Les compensateurs proprement dits ne sont autre
chose qu’un pendule, ou bien qu’un balancier à spirale. Ils forment une des parties les plus importantes des horloges.
810. Le pendule est composé d’une tige métallique , terminée inférieurement par une lentille très-pesante, construite pareillement en métal. Cet appareil, suspendu par l'extrémité libre de la verge , oscille autour de la verticale, et fait marcher d’un pas l’aiguille de l’horloge , à chacune de ces oscillations. En supposant que le pendule, 4insi composé, conserve une forme et une longueur invariables dans tonies ses parties, on démontre en mécanique que les oscillations très-petites, telles que celle qu'on lui fait faire dans les horloges , sont toujours d’égales durées, ce * qui donne un mouvement pareillement uniforme aux aiguilles que le pendule fait mouvoir.
811. La durée des oscillations n’est constante que tant qile la *
température reste la même ; mais elle change nécessairement quand la température vient à changer. En effet, si elle s’élève, la verge ipélallique s’allonge; le centre commun d'oscillation de cette verge et de la lentille descend j et les oscillations sont plus lentes. Au contraire, si la température s’abaisse , le centre d’oscillation se rapproche du point de suspension , et [es oscillations s'accélèrent. • • .
812. De là naîtraient, dans la marche de l’horloge, des variations continuelles, si l’on n’avait trouvé le moyen de corriger cet inconvénient. C’est à quoi l’on réussit par divers mécanismes .que l’on applique à la verge du*pendule, et qui se réduisent tous en dernière analyse, à rapporter en haut une partie du poids du système lorsque la verge s’allonge, et à la reporter en bas lorsqu’elle se raccourcit, de telle sorte et en telle proportion, que ces efforts contraires se compensent exactement.
8 1 3. Grahf/m faisait la verge du pendule en fer ( PI. XXVIII, lig. 7); mais , au lieu de la terminer par une lentille métallique.
il y adaptait un vase cylindrique de verre rempli en grande partie de mercure ; lorsque la température s’élève , la verge s'allonge et le vase descend ; mais en même temps le mercure se dilate aussi , et beaucoup plus que le fer, de façon qu’une partie de la masse remonte plus que le vase n’était descendu.
8 ï 4- Julien Leroy y substitua, en 1738, un compensateur entièrement solide. Cet appareil, représenté PI. XX VIII ,
• ( fig. 11), est composé d’un support hdrizontal s s parfaiter ment fixe, qui porte un tuyau vertical de cuivre jaune a b. Au sommet a de ce tuyau, on fixe l'extrémité supérieure d’une #verge de fer verticale à l’autre bout de laquelle est attachée la lentille p. Si celle tige de fer était libre , elle formerait un pendule dont la longueur totale serait alp ; mais on gêne son • mouvement en l par le moyen du support fiie. Pour cet effet, on l’interrompt en cette partie, et on la compose d’un petit châssis vertical dont les traverses horizontales b et 4 sont formées de deux lames de cuivre assez fortes pour n’être pas fléchies, et les montansn,n sont composés dedeux lamés de ressort très-minces et flexibles, qui passent par une petite fente horizontale faite dans le support , et seulement assez large pour leur laisser la faculté de monter et de descendre avec frpttement. D’après cette disposition, lorsqu’on-mct la lentille en mouvement, la partie inférieure de litige de fer, comprise entre la lentille et le support, est la seule qui oscille ; mais la dilatation produite par la température , s’exerce sur la longueur totale. Si le point a était par-, failcment fixe, la lentille p descendrait ou monterait, suivant que la barre s'allongerait ft se raccourcirait par l’effet de la température; mais la dilatation du cylindre de laiton contrarie ces effets : car, lorsque la température s’élève , il remonte le point (J en se dilatant, et au contraire, quand elle s’abaisse, il le fait descendre en se contractant. On peut donc combiner ces
deux actions opposées de manière qu’elles se compensent; il faut que la longueur du tuyau et de la barre soit en raison' inverse des dilatations du cuivre et de l’acier, ou à peu près comme 3 à 5.
