‹ Traité complet de magnétisme animalChapitre 9 sur 59 · TROISIÈME DIVISION. EFFETS OBSERVÉS SOUVENT PRODUITS · texte numérisé non relu

TROISIÈME DIVISION. EFFETS OBSERVÉS SOUVENT PRODUITS

PAR I.'eNNUI, LA MONOTONIE ET l'|M AGI NATION.

La commission a eu plusieurs occasions de remarquer que la monotonie dc9 gestes, que le silence religieux observé dans les expériences, que I ennui occasionné par une position constamment la même, ont produit le sommeil chez plusieurs individus, qui cependant n'étaient pas soumis à l’influence magnétique, niais qui se retrouvaient dans les mêmes cireonsiances physiques et morales dans lesquelles

précédemment on les avait endormis ; dans ces cas il nous a été impossible de ne pas reconnaître la puissance de l'imagination, puissance en vertu de laquelle ces individus croyant être magnétisés, éprouvaient les mêmes effets que s'ils l'avaient été. Nous citerons particulièrement les observations suivantes :

Mademoiselle Lemaître, âgée de vingt-cinq ans, était affectée depuis trois ans d’une amaurose, quand elle entra à l’Hôtel-Dieu. Elle a été magnétisée Içs 7, 13, 16,15,16, 17, 18, 19, 20, 21 et 22 juillet 1826. Nous ne répéterons pas ici les différents phénomènes qui ont marqué le commencement de faction magnétique, et que nous avons détaillés dans la section précédente, tels que le cliguotement, l'abaissement des paupières, le frottement des yeux comme pour se débarrasser d’une sensation incommode, l’inclinaison brusque de la tête et la déglutition de la salive. Ce sont, comme nous vous l'avons dit, des signes que nous avons observés constamment et sur lesquels nous ne reviendrons plus. Nous dirons seulement que nous avons remarqué un commencement de somnolence à la fin de la troisième séance, que cette somnolence a été en croissant jusqu'à la onzième, qu'à dater de la quatrième des mouvements convulsifs des muscles du cou et de la face, des mains, de l'épaule, se sont manifestés, et qu'a la fin de chaque séance nous avons trouvé plus d'accélération dans le pouls qu'au commencement; mais ce qui doit le plus fixer votre attention, c’est qu'après avoir été magnétisée dix fois, et avoir paru les huit dernières successivement de plus en plus sensible à faction du magnétisme, M. Dupotet, son magnétiseur, s’assit, d'après l’invitation du rapporteur, à la onzième séance, le 20 juillet, derrière elle, sans faire aucun geste, sans avoir aucune intention de la magnétiser, et qu'elle éprouva une somnolence plus marquée que les jours précédents, mais moins d’agitation et de mouvements convulsifs.

COURS DE MAGNÉTISME

Bu reste il ue s'est manifesté aucune amélioration dans l'état de sa vue depuis le commencement des expériences, et elle est sortie de l’IIôtel-Dieti, comme elle y était entrée.

