PEINTURE CHEZ LES ÉGYPTIENS
Rome possédait donc beaucoup de monumens dits égyptiens, et qui n'étaient que d'imitation, entr'autres de nombreuses statues d'Antinous, favori d'Adrien, et auquel ce prince fit rendre les honneurs divins en Egypte, ce qui nécessita la représentation de ce nouveau dieu, selon le mode et le type religieux de ce peuple.
Le style égyptien, proprement dit, se divise lui-même en styles combinés ou mixtes, et les archéologues ont cherché à établir toutes ces divisions. Voici la plus récente, adoptée par M. Millin, dans son Dictionnaire des Beaux- Arts, article Egyptiens. Première période : Depuis les tems les plus reculés, jusqu'à Psammétichus, époque oii les Grecs, accueillis avec faveur en Egypte par ce prince, durent influer sur les arts d'Egypte. Deuxième période : Depuis le règne de Psammétichus, jusqu'à l'invasion de Cambise; il y eut alors mélange du style persan avec le style égyptien. Troisième période : Sous les rois persans, depuis Cambise jusqu'à Alexandre, et sous les rois macédoniens. Quatrième période : Sous les rois grecs ; on a appelé le style de cette époque grœco-égjptlen. Cinquième période : Sous Adrien, époque du style d'imitation. Les savans ont peu difl^éré d'opinion jusqu'à présent sur ces classifications. Voyez, sur toutes ces questions, Winckelmann : Histoire de l'Art.
Concluons que les Grecs durent beaucoup aux Egyptiens, qui furent les pères de l'art, et que tout ce que les Grecs ont raconté sur la naissance de la peinture en Grèce, est aussi peu vraisemblable que ce que nous écrivait Vasari, signalant comme inventeurs florentins les Cimabue, les Giotto, etc., lorsqu'il était reconnu que la peinture, bien que fort languissante partout, avait été
cependant toujours cultivée sans interruption, soit en Grèce, soit en Sicile, à Rome et dans toute l'Italie, soit même dans le Nord, où les pratiques de cet art furent conservées dans plusieurs asiles, et surtout dans un grand nombre de monastères.