FER PUR
lante et très-adhérente; l'opération étant bien conduite, le dgpôt est limité si exactement à la surface du cuivre, et affecte si peu les traits de la gravure, qu'on ne peut distinguer l'impression d une planche après aciérage de celle de la même planche brute en cuivre. L'éclat du fer précipité est remarquable ; on n'a cependant pas réussi jusqu'ici à augmenter l'épaisseur de cette couverte en lui conservant son poli. On a recours pour cette application à une solution de fer contenant du cyanure de potassium. Nous avons fait sur le fer ainsi précipité de nombreux essais dont le détail trouvera place plus loin. A la température ordinaire, l'acide chlorhydrique ou sulfurique ne l'attaquent pas sensiblement; mais à une douce chaleur, il se dissout en dégageant de l'hydrogène qui n'exhale pas la moindre odeur fétide. Barruel rapporte que du fer galvanique conservé pendant bien des années dans une armoire où il se formait constamment des vapeurs acides, ne présentait pas la trace la plus légère de rouille (1).
D'après nos expériences, le fer déposé se rouille promptement sous l'influence de l'air humide. M. Matthiesen croit avec raison à une plus grande conductibilité électrique du fer galvanique que de toute autre variété du commerce. Il est susceptible d'un très-beau poli ; la surface brunie est d'un blanc grisâtre : sa densité est de 8.1393. Nos échantillons étant de petites dimensions et très-minces, la détermination de la densité exigea des soins particuliers. M. Smith a fait six déterminations sur divers fragments; celle qui a été citée est la plus exacte. Dans les autres essais, les extrêmes avaient été 7.9405 et 8.107. Le morceau qui donna 8.1393 avait 0m.03 de long et 0-.018 de large. A l'air, il pesait 0".39, et dans l'eau 0fr.33; on le fit bouillir pendant une heure et demie dans l'eau, où il se refroidit, et on le pesa exactement à la température de 15°. 5 C. La malléabilité du fer déposé par la pile ne souffre pas d'un refroidissement subit après avoir été soumis à une forte cha-
(I) Traité de Chimie technique, etc. Paris, t. III, p. %i ; 1857.
leur. Des lamelles plongées au rouge dans du mercure ne durcissent pas et ne deviennent pas moins flexibles ; nous ne nous rappelons pas qu'un seul échantillon de fer du commerce, en feuilles les plus minces, ait résisté à ce traitement sans durcir sensiblement et sans devenir plus rigide.
Le fer se précipite dans une solution d'un sel de protoxyde, tel que le protochlorure ou le sulfate ; la présence du chlorure d'ammonium serait essentielle, dans ce cas, pour obtenir une surface lisse, polie et d'un aspect aciéreux. Sous l'influence d'un courant très-énergique, il s'échappe beaucoup d'hydrogène, et le métal précipité, vu sur une certaine épaisseur, paraît poreux et spongieux. Si après l'avoir lavé, on le fait sécher sur de la potasse caustique, il exhale pendant trèslongtemps une forte odeur d'ammoniaque; au rouge, l'odeur d'ammoniaque augmente, puis disparaît; bouillie dans de l'eau, la poudre du précipité laisse dégager abondamment de l'hydrogène. M. Meidinger pense que le fer précipité est combiné avec une très-petite quantité d'azote, et produit un alliage aciéreux; il a constaté la présence de 1 .5 pour 100 au plus d'ammonium dans un échantillon sentant fortement l'ammoniaque. M. Kramer a trouvé 1.49 pour 100 d'azote dans un précipité identique ; le fer ressemblait par ses caractères physiques à du fil de fer exposé au rouge à un courant ammoniacal (1). Ces assertions sont peut-être correctes, mais elles méritent confirmation.
Cristallisation. — Le fer cristallise dans le système cubique. Wôhler a décrit des cristaux de fer cubiques et octaédriques, obtenus artificiellement : ceux-ci tapissaient les cavités d'un gros cylindre de laminoir en fonte ; ceux-là avaient été retirés de la cassure de plaques de fonte chauffées pendant longtemps au rouge blanc dans le massif d'un haut fourneau (2). M. Augustin a remarqué des cubes distincts sur la, surface de cassure
(1) L. u. K. Jahresb., p. 504 et 305; 1801.
(2) Bereéïius, Jahresb» t. XIII, p. 116.