8t5. On a imaginé ensuite l’appareil à châssis, représenté PI. XXVIII, ( lig. 8). 11 est formé par un système de tringles métalliques, alternativement de cuivre et de fer. Supposons que le châssis de cuivre a b cil ne porte pàs immédiatement la verge u u de l’horloge, mais soutienne mi autre châssis e f g h composé comme a b c d , dont les deux montans e f, g h, soient en fer, et dont la traverse inférieure porte un autre châssis l mn'p dont les deux montons soient de cuivre; la verge u u est attachée à ce second châssis intérieur, (a) La somme de toutes les tringles de cuivre employées dans l’appareil , devra étrp triple de la distance du centre de gravité de la lentille, à l’axe de suspension ; on peut donc/ au moyen de cette règle très-simple; varier à volonté les longueurs des règles et leur nombre. Ordinairement les horlogers se bornent à employer quatre châssis.
816. Berthoud a adapté lé compensateur à tringles et châssis, aux montres, de la manière indiquée PI. XXX ( fig. 5 ). *
A A est le côté extérieur de la seconde platine de la cage du mouvement. Le bout de Taxe du balancier passe entre trois aouleaux , comme le fait le boiît du môme axe placé du côté de l’échappement. Le spiral est arrêté sur une virole ajustée à frottement , au bout de la partie saillante de l’axe , en dehors dès. rouleaux. Le bout extérieur du spiral est fixé au piton B.
817. Le compensateur à lames courbes, représenté Planche XXVin, fig. 9, est remarquable par sa simplicité. Deux lames métalliques a b et c d, d’égale longueur, l’une de fer, Fautre de
( a ) Traite de physique de Biol.
cuivre, sont placées l'une sur l’autre, et elles sont fixées invariablement au moyen d’un grand nombre de petites vis qui les traversent toutes deux en autant de points de leur fbngueur. Supposons que le système soit rectiligne à la température de i o°; si la température change, celle rectitude cessera. A une température plus élevée les deux lames se dilateront, mais inégalement, la lame de cuivre plus que la lame de fer; alors, le système se courbera , si la température s’abaisse, il se courbera en sens inverse. Ge système éstr fixé à un point quelconque de la longueur de la verge du pendule. M. Biol (a) dit avoir éprouvé un pendule astronomiqu^ muni d’un semblable com-' pensateur , et l’avoir trouvé d’une régularité parfaite.
818. Un compensateur analogue, représenté PI. XXVIII, fig. 10, peut s’appliquer aux balanciers à spiral des gardetemps; si la température change, la courbure des lames compensatrices changera aussi , et elles porteront les petites masses plus loin ou plus près du centre de rotation, elles agiront sur lui par un levier plus long ou plus court, et exigeront Un effort
plus ou moins grand de la part du spiral.
Échappement.
8 1 q.On appelle échappement, en horlogerie, un mécanisme au ^ moyen duquel l’action du poids Ou du ressort moteur est réglée * et modérée par celle du balancier ou du pendule , qui est le régulateur de l’horloge. La force motrice qui agit sans interruption et toujours dans le même sens, tend nécessairement à imprimer un mouvement accéléré au rouage ; mais en vertu de l'échappement , la dernière roue , qu’on appelle aussi roue de rencontre ou d’échappement , ne peut continuer son mouvement circu-
( a ) Traité de physique.
laire qu’en imprimant au régulateur un mouvement d’oscillation ; et cette combinaison et liaison (le deux mouvemens , . l’un continu, l'autre alternatif, dans laquelle consiste proprement la nature des horloges , sert à entretenir l’uniformité de leur marche par la réaction mutuelle des forces qui résultent de ces différons mouvemens. #
820. Autrefois on se contentait de nrendre pour régulateur un simple balancier , qui n’est autre qu’un anneau circu-
laire dont l’axe est parfaitement mobileVr ses pivots. Cet axe, qu’on appelle aussi la verge du balancier , porte deux ailes ou palettes placées dans des points différens , et faisant entre elles un angle presque droit , lesquelles s’engagent dans les dents de la roue d’échappement , qu’on nomme proprement dans ce cas roue de rencontre , en sorte que cette roue ne peut tourner, à moins que ses dents , dont le nombre est toujours impair, n’écartent alternativement l’une des palettes dans un sens, et liautre dans le sens opposé; ce qui oblige le balancier à faire des vibrations.
