‹ Traité complet de métallurgie (volume 2)Chapitre 11 sur 159 · CRISTALLISATION · texte numérisé non relu

CRISTALLISATION

de canons de fusil depuis longtemps en usage (1). Nous possé* dons des octaèdres solides d'assez grandes dimensions et assez nets, ainsi que des octaèdres évidés en fonte de fer. M. Faraday ' nous a remis un petit morceau de fer en barre, laminé, presque cylindrique et longtemps chauffé dans un pot de verrerie : il est très-cristallin et offre sur sa plus grande surface des traces très-nettes d'octaèdres évidés. Nous sommes également redevable à M. Sopwith d'un autre échantillon de fer méplat, ayant séjourné dans un pot de verrier; sa cassure est trèscristalline et brillante; une fissure distincte traverse longitudinalement la cassure, mais elle n'est pas tout à fait au centre ; les plans de clivage sont perpendiculaires à la surface extérieure, qui est recouverte d'oxyde noir, sauf sur quelques points, où le métal est d'un éclat et d'une blancheur qui rappellent l'argent. Contrairement à l'échantillon précédent, la surface n'est pas du tout cristalline, bien que couverte d'empreintes hexagonales très-déliées qui feraient croire à une structure en colonnes. Nous avons examiné des échantillons de fer Bessemer, dont la cassure est très-cristalline. M. le professeur Miller, de Cambridge, nous apprend que ce fer consiste en un agrégat de petits cubes. « Les cristaux, ajoute-t-il, sont « très-imparfaits, comme on doit s'y attendre, puisqu'ils n'ont « pas de place pour développer leurs faces; je crois toutefois « qu'il n'y a pas le moindre doute quant à leur forme ; j'en ai « mesuré quelques-uns dont les angles ont 90° ; ils appartien- « nent, par conséquent, au système cubique. » Nous avons lieu de penser que les cristaux examinés par M. Miller étaient exempts de carbone; on pourrait objecter néanmoins que ces observations s'appliquent à du fer impur; or, il est permis de répondre à cette objection que la proportion de matière étrangère, par rapport à celle du fer, est insignifiante, et qu'il n'y a pas à notre avis, d'exemple d'altération dans le système cristallin d'un métal, que l'on puisse attribuer à la présence d'une

(1) L tf. K. Jahresb., p. 381 ; 1847.

quantité relativement aussi minime de matières étrangères.

M. Poumarède affirme que le protochlorure de fer est réduit par la vapeur de zinc à l'aide du carbone, et que le fer mis en liberté sous la forme dendritique, et souvent de tétraèdres ' creux, a une densité de 7.84(1).

M. Fuchs a émis l'opinion que le fer est dimorphe et qu'il cristallise dans les systèmes cubique et rhomboédrique ; mais ses arguments à l'appui de cette opinion ne sont pas convaincants; il admet que le fer malléable appartientau système cubique. 11 n'y a guère de doute sur ce point, bien que M. Fuchs ne puisse pas le conclure par analogie et en s appuyant sur ce fait que « tous les autres métaux malléables cristallisent dans ce sys- « tème ; » car, le zinc, qui est sans contredit un métal malléable, appartient au système rhomboédrique, et le composé métallique de titane qui se forme sur les soles des fourneaux, est cassant et cristallise pourtant dans le système cubique. M. Fuchs suppose que la fonte de fer appartient au système rhomboédrique, et que l'acier consiste en un agrégat de cristaux cubiques, dont la proportion dans le mélange varie suivant la trempe; les cristaux rhomboédriques prédominent dans l'acier trempé dur, et les cristaux cubiques augmentent proportionnellement à la douceur du métal, « Les deux variétés de fer dans « l'acier peuvent être regardées comme à l'état de tension « constante, ce qui explique peut-être pourquoi l'acier retient « dune manière permanente le magnétisme transmis, tandis « que le fer malléable ne le retient pas (2). »

Magnétisme. — Le fer est fortement attirable à l'aimant, mais à 1 état de pureté il perd promptement la faculté magnétique développée par induction. M. Matteucci a reconnu qu'une perle de fer fondu au chalumeau à gaz oxyhydrogène était attirée par l'aimant (3).

(1) 1. 1*. K. Jahretb., p. 281 ; 1847.

(2) Chemical gazette, t. -XI, p. 94; 1853.

(3) L u. K. Jahresb., p. 255; d853.

Page 1