PEINTTJBE CHEZ LES ÉGYPTIENS
vèrent donc scrupuleusement la correspondance des angles, et ils surent en mesurer rigoureusement les degrés. Cette qualité les conduisit à donner du mouvement à leurs figures, et ils n'avaient plus qu'un pas à faire pour devenir de bons dessinateurs; mais il paraît qu'ils se contentèrent d'employer ce qu'il fallait seulement pour le geste et la proportion de leurs personnages. Enfin, je pense que l'on parviendrait à réhabiliter le crédit de l'art égyptien, si l'on rassemblait avec intelligence d'exacts dessins de tout ce qu'il a produit de plus recommandable. On y reconnaîtrait du génie et de la fécondité, un goût grand et sévère, des draperies fort pittoresques et très-variées, et pardessus tout une règle sacrée, bien méconnue aujourd'hui, je veux dire celle qui commande d'employer peu de moyens pour exprimer beaucoup d'idées; méthode sage et vraiment noble, source du véritable goût dans les arts, méthode bien préférable à celle qui conduit d'abord aux finesses et aux recherches moelleuses de l'art, pour ne produire que des riens sans caractère.
On désirerait peut-être voir ajouter de plus ici quelques aperçus au sujet de leur coloris; mais, outre que tout le monde est d'accord sur la durée et l'éclat de leurs couleurs, nous croyons devoir ménager ce que nous avons à dire sur cette question pour le chapitre de l'encaustiqiie. Faisons observer seulement que, s'il est vrai qu'on prescrivait aux peintres l'emploi de couleurs vives et entières, nous ne devons pas en conclure qu'ils ne pratiquaient que l'enluminure et la peinture sans dégradation aérienne. Au reste cette conclusion tomberait d'elle-même devant une preuve irrécusable : c'est une vue perspective de l'intérieur d'un temple représenté par des teintes et des lignes très-justes
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et très-exactement dégradées. Cette peinture se volt dans^ le tombeau dont la copie en tout relief a été exposée à Londres et a Paris, en 1820 et 1824. On sait que cette peinture, ainsi que toutes les autres figures sculptées ou peintes de ce tombeau, qu'on croit être celui de Psammétichus, ont été répétées sur les lieux, ainsi que leurs dimensions, avec un soin et un scrupule remarquables sous la direction de M. Belloni.
Les révolutions qu'a éprouvées l'Egypte ont produit dans le caractère du style de l'art certaines dilTérences sur lesquelles les antiquaires se sont exercés. Voici ce qu'il est essentiel d'abord de bien distinguer; c'est la différence du style égyptien proprement dit et du style d'imitation, et de plus les diverses nuances de ce style égyptien proprement dit. Le style d'imitation est celui qui fut introduit dans l'art à Rome, probablement sous Adrien, lorsque le goilt des superstitions égyptiennes porta les Romains à imiter tout ce qui venait de ce pays, goût qui se propagea sous les successeurs d'Adrien, et selon M. Carlo-Féa, jusqu'au tems de Théodose-le-Grand. Le style d'imitation ne saurait être semblable au style égyptien pur, malgré le désir qu'avaient les artistes de Rome de le répéter; aussi le goût et le travail romain percent-ils dans ces copies. C'est donc faute d'avoir bien observé, qu'on s'y est mépris M. Carlo-Féa dit que le style d'imitation, depuis Tliéodose-le-Grand, a été pris souvent pour du style égyptien du deuxième style sous Sésostris.
^ Toute personne un peu exerce'e dans l'e'tudc des styles de l'art antique, reconnaîtra de prime abord, en voyant le Zodiaque de Dende'rah, que Je travail de ce monument n'est point égyptien, mais qu*ii est romain, et probablement du tems de Néron.