821. Par cette disposition , la pointe de la dent qui appuie sur l’une des palettes et qui la presse avec la force quelle reçoit du poids ou du ressort moteur, la fait tourner jusqu’à ce quelle la quitte , et imprime ainsi au balancier un mouvement circulaire autour de son axe ; et lorsque cette dent abandonne la palette, la dent diamétralement opposée rencontre précisément la seconde palette , et tend de même à la faire tourner en sens contraire ; en sorte que si le balancier était en repos lorsque la seconde palette vient à recevoir l’action de la roue de rencontre , il obéirait nécessairement à cette action et prendrait un mouvement circulaire opposé au mouvement produit par l’action de la première palette; mais le balancier conservant par son inertie le premier mouvement , il est clair qu’il doit réagir sûr la roue
De la composition des Machines. 43
de rencontre cl la faire rétrograder, jusqu'à ce que son mouve- . ment soit entièrement détruit par la pression opposée de la roue ; pour lors le balancier cédera à cette pression , laquelle continuera d’agir dans le même sens , jusqu'à ce que la dent qui appuie sur la seconde palette s’échappant , la dent opposée vienne rencontrer de nouveau la première palette, et ainsi de suite.
822. C’est d'après ces principes qu’ont été construites les premières horloges à rouojjdout l’invention ne remonte guère audelà du quatorzième siècle ; et il ne paraît pas qu’011 ait fait aucun changement à leur construction jusqu’au temps où Huyghens imagina de substituer le pendule au balancier dans les grandes horloges , et d’appliquer un ressort spiral aux balanciers dos montres. Par ce moyen le régulateur se trouvant doué d’une force motrice particulière et capable de lui faire faire des oscillations indépendamment de l’action du rouage , il n'en est que plus propre à modérer l’effet de cette action , et à maintenir 1 égalité dans le mouvement de (horloge. Aussi , depuis cette époque , l'horlogerie a continuellement acquis de nouveaux degrés- de perfection , auxquels les nouvelles montres marines qxécutées en Angleterre et en F rance paraissent avoir en quelque sorte , mis le comble.
823. Huyghens, en appliquant le pendule aux horloges, et le ressort spiral aux montres, a conservé l’ancien échappement dont nous venons de donner la description , et dont on ignore l’inventeur; cet échappement qu’on appelle communément a roue de rencontre , est encore celui qui est le plus employé, tant dans les pendules que dans les montres ordinares. Mais, après la découverte d ‘Huyghens , on a tâché aussi de perfectionner la construction de l’échappement, et on a imaginé un grand nombre dechappemens différons, dont les principaux sont les échappemens à double levier, à ancre, à cylindre, etc.
DES MODÉRATEURS. 33g
814. Berlhoud (a) divise les écliappemens en quatre espèces, i°. les échappemensà recul; 2“. les échappcmens à repos ; 3". les échappemens à vibrations libres; 4”- les échappempns à vibrations libres et à remontoir d'égalité d’arcs.
première espèce. — Échappement à recul. PI. XXX, fïg. 5.
8a5. Les e’chappemens à recul sont ceux dans lesquels la roue pousse continuellement le régulateur, au moyen de son action alternative sur les deux palettes; d’où il arrive que lorsqu’une dent de la roue quitte une palette, une autre dent retombe sur la palette opposée, et le régulateur, continuant sa vibration, donne un mouvement rétrograde à la roue.
Bcrthoud subdivise cette espèce en trois variétés, 1". échappement à roue de rencontre; 2". échappement àancre; 3”. échappement à double levier.
première variété. — Échappement à roue Je rencontre.
