CHAPITRE IL
* Des directeurs. .
’ 848, La classe des directeurs se divise en trois genres; le^ire-
mier contient les stateurs ; le second, les lintitatcurs -, le troisième , les directeurs proprement dits.
CLASSE DEUXIÈME. — récueateors directeurs.
GENRE PREMIER. — Suteurs.
849. Les stateurs sont des organes qui suspendent ou arrêtent le mouvement des machines ou de quelques-unes de leurs parties. Les stateurs appartiennent à différentes espèces, suivant la ♦ nature de la suspcqsion de mouvement qu’ils opèrent. Nous placerons dans la première espèce ceux dont les suspensions périodiques sont régulières, uniformes et déterminées; dans la
seconde, ceux dont, les suspensions variables sont . cependant assujetties à des lois fixes ; dans la troisième , les stateors variables et libres qui produisent simultanément une suspension de mouvement dans un sens et un renouvellement dans un autre > la quatrième contiendra les stateurs variables et libres qui ne produisent qu'une simple suspension. . ' ♦
• PREMIERE ESPÈCE. SttltCUrS TVgulîcrS.
vuKMiLBE variété. — Hégulateurs > l'une machine à vapeur A double effet.
• PI. XXVII, fig.
• 4J5o. Le régulateur est composé d’un assemblage de leviers disposés sur les deux axes 'f f elff f‘;im troisième axe a, fournit les encliquetages nécessaires. L’axe inférieur//il deux tringles A k , h ï3Jl ' , destinées à faire mouvoir respectivement les soupapes Q et S' , diagonalement opposées; l’axe supérieur/4/' a deux tringles pareilles A* A3, k* qui correspondent respectivement aux soupapes diagonalement opposées S , Q’.
85 1. Toutes les pièces attachées aux axes supérieur/4/4 et inférieur//, font corps avec ces axes et tournent* Vec enx, et par conséquent toutes les pièces attachées à un même axe le meuvent ensemble; au contraire, les pièces adaptées à l’axe du milieu a a tournent sur cet -axe, qui est immobile, et se meuvent indépendamment l’une de l'autre. Les ‘soupapes S et S* paraissent l’une au-dessus de l’autre ( <îg. i ) , quoique dans le fait elles soient à ta même hauteur; mais on a ainsi disposé la figure, afin que celle qui est en avant ne cache pas la plus éloignée; il y a la même remarque à fair%sur les soupapes Q et Q*.
On voit que l’axe a a porte une pièce d a c qui sert d’arrêt à la pièce / d de. l’axe / /, qni , par conséquent empêche le poids on lentille 8* S3 ne donne un mouvement de rotation à cet axe/ /dont l’effet serait de tirer les tringles h k , fi3 k3, et de faire lever’ les soupapes Q et S‘. Une autre pièce d' a, est
35a DES DIRECTEURS.
"destinée à. servir d’arrêt à la pièce f‘ d\ de l'axe /*/; mais, cpmnie.l’encliquetage est lâché, le poids de la lentille S‘ S' tient les deux soupapes Q‘ et S ouvertes. La branche# d 1 se tient appuyée contre la branche / d' , par l’effet du* contre - poids b. Les différentes pièces de l’encliquetage sont dessinées séparément à côté de la afin qu’on puisse bien distinguer la forme de
chacun!. , .
85a. Dans cet état la poutrelle pp , qui a un mouvement alternatif de montée et de descente, est «upposée . partir du point le plus haut'de sa course , et commencer" à redescendra» lorsque la cheville v sera assez abaissée pour appuyer sur la ‘branche/2 g %elle fera tourner tout l’équipage attaché à l'axe /*/’ tendra à faire engager l’encliquetage «frf*/1 et à faire fermer les soupape's Q' ef S. On conçoit que les dimensions des pièces peuvent être tellement combinées que , lorsque l’en- . cliquetage s’engage , les soupapes achèvent de se fermer, et c’est en effet ce qui a lieu. Mais lorsque ce double effet se produit , le tasseiu t atteint l’extrémité c de la branche a c, la force de s’abaisser et fait dégager l’encliquetage adf; alors le poids de la lentille S1 S3 a une libre action sur l’axe //, fait faire une partie de la révolution à cet axe , et fait par conséquent ouvrir les soupapes Q et S' , tandis que l’arrêt qui est en d empêche que la lentillf S5 S3 ne produise le mênie effet sur les soupapes Q 1 et S. . • ,
On voit donc comment la descente de la poutrelle p p fait fermer les soupapes diaggnâlement opposées 8 et Q 1 et ouvrir les soupapes de l’autre diagonale. S 1 et Q. Il sera facile de concevoir comment la montée de cette poutrelle produit l’effet inverse. La cheville g rencontrant la branche fg la fait remonter eti fait engager de nouveau l’encliquetage f d a que le tasseau t avait fait dégager. Q et S ' se ferment ; mais pendant
ce temps le tasseau <* va presser par-«lessous l’extrémité c’ de la branche ac1 et fait dégager l’encliquetage /* d2 a que la descente de la cheville v avait fait engager; la lentille S 'S1 exerce alors toute son action sur l’axe /’, et, lui faisant faire une portion de révolution , fait ouvrir les soupapes Q et S. Les choses reviennent donc dans leur premier état.
853. La poutrelle p p tient à une verge de fer, attachée à charnière, au côté cd du paraléllogramme abcd (fig. 1 Vl. XVII). Ainsi la vapeur ne peut faire monter et descendre le piston du cylindre à vapeur , sans donner un mouvement semblable à la poutrelle p p , et ce dernier mouvement reproduit le premier en ouvrant et fermant les soupapes qui servent d’un côté à introduire la vapeur , et de l’autre à la conduire au condenseur. Les soupapes qui se ferment sont également pressées des deux côtés par la vapeur : mais celles qui sont prêtes à s’ouvrir ne sont pressées qu’à la partie supérieure , et ou a à surmonter o y Ire leur poids l’action de la vapeur.
854. Un bon régulateur doit avoir les qualités suivantes ; qu’un très-petit effort puisse vaincre l'effet de la vapeur sur la soupape, pour éviter les saccades qui ébranleraient la machine.
2°. Que les soupapes s’ouvrent promptement afin que la vapeur puisse, sans perdre le temps, vaincre l’inertie des balanciers et des autres pièces qui en dépendent.
3°. Que les soupapes se ferment lentement, afin que l’axe du balancier n’éprouve pas.de chocs violens lorsque la vapeur doit agir en sens contraire.
4°. Qu’on puisse régler avec facilité l’ouverture des soupapes, pour que tous les mouvemens se fassent avec l’accord convenable. ♦ .
