ORDRE QUATRIÈME. — SUPPORTS
CLASSE PREMIÈRE. — supports rotatifs.
GENRE PREMIER. — Support* rotatifs dans un seul sens déterminé.
7 13. Tous leS supports des roues, "des balanciers, et géuéralemeiü des organes tournans Spparliennent à ce genre, dans le cas où ils soient inamovibles ; mais dans la plupart des machines il est avantageux que les supports puissent avoir un petit mouvement de translation , comme nous le verrons bientôt , alors ils appartiennent au genre des supports rotatifs locomobiles.
714. Les supports de ce premier genre changent de nature suivant la position de l’axe de rotation qu’ils supportent. Cet axe peut être vertical ou horizontal : dans ce dernier cas , ou il est mobile et intimement uni à la roue ; ou bien il est fixe , et alors il devient lui-même support. Nous établirons les espèces de ce genre d’après cette distinction.
première espèce. — Supports des axes verticaux.
715. On donne communément à ces sortes de supports le nom de crapaudine. On voit ( PI. XIV , fig. 5 ) une crapaudine marquée a a d’un grand axe vertical . Les crapaudines doi ven t être composées de matières dures , homogènes , capables de résister victorieusement à la corrosion.; dans les moulins on emploie à cet usage des pierres siliceuses , et dans les petites machines on se sert de cristaux , d’agates et d’autres pierres analogues. Lorsque les crapaudines sont en cuivre , on a soin d’insérer un bouton d’acier dans la partie du fond la plus exposée à la corrosion. Quelle que soit la matière employée , il faut toujours avoir soin de remplir la cavité de la crapaudine de
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matière huileuse , que l’on aura soin de renouveler fréquemment pour prévenir le trop grand échauffement que contracterait cette partie pendant la rotation , si ou négligeait cette utile précaution.
* deuxième espèce. — Supports des axes horizontaux mobiles.
7 16. Dans quelques grandes machines ces sortes de supports sont composés de blocs de marbre légèrement creusés; tel est dans les moulins à vent le support du grand collet de l’axe du volant. Ordinairement ils sont de cuivre , et ont la forme indiquée ( PI. XIV, fig. 7 ). Les supports en chêne vert me semblent préférables dans plusieurs machines. J’ai eu occasion de les employer avec succès, et j'ai reconnu qu’ils résistaient* mieux à la corrosion que ceux en cuivre. Avant de les mettre en œuvre , il faut les laisser séjourner quelque temps dans de l’huile bouillante.
première variété. — Supports à rainure.
717. Les axes en tournant sont sujets à éprouver de petites oscillations horizontales qu’il est utile de supprimer ; un des moyens dont on se sert à cet effet , est de pratiquer une rainure dans les supports , à laquelle doit correspondre une couronne saillante , qui environnera l’axe. Cette couronne insérée dans la rainure et retenue par elle produira l’effet recherché.
deuxième variété. — Support à tige.
718. La ûg. 3o ( PI. XIV) représente un support à tige dont on se sert dans les machines à carder.
DES SUPPORTS ROTATIFS
troisième variété. — Support à couvercle.
719. Les fig. 33 et 34 ( PI. XIV) représente un support a couvercle très -utile dans les machines où l’axe éprouve des tractions non-seulement du haut en bas, mais aussi du bas en haut ou bien latéralement. Ce suppoEt porte dans sa partie inférieure une plaque b à* queue d’hirondelle qui, insérée dans la pièce de bois à laquelle le support est fixé, l’empéche d'éprouver aucun déplacement. Deux vis d d réunissent le couvercle et le support , de manière qu’ils puissent être rapprochés plus ou moins suivant l'exigence. Un trou m est pratiqué à la partie supér^ure du couvercle pour servir à l'introduction des manières onctueuses destinées à adoucir le mouvement de l’axe. La fig. 2 ( PI. XXW ) représente un support à couvercle en bois semblable à ceux qui sont employés dans les moulins à organsiner.
quatrième vaiuétl. — Autre support à couvercle.
720. La- fig. 36 ( PI. XIV ) indique une autre sorte de support à couvercle , environné et retenu par une bride en fer m ni m ni m. Cette bride a de chaque côté des rebords saillans a a, a a qui affermissent le support et le couvercle, et les empêchent de vaciller; elle est fixée sur la pièce de bois au moyeu de deux vis à écrou. La bride et le couvercle doivent être perforés dans le haut , pour faciliter l’introduction des matières grasses.
CINQUIÈME VARIÉTÉ. Support à îangUCtU-S.
721. .La fig- 25 ( PI. XIV ) représente le plan et lelévgtion
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d’un support à deux languettes a a, et la üg. exprime-un support à quatre languettes. Dans l’un et dans l’autre, les languettes ou parties saillantes latéralement, eutreut dans des rainures correspondantes, pratiquées dans les monlans métalliques fentre lesquels les supports doivent être placés , et elles les y affermissent d’une manière inébranlable.
sixième vaAiété. — Support à miJettcs. PI. XXXI , Gg. sg.
