‹ Traité complet de la résection des maxillaires supérieursChapitre 17 sur 24 · RÉSECTION PARTIELLE · texte numérisé non relu

RÉSECTION PARTIELLE

La résection partielle des deux maxillaires supérieurs peut se pratiquer à tous les degrés que l’on peut parcourir pour arriver à la résection totale.

L’ablation partielle ou totale du bord alvéolaire des deux maxillaires supérieurs fut pratiquée par Rêgnoli (voyez plus haut) et autres, et n’a rien qui la distingue de la même opération pratiquée sur un seul maxillaire supérieur.

La résection des parois'osseuses, par une opération pratiquée sur les deux maxillaires supérieurs, est seulement possible à la région palatine, et s’emploie dans le procédé Adelmann-Nélatôn pour Pextirpation des'polypes des fosses nasales.

Quant à l’amputation des deux os maxillaires supérieurs, telle qu’elle a été pratiquée par Roger (Velpeau, loc. cit.) et par Dfeffenbach {loc. cit ., p. 46), il n’y a rien de particulier à noter sur elle après ce qui a été dit sur l’amputation d’un maxillaire et sur l’extirpation des deux os.

Une forme de résection partielle des deux maxillaires supérieurs qui mérite une attention particulière, parce qu’elle n’a pas son analogue parmi les résections d’un seul os, est la résection des parties antérieures médianes des deux maxillaires supérieurs, la partie réséquée ayant la formé d’un os intermaxillaire.

Elle fut pratiquée par Dupuytren (1) en 4 84 8, pour une ulcération du nez et de la lèvre supérieure, et pour la maladie des parties

( 1 ) Leçons orales, 3 e édit., vol. II, p, 453.

situées au-dessous et dans le voisinage. Après l’excision des parties molles, il scia à l’aide d’une scie étroite, en forme d’os intermaxillaire, la partie médiane antérieure des deux maxillaires supérieurs, de telle sorte qu’il enleva en même temps les quatre dents incisives. L’opéré, un homme de soixante-huit ans, mourut dix jours après l’opération, à la suite de pleurésie et d’érysipèle de la face.

Le second cas appartient à Langenbeck (\ ), ëside 1854, et concerne un homme de trente-trois ans, sur lequel on avait pratiqué cinq ans auparavant l’extirpation d’une tumeur fibreuse de la cloison du nez. Les parties molles furent divisées par deux incisions,pratiquées le long du nez, et par une troisième faite sous le nez, dans la lèvre-supérieure, et reliant les deux premières. Rhinoplàstie : guérison lente ; reproduction en grande partie des parties enlevées ; pas de récidive encore au bout d’un an et demi.

Cette opération fut pratiquée une troisième fois par J. F. Heyfelder, pour une carie, sur un homme de vingt-huit ans, qui se trouvait dans un des hôpitaux de Saint-Pétersbourg. Les parties molles du visage furent respectées, et la partie malade de l’os fut ènlevée à l’aide des ciseaux à os de Liston. Guérison le dix-huitième jour.

Cette sorte d’opération est indiquée lorsque la maladie est étendue sur les deux os , mais est limitée à leur partie médiane antérieure.

Quant à ce qui concerne son exécution, elle peut être accomplie par la méthode sous-cutanée pour une extension peu considérable de l’os. Lorsque le volume de la partie malade est considérable, bn emploie toujours une des incisions pratiquées habituellement dans l’extirpation des deux maxillaires supérieurs, soit dans toute sa longueur, soit seulement dans sa moitié inférieure. Les parties molles qui reposent immédiatement sur l’os, les gencives, la muqueuse et le périoste, doivent être divisées avec un fort bistouri, dans le sens de l’incision de l’os.