826. C’est celui que nous avons décrit précédemment (820). Dans les montres , on a mis un pignon au balancier au lieu de palettes, dans lequel engrenait la roue de rencontre faite en façrfh • de roue de champ. On a donné à cet échappement ainsi disposé , le nom à' échappement à pirouette.
deuxième variété. — Échappement à ancre. PI. XXVI , fig. 22. ♦ *
827. Cet échappement s’appelle ainsi, à cause de la forme-de ces palettes a a qui ont à peu près la forme d’une ancre. On l’adapte à un pendule qui , par ce moyen , porte une lentille plus pesante, exige un moindre poids pour l’entretenir en mouve-
(a) Bertlioud , Histoire de la mesure du temps pour les horloges, tome 2.
ment, etùe décrit qu’un petit arc dans ces vibrations. M. Saurin , dans un mémoire inséré parmi ceux de l’académie pour l'année 1720, a déterminé la coupure que doivent avoir les palettes de l’ancre pour produire l’effet d’une parfaite compensation.
troisième variété. — Échappement à deux leviers. PI. XXX , fig. 6.
828. A et B sont deux leviers qui ont chacun leurs tiges qui se meuvent librement sur leurs pivots , dans la cage du mouvement; le levier B porte la fourchette qui correspond au pendule, pour entretenir les vibrations; celui A retient le rochet; la dent l’obligeant de se mouvoir, il échappe à son tour, et le rochet est retenu par lelevierB, qui est mû par le rouleau C porté par celui A; ce rouleau correspond à la fourchette B G, de sorte que * quand un des leviers baisse , l’autre s'écarte.
deuxième espèce. — Échappement à regos.
809. Les échappemcns à repos sont ceux dans lesquels la dent de la roue s’échappe de dessus la palette ou levier d'impulsion , tombe sur un plan cirçulaire ou sur une portion cylindrique portée par un régulateur, et celÿi-ci, continuant son mouvement , cette dent reste immobile.
* "première variété. — Échappement à chevilles. PI. XXVI , fig. a5.
83o. Il est composé d’une roue plate garnie d’une rangée de chevilles. La cheville 1 , quittant la palette A, celle B reçoit le choc de l’échappement. La vibration augmentant, la palette B s’enfonce, et la roue reste immobile, ce qui fait que l’aigjplle des secondes ne recule point. La vibration revenant, la cheville agissant sur le plan incliné, restitue le mouvement.
83 t. Le Paute a imaginé deux sortes d’échappemens à che-
villes, l’un applicable aux horloges à pendule, et l’autre aux montres. ( Voyez son TŸaité (t horlogerie , pag. T93 et 198. )
DEuxiiMB variété. — Échappement à repos et à ancre, par Gratuun. PI. XXX,
83a. Dans cet échappement, le centre c de l’ancre a b doit être éloigné de la circonférence du rochet, d’une quantité égale au diamètre de ce même rochet. Lorsque la partie a de l’ancre vient d’échapper, celle b reçoit, sur sa partie circulaire, le choc de la dent du rochet; la vibration s’achevant, la palette s’enfonce dans le fond de la denture sans y toucher. La vibratlbn revenant , le rochet reste immobile et n’a d’action que lorsque le plan incliné se présente à la pointe de la dent; pour lors, la dent agissant sur ce plan , oblige la palette de s’écarter, et, en échap1 pant, la dent tombe , frappe sur la partie circulaire de la palette a, et est retenue jusqu’à ce que son plan incliné se présente; pour lors, la dent du rochet cesse d’être immobile; elle suit le plan incliné de la palette, et, en s’écartant, restitue le mouvement au pendule.
833. Suivant Bcrthoud, cet échappement est un des plus parfaits dont on puisse faire usage dans les horloges à pendule, surtout en faisant les palettes en rubis, ainsi que quelques artistes l’ont pratiqué.
