Le cassin est un châssis qui contient un grand nombre
* DES CHAINES COMMLNIL ATR1CES.
île petites poulies régulièrement disposées fig. 6, 7, 8, 9, 10 PI. XX ). Les cassins diffèrent entre eux par le nombre des poulies dont ils sont composés, par leur construction, et j>ar la manière dont les poulies son^ placées. Le nombre des poulies varie dans les cassins , suivant la complication plus ou moins • grande des dessins à exécuter ; quelques cassius n’ont que cinquante poulies, tandis qu'il y en a qui en portent jusqu'à deux mille. Ceux dont on se sert le pllls communément en ont qàatre .cents. La.plupart des cassius n’ont qu'un seul châssis a (üg. 7 et 8 ), posé obliquement et soutenu par des pièces de bois verticales b. Les poulies sont séparées, les unes des autres. par des lainettes parallèles; elles doivent avoir toutes exactement la même épaisseur et le même diamètre; entre les poulies, on place de petits rouleaux m m «iffig.Getg), nommés patent, qui sont les soutiens des lamettes, maintiennent leur parallélisme, et les empêchent de fléchir; ils serveqf en même temps à prévenir le mélange des lits contigus du rame.
609. Dans quelques cassins, on a distribué les poulies sur deux châssis x et inclinés en sens contraire, comme ou le voit, lig. 10. On les no mine alors doublet cassins.
G 10. Le rame est un assemblage de cordes horizontales qui, d’un coté sont réunies et attachées à un point lixe, et de l’autre côté $ont passées sur les poulies du cassin ; il y a autant de cordes de rame que de poulies au cassin; un petit anneau appelé œil (fe perdrix est entilé dans chacune des cordes du •rame.
611. abc d, fig. 5 ( PI. XX ), est le rame dont toutes les cordes sont nouées sur un bâton e , auquel est attachée une grosse corde qui passe sur une poulie de renvoi g, et s’enveloppe sur le treuil /i,que l’on fait tourner au moyen d'un levier
*64 DES CHAINES COMMUNICATRICES." *
pour Lânder le rame, et qui est garni d’une crémaillère contre-butée par un cliquet.
6t a. Les arcades m m, fig. i , et q q fig. 5, sont des faisceaux de cordes attachées à l’extrémité^le chaque corde du rame. Les cordes des arcades passent dans, de petits trous percés régulièrqpient dans une planche horizontale x x, fig. i et fig. 5. La • planche d’arcade doit être fort mince et faite de bois dur, pour éviter aux cordes, autant qu’il est possible, un trop grand frottement. Les fils des arcades, après avoir traversé la planche,, tombent perpendiculairement; chacun d’eux a un maillon dans lequelonfait passer un fil delà chaîne, et il porte à son extrémité inférieure un poids réacteur.
6t 3. Des cordes Z l sont attachées aux petits anneaux du rame , appelles yeux de perdrix , descendent verticalement, et sont séparées en faisceaux; elles traversent des trous o o, sont nouées à des tringles i i i i, et ces tringles terminées par des boutons , servent à tirer tout à la fois les cordes qui composent un faisceau, à mettre en mouvement les cordes relatives du rame, à élever les arcades qui y correspondent et conséquemment les maillons et les fils de la chaîne qui y sont passés; les poids réacteurs rétablissent ensuite toutes les parties dans leur position primitive.
6i4- La figure i , où deux seules cordes du rame sont figurées, fait comprendre avec clarté de quelle manière , au moyen de la tire , on élève à volonté un certain nombre de fils de la chaîne placée sur le métier. — a a , sont les cordes du rame. — . b b , sont les poulies du cassin. — mm, sont les arcades. — xx, planche des arcades. — c c c c, les maillons dans lesquels passent les fils de la chaîne. — p p p p, poids réacteurs. — d d, yeux de perdrix passés dans chaque fil du rame , et auxquels sont attachées les cordes verticales f f que l'on nomme les col-
DES CHAINES COMMUNICATRICES. 26!»
lets. Il est évident que si l'on tire une des cordes /, le fil correspondant du rame s’abaissera , l'arcade des fils qui y sont attachés et les maillons s’élèveront , et entraîneront avec eux les fils de la chaîne qui y sont passés.
61 5. Pour tirer les collets, on connaît deux méthodes principales. Dans l’une on se sert de tringles i i i i, et de boutons n nnn,[ fig. 5 ). Dans l’autre indiquée ( fig. 2 ) , on se sert de lacs. Les lacs sont des fils liés aux collets, et réunis en faisceaux; chaque faisceau est arrêté à une ou à déni cordes verticales b b. Ces deux méthodes exigent un ouvrier expressément employé à tirer les boutons ou les lacs. Kaucanson a imaginé un mécanisme très-ingénieux pour suppléer au travail de cet ouvrier; mais cette invention, qui se trouve décri Le dans \' Encyclopédie méthodique, n’a pas été adoptée, depuis alors, quelques artistes habiles ont résolu le problème avec plus de succès.