Louise Gunot, domestique, demeurant rue du Battoir, n° 19, entrée à l'Hôtel-Dieu, le 18 juillet 1826, salle Saint- Roclt, n* 17. pour y être traitée d’une leucorrhée, a été magnétisée par M. Dupotet, les 21, 22, 23, 2û, 25, 26, 27 et 28 juillet 1826 ; elle était, nous a-t-elle dit, sujette à des attaques de nerfs, et en effet, des mouvements convulsifs de la nature de ceux qui caractérisent l’hystérie se sont constamment développés chez elle pendant toutes les séances magnétiques : ainsi les cris plaintifs, la roideur et la torsion des membres supérieurs, la direction de la main vers l'épigastre, le renversement de tout le corps en arrière, de manière à former un arc dont la coucavité était dans le dos, quelques minutes de sommeil qui terminaient cette scène, tout dénotait chez cette femme des attaques d'hvstérie que l'on aurait pu croire être occasionnées par ^influence magnétique. Nous avons voulu savoir jusqu'à quel point l’imagination pouvait agir sur elle; et à la sixième séance, le 26 juillet, M. Dupotet qui, jusqu’alors, l'avait magnétisée, se plaça en lace d'elle et à deux pieds de distance, saus avoir de contact avec elle, sans exercer aucune manœuvre ; mais ayunt la vive intention de produire sur elle quelques phénomènes magnétiques; l’agitation, les mouvements convulsifs, des soupirs longs et entrecoupés, la roideur des bras, ne tardèrent pas à se manifester comme dans les séances précédentes. Le lendemain 27, nous plaçons M. Dupotet derrière elle, et elle est assise dans le grand fauteuil à joues dont elle s’est servie dans les expériences précédentes. Le magnétiseur se borne à diriger l’extrémité de ses doigts en face de la partie moyenne de son dos, et par conséquent le derrière du fauteuil est interposé entre la magnétisée et le magnétiseur.

RAPPORT A l’ ACADÉMIE l>Ë MÉDECINE EN 1831 . 103

Bientôt les mouvements convulsifs des jours précédents se déclarent plus violemment, et souvent elle tourne la tête en arrière. Elle nous dit à s >n réveil qu’elle n exécuté ce mouvement parcequ’il lui semblait qu’elle était tourmentée par quelque chose qui agissait derrière elle. Enfin, après avoir observé, le 26 et 27 juillet, le développement des phénomènes magnétiques, bien que dans un cas il u'y eût pas eu de manoeuvres, mais seulement l'intention, et que dans l'antre ces manœuvres très simples (la direction des doigts) aient eu lieu par derrière et à l’insu de ladite dame Ganot, nous avons voulu expérimenter si les mêmes phénomènes se reproduiraient en l’absence de son magnétiseur. C'est ce qui est arrivé le 28 juillet. Mm* Ganot a été mise dans toutes les circonstances semblables à celles des autres épreuves ; même heure de la journée (5 heures et demie du matin), même local, même silence, même fauteuil, mêmes assistants, mêmes préparatifs, tout, en un mot, était comme les six jours précédents ; il ne manquait que le magnétiseur, qui était resté chez lui. Les mêmes mouvements convulsifs se sont déclarés peut-être avec un peu moins de promptitude et de violence, mais toujours avec le même caractère.

Un homme âgé de vingt-sept ans, sujet depuis quinze ans à des attaques d’épilepsie , a été magnétisé 15 fois à l’Hôtel-Dieu, depuis le 27 juin jusqu’au 17 juillet 1826, par le rapporteur de la commission. Le sommeil a commencé à paraître à la U’ séance, le 1er juillet ; il a été plus fort à la 5', le 2 du même mois. Dans les suivantes il a été assez léger, et on l’interrompait facilement, soit par du bruit, soit par des questions. Le rapporteur ent la précaution, dans les 13* et là*, de se placer derrière le fauteuil dans lequel il était assis, et là, de faire les passes. A la 1 5"* séance, qui eut lieu le 17 juillet, il continua à le placer, comme il l avait fait pour la dame Ganot, dans les

CUL K» UK MAGNÉTISME.

loi

mêmes circonstances, où II le mettait depuis le commence* ment des expériences ; il se plaça de même derrière son fauteuil, et les mêmes phénomènes de somnolence se manifestèrent , bien qu'il ne l'ait point magnétisé. Nous avons dû nécessairement conclure de cette série d’expériences que ces deux femmes et que cet épileptique ont éprouvé les mêmes effets lorsqu'ils étaient magnétisés, et lorsqu'ils croyaient l'être; que parconséquent l'imagination a suffi pour produire chez eux des phénomènes qu’avec peu d'attention ou qu’avec de la préoccupation d'esprit on aurait pu attribuer au magnétisme.

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