troisième variété. — Échappement à cy lindre. PI. XXVI , fig. a4-
834- Cet échappement, inventé par Graham, pour les montres , s’appelle échappement à cylindre , parce que la pièce qui forme l’échappement et qui est portée par le balancier, est un cylindre creux en forme de canon. Ce cylindre est coupé au milieu«de sa longueur, par une entaille qui passe jusqu’au centre, c’est-à-dire, quelle coupe le cylindre par sou diamètre. Sur les deux bouts du cylindre ou canon non entaillés, sont ajustés des
. bouts de tiges qui forment l’arbre ou axe de son mouvement, de meme que du balancier lixé sur Un des bouts d’axes rapportés. Ce cylindre ou canon, qui a peu d'épaisseur, est figuré dans la partie entaillée, de manière à recevoir l’action de la roue d échappement : celle-ci porte des dents figurées en plan incliné , lesquelles agissent successivement sur les bords ou* tranchas arrondies de la partie entaillée du cylindre , et produisent, par leur action, la levée ou action d’impulsion qui entretient le mouvement de vibration du balancier. Lorsqu’une dent ou plan incliné * produit la levée , la dent suivante tombe sur la surface du cylindre, et reste immobile pendant tout le temps que le balancier emploie à achever sa vibration; le spjral ramenant le cylindre, l’entaille ou lèvre de celui-ci se présente à l’action de cette même dent, laquelle écarte de nouveau le cylindre pour opérer une autre vibration.
835. On connaît plusieurs autres variétés d’échappemens à repos , parmi lesquelles on distingue celui de Tompion ; celui de De B au f ré a cylindre en diamâns ; celui de Dutertre, et celui de Ferdinand Berthoud. ( Voyez X Histoire de la mesure tlu temps , par Berthoud. )
troisième espèce. — Echappemens à vibrations libres.
836. T. es échappemens à vibrations libres sont bien aussi à repos, car la^oue, après son impulsion, reste immobile; mais ici ce repos diffère de celui des échappemens dont nous venons de parler, en ce que la roue, après sou impulsion , ne touche ni n’appuie sur une portion de cercle portée par le régulateur; mais elle est arrêtée par une pièce séparée de lui, et tellement, que le régulateur achève librement sa vibration, sans éprouver aucRme résistance de la part de l’échappement.
837- L'office d’un échappement et les conditions qu’on en exige sont, 1°. que la force du moteur soit transmise au régulateur, au moyen de l’échappement sans perte , c’est-à-dire , que la roue d’échappement communique au régulateur la force quelle reçoit du moteur, avec le moins de frottement possible; 2°. qu’après que la roue a commuryqué l’impulsion au régulateur, celui-ci achève librement sa vibration ; 3°. que l’action de l’échappement ne puisse en aucune manière changer la nature des oscillations du régulateur, c’est-à-dire, que si les oscillàtions libres du régulateur sont isocrones , ces oscillations le soient également après l’application de l'échappement à l’horloge; 4". que l’échappement n’exige point d'huile , en sorte que les frotteinens gu’il éprouve soient les plus petits possible, et que par conséquent les variations qui pourraient survenir dans ces frottemens ne soient jamais capables d’affecter la marche de l’horloge , ou d’altérer l’isocronisme de ses oscillations.L échappement à vibrations libres réunit tontes ces propriétés. L’échap|>emont à repos entraîne nécessairement par sa nature, et des frottemens et des variations qui en sont la suite; en sorte que, quelque parfaite qu’en soit l’exécution , comme il exige de l’huile, il entraîne par là des résistances variables très-nuisibles.- Dans l’échappement, à vibrations libres , le moment d'impulsion de la roue sur le balancier se fait de manière à n’éprouver que lë plus petit frottement, et sans qu’il soit nécessaire d’employer l’huile.
838. Cette espèce d’échappement, inventée par Berthoiul, fut fnodiliée de différentes manières par Le Roy , Thomas Mudge, Dutertre, Robin , et plusieurs autres artistes. '
première variété. — Échappement de Mudgp. PI. XXX, Cf5- 3.