855. La première condition est remplie par le régulateur que nous venons de décrire ; car, lorsque les soupapes Q et S' sont
De la composition des Machines. . 45 •'
Avant l’invention de cet instrument, pour faire une roue dentée, on était obligé de diviser, avec un compas, le cercle qui devait la former, en autant de parties égales que cette roue devait avoir de dents. On traçait, d’après ces divisions, les dents et les intervalles qui les séparent; et ensuite, avec une lime, on emportait la matière qui forme l’intervalle des dents. Ou peut juger , par là , combien ces opérations étaient longues , et le peu d’exactitude que l’on obtenait, étant également exposé à faire des dents d’inégales grosseurs, et par conséquent de très-mauvais engrenages. Cependant ce moyen, tout imparfait, était encore mis en usage, il n’y a pas fort long-temps, pour l’exécution des roues des horloges de clochers.
858. La figure a (PI. XXX ) représente en perspective une machine à fendre. Les trois parties principales de cet instrument sont d’abord la plate-forme P, la lime qui doit fendre les dents, et la pièce s p , appelée alidade. La plate-forme ou diviseur est une grande platine ronde, faite en cuivre, sur laquelle sont tracés plusieurs cercles concentriques , qui sont divisés en des nombres difïérens les plus en usage : chaque division est marquée par un point profond , propre à recevoir la pointe p de l'alidade, et à fixer la plate-forme; de sorte quelle ne puisse tourner. Or, si l’on fixe concentriquement à la plate-forme une roue R , et qu’on pose la pointe p de l’alidade successivement sur tous les points de division d’un cercle, et qu’à chaque point on fasse une fente à la roue , on aura une roue qui aura autant de dents que le cercle de division a de points.
85q. La plate-forme PP est fixée sur l’arbre O F, lequel est mis en cage dans le châssis A, B, C,D, E, et y tourne librement. Cet arbre est percé dans sa longueur, afin de recevoir un arbre plus petit, qu’on appelle tasseau. Le tasseau porte une assiette ayant une vis et uu écrou , pour fixer la roue qu’on
veut fendre , et le tasseau est fixe lui-même avec l’arbre de la plate-forme, au moyen d’une clavette c, qui les traverse l’un et l’autre , et qui est pressée par un écrou mis à vis , à la circonfé- • rence même de l’arbre du diviseur.
860. L’alidade s , p est attachée sur un bout prolongé de la pièce Z fixée au coude Q , porté par le châssis E D. Cette alidade tourne sur elle-même , pouvant s’approcher ou s’éloigner du centre de la plate-forme I’, pour poser sa pointe sur les différons cercles de division : elle est faite en acier trempé, et rendue flexible vers son contre de mouvement, afin de faire ressort et de faire appuyer fortement la pointe p, sur les points de division , et que la plate-forme ne puisse tourner sans lever cette pointe. La pointe p , o est une vis qui entre dans l'alidade ; on la fait monter ou descendre convenablement, pour amener la pression de l’alidade au point nécessaire pour rendre la plateforme très-fixe.
861. La lime circulaire ou fraise d est faite en acier, taillée en rochcl, et trempée très - dur. Cette fraise est arrêtée par un écrou placé sur l’arbre o a , qui porte un pignon, dans
, lequel engrène la roue b h l’axe de celte éoue porte la manivelle in, laquelle sert à faire tourner la fraise d, pourfendre les dents. La pièce H II , sur laquelle la fraise est placée , s'appelle porte-fraise , ou l’II , parce quelle en a la figure : le portefraise H se meut sur deux pointes de vis 3,4, lesquelles entrent dans des trous coniques faits à la pièce N, pressée par une vis qui l'arrête au point requis sur le châssis E; les deux vis 1 , 2 ‘ de l’H, servent à recevoir les pointes de l’arbre à fraise, sur lesquelles il tourne. Le porte-fraise a un mouvement , au moyen duquel il s’élève et s’abaisse pour former les fentes des dents : la vis f sert à régler son abaissement ; à cet effet, sa pointe porte sur un talon de la pièce N , qui est attache’e sur un cou-
lant ou chariot M M , ajusté à queue d’aronde sur la barre E du châssis , sur lequel elle peut glisser et s’approcher , ou s’éloigner du centre de la plate-forme, selon qu’il est besoin , pour régler l’enfoncement des dents des roues, et selon que ces roues ont plus ou moins de diamètre. On fait ainsi mouvoir le chariot par le moyerwde la manivelle K, qui entre carrément sur le bout prolongé de la vis W : la tète de cette vis est arrêtée dans le pilier D, de manière qu’elle ne peut qu’y tourner, étant prise par un collet : l'autre bout de la tige W entre à vis sur un talon porté par le dessous de la boîte M M , sous le plan E I.
86a. Pour fendre les roues de rencontre avec l’inclinaison nécessaire à donner aux dents, on a procuré au porte-fraise un mouvement propre à.donner cette inclinaison , la pièce N tournant sur son centre, qui est porté par la pièce Y, sur laquelle on ljprrête par un écrou, lorsqu’elle a l’inclinaison requise.
863. Les pièces qui portent l'H ont encore deux sortes de mouvement: i«. celui de la pièce Y, laquelle peut moDter.et descendre dans une rainure faite à la pièce Æ : ce qui sert à élever le centre de l’H à la hauteur. du tasseau, pour que les fonds des dents d’une roue épaisse soient perpendiculaires au plan de la roue; a”. l’H se meut de droite à gauche, et de gauche à droite, afin d’être dirigée vers le centre de la plate-forme, ou inclinée à volonté pour fendre les roues à rochet.
troisième variété. — Machine île Ramsden à diviser les ùrslruntens de mathématiques. Fl. XXX fig. i .
86 j. Cette belle machine, qui fit obtenir à son auteur une
récompense de 1 5,ooo fr. , consiste en une roue de cuivre de i a ponces de ‘diamètre , placée sur un support en bois d’acajou. Ce support est composé de trois pieds assemblés fortement
par des crochets ; chacun des pieds est surmonte d'une roulette conique ; la roue est appuyée sur ces roulettes'; et, pour qu elle ne puisse se déplacer, elle a au centre, dans sa partie inférieure, un pivot qui tourne dans une douille ou cylindre creux liÿédans le support.
865. La circonférence de la roue A A est.striée et contient aiGo dents ou lilels, dans lesquels engrène une vis sans fin V ; six tours de celte vis font parcourir un degré à la roue. L’arbre de la vis porte un cercle de fer R, dont la circonférence est divisée en soixaute parties ; en sorte que chacune répond à 10" de mouvement.
