DE LA PEINTURE CHEZ LES ÉGYPTIENS
Presque tous les écrivains qui dans le siècle dernier se sont occupés de recherches sur le caractère de la peinture et de la sculpture chez les Egyptiens, ont répété que leurs artistes ne faisaient voir ni beauté ni vérité, ni même aucune délicatesse dans leurs images. Or il est à remarquer que ce n'était point l'étude des rapports aperçus entre l'art primitif grec et l'art égyptien qui occupait et guidait ces critiques, mais bien la comparaison qu'ils faisaient des peintures et des sculptures égyptiennes, aux tableaux, aux bas-reliefs et aux statues si vantées de nos académies. Ainsi ils ne surent voir dans les monumens de l'Egypte que des ouvrages ridicules, sur lesquels ils se plurent à discourir avec pitié.
Il n'est point étonnant que les mêmes critiques, qui trouvaient bon de dénigrer les productions de l'art grec, aient dénigré et méprisé tout ce qui provenait de l'art égyptien. Mais à la fin les préjugés font place à la vérité. Aujourd'hui donc, tous ces tombeaux, tous ces temples de l'Egypte, tous ces vastes débris, décorés à présent même de tant de peintures et de tant de sculptures, sont vus d'un autre œil, sont mieux appréciés; et il n'est plus de saison d'en parler avec dédain.
Ce qui a autorisé si long-tems ces préventions, c'est qu'on croyait généralement que tous les artistes égyptiens avaient été liés et contraints par des pratiques consacrées