83q. Cet échappement a beaucoup d’analogie avec l’échappement à repos des horloges à pendule et à secondes. A est la
roue «l'échappement , et B l'ancre. Voici comment la roue restitue la force au balancier, à chacune de ses vibrations. L’axe a de l’ancre porte la fourchette a b; chacun des bras de cette fourchette fait l’office de dent , pour agir sur les palettes formées sur deux cylindres que porte l’axe du balancier B B ; chacune des branches ou dents de cette fourchette agit successivement sur une des plettcs, et en sens contraire, selon que le balancier va et revient. Cette action de la fourchette sur les plettes s’exerce en un temps très-court ; en sorte que le balancier se trouve isolé, et par conséquent oscille librement, pendant que l’action de la roue est suspendue sur les portions de cercle de l’ancre d’échappement B. ,
df.exiême VARIÉTÉ. Échappement de Bcrltioud. PI. XXVI, fig. 37. ,
840. A est le cercle d'échappement , C la roue, abe la détente ; le*bras a de la détente silspend la force de la roue pendant que lé balancier oscille librement ; le ressort cl sert à ramener cette détente aussitôt que la pletle c a achevé d’écarter le bras b : c’est en ce moment qu’une dent de la roue va agir sur le rouleau k, porté par le cercle d’échappement A , et transmet sa force pour entretenir le mouvement du balancier; celui-ci ayant achevé son oscillation, revient sur lui-même, et, en rétrogradant , la palette c rencontre le bout b de la détente ; mais elle cède , en s’écartant de ce bras, et se rapprochant vers le centre du cercle éloigné de b; le ressort fia ramène, pour la remettre en prise , lorsque le balancier a achevé son oscdlation ; en sorte qu'en revenant , cette plette c se présente de nouveau au bras de la détente pour dégager la roue, et restituer de nouveau 1 impulsion au balancier.
quatrième espèce. — Échappemens à remontoir. .
84 1. Cette espèce dechappement a été inventée-par Thomas Mudge. Le but de l’auteur a été de conserver au régulateur une constante égalité d’étendue dans ses yibrations.
^Dans tous les .échappemens dont on a fait usage, soit dans les horloges ou dans les montres, jusqu a l'époque où l'échappement libre à remontoir a été publié , l’action de la roue d’échappement agit immédiatement sur le régulateur, et lui imprime la force qui lui est transmise par le rouage et le moteur, sans modification ; en sorle' que celte force ne peut être considérée comme parfaitement constante , à cause des- inégalités des engrenages , des frottemens des pivots , et de peu s même du moteur. Dans le nouvel échappement libre* remontoir, la roue d’échappement n’agit pas immédiatement sur le régulateur ; mais , à chaque vibration, elle bande un ressort jusqu’à un point fixe et déterminé. Ce ressort, au retour du balancier, est lâché; de sorte qu’en se débandant, sa force restitue au balancier celle nécessaire pour entretenir son mouvement ; d’où il parait que cette force doit toujours être constante , et par conséquent doit imprimer au balancier la même action, et que celui-ci doit décrire des ares^constamment de même étqpduc.
première, variété. — Échappement à remontoir pour les pendules ^par .
M. Briguct. PI. XXVI , fig. »8 (a).
84 a- A est le dernievmobile qui tend à marcher de drcfhe à gauche. — B , roue garnie de six dents courbées, adaptée à l’axe de la roué A ; — - C, pignon qui engrène dans la roüe A , et qui doit faire six révolutions pour une <îe la roue A . — D, volant qui v entre à frottement doux dans l’arbre du pignon , et qui , par le
* (a ) Essai sur la composition des machines, par MM. Lantz fl Betuncourt.
/Te la composition des Machines. 44 *
moyen d’uu petit ressort qui le presse, lui permet de continuer son mouvement, quand le pignon se trouve arrête subitement. — E, aile ou petite traverse d’acier fixée sur l’arbre du pignon C, qui s’appuie contre la pièce d’arrêt F, laquelle tourne sur le pivot r. — G, qjbre qui porte trois pièces: i°. la pièce c, qui, d’un côté, est taillée en forme de dent courbe d, et qui. du côté opposé a deux entailles pour foriher deux dents à rochet e,f ; la .première de ces deux entailles sert pour arrêter le mouvement de l’arbre , au moyen de la pièce d’arrêt H ; et la seconde , pour donner l'impulsion au pendule, quand l’arbre se trouve entièrement libre; a°. une goupille, ou petit rouleau g fixé dans la pièce c, pour lever l’arrêt F ; 3". un petit poids h , qui , par le moyen d’une vis , peut s’approcher ou s'écarter de l'axe , pour régler la force de l’impulsion que doit recevoir le pendule, suivant l’arc qu’on désire qu’jl décrive dans son oscillation; — H, pièce d’arrêt qui peut tourne;- très-librement sur son centre, qui est fixé à la cage du rouage. — II, lentille du pendule suspendu à la partie supérieure. — L L, pièce de cuivre fixée à la lentille du pendu le. t- M , petit levier très-léger, qui, d’un côté, peut tourner sur son pivot », et de l’autre s’appuie sur uije goupille l ; il porte lui-même un petit couteau saillant m , qui sert à décrocher la pièce d’arrêt H, et laisser libre le mou ventent de l'Arbre G. — N , comîau sur lequel le pendule reçoit l’impulsion. Sa saillie ou élévation tloit être telle qu’il puisse passer librement derrière la pièce d’arrêt H , et avoir une partie engagée dans l’épaisseur de la pièce Cf sa hauteur, ou partie inférieure doit, dans son mouvement, effleurer le bout de la dent/1, sans cependant la toucher.
