‹ Traité complet de magnétisme animalChapitre 14 sur 59 · RÉFLEXIONS SUR LE RAPPORT DE · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS SUR LE RAPPORT DE

celui de la science. Rien de surprenant à cela, c'est même assez juste ; ce qui coûte cher ne doit-il pas rapporter beaucoup? Et un fauteuil académique coûte, dit-on, bien cher, horriblement cher ! ! ! Ainsi, dans l’immense majorité des cas, ce ne peut être sans un but caché d’intérét personnel que, pour s’y asseoir, on se décide à faire, devant de vieilles idoles que l’on voudrait cent fois briser, de profondes courbettes et de grands salamalecs; qu’on se résigne à se baisser, à s’abaisser, à s’effacer, à se rapetisser, à se plier en deux devant elles; enfin, que l'on franchit sans façon les degrés qui mènent, en descendant, de l’adresse à la ruse, de la ruse à l’intrigue, de l’intrigue à la bassesse, et quelquefois plus loin ! Attendu que, dans l’âge d’or où nous vivons, ces moyens sont tout aussi souvent les dignes auxiliaires du mérite que de la nullité. Malheureusement, pour la gent académique, ce que je dis là est infiniment vrai; et si quelques académiciens ont le droit de ne pas se reconnaître dans le portrait que je viens d’esquisser; si même aucun d’eux, par déférence pour son amour-propre, ne consent à s’y reconnaître, je présume que, par esprit de confraternité , chacun le trouvera frappant de ressemblance pour ses voisins.

» Du reste, je ne vise personne, ni dans la grande ni dans la petite Académie, et ce n’est pas ma faute si j'atteins quelqu’un. Je l'ai dit : je respecte les individus et m’engage à les respecter... tant qu’ils me respecteront; je ne frappe qu’après avoir été frappé. Quant aux corps savants, je ne les attaque que parce qu’ils ont condamné sans les entendre, et qu’ils persistent à repousser sans les examiner, trois vérités immenses, trois vérités qu’ils admettront de gré ou de force, ou qui les écraseront: je veux parler du magnétisme, de la phrénologie et de i’hoinocopathie (1). »

(i) Feuilleton de In Gazelle des médecins praticiens du IO mai 1840, et Lettres sur le magnétisme, 1840, p. a(»4

COURS DE MAGNÉTISME

Le docteur F rapport s’exprimait encore ainsi :

« Ma plume a cinquante ans d'outrages à venger, des masques à arracher, des gens à remettre à leur place, une erreur ii abattre, une vérité à exalter. »

Comme vous le voyez, Messieurs, le magnétisme avait trouvé son homme, mais la mort ferma bientôt la bouche à ce vaillant soldat.

La vue sans le secours des yeux, qui fit l'objet de ces débats, est un fait assez rare ; pourquoi donc l’avoir choisi, lorsque surtout vous ne pouvez assurer sa perpétuité, ou seulement rendre cette faculté assez durable pour la justifier à un jour donné. Les difficultés que je signale m’avaient frappé il y a déjà longtemps. Voici les réflexions qu elles me suggérèrent (1) :

« L’action de voir sans le secours des yeux, même à distance, phénomène que l’on nie, moi, je l’adopte, parce que je l’ai vu et produit souvent, même au grand jour. La loi en vertu de laquelle cette faculté existe, j’avoue que je l'ignore entièrement ; mais je sais parfaitement ce qui en empêche la manifestation dans certains cas, car il m’est arrivé aussi à moi de ne pus toujours réussir, et en voici l’explication :

» Lorsque j’agissais sur un somnambule dans le silence et dans le recueillement, et que je n'avais près de moi que des personnes inoffensives qui ignoraient ce qui allait se produire, ou qui l’attendaient saus suspecter mes intentions, j’étais calme et tranquille; l'action de mon être sur le somnambulisme était régulière presque comme celle d’une machine physique; et ce qui se passait dans le somnambule était aussi régulier. La nature alors se manifestait sans contrainte, et les pliénoiftèues qui en résultaient avaient un caractère particulier et presque toujours satisfaisant. Mais il en était autrement, lorsque mon désir de faire participer

( I ) Le magnétisme oppoté n la médecine, 1840, t vol. in-8, p. a 18.

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