866. Le pivot qui est au centre de la roue, et qui sert d’axe
de rotation, s’élève en dessus, pour qu’on puisse y ajuster les centres des divers iuslrumens que l'on veut diviser sur la machine. On fixe ces instrumens avec des vis qui entrent dans des trous pratiqués à cet effet dans les rayons de la roue ; le châssis mobile b, b , b, b conduit le tracelet, ou outil à diviser, placé sur un plus grand châssis B, B, B, B. Le grand châssis embrasse , dans sa partie supérieure , le pivot du centre ( qui s’élève au-dessus de l'instrument que l'on veut diviser ) , avec une entaille angulaire qui est faite dans une pièce d’acier trempée D. Le petit châssis b, b, b, b qui condifit le tracelet , glisse sur le grand B, B , B, B , jusqu'à la distance du centre qu’exige le rayou de l'instrument qu’on divise, et ou l’assujettit, au moyen des vis de pression placée de chaque côté. Le tracelet placé en I est retenu par une double coulisse que l’on ne peut voir dans la figure, et ces coulisses lui permettent un mouvement facile daus la direction du rayon pour couper, en divisant, sans au- , cun mouvement latéral. -
867. On voit , par ce qui vient d’étre dit, que l’instrument ainsi placé sur la machine à diviser, peut être mû angulairement
DES DIR F.CT E U R S. 35g
par la vis ; et qu’ainsi la circonférence de cet instrument peut être divisée, en tournant sur son axe, avec la plus grande exactitude par le tracelet , qui ne se meut que dans une ligne dirigée vers le centre, et qui n’a point les inconvéniens d’un instrument qui coupe par son bord. (Jette méthode prévient aussi les inconvéniens qui pourraient résulter de l’expansion du métal pendant le temps que dure l’opération. Le châssis de la vis c,c, c, c est fixé à l’extrémité d’un pilier conique ni , ni , qui peut avoir un mouvement de rotation verticale autour de son axe , placé dans la partie inférieure du châssis , et a ainsi la faculté de se mouvoir dans la direction du rayon , de manière que le châssis de la vis peut être entièrement guidé par le châssis B, B, B, B, qui le lie avec lc^entre. Par ce moyen , l’excentricité quelconque de l’arbre de la roue ne pourrait produire aucune erreur dans la division; et la vis, lorsqu'elle est pressée contve les dents de la roue, se meut toujours parallèlement à elle-même, de manière que la ligue qui joint le centre de l’arc et le tracelet, fait toujours des angles égaux avec la vis. Une corde r, /• s’enveloppe sur l’axe de la vis , et correspond à une pédale placée dans la partie inférieure du support; en comprimant la pédale on oblige la vis à engrener dans la denture de la roue. Les pivots de la vis sans fin sont formés de deux parties coniques, réunies par un cylindre ; ces pivots sont logés dans des cavités qui pressept 'seulement par les parties coniques, et ne louchent point la partie cylindrique. Une vis de pression rapproche, plus ou moins, cette partie pour empêcher que la vis sans fin n’ait du jeu.
8(38. Le châssis BBBB qui, comme nous l’avons déjà dit, „ assemble avec le centre de la roue la vis sans fin et son châssis cccc,est réuni à ce dernier par deux v'isyjr. Ces vissent arrêtées par les écrous xx qu'on fait tourner avec les doigts. La vis s
sert à éloigner ou à rapprocher le châssis de la vis sans fin de la circonférence de la roue A A. La machine est mue par une manivelle que l’on fixe à l'extrémité de l’axe de la vis sans fin.
Voici la méthode employée par Ramsden pour tailleries dents de la roue A A ; ayant réglé le nombre des dents qui était le plus convenable, savoir de six fois 36o ou 2160, il fit deux vis d’acier trempé de même dimension , dont les deux pas étaient tels que le calcul lui avait indiqué pour être dans les limites qui convenaient à la circonférence de la roue. Une de ces vis qui était destinée à couper les dents était entaillée en travers, de manière que la vis , lorsqu’elle était pressée contre le bord de la roue et qu’on la faisait tourner , le coqpoit en manière de scie. Ayant pris ensuite un segment de cercle d’un peu plus de 60 degrés , et à peu près de même rayon que la roue , et en ayant marqué bieu exactement la circonférence*, il décrivit un arc fort près du bord où il marquait la corde de 60 degrés. Ce segment fut mis à la place de la roife, le bord fut cannelé, et l’on compta le nombre de révolutions et de parties de la vis contenues dans l'intervalle de 60 degrés. Le rayon fut corrigé dans la proportion de 36o révolutions qu’il devait y avoir dans les 60 degrés, au nombre qui s’y trouvait réellement ;et le rayon ainsi corrigé étant pris avec un compas à verge tandis . . que la roue était sur le tour , une pointe du compas fut placée au centre , et avec l’autre on décrivit un cercle sur l’anneau. Alors la moitié de la profondeur des filets de la vis ayant été prise au dehors du cercle , ou décrivit une autre circonférence qui coupait ce point. On tourna alors un creux sur le bord de la roue , en sorte que la courbure de cet enfoncement fut le. même que celui de la vis à la base des filets : le fond de ce creux fut tourné sur le même rayon ou la même distance au centre
DES DIRECTEURS. 36i ’
de la roue que la partie extrême des deux cercles dont nous avons parlé.
86g. La roue ajant été ôtée de dessus le tour , il y décrivit un cercle d’environ ~ de pouce en dedans du point où devait passer le fond des dents. Ce cercle fut divisé avec la plus grande exactitude possible d’abord en cinq parties , et chacune en trois, qui furent subdivisées en deux , et celles-ci en quatre ; * de sorte que chacune des dernières divisions devait contenir
• neuf dents. Cela fait, on fit mordre la vis sur la circonférence
• pour former les dents , ayant soin d’éloigner ou de rapprocher cette vis de manière que les neuf dents fussent exactement comprises entre chaque point de division. Cette opération fut répétée trois fois eu rapprochant et éloignant la vis à chaque division. Alors il usa la roue en tournant continuellement dans la même direction sans desserrer la vis ; et , en grattant la roue environ trois cent fois tout autour, la denture fut achevée.
On divise au moyen de la machine de Ramsden, un sextant avec la plus scrupuleuse exactitude en vingt minutes.
Ramsden a aussi inventé une très-belle machine pour diviser les lignes droites. Elle a été décrite par de la Lande.
quatrième variété. — Plate-forme à fendre et à diviser de Æf. Petit-Pierre.
870. M. Petit-Pierre a inventé une plate-forme sur laquelle, au moyeu de quelques pièces de rechange, on peut diviser les lignes droites et les lignes circulaires, fendre les roues et les pignons, tailler les fusées de montres et de pendules, tourner et denter les fraises, entailler les limes à arrondir, à l'usage des horlogers.
• 87 1 . O11 remarque dans cette machine , dit M. Mnlard dans
un rapport, i°. que l'arbre delà plate-forme , disposé horizontalement, est percé dans toute sa longueur, d’un trou rond, dans . De la composition des Mâchâtes. fi
36a DES DIRECTEURS. ’
lequel on peut centrer les axes des roues et les fe’ndre sans les démonter, avantage que n’ont pas ordinairement les anciennes plates-formes, dont l’arbre est vertical; a", que l’on fixe la plateforme au moyen d’un piton à pointe, pressé par un ressort, qu’il suffit de comprimer à l’aide d’un levier, pour dégager la plate-forme et changer de division : ce moyeu réunit à la so- . lidité nécessaire le mérite de ne point fatiguer les divisions, comme l’alidade dont on se sert ordinairement; 3°. que l’arbre de la plate-forme s'incline adroite et à gauche lorsqu’il s agit de * tailler des roues jpenées par le filet d’une vis ; 4°- que l’axe de . la fraise étant maintenu entre deux poupées à pointes , au-dessus du tasseau de la plate-forme à une hauteur qui varie suivant le diamètre des roues et des pignons qu’on veut fendre , on fait aller et venir la plate-forme parallèlement à son arbre, et de la quantité nécessaire pour que la fraise forme les dents. Les fraises sont exécutées de manière qu’elles fendent les deDts et les arrondissent en même temps.
deuxième espèce. — Stateuvs dont les suspensions variables sont cependant assujettis à des lois fixes.