8/(3. Le moteur tend à faire tourner la roue A , la traverse E
se trouvant arrêtée par la pièce F : supposons que la lentille soit* sur le poirrt de commencer son oscillation de droite à gauche, 4e couteau saillant m , du petit leyier M , touchera le boutfle la
pièce d'ag-êt H , el décrochera la dent e , en même temps que le couteau N se présentera (levant la dent, d’impulsion/. L’arhre G, se trouvant entièrement libre, est sollicité, tant par le poids de la dent d, que par le petit poids /», à tourner de droite à gauche; et, comme son mouvement est plus rapide que celui du pendule, il atteint 1» couteau N.et. lui donne l’impulsion, puisque^ la dent f s’élève dans son mouvement. L’arbre G continuant à se mouvoir, la goupille g touche la queue deTarrêt F , et laisse le volant D libre , en même temps que la dent d va se présenter devant la deut p. Pour lors , tandis quç le volant fait une révolution, la dent p agissant sur la dent d, conduit l’arbre G à sa première position, la pièce F arrête le volant, et la pièce H arrête l'arhre G. Le pendule marchant de gauche à (boite ne trouve d’autre obstacle que la tête de la pièce H, sur laquelle touche le couteau m; mais étant tous deux taillés en plans inclinés, le levier M s’élève et retombe ensuite à sa première position.
deuxième variété. — Écfmppemèht à repwntoir de M. B réguet , pour les montres. PI. XXVI , Gg. ig (a).
844- A A est une platine de métal sur la quelle se fixe tout l’échappement ; et, p®ur bien entendre son mécanisme, il faut y distinguer trois parties. La première partie est composée i“. des roues B B' d’arrêt, et D d’armure faisant corps ensemble. La roue B B'; est soumise à l’action du motenr primitif, par une espèce d’engrenage qui tend à la faire tourner dans le le sens B C B 1 ; a°. d’un pignon g qui engrène dans la roue d’ar- . rét B B' , et qui a un nombre de dents égal au nombre dé celles de la roue d’arrêt, quf correspondent g l’espace entre deux dents consécutives de la roue d’armure. Par "ce moyen, le pignon peut, à- chacune de ses révolutions, se trouver vis-à-vis d’une
( o ) Berthoud , Histoire de la mesure du temps. - ,
3'»# DKS MODÉRATEURS,
des dénis de la roue d’armure. L'axe de ce pignon poste un volant i g h : la branche g i de ce volant est plus courte que l’autre £ A à lextremité de laquelle est fixée une petite pièce d’acier; 3e. d’un ressort d’arrêt rrF, à angle droit, sur la direction du volant lixé à son extrémité. rr, et qui, environ vers “lies deux tiers de sa longueur , a un rubis saillant V, qu’on peut faire aussi de tonte autre pierre line ou d’acier trempé. Dans l’état de la machine représentée par la ligure, ce rubis appuie contre l’extrémité h du volant ; il fait donc l’oflice d’un arrêt qui empêche ce volant de se mouvoir d^ns le sens où le pignon g , sollicité par la roue B B tend à le faire tourner, suspend ainsi la révolution de la roue B B1, et par conséquent l'action du moteur; mais si une cause quelconque fait plier le ressort rrF du côté du pignOn g , à l’instant où le rubis se trouvera vis-à-vis de l’entaille qui est près de l’extrémité h', le volant s’échappera, fera une-révolution ; et , si au bout de cette révolution le ressort r r F a pris la première position , la pièce A i s’arrêtera contre le rubis V, et n’ira pas plus Join.
