CHAPITRE III
Des operateurs pur frottement.
ioo5. La classe des operateurs par frottement se divise en trois geûres : limes , meules , polissoirs. *
4t6 DES OPÉRATEURS PAR FROTTEMENT. ‘ *
GENRE PREMIER. — Lime». <• ,
too6. Nous placerons- dans ce genre les limes proprement
dites , les râpes creuses, et les chardons.
* PREMIÈRE ESPÈCE. LimCS.
roo^. On connaît deux sortes de limes : les unes appelées limes , sont employées à travailler les métaux ; les autres portent le nom de râpes ; elles sont employées à travailler le bois , ou des substances analogues. • ' •
ioob. Les limes diffèrent des râpes, en ce que les aspérités des premières sont faites avec des ciseaux qui , creusant dans l’acier deslignes parallèles et croisées, isolent des parallélipipèdes aigus qui peuvent ronger les métaux , et que les secondes sont faites avec des poinçons , qui creusent des trous triangulaires , et soulèvent des aspérités de forme pyramidale, à base triangu- ’ laire ; c'est par faction aiguë du sommet de ces tétraèdres sur des substances molles , que le bois et les autres corps tendres sont rongés. *
1009. Il existe de nombreuses variétés parmi les limes. Le unes doivent être grosses et fortes , et avoir de grandes tailles ; elles sont destinées à ébaucher de gros ouvrages , sur lesquels il faut enlever une épaisseur plus ou moins grande de métal. D'autres doivent être douces et avoir des entailles Unes et rapprochées , et des grains tins ; elles sout destinées à polir les surfaces, et à faire disparaître les petites aspérités qui les couvrent. Quelques limes doivent avoir leurs surfaces planés (PI. XX XIX, lig. 1 et a); elles sont destinées à dresser des plans. D 'autres doivent avoir leurs surfaces courbes (lig. 4), pour pouvoir creuser ou pénétrer dans des sinuosités. Plusieurs doivent être cylindriques, ou coniques, pour commencer , ébaucher et agrandir les . .
trous formes dans les métaux : enfin quelques limes, destinées aux travaux de l'horlogerie et de la bijouterie, doivent être petites et délicates.
On divise les limes, dans le commerce, relativement à leurs grains et à leurs entailles, en trois variétés ; rudes y bâtardes et douces. On les divise de plus en cinq autres variétés, relativement à leur forme, i°„ carrées; a”, plates ( fjg. i ); 3”. triangulaires ( fig. *2) ; 4°- demi-rondes { fig. 4) ; 5*. rondes ( lig. 3 ). Ce sont celles qui sont le plus généralement employées. On en fabrique encore qui ont des for nies extrêmement variées , ce qui dépend des destinations qu'oi^Pur donne. L’outil représenté lig. 8 (PI. XXXIX), dont se servent les corroycurs, peut être considéré comme une sorte de limé. Les limes représentées fig. 9, 10 et n s’appellent queues-de-rat.
* deuxième espèce. — Râpes creuses.
1010. Les râpes creuses , dont une des plus simples %st représentée fig. 6 (Tl. XXXIX), sert à pulvériser ou à réduire en petits fragmens des fruits ou autres substances analogues : on connaît plusieurs variétés de râpes creuses que nous nous réservons d'indiquer dans le Traité des machines d’agriculture.
troisième espèce — « Chardon à bonnetier ou à foulon. .
ion. Les fig. 12 et 1 3 (PL XXXIX ) représentent deux instrumens de cette espèce qui servent à drapée ou à faire ressortir le poil des étoffes de laine.
GENRE DEUXIÈME. —Meul«.
Il y a deux espèces de meules , meules à aiguiser et meules à pulvériser. •
De la composition des Machistes.
première espèce. — Meules à aiguiser. ' .
