DISCOURS PRÉLIMINAIRE. XV
J’ai remarqué ensuite que les iURteurs sbnt souvent éloignes du lieu où l’action de la machine doit s’exercer ; alors les organes de transmission deviennent nécessaires. Ces organes, que j’appelle communicateurs, sont de deux sortes. Les uns ne peu* vent transmettre le mouvement qu’à des distances limitées; les autres sont doués de la faculté de le transmettre à des distances
Quelconques. Cette différence marquante détermine la division e l’ordre des communicateurs en deux classes. Mais il ne sufiil pas que les communicateurs transmettent le mouvement , ils ont encore une autre fonction à remplir; ckr la qualité du mouvement que le moteur imprime à son récepteur n’est pas toujours de la même nature que celui qui est exigé par l'action linale de la machine. C’est ainsi que, dans une machine hydraulique à pomf#s mue par une roue à aubes , le moteur produit un mouvement circulaire vertical , tandis que Tes pompes veulent un mouvement alternatif rectiligne ; il faut donc que les communicateurs , eu même temps qu’ils transmettent le mouvement reçu par la roue aux pompes , lui fassent éprouver la transformation exigée. Les diverses sortes de transformations, les structures différentes des organes me fournissent les moyens de déterminer les genres , les espèces et les variétés.
En continuant mon analyse , j’ai observé qu'il arrive rarement que le moteur ait le degré de vitesse requis par l'action finale de la machine. Par exemple , dans les i/tonlins à moulure mus par le vent ou par l’eau, le volant ou la roue n’ont ordinairement qu’une vitesse cinq ou six fois moindre que celle que la meule doit avoir. Souvent aussi on doit produire un grand effort , quoique l’on n’ait qu’une petite force disponible. Pour prodture ces effets , il existe des organes dont le but est de modifier Tes deux élémdhs qui composent le mouvement, c’est-à-dire, la force et la vitesse, en augmentant' l'une par la diminution proportionnelle de l’autre. Ces organes auxquels je donne le nom de modificateurs , composent le troisième ordre distribué en six classes , les leviers, les treuils simples, les treuils à deux parties, les engrenages, les vis et coins, et enfin les presses hydrauliques.
Souvent plusieurs mouvemens en sens contraire doivent s’effectuer simultanément dans une même machine ; alors il
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faut disposer les parties de manière que leurs mouvemens soient entièrement libres , sans cependant quelles cessent d’avoir entre elles cette communication et cette dépendance que la nature de la machine exige. Les supports disposés et construits de manière à favoriser tous ces effets, forment le quatrième Ordre.
Le cinquième Ordre renferme les régulateurs, distribués en trois classes, modérateurs, directeurs et correcteurs. Les modérateurs ont pour but de réduire les mouvemens à l’uniformité. Les directeurs règlent le mouvement par rapport à sa durée , à sa vitesse et à son amplitude, et dirigent les interruptions , les renouvellemens et les variations périodiques de mouvement ; les correcteurs enfin préviennent et diminuent les effets nuisibles des résistances passives.
Le sixième et dernier ordre contient les parties organiques qui opèrent immédiatement sur la résistance. Cc6 parties agissent ou par locomotion , ou par pression , ou par percussion, ou par le frottement ou enfin par séparation.
Tel est le plan général de ma classification , dont les tableaux synoptiques ci-joints font connaître les ramifications , et dont le développement constitue l'objet principal de ce volume.
( Nota. ) J’ai ajouté à chaque article des tableaux un indication du numéro des plancher. . et rtr TCluidcs figures qui représentent l'orgMUt! lftflitluîTdans l’article ; de plus, j’ai marqué le numéro qui correspond au paragraphe qui en donne l’explication, *
TABLEAUX SYNOPTIQUES DES ORGANES MÉCANIQUES
ORDRE PREMIER — RÉCEPTEURS
. CLASSE PREMIÈRE. — RÉcEPTEcnszooLiQULS.