■ 845. La seconde, partie est composée , 1°. d’un ressort G de
pulsion et courbe à son extrémité. Ce rq^sort est la pièce qui , ainsi qu’on le verra bientôt , sert à restituer au régulateur la force à chaque oscillation : il porte un mentonnet ou loquet dans lequel-il y a un petit rubis saillant sur sa surface inférieure. Ce loquet et ce rubis servent avec lp pièce qu’on va décrire, à . arrêter le ressort de pulsion lorsqu’il a été plié par la roue d'armure D D * .qui lui transmet l’action du moteur primitif ; 2”. d’un ressort d’accrochement a H lixé à son extrémité a , silr lequel est attaché un autre réssort N, extrêmenftnt faible, ï^e ressort. H porte un rubis destine* à entrer dans l’entaille du " ressort G , et à fixer ce ressort lorsqu'il est bandé. Un autre rubis, placé à son extrémité s, retient le ressort N, de manière
que le bout de ce ressort , pressé de droite â gauche , n’oppose qu’une très-faible résistaucé; et que , pressé de gauche à droite,’ il reporte sur le rubis s tout l'effort qu'il éprouve , et , fusant plier le ressort H , dégage l’autre^ubis fle l’entaille du loquet. Le ressort fl porte à son eitrémitéun talon contre lequel s’arrête le rubis du ressort de pulsion G , lorsque ce ressort G a été bandé parla roue DD'. Le ressort N s’appuie sur une goupille liage au talon , et à ce ressort N est attachée une pièce K , à deux faces parallèles , dont chacune fait l’effet d’un plan incliné. La pression qu’une cause quelconque pourrait exercer sur la face inférieure , soulèverait- avec le plus petit effort , le ressort N ; eula pression que cette même cause pourrait ensuite exercer sur la face supérieure, se reporterait en entier sur la cheville c, abaisserait le talon et dégagerait le rubis du ressort H.
846- La troisième partie consisté dans les pièces K et b ^ portées par l’extrémité supérieure de l’axe du balancier, et qui sont placées à un quart de circonférence l’une de l’autre. Lorsque l’oscillation du balahcier se fait de droite à gauche , la pièce K fait plier le ressortet passe outre; et, comme la pièce b est placée en-dfssus du plan de la roue d’arrêt B , et au-dessous du ressort H, l’oscillation dé droite à gauche s’achève librement , et sans aucun obstacle que la flexion du ressort N. Mais lorsque le balancier fait ensuite l’oscillation de gauche à droite, ou dans le sens contraire, la cheville K fait presser le ressort N contre le . rubis r, le ressort H se plie, le rubis o se dégage du loquet, et le ressort G, abandonné à lui-même, produit l’effet dont nous parlerons bientçt.
847- On conçoit aisément par la description des trois articles précédens , comment la force motrice sc répare , et comment le mouvement se perpétue. A l’instant. ou le rubis du ressort H . esf dégagé d« l’entaille du loquet du ressort G, ce ressort vient
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le frapper , et restitûer ainsi au balancier la force qui lui est nécessaire pour achever son oscillation ; aussitôt après cette première percussion, la même extrémité q frapper le bout de F r r, le fait plier , et rçnvajeje rubis V vis-à-vis l'entaille du volant ih: ce volant devient libre alors ;èt la force motrice primitive qui agit sur la roue B B', et de suite sur le pignon, lui fait décrire^ ne révolution, au bout d§ laquelle, trouvant le ressort F rr à sa première place, il l’arrête de nouveau contre le rubis V; mais pendant cette révolution , une dent de la roue D D' agit sur unedentà l’extrémité tj du ressort G, qu’elle a forcé par conséquent de retourner en arrière , ue .cessant son action , d’après le rapport établi entre les dentures de B et de D , que lorsque le rubis p du ressort H est rengagé dans le loquet ; tout revient au premier état , et ainsi de suite.