1012. On donne ordinairement le nom ■ a aiguise ries aux usines où l’on aiguise et où l’on polit les lames des instrumens tranchans. Elles contiennent une on plusieurs grosses meules de grès, et plusieurs autres meules plus petites de pierre et de boig de différons diamètres; quelques-unes de ces usines ont pour moteur une roue hydraulique , comme on le voit fig. 28 , 32 ( PI. XXXIX) ; dans quelques autres,- des hommes font tourner des manivelles , et elles sont disposées d’une des manières^idiquées lig. 19 , 20 et 23 ; la meule de la fig. 20 est horizontale; les diamantaires adoptent communément cette dernière disposition.
deuxième espèce. — Meules à pulvérisation.
PKEMitkE variété. — Aïeules horizontales à moulure. PI. XXX VIII , fig. i5 ,
m 16 et 17.
ipi3. Nous réservons les détails qui concernent ces meules, au Traité des machines d'agriculture.
DEcxitMP* variété. — Aïeules évlutncrées. PI. XXXYIII , fig. 18 ctao, 19
ei as. .
1014. Ces sortes de meules sont employées dans des opérations de métallurgie «
troisième variété. — Meules cylindriques verticales. PI. XXXIX, fig. 33,
34, 35 et 36. ’
1015. Les quatre figures indiquées représentent une machine employée dans les usines où l'on confectionne la poudre à canon. La fig. 19 (PI. XXXV II ) représente une autre sorte de meule verticale qui sert à écraser les pommes destinées à la formation du cidre.
quatrième variété. — Meules coniques verticales. PI. XXX VIII , fig. 1.
1016. Lorsque les meules verticales ont une épaisseur considérable, relativement au diamètre quelles ont à décrire , il est évident quelles ne pourraient tourner si on ne leur donnait la forme d’un tronc de côue.
GENRE TROISIEME. — Po!i««oir».
1017. Nous distinguerons quatre espèces de polissoirs, polissoirs de corps sphériques , polissoirs de corps cylindrique* , polissoirs de surfacejyplanes , et polissoirs de surfaces courbes quelconques. •
première espèce. — Polissoirs de corps sphériques. PI. XXXVIII, fig. 4
• et 7.
iot8. On place les corps que l’on veut polir dans des tonneaux ( lig. 4 ) > ou bien dans une caisse ( iig- 7 ) qpe l'on fait tourner rapidement ; le résultat de ce mouvement est d'émousser toutes les parties saillantes des corps, et de leur donner la forme globulaire. ’ m
deuxieme espèce. — Polissoirs de corps cylindriques. „ Machines à polir les aiguilles.
1019. Pour polir les aiguilles on les dispose dans des rouleaux de la manière suivante : On prend plusieurs morceaux de vieille toile , qu’on recouvre d’un morceau de toile neuve à tissu serré et mouillée. Sur le fond de ce ttc^ toile on place üue couche de matière à polir, qui est ordinairement un sclüsle argileux mi-cassé, réduit en poudre et passé au tamis, ou bien #de l’émeri en poudre ; l'on met par-dessus plusieurs rangées d’aiguilles, on Tes recouvre de nouvelle matière sur laquelle on place une autre rangée d’aiguilles. Après avoir placé cinq couches
d’aiguilleS, entre sis couches de matière à polir, on arrose le tout d’huile de colza ; on forme avec la toile uu paquet serré c d, fig. i4 ( PI. XXXIX ) , qu’on lie fortement par les bouts et par le milieu.
îles rouleaux sont placés sur une table ; on les recouvre d’un plateau du poids de 4® à 4$ kil. : on donne , soit à bras , soit par le moyen d’une roue hydraulique, un mouvement de va et vient à ce plateau, qui, par sa pression , procure un mouvement de rotation au rouleau ; les aiguilles sont foulées continuellement sur elles - mêmes et sur la matière à polir ; elles obtiennent ainsi un premier poli.
1020. Les rouleaux sont ensuite déliés, les aiguilles versées dans une. sébile recouverte de sciure de bois et introduite dans un tonneau représenté fig. 18 et 24 , (PI. XXXIX ), qu'on tourne avec plus ou moins de vitesse , afin de ressuyer et de dégraisser leur surface; puis 011 les fait tomber dans un van de cuivre qu’on place au-dessous de l’ouverture du tonneau.
Les ouvriers vannent les aiguilles, comme on vanne le blé; . la sciure %eovole , et les aiguilles se séparent de la matière à polir, que l’on jette.