872. Les quadratures des répétitions c’est-à-dire, les mécanismes qui composent la sonnerie de ces sortes d’horloges, ap- • partiennent à cette espèce.
Nous nous bornerons ici adonner la description de la quadrature d’une répétition ordinaire. Les lecteurs curieux d'avoir de plus amples détails sur oes ingénieuses combinaisons d’organes, pourront consulter les divers traités d’horlogerie , et spécialement les ouvrages de Berthoud-
Quadrature (T une répétition. Pi. XXVIII, fig. 1 et a.
873. (a) La fig. 1 représente cette partie d’une répétition de montre , qui s’appelle quadrature. Elle est vue au moment où l’on vient de pousser le bouton pour la faire répéter.
Pour mieux concevoir l’effet et la disposition de cette répétition , il ne faut que jeter un coup d’œil sur la fig. 2: On voit en perspective la crémaillère je, le limaçon L des heures , •
et Y étoile E , les poulies A et B , le rocket R , la roue a , la levée /» n , et le grand marteau M : or ce sont les principales parties d’une répétition , qui sont'rcprésenlées comme si elles étaient actuellement en mouvement.
P, fig. 1 , est l’anneau auquel tient le poussoir. Le poussoir entre dans le canon o de la boîte , et s’y meut selon sa longueur, en tendant au centre : il porte la pièce p , qui est d’acier, et limée plate par-dessous ; une plaque , qui tient à la boîte, sert à l’empêcher de tourner, et lui permet seulement de se mouvoir * *
selon sa longueur : l’excédant ou rebord de cette partie du poussoir sert à le retenir , de manière qu’il ne puisse sortir du canon de la boîte. • . -,
874. Le bout p du poussoir agit sur le talon / de la crémaillère C C , laquelle a son cgptre de mouvement en y, et dont l’extrémité c fixe un bout de la chaîne s s; l’autre bout de cette chaîne tient à la circonférence d’une poulie A , mise carrément sur l’axe prolongé de la première roue du petit rouage , placé dans l’intérieur de la cage pour régler l’intervalle des coups de marteau. Ce petit rouage n’est pas représenté ici. La chaîne s.r . passe sur une seconde poulie B.
Lorsqu’on pousse le-poussoir p , le bout c de la crémaillère
( a ) Bertlioud , Histoire de la mesure du temps , lome 1 .
parcourra un certain espace ; et, par le moyen de la chaîne s s, il fera tourner les poulies A , Jî : ainsi le rochet R , fig. a, rétrogradera jusqua ce que le bras b de la crémaillère C ,C , iig. a , appuie sur le limaçon L qui se présente au bras h. Le limaçon L est fixé à l'étoile E, par le moyen de deux vis : ils tournent l’un et l’autre sur la tige de la vis V, fig. i , portée par la pièce TR, qui s'appelle le tout - ou - rien. Cette pièce se meut sur son centre T. Le tout-ou-rien forme , avec la platine , une cage où tournent l’étoile et le limaçon des heures. Voyons maintenant comment les quarts sont répétés.
87*4 Outre le marteau des heures qui est placé dans la cage * il y a un second marteau , également placé dans l’intérieur de la cage : l’axe ou pivot de ce marteau passe à la quadrature , et porte la pièce 5,6, lig. 1. Le pivot prolongé du marteau des heures passe aussi du côté de la quadrature , et porte le petit bras q. Ces pièces 5, G, q, qu’ôn appelle levées , servent à faire frapper les quarts par des coups doubles. Les levées 5 , G, q sont mises en action par la pièce Q, qu’on appelle pièce des quarts. Cette pièce porte en F et en G, les dents faites en rochet. Ces dents agissent sur les levées 6 et q pour faire frapper les marteaux. La-pièce des quarts Q est entraînée par le bras R , que porte l’axe du rochet des heures , placé * au-dessus de la poulie A de la pièce des quarts; en sorte qu’aussitôt que les heures sont frappées , le bras K agit sur une cheville fixée sur la pièce des quarts G, et oblige celle-ci de tourner et de lever les bras q et 6, et par conséquent de faire frapper les marteaux; le nombre des quarts que doivent frapper les marteau* , est déterminé par le limaçon des quarts.
N , selon les enfoncemens ou degrés h t 1,2,3, qu’ils présentent. Lorsque l’on pousse le poussoir p , le bras R rétrograde , et ue reticht plus la pièce des quarts : aussitôt que
celle-ci est libre, elle rétrogradé, étant pressée par le ressort D; les dents que porte la pièce des quarts s’engagent plus .ou moins avec les levées G et q , qui ont aussi un mouvement rétrograde , et sont ramenées par les ressorts io et 9 : le bras K ramenant la pièce des quarts , le bras m , que porte celle pièce , agit sur l'extrémité R du lout-ou-rien T R , dont louverlure x, à travers laquelle passe une h roche tixée à la platine , permet que R parcourt un petit espace. I!e bras m étant parvenu à l’extrémité R, celle-ci, pressée par le ressort ix , revient à son premier état; de manière .que le bras rn pousse sur le bout R , et que- la pièce-dcs-quàrts ne peut rétrograder , sans cjue le tout-ou-rien ait produit son effet. Le bras « que porte la gièce-des-quarts sert à renverser la levée m , fig. 2 , dont la partie 1 passe dans la quadrature ; en sorte que , lorsque les heures et les quarts sont répétés, la pièce-des-quarls continue encore à tourner , et le bras u renverse la pièce m , et met cette levée hors de prise du rochet , pendant tout le temps que le tout-ou-rien T R ne laissera pas rétrograder la piècedes-quarls : ce qui n’arrivera que dès qu’on aura poussé le poussoir assez fortement , pour que. le bras b de la crémaillère , pressant suffisamment le limaçon , fasse écarter l’extrémité R du tout-ou-rien ; alors seulement la pièce-des-quarls rétrogradera, dégagera les levées , elles marteaux frapperont le nombre d’heures et de quarts déterminé par les limaçons L et N.
Cette ingénieuse partie de la répétition est construite de telle sorte, qu’il faut que la montre répète l’heure et les quarts justes déterminés par les limaçons, et par conséquent par les aiguilles, ou bien qu’elle ne répète point du tout. C’est par cette .raison qu’on l’a appelée tout-ou-rien.