732. L’axe repose sur deux roulettes a b, lesquelles, tournant avec lui, diminuent singulièrement les frottemens. On a mis en usage cette méthode dans la belle grue tournante pjacée sur le port duLouvre. La fig. 3 ( PI. XXII ) représente une couronne cylindrique tournante a qui est soutenue par trois roulettes b, b t b -, ces roulettes ont une cannelure creusée dans leur circonférence , au moyen de laquelle la couronne est soutenue sans l'empêcher de tourner. . *
TROISIÈME ESPÈCE. AxCS-SUppOrtS.
723. Dans toutes les poulies et les moufles, l’axe, étant fixe, sert de support. Il en est de même dans toutes les voitures roulantes.
GENRE DEUXIÈME. — Supports rotatifs qui permettent aux organe! de tourner * en deux aens.
première espèce. — Joints brisés simpl&.
724. Les joints brisés simples sont formés par deux axes qui se croisent perpendiculairement, ersur chacun desquels deux parties séparées tournent indépendamment l’une de l'autre.
De la composition aes Machines.
DES SUPPORTS ROTATIFS
première variété. — Joints brisés à cercles concentrùfuesi PI. XIV, fig. i.{
«t iS. ’ ,
725. Le cercle æ tourne sur les pivots a a : ce cercle porte lui-même les pivots h b d’un cercle intérieure^'.
Applic. A la suspension des boussoles.
deuxième variété. — Joints brisés à étriers. PI. XIV, fig.3 1 .
72 6. On conçpit aisément que les étriers a et b ont un double mouvement en deux sens.
Appl. A un laminoir inventé par M. Droz : — à un semoir de Wright, décrit dans le 14 volume du Répertoire des arts et manufactures , imprimé à Londres. — MM. Bettancourt et' Breguet (a), ont fait une application très-ingénieuse de ce mouvement à. leur télégraphe, dans les points où la ligne télégraphique fait des angles; ils ont démontré, dans un mémoire rpt’ils ont présenté à l’Institut, que, si le mouvement de rotation de l’un des deux axes est uniforme, celui de l’autre sera variable; et le rapport de la*vitesse du premier à celle du second . sera le même que celui qu’il y a entre la valeur réelle des angles formés sur la surface d’un cercle perpendiculaire au premier axe, par des rayons qui partagent sa circonférence en un certain nombre de parties égales, cl la valeur apparente de ces mêmes angles, mesurés par un observateur placé à une trè^ -grande dis-' tance dans une direction parallèle à celle, du second ajte. La connaissance «Te cette propriété est très-utile pour calculer les différences de résistance qui ont lieu dans ce mouvement , sur- . tout quand on l’appliqug en grand. En Hollande, on fait
(a) Estai sur la composition dc\ machines par MM. L'an U et Bettancourt.
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usage du joint brisé pour changeç l'inclinaison des vis d’Archimède employées aux épuisemens et mues par des moulins à vent.
deuxième espèce.— Doubles pâlots. P!. XIV, fig. loet n,
727. Le pivot vertical a b, est inséripdans un trou pratiqué au milieu d’un essieu horizontal dd, dont 011 voit le plan (üg. 1 1 }. Cet essieu, élargi dans son milieu, porte deux rebords 1 , 2 ,’ et est terminé par les deux parties cylindriques 3 et 4. Le pivot . a b a aussi deux rebords 5,6, pour contenir l’essieu. Taudis que le pivot tourne horizontalement , l’essieu peut avoir un mouvement circulaire vertical. *
Appi.. A la vis delà machine à curer, de Venise.
GEN R E TR OIS l£ ME. — Supports rolatifirqui permettent aux organes île tourner • en tou* Mns.
première espèce. — Boule renfermée entre deux cavités sphériques*
728. Si l’on suppose qu’une boule soit terminée par une tige ; qu’à cette tige soit adapté l’organe que l’on veut rendre mobile en tous sens; que cette boule soit renfermée dans deux cavités sphériques , ayant une courbure semblable à la sienne ; on concevra très-facilement que cette boule donnera à l’organe la faculté de tourner de tous les côtés. Les cavités sphériques sont réunies inférieurement à des parties cylindriques, traversées par une vis , au moyen de laquelle on peut- les rapprocher plus ou "moins. On desserre la vis, lorsqu’on veut mouvoir l’organe j on la serre quand on veut la fixer. *
Applïc. Aux planchettes, et à quelques autres instrumens géodésiques.
DES'SUPPORTS LOCOMOBILES
deuxième Espèce. — Joints brisés composés.
^2 g. La*fip. 3o^Pl. XXV) représente la combinaison de deux joints brisés simples , combinaison qui permet , comme on le conçoit aisément , aux organes qui' y sont adaptés , de tourner en tous sens. *