‹ Traité complet de métallurgie (volume 2)Chapitre 114 sur 159 · francs 29.000 fr · texte numérisé non relu

francs 29.000 fr

Savoir: Pour achat de minerai 3.000

Pour achat de charbon de bois 25.000

Salaires des ouvriers t 1 .000

Prix de revient de 100 kilogrammes de fer. . . 40.65

Prix de vente à l'usine en 1840 43.00

Bénéfice net 2.65

Nous ferons remarquer que la main-d'œuvre, par tonne, entre pour 59 fr. 50, et Tachât du charbon pour 247 fr. 60. De bon fer en barres coûte actuellement (avril 1862) 150 francs par tonne environ, en Angleterre.

Si Ton tient compte des facilités dues à la vapeur pour les communications par terre et par eau, et de la production énorme de fer en barres dont la qualité répond à plusieurs au moins des usages auxquels on appliquait le fer des forges catalanes, et dont le prix est généralement au-dessus du tiers du chiffre indiqué, il est évident qu'il n'y a relativement que peu de localités en Europe où ces forges puissent travailler avec profit. Dans les contrées montagneuses, abondantes en minerais riches et en bois propres à faire du charbon, le procédé catalan peut prospérer, si ces régions ne sont pas encore reliées aux chemins de fer; mais assurément il ne réussirait pas dans les localités favorisées sous le rapport du minerai, du combustible et de l'eau, s'il n'était protégé contre la concurrence du fer fabriqué par les procédés modernes, par le taux élevé des transports ou par d'autres cir-

constances. Les avantages de oe procédé sont que les frais d'installation et de roulement sont insignifiants, et que la consommation de charbon de bois est relativement faible.

M. François a fait quelques remarques judicieuses qui trouveront bien ici leur place, sur l'ignorance des maîtres de forges catalanes.

« On a lieu de s'étonner de la rétribution de l'ouvrier dans « nos forges, rétribution qui souvent s'élève pour les maîtres « à 8 francs et au delà par jour de travail. Mais en pénétrant « dans les Usines, on s'aperçoit bientôt que l'ignorance du « maître de forges et l'abandon dans lequel il laisse son usine, « motivent jusqu'à un certain point les prétentions des once vriers. On a souvent parlé de l'inutilité de celui qui est « chargé du feu, du foyer. J'avoue qu'il n'est pas indispen- « sable avec un maître de forge éclairé dans la pratique des « forges ; mais dans l'état actuel et complètement négatif de « ses connaissances, ce dernier peut-il songer sérieusement à « exercer une influenoe quelconque sur les forgeurs ? 11 subit o la loi de l'ouvrier, et il la subira tant qu'il sera exolusive- « ment marchand de fer, tant qu'il s'humiliera devant la préo tendue omnipotence de la routine, et qu'il niera la coopé- « ration efficace de la science appliquée (1). »

Les préjugés, l'obstination et l'insociabilité des ouvriers des forges catalanes ont été parfaitement mis en évidence dans les ouvrages de Richard, de M. François et d'autres ingénieurs versés dans la théorie et la pratique de l'art. Malheureusement les ouvriers des usines anglaises n'ont que trop souvent présenté les mêmes défauts, à leur détriment, comme à celui de leurs patrons. Aujourd'hui môme, des tentatives d'innovation rencontreraient, dans certaines localités du moins, une opposition violente de la part des ouvriers. Ceci ne paraîtra pas surprenant ni étrange, si nous considérons que ces

(1) Ouvrage cité, p. 357.

hommes, ayant acquis par une longue pratique et un travail pénible une habileté spéciale qui trouve un bon prix, craignent que des innovations ne viennent diminuer la valeur de leurs services. Et, sans contredit, les innovations ont causé à l'origine, dans certains cas, une grande détresse ohez des ouvriers industrieux et méritants; mais la résistance est complètement inutile. Si les perfectionnements sont rejetés dans une localité, ils s'implantent et prospèrent dans une autre. On pourrait citer de nombreux exemples d'industries florissantes qui, par suite de l'opposition acharnée et systématique des ouvriers contre tout perfectionnement, ont disparu dans une ville, mais seulement pour revivre avec plus de vigueur dans une autre. L'enseignement à tirer de là, c'est que l'ouvrier ne devrait pas chercher en désespoir de cause à retarder ou à arrêter la loi irrésistible du progrès, mais plutôt à se conformer de bonne grâce à des circonstances inévitables. Les hommes vraiment intelligents et habiles reconnaîtront que c'est le parti le plus prudent, et à la longue ils n'auront probablement pas à s'en plaindre.

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