‹ Traité complet de métallurgie (volume 2)Chapitre 118 sur 159 · PROCÉDÉ LIGURIEN · texte numérisé non relu

PROCÉDÉ LIGURIEN

elles ne sont pas visibles, môme avec la loupe, leur présence se trahit par l'odeur de l'acide sulfureux dégagé pendant le grillage. De vieilles fontes et des ferrailles étaient traitées simultanément avec le minerai. Le minerai et le charbon se chargeaient de la môme manière que dans les forges pyrénéennes.

Voici quelles étaient les consommations et les produits avant les modifications :

Minerai en morceaux 1 90.08 \ ^ „

Minerai menu 47.65)

Fonte 23.82 25.82

Ferraille 15.88 15.88

Charbon de bois 428.81 698*72

Rendement général du fer en barres \

carrées (quaroni), pour lesquelles I

il faut, en outre, 135 kilograra-^ 135.00 131.80

mes de charbon de bois, afin de |

les étirer en barres marchandes. ) Fer en barres marchandes 125.21

N° 1 . Aux forges de Tripalda et de Prato.

N° 2. Aux forges de Sassello.

C'est à Tripalda, où pendant la plus grande partie d'une chauffe on soufflait 6\60 d'air par minute, que l'on construisit d'abord un four à réverbère, à sole plate, de manière à utiliser les flammes qui s'échappaient du foyer catalan, le grand axe du fourneau étant placé dans le sens du porte-vent; on construisit plus tard, dans la forge de Prato, un autre fourneau à réverbère semblable, mais dont le grand axe était à angle droit avec le porte-vent. Une des extrémités du four communiquait avec le foyer catalan au moyen d'une hotte en maçonnerie, qui se projetait à une distance convenable et directement au-dessus du foyer. A l'autre extrémité, une porte servait au chargement du minerai et du charbon ; immédiatement au-dessus de cette porte se trouvait, à l'intérieur du four, une chambre verticale (que nous appellerons C), avec

une grille au fond, une porte de coté et une chominée audessus. Les flammes perdues au sortir du foyer étaient ainsi guidées par la hotte dans le four à réverbère qu'elles traversaient en longueur, en (suivant la sole, puis montaient perpendiculairement par la grille dans la chambre G, et de là se dégageaient par la cheminée élevée à 1 5 mètres au-dessus de la sole du four.

Le minerai était apporté aux forges, en morceaux de la grosseur de la tête et même plus gros. Dans cet état, on le faisait fortement chauffer sur la grille de la chambre C ; il exhalait alors une odeur sulfureuse plus ou moins sensible. Au bout de quelque temps, on le retirait et on le jetait dans l'eau, ce qui le ifendait poreux et fragile et lui faisait perdre environ 5 pour 100 de son poids. On le cassait alors avec facilité en morceaux, et réduit en greillade on le répandait uniformément sur une couche de charbon de bois concassé, dont on avait préalablement couvert la sole du four à réverbère, sur une épaisseur d'environ 0m.10. Le charbon de bois est indispensable, ainsi que le prouvent les tentatives des ouvriers pour s'en passer. Le minerai, ainsi exposé pendant toute la durée d'une opération, à une température assez élevée, au contact du charbon de bois et à l'action réductive de» gax du foyer catalan, perdait de 10 à 12 pour 100 d'oxygène. Pendant ce temps, la couche de charbon était entièrement consumée. On ajoutait ensuite au minerai un peu de fonte et de ferraille, et pendant que la charge était encore chaude, on la faisait tomber régulièrement, avec un grand ringard, par la porte de chargement, sur le foyer prêt à la recevoir. Grâce à ce traitement préalable, on pouvait faire par jour 5 chauffes au lieu de 4, avec une grande économie en charbon, une amélioration dans la qualité du fer et un rendement un peu plus fort. 11 était nécessaire d'éviter que le four à réverbère ne devint chaud au point de fritter ou de scorfTier le minerai.

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