876. Lalig. 3 ( PI. XX V1J1) représente la chaussée portant le limaçon des quarts N. Ce limaçon est fixé sur le canon c de
chaussée, dont l’extrémité d porte l’aiguille des minutes. Ce limaçon porte une pièce S, qu’on appelle la surprise, dont l'effet est d’assurer les effets de la pièce-des-quarts, au moment où l’aiguille des minutes est à 60 minutes , et où l'étoile fait changer d'heure au limaçon. Pour cet effet , la surprise porte la cheville O, qui sert à faire tourner letoi]e E , maintenue par le sautoir , ou valet à ressort S, fig, i. Lorsqu’une dent de l'étoile est arrivée à l'angle du sautoir , celui-ci en descendant fait avancer encore l’étoile, dont une dent pousse subitement la cheville O, et fait avancer la partie Z de la surprise ; en sorte que le bras Q de la pièce-des-quarts vient poser sur cette partie : ce qui empêche la pièce-des-quarts de descendre dans le degré 3 , ainsi que cela eut pu arriver , si l’on eût en ce moment fait répéter : or ici elle sonne seulement l’heure , telle quelle est indiquée par les aiguilles. • .
troisième espèce. — Statcurs variables et libres qui produisent simultanément une suspension de mouvement dans un sens, et un renoué- ■ tellement dans un autre setis. . ,
première variété. — Engrenage à fourchette mobile de M. de Prony (a).
PI. &X.VII , Cg. 6.
877. a b , roue horizontale fixée à un arbre vertical c d , que le moteur, fait immédiatement tourner ; cette roue engrène dans deux pignons placés aux extrémités de l’axe g h , mais qui ne font point corps avec cet axe , pouvant tourner à frottement doux sur des collets ; et c’est dans cette particularité que consiste la propriété du mécanisme. On conçoit aisément que la roue a b agissant sur ces pignons non assujettis sur leurs collets , ne doit produire aucun effet sur la masse à
( a ) Mémoires de t Institut.
enlever ;. mais si, par quelque moyen, on parvient à fixer un de ces pignons avec l’axe , alors la rotation de ce pignon déterminera celle de la poulie it, et par conséquent l'ascension d’un des seaux. Si eusuite le seau étant monté , ou dégage le pignon fixé , qui alors n’influera plus sur la rotation de la poulie , et qu’on fixe à son tour l’autre pignon avec l’axe ; ce sera ce dernier qui fera tourner la poulie , et il est aisé de voir qu’il lui donnera un mouvement contraire à celui imprimé précédemment par l’autre pignon , la graude roue a b tournant toujours dans le même sens; ainsi le seau qui était monté descendra réciproquement.
878. Tout consiste donc à fixer alternativement sur l’axe l’un et l’autre des pignons g , h , lorsque chacun des seaux est arrivé à sa destination. Voici comment cette condition s’obtient par le mouvement mènw des seaux.
Une verge double est attachée à des boîtes à coulisse percées en carré , et terminées en des roues à rocliet o q à chaque bout. Le tout réuni pour glisser et avoir un mouvement progressif le long de la partie carrée l de l’axe précité g h: Igg deux roues à rocliet ou à cliquet o o destinées à s’engager dans les dents des roues à rochet correspondantes ni , n , lesquelles sont fixées sur les faces des pignons ef, ef ; il est évident qu’en faisant avancer la wrge, dans un sens ou dans l’autre r il y aura alternativement encliquetage vers l'un dés deux pignons, l’autre restant libre; et qu’ainsi l’axe g h, tournera successivement dans le sens opposé.
87g. Pour faire correspondre l’alternation «lu mouvement à la vidange des seaux, M. de Prony fait passer le mentonnet p d’un arbre en fer rr dans la boîte à coulisse précitée g : lés deux brides ou plateaux qui forment les extrémités «le cette boîte changent de position à mesure que le meutonnef p les
3o8 ' DES DIRECTEURS.
lire à droite ou à gauche ; afin de produire cet effet plus faciment , l’arbre rr, mobile sur son axe est surmonte près d’une des extrémités d’un levier s , terminé en une lentille de plomb l. On conçoit aisément que cette lentille étant supposée se mouvoir à droite et à gauche , le meutonnet /> l'encontre et choque de part et -d’autre les brides ou plateaux de la boite à coulisse g , détermine par conséquent le mouvement alternatif de la verge et de suite les encliquetages successifs de chacun des pignons ; d'où résultent la montée et la descente alternatives des seaux. •
880. Il ne s’agit donc que d’employer les seaux eux-mêmes à faire osciller le poids l, et c’est ce qui s'exécute très-aisément au moyen des pales u , u , lixées sur l’arbre t , t , lesquelles sont élevées alternativement par les leviers p , v, dont les extrémités s’enfourchent sur les chaînes dps seaux w ,- les leviers à fourches des seaux sont de plus munis de montans x x. Lorsque les leviers se trouvent en repos , une des pâtes se porte sur un des nlontans x : mais celui des seaux qui arrive lç premier au haut du puits commence par se vider, au moyen du crochet y : ensuite la bride du seau rencontre la fourche du levier *>, ce qui donne à la lentille t un mouvement de bascule qui alterne l’encliquetage de^ pignons, et décide à l’instant même le mouvement inverse de l’axe g , h de la poulie et des seaux.
Les seaux ont une soupape à leur fond , et sont suspendus un peu au-dessus de leur centre de gravité, en les suppqsanl pleins.
Un poids sert à maintenir le seau baisse, alin de terminer la vidange pendant le changement d’encliquetage.
•EilirUB variété. — Engrenage à fourchette mobile de M. RclUncouit.
PI. A XVII , Cg. 8.
88 1 . Le pivot b de 1-arbre tournant a b repose sur une pièce de boise garnie de deux rouleaux qui entrent dans une rainure pratiquée dans la traverse n' m‘ ; par ce moyen, l’arbre a b peut avec facilité s’approcher successivement des rouesdentées F, G, auxquelles s’accroche la vis sans lin h dont il est garni. C et L sont deux" traverses qui servent à soutenir l’arbre, sans gêner le petit mouvement de balancement qu'on doit lui communiquer par la pièce mobile e, sur laquelle repose son pivot. On voit, dans cette pièce, deux cliquets a' l>' , c d, qui tournent autour de leur axe a' et c, lesquels, ainsi que les deux goupilles b et d qui garnissent leurs extrémités, se prolongent de manière à atteindre le plan d’une pièce métallique u m n qui a deux branches taillées en forme de fourche, pour laisser passer les cordes qui portent des seaux; près de l'extrémité .g s’élève une tige qui porte un poids P; dans la traverse n' m' on remarque deux pitons x elf, dont la saillie égale l’épaisseur des deux cliquets a' b' , c d. La branche u , après avoir poussé le piton a' vers la gauche , fait accrocher la vis sans lin h à la roue dentée F, et le cliquet a' b', tombant par son propre poids , s’engrène avec le piton jt, et assujettit l’arbre contre la roue dentée.Quand le boulon s, qui se trouve près des seaux S, vient de s’engager daus la fourche l , la pièce u n m est contrainte à tourner sur son axe, et le bras n , touchant la goupille b , décroche le cliquet avant de prendre une position horizontale; mais à peine il a dépassé cette position, que le contre-poids P, tombant de l’autre côté, le bras u, pousse le piton c, et fait passer à droite l’arbre qui s’accroche à la roue G , tandis que le cliquet c d , par son propre poids , s’engage avec le piton y. Les deux cylindres tournent en sens con-
De la composition des Machines. * 47
fyo DES DIRECTEURS,
traire, et le seau S descend pendant que l’autre monte, et ainsi -successivement
uroimkmf. variété. — Anneaux à cliquet de M. Berlbellot. PI. XXXI, Cg. 3 • et 4- Plan et élévation.