616. M. Brun de Lyon ( a ), a imaginé uu rftécanisme qui remplace les bras dans l’action du tirage , et opère avec plus de précision que la main. Le rame, fixé au plancher par une de ses extrémités, descend obliquement jusqu’aux nœuds des collets. De ce point , il sait une direction horizontale jusqu’au cassin , d’où , formant sur lui-même un angle droit , il se réunit aux arcades.
617. Les collets partant du rame traversent une planche dite des collets , et vont aboutir k un mécanisme qui consiste en un grillage de bois placé horizontalement au-dessus de la tête de l’ouvrigr. Ge grillage se forme de dix-sept liteaux fixés à deux traverses , laissant entre eux seize vides qui sont surmontés de seize coulisses ; ces coulisses ont à chaque bout un tenon rond ,
( a ) Bulletin de la Société d’encouragement , «4* année. De la composition des Machines.
aGG DES CHAINES COMMUNICATRICES dont l’un, à droite s’engage dans un ressort de bois , et l’autre à gauche, dans une bascule à menlonnet; près des bascules sont placés huit rouleaux mobiles sur le même axe , armés chacun de deux cames ou touches : ces rouleaux ont un mouvement alternatif de gauche à droite et de droite à gauche , au moyen de deux cordes qui sont successivement tirées par le jeu d’une pédale.
618. Les bascules sont perpendiculaires aux coulisses. Le rouleau faisant sa fohction , pousse avec une de ses cames la partie inférieure d’une des bascules jusqu’à la rencontre du mentounet , et chasse ainsi la première coulisse de droite à gauche; ce même rouleau, dans sa marche alterne la première l>asculc qui est alors renvoyée à sa place par le ressort opposé, et pousse, à l’aide de son autre came, la seconde bascule, et ainsi des autres. Les coulisses sont percées chacune de seize trous, dans Lesquels passent les cordes de rabat, qui s’attachent à des crochets en fer; ceux-ci sont liés parleurs extrémités à des liteaux de bois correspondant à la pédale qui les met en jeu.
G 19. Les dix-sept liteaux du grillage sont également percés chacun de seize trous qui reçoivent les cordes des collets, formant étriers d’un liteau à l’autre.
Ije jeu latéral des coulissse mobiles a pour objet de porter alternativement les crochets de chaque coulisse sur les étriers indiqués par le lissage, de sorte que la pédale que le pied de l’ouvrier inet en mouvement, fait jouer simultanément les cordes de lissage et celles de rabat. •
620. Ce mécanisme ingénieux est d'une exécution facile et peu dispendieuse : il remplit parfaitement le but que l’inventeur s’est proposé ; sans rien ajouter à la peine de l’artisan , il le dis-
DES CHAINES COMMUNICATRICES. 267
pense du secours de la tireuse , et en remplit les fonctions avec plus de précision et d’exactitude. L’hartnouie du jeu des pièces avec l’ordre du dessin en est admirable.
621. M. Jacquart de Lyon a obtenu en 1808, un prix de 3ooo frans, que la Société d'encouragement lui a décerné pour le même objet. Le mécanisme inventé par M. Jacquart est le résultat de l’application heureuse de deux moyens très-ingénieux que. l'art du fabriquant d’étolTes doit au célèbre Vaucauson, et à Falcon. Employés séparément , ces deux moyens concouraient au même but, mais ils ne l’atteignaient pas; réunis avec intelligence, et avec des perfectionneinens , ils offrent un succès complet. M. Jacquart a puisé l’idée de cptte réunion dans le métier de V aucauson déposé au Conservatoire de Paris, et qui n’avait pas été adopté à cause de sa complication.
622. Le mécanisme de M. Jacquart est composé de crochets ou griffes auxquels sont attachés les corps de maillons ou les lisses qui composent l’armure du métier, ainsi que l’a pratiqué Vaucanson.
Ces crochets porte-lisses sotR, mis en jeu , au moyen d'une tringle de fer fixée à un battis qu’une seule marche ou pédale fait monter et descendre.
6a3. Plusieurs bandes de carton percées de trous , combinés pour le dessin de l’étoffe, sont réunies par leurs bords de manière à former une espèce de chaîne sans fin brisée, dont la longueur est proportionnée à l’étendue du dessin qu’on veut exécuter. Ces cartons sont suspendus à un axe carré placé visà-vis des crochets dans la partie supérieure du métier.
624. La machine étant en repos, tous les crochets porte-lisses sont alignés , et posent sur la tringle qui sert à les soulever en-
DES BALANCIERS Et BIÈLES.
aGg
«nroniiM yabiéi*. — Chaîne tans fin adaptée à un demi-cercle. PI. XVIII ,
fig- A-
628. Le demi-cercle a a est annexé au balancier b b ; une chaîne attachée aux points 1 et 2 passe sur les rouleaux c et d. Le mouvement circulaire alternatif du balancier communique à la portion de chaîne comprise entre les rouleaux , un mouvement alternatif rectiligne.