La portion d’os est incisée, soit de dehors en dedans avec la scié de Larrey ou la scie à dos mobile, ou bien

(1) Cf. Billroth ; üéber fibroide des Oberkiefer.

ili 8 DE LA RÉSECTION,

encore avec l’ostéotome, soit de dedans en dehors avec la scie de Larrey et la scie à chaîne. Dans ce dernier cas, la perforation des parties dures du palais en un point, près de la ligne médiane, ou en deux points, des deux côtés et en arrière des parties malades, est nécessaire. Enfin on divise le vomer à l’aide d’une scie.

Par ce procédé, les parois antérieures et latérales restent pour servir de soutien au visage; les apophyses alvéolaires sont conservées pour l’accomplissement de la mastication, et comme pouvant être même le point de départ d’une nouvelle formation de l’os, ainsi que cela s’est passé dans le cas qui fut opéré d’une façon analogue par le procédé Adelmann-Nélaton. Ce procédé réunit donc assez d’avantages pour être mis en usage, puisqu’il est toujours possible.

Ici s’arrête cet examen,.dans lequel on a apprécié, outre les rapports anatomiques de l’os, ses altérations morbides et l’élimination de sa masse conformément aux principes de l’art, ainsi que le rapport qui existe entre les résultats de l’expérience et les opérations qui ont été pratiquées. Comme conclusion à cet examen, il convient que nous donnions la valeur, l’utilité pratique ou la nécessité des diverses résections plus ou moins étendues de. l’os maxillaire supérieur.

L’extirpation du maxillaire supérieur a été, dans la grande majorité des cas, pratiquée pour des tumeurs, et plus souvent que toutes les autres résections du maxillaire supérieur, pour des tumeurs cancéreuses. Elle a été faite plus rarement pour la nécrose; plus rarement encore, quoique toujours assez souvent, pour rendre accessible à l’opération un polype des fosses nasales. A ma connaissance, elle n’a jamais été exécutée pour des blessures ou

DU MAXILLAIRE SUPÉRIEUR. \l\ ( J

pour la carie. Elle a donné, pour le cancer, des résultats relativement bons ; .

Elle est nécessaire contre des tumeurs de bonne nature, lorsqu’elles ont pour conséquence une dégénérescence considérable de l’os et qu’elles ont contracté de nombreuses adhérences avec lui ; et contre le carcinome, dès que son ablation radicale exige qu’on enlève plus qu’un bord libre. Mais on ne doit pas oublier, quand on opère contre le cancer, que le meilleur résultat qu’on puisse attendre est une guérison persistant pendant un mois ou une année.

Les résections partielles du corps du maxillaire sont pratiquées le plus ordinairement pour des tumeurs de bonne nature ; moins souvent contre le cancer (et il y a alors prompte récidive) et contre la nécrose, et plus rarement encore contre la carie. Elles n’ont de bons résultats que pour les tumeurs de bonne nature d’une certaine masse et circonscrites, et pour la nécrose; d’ou leur indication spéciale pour ces deux maladies.

Les maladies qui ont le plus souvent donné*lieu à l’ablation d’une paroi du-maxillaire supérieur sont, en première ligne : les collections d’eau ou de pus, puis les tumeurs de bonne nature de l’antre d’Highmore ; la carie de l’os, des tumeurs de bonne nature occupant une portion circonscrite de la paroi, des polypes des fosses nasales; le cancer une seule fois, à ma connaissance; la nécrose, jamais.

Les indications spéciales sont : l’extirpation d’un polype de la cavité, que l’on ne peut rendre accessible autrement; une collection de liquide dans le sinus, ou des maladies de l’os limitées à une paroi et ne tendant pas à la récidive.

Les bords libres du maxillaire supérieur ont été réséqués dans le plus grand nombre des cas pour la carie primitive ou secondaire, ainsi que pour des épulies; plus rarement, et toujours avec terminaison défavorable, pour le cancer.

Cette ablation très limitée du maxillaire supérieur est seulement indiquée pour une maladie tout à fait locale.

Un emploi trop général et des espérances trop grandes discréditent une opération. En la faisant rentrer dans les limites qui lui appartiennent, on lui rend sa valeur.

Résections partielles des deux maxillaires supé-

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