882. Ce mécanisme ingénieux inventé par Berlbellot sert à transformer un mouvement alternatif rectiligne en circulaire continu. Deux anneaux a et b tournent librement sur l’axe m m, mais dans un seul sens , puisque la crémaillère et le cliquet dont ils sont surmontés les arrêtent daus l’autre sens. Deux cordes x x et y y euveioppent ces anneaux et se rattachent au châssis mobile g g g g- Quand on tire le châssis d’un côté, un des anneaux ne pouvant tourner sans l’axe, il lui communique le mouvement; quand on le tire de l’autre côté, ce premier anneau glisse librement, et le second agit sur l’axe. Les crémaillères étant disposées en sens contraire, on conçoit que le mouvement qui en résulte doit être continu.
Voatrièms variété. — Verrou simple. PI. XVII , Cg. 14.
883. Le verrou a a est mû par un petit bras de levier b, et contre-buté par un ressort réa cteur ni. Le verrou entre dans une cavité pratiquée dans la pièce X tournante, sans frottement sur l’axe y y. Ï1 est évident que si l’on abaisse le levier et que l’on dégage le verrou de sa cavité , la pièce X pourra tourner indépendamment de Z ; et que, si au contraire le verrou est engagé, les deux pièces, ne formant plus qu’un seul corps, doivent se mouvoir simultanément. La lig. 5 (PI. XXVII) représente une roue sur laquelle agit la détente c dont l’action est analogue à celle du verrou.
cikquiémk VARIÉTÉ. — Axe à deux verroux. PI. XXVI , Cg. 14 cl i5.
884. Deux bras de leviers xx,yy, correspondent aux verroux m et n , dont l’un entre alternativement dans l'engrenage a et b,
et l'autre dans les engrenages b et d; de sorte que l’on peut à volonté, rendre actifs ou inactifs les engrenages a, b, c, simultanément ou séparément. La lig. G, ( PI. XXVIÏ), représente un •verrou de même nature que les précédons.
uiitxE vnitit. — Tenaille à plans inclinés. P). XVII, fig. i3.
885. Ce mécanisme est employé dans les sonnettes à déclic. Le mouton est composé de deux pièces qui s’unissent au moyen d’une tenaille ni. Cette tenaille est obligée de s’ouvrir toutes les fois quelle rencontre les plaus inclinés xj , et de lâcher la pièce inférieure m quelle soutenait.
quatrième espèce. — S tuteurs libres qui ne produisent qu'une simple
suspension ,
première variété. — Mécanisme pour dételer un cheval employé comme moteur. PI. XXX I, fîg. ta.
886. M. De P ronjr a trouvé un moyen très-ingénieux de dételer un cheval employé à faire mouvoir une machine, lorsque l’effort se trouverait augmenté par un obstacle quelconque. Les traits 1, 1, 1, passent à travers des ouvertures 2, 2, pratiquées dans le joug 4 » 4 > attaché au bord du levier 3 : ce levier est emmanché dans l’arbre vertical , et sert à donner le mouvement à la machine : ces ouvertures 2, 2, sont garnies de poulies pour diminuer le frottement. L’extrémité de chaque trait se termine en un <eil qui s’accroche sur un piton implanté dans l’arbre 5 , mobile sur ses tourillons. A l’entour de cet arbre 5 s’enroule une corde, laquelle remonte en passant par-dessus les poulies b, b, b, et s’attache enfin à un poids le long de l’arbre vertical : ce poids, qui peut être varié à volonté, détermine donc la résistance qu’on veut opposer à l'effort de l’animal; ainsi, en.supposant qu’on ail limité ce poids à 20 livres, et qu’un bâton vienne à tomber dans l’engrenage du pignon , il s’en suivra que , par l’effort de l’ani-
mal, la machine sera brisée sans ce mécanisme; mais comme l'effort excédera nécessairement le poids qui sert de régulateur, l’arbre 5 sera forcé de décrire un quart de cercle ; les pitons ayant quitté alors leur position verticale, les extrémités des traits qui s’y trouvaient accrochés s’échappent, l’animal est libre, et le mécanisme n 'éprouve aucun dommage. Ce moyen sert aussi à empêcher que les animaux employés à faire mouvoir la machine , ne fassent des efforts au-delà des limites qu’on est toujours maître de fixer en ajustant le contre-poids.
nEUXir-Mn variété. — Frein pour arn-ter une roue. PI. XXXI, fig. 5. troisième variété. — Poulie à frein de M. Fyot.
887. (<2) Cette poulie est construite de manière qu'on peut par son moyen élever un fardeau sans que pour cela, ni la corde puisse glisser, ni la poulie tourner indépendamment d’elle, de sorte que le fardeau reste suspendu sans aucun danger.
Le corps de la poulie est un cylindre fixé sur un arbre qui j>orlc deux pivots. Sur cet arbre, entre de chaque côté un petit plateau du diamètre nécessaire pour former au-dessus du cylindre, une gorge dont les rebords aient une hauteur suffisante pour bien contenir la corde. Ces deux plateaux sont, bombés du côté opposé à la surface par laquelle ils s’appliquent au cylindrf, et d’une épaisseur convenable. Ils ont des entailles qui, partaut d’une certaine distance du centre, vont se rendre à la circonférence. Enfin ils sont garnis à leur surface interne de rugosités pour mieux saisir là corde. L uc espèce de fourche attachée au haut de la chape, et mobile sur des pivots, est continuellement pressée par un ressort contre les deux petits plateaux, de
(n) Annales des arts et manufactures , loine 10.
manière que chacune de ses dents ou extrémités s’engage dans les entailles des plateaux. Ceci bien entendu , on conçoit que , quand on tire la corde dans le sens ordinaire, la fourche ne fait aucun obstacle au mouvement de la poulie ; mais , à l'instant où on la lâche, la fourche pressant par l’effet du ressort contre les plateaux qui sont bombés, et serrant par ce moyen la corde dans cette gorge artificielle, elle l'empêche de glisser, tandis que la poulie elle-même est arrêtée par les dents de la fourche, qui s'engagent dans les entailles de ces plateaux. Il ÿ a un levier qui sert, dans l’occasion, à soulever les ressorts pour en empêcher l’action. *
quatrième variété. — Poulie à Jretn excentrique. PI. XXXI . fig, 1 3.
cinquième variété. — Roue dentée à freins extérieurs. PI. XXXI , lîg q.
