DISCOURS PRÉLIMINAIRE
Jj a Mécanique, cette branche si importante des sciences physico-mathématiques , se divise en deux parties , qu'il importe de ne pas confondre; etles ont uneméine origine? et des directions différentes. La première, purement spéculative et théorique , s’appelle Mécanique-rationelle ; elle a pour but de déterminer en général toutes les lois de l’équilibre et du mouvement des corps, et d’appliquer ces lois à l’interprétation des principaux phénomènes de la nature. Le but de la seconde est l’application immédiate de ees niéyies lois aux usages de la société; elle se nomme Mécanique-pratique. C’est elle qui dirige le praticien dans le choix et l’emploi des méthodes convenables aux divers effets.qu’il se propose de produire ; c’est etle qui. lui indique la marche qu’il doit suivre dans ses opérations; cest elle enfin qui .lui signale les écueils à éviter.
La Mécanique-rationelle , cultivée avec persévérance par le? mains lesVlus habiles, a fait de grands et de rapides progrès. Deux productions du premier ordre , chefs-d’œuvres immortels •qui honorent l’esprit humain , sont nées dans ces derniers temps sur le sol français ; je parje de la Mécanique analytique de Lagrange , et de la Mécanique céleste de La place.
La Mécanique - pratique fut auSsi cultivée , mais par un plus petit nombre de savans, avec moins d’assiduité , et avec un succès moins éqlatant.
Il est désirable que les savans qui ne dédaignent pas de descendre du vaste domaine dçs abstractions aux objets usuels , veuillent diriger plus souvent leurs profondes méditations sur un grand nombre de problènjçs de mécanique-pratique non encore résolus. De semblables problèmes ne seront pas sans doute aussi sublimes que ceux dont ils s’occupent habituellement; mais ils seroni probablement plus fructueux. Lèur solution n’excifera peut-être pas l’admiration .des érudits , mais elle leur procure»» la reconnaissance et l’estime de leurs Concitoyens dont ils seront les bienfaiteurs. •’