses prénoms et sa patrie, s'il le juge à propos ; secondement,, et au milieu. Publié par troisièmement, et à droite. Dessiné par Si le dessinateur est en même tems éditeur, il fera écrire à droite. Publié et dessiné par et s'il est à la fois dessinateur, éditeur et graveur, il fera écrire à droite. Publié^, gravé et dessiné par Si le graveur est éditeur, il fera écrire à gauche. Gravé et publié par Tous les mots de cette inscription seront, avons-nous dit, en minuscules italiques; quant au nom du dessinateur, il sera gravé en majuscules italiques, afin d'être plus apparent. Le dessinateur ajoutera à ses noms celui de sa patrie, l'année de la publication du monument gravé, le n° du morceau qu'il fournit pour ce muséum; ce qui composera toute l'inscription, par exemple, ainsi qu'il suit : Dessiné à Rome ^ en 1827, par Jean CHAVELLEj, de Paris^ n"" Le nom du dessinateur étant ainsi placé près de la marge, servira facilement d'indication et de repère alphabétique, lorsqu'on voudra trouver telle ou telle estampe du recueil.
La troisième inscription est celle qui indiquera audessous de l'estampe le sujet. Elle sera tracée en minuscules romaines; mais le nom de ce sujet sera tracé seul au-dessus de cette inscription en grosses majuscules romaines, œil gros-romain, portant de haut quatre lignes. Ainsi on lira, par exemple, dans cette inscription : HERCULE, DL4NE, AJAX, FAUNE, MARSIAS, MUSE, ou tout autre mot indicatif.
Si l'on ignore le sujet, on écrira : SUJET INCONNU. Si le sujet est complexe, on mettra suivant ce qu'il représente, ou MARS ET VÉNUS, ou AMOUR ET PSYCHÉ, COMBAT DES AMAZONES , etc. , etc.
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La me$ure de quatre lignes pour ces grosses majuscules de gros-romain, servira de mesure proportionnelle pour les autres espèces de caractères déterminés par les inscriptions déjà indiquées.
La suite de cette troisième et dernière inscription sera placée sous ce nom tracé en grosses majuscules et dont nous venons de parler. Cette suite indiquera brièvement le genre de monument, sa matière, sa mesure, celle des figures, le lieu et l'année où il a été découvert, le lieu où il a été dessiné. Ainsi , par exemple , on mettra :
Sarcophage en marbre pentélique (ou de Paros), ou
bien Peinture monochrome sur fond rouge ou jaune; haut
ou long de sept pieds, figures de trois pieds. Trouvé à
en 1759. Dessiné dans le muséum ou le cabinet de
Par ces moyens fort simples et conventionnels, on pourra aisément indiquer une planche quelconque du muséum, quoiqu'elle soit sans numéro; c'est ainsi qu'on dirait, par exemple : voyez dans le Muséum calcographique universel d'Antiques , l'Hercule dessiné par Chavelle, n° 7; ou la Mort de Méléagre, bas-relief; ou bien Vénus et Anchise, camée ou peinture dessinée par Antoine, n° 12.
Les personnes qui acquerront successivement une collection de ces estampes, pourront les classer ou par sujets, ou par ordre alphabétique de noms des dessinateurs; elles pourront d'ailleurs composer aisément, au fur et à mesure, une table manuscrite pour leur usage particulier, à l'aide de laquelle elles trouveront telle planche qu'elles désireront : mais le nom seul du dessinateur et le n** de son œuvre suffiront pour tout le monde.
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Feuille de Texte.
La feuille de texte, de même folîo que l'estampe, sera imprimée en caractères dont la justification portera douze pouces sur huit.
En haut et en titre, on écrira en lettres majuscules italiques : MUSÉUM CALCOGRAPHIQUE UNI-^ VERSEL D'ANTIQUES. On ajoutera dessous le nom du sujet, celui du dessinateur et le n*" de sa pièce. Ces noms seront égaux et semblables à ceux qu'on lira au bas d^ l'estampe. Exemple : MUSÉUM CALCOGRA- PHIQUE UNIVERSEL D'ANTIQUES. — HER- CULE. Dessiné par Pierre WILLIAM^ 4.
Le texte, qu'on tâchera de renfermer dans un seul feuillet, sera destiné à désigner avec plus d'étendue ce qui n'aura été qu'indiqué dans l'inscription inférieure de l'estampe. Il offrira d'ailleurs de courtes observations artistiques et archéologiques.
Les savans qui s'occuperaient de dissertations sur les monumens gravés dans le muséum universel, feront bien d'adopter le même format et la même justification de la feuille de texte.
Le nom de l'imprimeur et du libraire devront toujours être exactement indiqués, ainsi que leurs adresses, en français, afin qu'on puisse se procurer aisément toutes les nouvelles feuilles du Muséum calcographique qui paraîtraient en Europe.
On tirera à quinze cents exemplaires.
Je vais signaler encore certaines conditions dont il est essentiel de convenir. Quelques-unes, à la vérité, dépendent du talent de l'artiste, et seront peut-être vainement
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prescrites; mais d'autres dans tous les cas peuvent être remplies. Commençons par ces dernières.
Les restaurations modernes des antiques n'étant pas toutes faciles à reconnaître, sont une source d'erreurs continuelles pour les antiquaires comme pour les artistes. Mais, s'il ne convient pas d'indiquer les restaurations sur les monumens eux-mêmes, il est facile de les signaler dans les gravures qui les représentent; ainsi, en ne traçant que par des lignes ponctuées les parties rapportées, on fera connaître tout ce qui est moderne et de restauration, ce moyen étant préférable aux meilleures indications par écrit.