888. Deux freins a , a pressés par des ressorts réacteurs b b s’appliquent aux faces latérales de la roue qu’ils arrêtent toutes les fois qu’ils sont lâchés.
sixième variété. — Roue dentée à freins intérieurs . PI. XXXI, fig. 6 et 7.
889. L’axe de la roue porte un levier a a , qui peut tourner librement; à ce levier sont adaptés les deux freins b, b, contrebutés par les ressorts d, d. On conçoit que, si l'on fait^ tourner ce levier dans un sens, les freins seront bandés et la roue s’arrêtera; au contraire, s’il tourne dans le sens inverse, les freins laisseront mouvoir la roue.
GENRE DEUXIÈME. — Mrmlaleuri.
890. Les liraitateurs servent aux usages suivaus: 1". ils augmentent ou diminuent la grandeur d'un organe suivant le besoin; 2°. ils limitent l’étendue des oscillations dans les mouvemeus alternatifs ; 3®. ils font varier la vitesse ou bien la force d’une machine.
première espèce. — Limitateurs qui font varier les dimensions d'un
organe.
première variété. — Poulie à périphérie changeante au moyen d'un engrenage. PI. XXVI , fig. 1 1 cl 12.
891. Soient les parties a a a, etc , qui déterminent cette périphérie y chacune d’elles est garnie d’un écrou. Tous les écrous sont traversés par des vis semblables b, b, b, etc. auxquelles sont adaptés les pignons d, d, d, etc. 11 est évident que, si les pignons engrènent en même teriips avec une roue dentée. Je mouvement de cette roue (qui n’est point indiqqpe dans la ligure ) fera avancer et reculer les parties a , a r a , de manière que la circonférence dans laquelle ils sont placés diminuera ou augmentera de grandeur , suivant quelle s’approchera ou qu’elle s'éloignera du centre.
deuxième variété. — Poulie à }>ériphérie changeante au moyen de deux plateaux à rainures. PI. XXVI , fig. 9 et 10.
89a. Que l’on suppose deux plateaux parallèles, dont l’un soit percé d’une rainure spirale a, a, a, a, a, et le second de plusieurs rainures rectilignes b, b, b, b, b, b. 11 est évident que si de petits. cylindres sont placés dans les intersections des rainures des deux plateaux , tous ces cylindres s'éloigneront ou se rapprocheront du centre des plateaux d’une même quantité en Taisant tourner l’un d’eux. Que l’on suppose maintenant que ces cylindres portent des coudes dans la direction des rayons dont la longueur soit telle que les extrémités,/!, n, n, n, n se terminent dans la circonférence d’un cercle dont le centre soit le même que celui de la plaque ; on concevra clairement que les extrémités de ces coudes, soit qu’ils s’approchent , soit qu’ils s'éloignent du centre, se trouveront toujours dans la circonférence d’un cercle concentrique au premier. Tel est le mécanisme in-
génieux que les Anglais ont adopté pour les tours et autres machines dans lesquelles on veut changer le rapport de la puissance à la résistance, selon le besoin, et cela presque instanta* nément.
deuxième espace. — Limitât curs qui règlent F étendue des vibrations dans les mouvemetis altematijs,
première variété. — -du moyen d'une simple vis. PI. XX , fig. »o.
deuxième variété. — Au moyen de deux plaques à vis. PI. XX , Cg. iG cl 17.
PivJU et face.
troisième variété. — Au moyen d'un ressort réacteur bandé par une vis PI. XIII, Gg. i3.
troisième espèce. — Limitateurs qui règlent la vitesse ou la force . d'une machine.
première variété. — Limitateurs de la force dune machine à vapeur.
8f)3. Dans une machine à vapeur , il est bien difficile , pour ne pas dire impossible, que le chauffeur règle toujours si parfaitement son feu, que la vapeur se trouve toujours au même degré de température; un homme imprudent on maladroit pourrait pousser la chaleur de manière à donner au balancier, au volant et aux autres pièces que la machine met en mouvement, une vitesse telle, qu’il pourrait en résulter des accidens trèsgraves : il faut donc que la machine porte en elle-même un moyen spontané de modérer la vitesse , ou de faire en sorte quelle n’aille pas au-delà de certaines limites, quelle que soit l’action du feu.
8q4- L’expédient auquel on s’est principalement attaché pour remplir cette condition , a été de ralentir plus ou moins la rapidité de la condensation : un tel expédient remplit évidemment son objet : car un conçoit aisément que si, lorsque la vapeur
affluant de la chaudière vient presser un des côtes du pistou du cylindre à vapeur, la condensation ne sc fait pas sur-le-cliamp; do l’autre côte, il y aura une reaction qui con tre-hala ncera , en tout ou en partie, l’action de la vapeur pendant tout le temps que le vide tardera à se faire.
8q5. On a deux procédés immédiats pour ralentir la condensation; l'un (Voy.fig. i, PI. VI 11) consiste à diminuer la quantité d'eau réfrigérante introduite dans le cendenscur, en fermant plus ou moins la soupape d’immission au moyen d’un écrou; l'autre, qui est préférable, se réduit à régler la quantité de vapeur qui va à la condensation dans un temps donné, en fermaut plus ou moins la soupape à vapeur, l'ouverture de la précédente restant toujours la même. Pour donner à ce procédé toute la perfection désirable, on a imaginé un mécanisme tel, que la soupape s’ouvrît ou se fermât spontanément suivant le besoin par l’effet même de la machine et sans le secours d’aucun agent étranger : voici en quoi consiste ce mécanisme, représenté % io, (PI. XXXI). . .
89G. On place une petite bâche au-dessus de la grande bâche. Une petite pompe, dont la tige est attachée à la poutrelle du régulaleur, verse de l’eau dans la petite bâche. La quantité d’eau versée est évidemment proportionnelle au nombre d’oscillations faites par le balancier dans le même temps, et par conséquent à la vitesse de la machine en général. On voit dans la bâche une petite planche ou cloison inclinée qui sépare l’espace dans lequel tombe l’eau de la pompe de celui dans lequel nage la lentille , a fi A que l’eau renfermée dans ce dernier espace soit moins agitée. a a, est une lentille creuse de métal, qui flotte sur leau contenue dans la bâche; à cette lentille est attachée un levier courbe d c b, qui tourne autour de l’axe c; l’extrémité de la branche c d entre dans une entaille pratiquée à la queue de la soupape.
au moyengde quoi cette soupape s’élève lorsque la lentille a a s’abaisse, ^réciproquement;/ g h est un siphon qui traverse la lentille a a , dont une des extrémités plonge dans l’eau de la petite bâche, et l'autre dans l’eau de la grande. Ce siphon peut se fermer par un robinet en K, lequel robinet peut aussi être seulement employé à modérer la quantité d’eau qui s’écoule.