Elles sont ensuite versées pêle-mêle dans une boîte , pour y être arrangées parallèlement par un mouvement oscillatif et tremblé.
On répète une dizaine de fois cette série d’opérations en changeant la matière à polir. Les dernières fois on les place sous le plateau, en les arrosant seulement d’un peu d’huile.
Enfin on termine le polissage en essuyant les aiguilles une à une avec un linge.
Variétés principales. •
1021. Il y a des machines à polir les aiguilles dans lesquelles
DES OPÉRATEURS PAH FROTTEMENT. !\li les plateaux sont mobiles ; dans d’ autres , les plateaux sont . fixes, et le mouvement de va et vieut est communiqué à la table.
première variété. — Polissoirs à plateaux mobiles.
première socs* variété. — Polissoir m u par de s hommes. PI. XXXIX , fig. 2 g*
1032. — a b, plateau supérieur mobile ; — c d, tige verticale de ce plateau; e , levier qui fait mouvoir la machine; — i , rouleau d'aiguilles à polir. Ou voit que la tige c d a son point d’appui en e autour duquel elle oscille , de sorte que le plateau a un mouvement alternatif circulaire.
deuxième socs-variété. — Polissoir mu par une roue hydraulique. PI. XXXIX , fig. et 3o, 37 et 3i. Élévation, plan.
ioa3. — A, roue hydraulique; — f, arbre sur lequel est placée " une roue dentée g y cette roue engrène avec une lanterne m , qui porte une manivelle n , laquelle met en mouvement la tringle o; celle-ci s'attache a un levier horizontal p, emmanché dans un second arbre q , et lui procure un mouvement d'oscillation.
deuxième variété — Polissoirs à plateaux fixes. PI. XXXIX , fig. 2 5.
1024* Comme l'oscillation d’un plateau droit sur une table plane , occasionc des pressions inégales , M. Mollard a fait construire des polissoirs ( fig. a5) dans lesquels le mouvement de va et vient est communiqué à la table 1 1 , sur laquelle sont les rouleaux et les plateaux qui les recouvrent : il résulte de ce seul changement une pression uniforme , plus avantageuse au poli des aiguilles. *
Les plateaux supérieurs a , a , a, peuvent être soulevés, pour y placer dessous les rouleaux , par les leviers K R K.
\ii DES ÔÏÉRATEÜRS PAR PERCUSSION.
troisième espèce. — Polissoirs de surfaces planes.
♦ * ioa5. première variété. — PoUssoirs à main. PI. XXXYIII , figure» 5 ; i3 ■
et 1 4. Élévation et plan.
m deuxième variété. — Polissoir à ressort. PI. XXXVIII , fig. 6.
troisième variété. — Polissoir à corde croisée. PI. XXXVIII, fig. aï.
quatrième tariété. — Polissoir à manivelle et à rochet. PI. XXXVIII,
fig. a3.
chiquième variété. — Polissoir à roue tournante. PI. XXXVIII , fig. 10.
sixième variété. — Machine à polir les glaces de S. IMefonse. PI. XXX VIII ,
fig. 1 1 .
septième variété. — Polissoir il ressort cl à arc pour polir de petites surfaces.
PI. XXX V 111 , fig. 8 et g.
Tons ces polissoirs seront décrits dans le Traité spécial des machines employées dans les constructions diverses.
quatrième espèce. — Polissoirs de surfaces courbes.
ioï6. première variété. — Polissoir à poids qui agit sur la surface d'une roue.
PI. XXXVIJI , fig. is.
deuxième variété. — Polissoir à cylindres tournons. PI. XXXVIII, fig. a
et 3.
troisième variété. — Brunissoir à manivelle. PI. XXXVIII, fig. a4.
• quatrième variété. — Brunissoir à main. PI. XXXIX , fig. y.
cinquième variété. — Brosse cy lindrique tournante. PI. XXXIX , fig. ai.
sixième variété. — Meule de bois. PI. XXXIX, fig. aa.
DES OPÉRATEURS PAR PERCUSSIONS^ 4*3
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