Le dessinateur s'attachera à répéter avec la plus scrupuleuse exactitude la disposition des parties dans le tout, c'est-à-dire, les écartemens et les distances respectives de tous les objets qui constituent et composent le monument. A ce sujet, on ne saurait trop recommander l'usage des instrumens qui peuvent faciliter cette justesse de représentation, tels que les châssis à carreaux, les pantographes, les papiers transparens propres à calquer même les médailles ou les pierres gravées, etc., enfin tous les moyens graphiques que nous indiquerons en traitant de la perspective, lesquels moyens supposent presque toujours (il faut le rappeler) le choix de l'aspect orthographique, choix si souvent préférable, comme nous le dirons aux chap. 235, 265, à celui de l'aspect perspectif. Il est inutile de dire ici que les anciens attachaient la plus grande importance à la condition de la disposition, condition qui certainement constitue une des beautés et un des charmes de l'art.
La même exactitude aura lieu quant à l'imitation des
accessoires, des coiffures, chaussures, draperies et autres parties de costume.
L'espèce de relief du monument sera toujours indiquée d'une manière conforme à l'original, et les sculptures de haut-relief et de bas-relief seront distinctement différenciées par le clair-obscur.
Le dessinateur se gardera bien de prétendre à des effets étrangers à l'effet naïf de la lumière sur le monument matériel représenté, et il ne visera jamais aux effets qui sont propres aux figures des tableaux. Il choisira un parti de lumière ou un clair-obscur, simple, large et débrouillé, en sorte que les masses principales d'ombres étant justement indiquées, le travail détaillé dans les clairs ne deviendra pas aussi nécessaire ni aussi recherché.
Enfin, le dessinateur ainsi que le graveur se gardera bien d'altérer en rien les attitudes, les caractères, les mouvemens et les lignes de l'original, sous le prétexte d'embellir son ouvrage ; et ce qui est traité par indications dans le modèle, ainsi que ce qui est rendu avec délicatesse, conservera dans la copie les mêmes différences.
Le travail du crayon ou du burin sera toujours conforme à l'expression toute naïve du monument représenté, et n'offrira jamais de ces manières générales, résultant d'un mécanisme toujours uniforme malgré la diversité des objets qu'on se propose de répéter.
On emploiera la gravure à l'eau forte retouchée au burin.
Les qualités suivantes étant plus dépendantes que les précédentes du sentiment et du savoir de l'artiste, on les recommande plutôt ici qu'on ne les signale comme des conditions très-faciles à remplir.
La finesse des mouvemens, leur justesse et leur con-
CALCOGRAPHIE UNIVERSELLE b'aNTIQLES. 1 1 l
venance sont des qualités dominantes dans l'art grec. Tout dessinateur de monumens antiques doit s'attacher à cette partie plus qu'à toute autre. Le plus ou le moins en ceci rend l'imitation ou froide ou forcée; et s'il faut prendre garde d'être au-dessous de l'expression et de la vie de l'original , il faut se méfier aussi de l'exagération, de la fausse chaleur et de la manière qui trop souvent résultent de l'envie de le surpasser. Combien de dessinateurs et de graveurs, qui, n'ayant ni senti ni rendu la justesse des mouvemens et des lignes de la sculpture grecque, ont cru devoir donner en compensation un tour vigoureux et factice, et une prétendue grâce toute moderne à leurs copies ! Aussi au lieu de traduire littéralement et naïvement les anciens, il les ont travestis et rendus méconnaissables. Ce sont ces faussetés qui ont contribué à propager des erreurs au sujet des styles de l'art antique, parce que les caractères étant dénaturés dans les gravures, les rapprochemens, les comparaisons et toutes les données enfin qui auraient dû être praticables à l'aide de l'étude de ces gravures sont devenus impossibles ou plus ou moins fallacieux.
Celui donc qui se charge de répéter les monumens devra faire abnégation de ses goûts et de ses systèmes et devenir le servile imitateur des modèles qu'il espérerait en vain de copier s'il ne les sent, ne les comprend, ne les respecte et ne s'identifie de bonne foi avec eux.
Tout ce projet calcographique ne sera peut-être jamais réahsé malgré sa simplicité; les dessinateurs cependant ne pourront pas se refuser, je pense, à choisir de préférence dorénavant le format in-folio, ni au moins à faire inscrire leur nom (ou bien tout autre nom imagi-
naire, s'ils le préfèrent) au bas et tout près de la marge inférieure de l'estampe. Car, par ces deux seuls moyens, 1° l'uniformité du format , et 2** l'inscription placée au lieu convenu, joint à cela le n"" de la pièce, leurs planches pourront concourir à un musée universel et être recherchées par un plus grand nombre d'acheteurs.
M'étant fait un devoir de soumettre à Visconti ce projet, il fut frappé de sa simplicité, l'améliora par quelques notes, et dit, en montrant sa nombreuse collection de livres sur les antiquités : « J'aurais épargné bien du tems » et du travail, si depuis un siècle les graveurs se fussent » ainsi entendus sur ce point. »
Table des principales mesures adoptées pour le Muséum calcographique universel d Anliçues.
Mesure du format in-foho de pouces i8
Mesure de l'estampe * i3
Grandeur des figures pour les statues lo J
Grandeur des têtes sur buste ou sans buste . . 2
Grandeur des statuettes et des figures en bas-relief 5 Grandeur des figures, des camées, pierres gravées, médailles, monnaies, etc., lorsqu'on
n'en répète pas la dimension réelle .... i l
Grandeur des très-grands vases 8
Grandeur de tous les autres vases 5
Grandeur des fragmens de costume, ustensiles,
etc. Maximum 9
Grandeur des figures des peintures antiques. . 5
Et pour ces mêmes figures d'un beau travail . 9 Grandeur de toutes les figures peintes sur les
vases , S
PlîINTURE CHEZ LES ÉGYPTIENS.