897 . D’après cela , l’élévation de la surface supérieure de l’eau sera constante ou variable selon que la quantité d’eau fournie par la pompe sera ou ne sera pas égale à la quantité d'ean enlevée par le siphon; l'écoulement de ce siphon est uniforme, puisque sa vitesse dépend dé la pression de l’atmosphère ; ainsi , c’est uniquement la plus ou moins -grande fourniture de la pompe qui fera hausser ou baisser la lentille a a , et par conséquent la soupape. Lorsque la xjiachinc ira trop vite, soit par une diminution de résistance , soit par une plus grande activité du chauffage, la pompe fournira plus d’eau que le siphon n’en enlèvera ; mais alors l’élévation de la lentille a a fera abaisser la soupape, la condensation sera ralentie, et de suite le mouvement de la machine; au contraire t si une augmentation de résistance exigeait plus d’elfort , le nombre des coups de piston de la pompe diminuerait d'abord; mais alors l’eau baissant, la soupape S’ouvrirait davantage et accélérerai lia condensation. Ceci suppose cependant, qu’avant l’augmentation de la résistance il y aurait eu une perte d’effet dans la machine, ce qu’il faut éviter en général. 11 faut que dans l’état habituel, les soupapes aient l’ouverture nécessaire pour produire tout l’effet possible.
898. Ainsi , pour avoir un modérateur exact , il faut d’abord connaître le nombre d’oscillations que le balancier doit faire dans un temps donné. Supposons qu’il en fasse ij par minute ; on aura une pompe et un siphon de dimensions telles
De la conyosilion des Machines. 48
que quinze coups de la pompe fournissent auta^ d’eau par minute que le siphon en enlèvera dans le mèuï^temps. La quantité primitive d’eau mise dans la bâche sera assez grande pour que la soupape ait l’ouverture convenable , et alors on sera sûr que cette ouverture restera constamment la même , ou que si elle éprouve une augmentation momentanée, elle reviendra promptement à son premier état.
nEuxÙME variété. — Pendule conique de Wall. PI. XXVII , fig. 4.
899. La partie d se meut librement le long de l'axe tournant a b, — Deux poids p p communiquent avec la partie d , au moyen des tringles à charnière m m, lesquelles sont mobiles en o o et en x. A mesure que le mouvement de l’axe a b augmente ou diminue, les poids p p s’éloignent ou s’approchent de ce même axe en vertu de la force centrifuge, et la partie d monte ou descend verticalement.
On a employé ce régulateur pour ouvrir plus ou moins le robinet par lequel la vapeur est introduite dans plusieurs ma- V chines à vapeur. J’ai proposé de l’employer pour régler le mouvement du belier moteur ( i85 ).
GEN R E TROISIÈME. — lies directeurs proprement dits.
900. J’ai réservé le nom de directeurs proprement dits , aux régulateurs qui , sans altérer l'uniformité de mouvement d’une machine, dirigent le mouvement d’une partie déterminée, de manière qu’il soit variable suivant une loi déterminée, tel est le mécanisme employé dans les horloges à équation.
Horloges à équation. PI. XXX, Cg. 2.
901. ( a ) Les horloges et les montres ne peuvent diviser et marquer naturellement que le temps égal , uniforme , appelé
( a ) Bcrthoud, Histoire de la mesure du temps.
temps moyen, tandis que le soleil, qui est notre règle, ne mesure , par ses révolutions journalières , qu’un temps inégal, mais dont l’inégalité se répète tous les ans aux mêmes époques , sensiblerqent de la même manière. On a donc cherché à inventer un mécanisme qui , appliqué à l'horloge, imitât et suivît les variations reconnues dans le mouvement du soleil. C’est à cette espèce d’horloge que l’on a donné le nom d 'horloges a équation. Ces machines sont disposées de manière que l’aiguille ordinaire des minutes marque le temps égal ou naturel de l'horloge, pendant qu’une seconde aiguille des minutes „adaptée à cet effet à l’horloge, indique le temps vrai ou apparent du soleil. Ainsi, une telle machine indique à chaque instant la différence du teriips vrai au temps moyen marquée par les tables d’ équation , que les Bfronomes ont dressées de ces différences.
902. On connaît plusieurs variétés d’horloges à équation, parmi lesquelles on distingue celles imaginées par Sully, par le P. Alexandre , celle à cadran mobile , par Le Bon , celle de Julien-Le-Roy , de Enderlin,el plusieurs autres. Celle de Berthoud, est remarquable par sa simplicité (PI. XXX, fig. 2). Si l’on conçoit qu’au centre du grand cadran d’une montre ordinaire , on ajoute un cercle divisé en soixante parties , et gradué comme le cercle des minutes du grand cadran , et que ce cercle concentrique soit mobile, tandis que Ü1 grand cadran reste lixe, et qu’enûn , on attache sur l’aiguille des minutes une autre aiguille ou index diamétralement opposée, et de longueur propre à répondre aux divisions du cercle mobile, on voit que, selon que l’on fera tourner en avant ou en arrière le oadrau mobile, la petiteaiguille,dontlemouvementest uniforme, pourra cependant indiquer le temps vrai , et cela par un moyen très-simple, puisqu'il suffira de régler le chemin du cadran mobile selon les quantités indiquées par les tables de l’équation du temps.
38o DES DIRECTEURS.
9o3. La (ig. 2, représente l'intérieur de la fausse plaque qui porte les cadrans; c’est dans cette plaque que sont ajustées les pièces qui forment 1 équation. A , est la roue annuelle qui a cent quarante-six dents fendues à rochet, mise immédiatement sous la platine delà bâte qui porte les cadrans ; elle tourne sur un canon réservé au fond de la bâte. La courbe B est attachée sur la roue annuelle; la courbe fait mouvoir le rateau H E qui engrène dans le pignon C ; celui-ci est porté par un canon qui passe dans l’intérieur du canon de la bâte; sur le canon du pignon est ajusté , en dehors de la bâte , le cadran du temps vrai. Ainsi, on voit qu’en faisant mouvoir la roue annuelle, ce cedran doit nécessairement tourner, tantôt en avant et tantôt en rétrogradant, suivant qu’il y est obligé par les différons diamètres "de la courbe, ce qui produit naturellement les .variations wu soleil.
90/1 . Le ressort G sert à presser continuellement le rateau Il contre la courbe. Pour cet effet, le bout F de ce rateau porte une cheville qui appuie sur le bord de la courbe.
905. La fig. 12 (PI. XXII) représente une quadrature à équation , inventée par un vicaire de Saint-Cyr («).
La roue annuelle A porte une courbe d'équation BCD; sur la largeur de cette courbe est pratiquée une gouttière parallèle au bord de la courbe ; dans cette gouttière coule un bouton E adapté à la pièce E F, mobile au point F ; ce bouton E tient encore à une seconde pièce E G attachée au canon H, qui porte l’aiguille des minutes I , de manière quelle suit les vibrations de la courbe dans plus de la moitié de la circonférence du cadran des minutes, ce qui est suffisant pour marquer les variations indiquées par l’équation.