‹ Traité complet de métallurgie (volume 2)Chapitre 14 sur 159 · ACTION 1>E LA CHALEUR · texte numérisé non relu

ACTION 1>E LA CHALEUR

à peu près décarburé, pouvait à peine, ou du moins, très-imparfaitement se souder (1). On cite comme exemple le fer soidisant briUé que connaissent les personnes familiarisées avec le forgeage. Bien que nous réservions l'examen de cette variété de fer très-connue, admettons pour la discussion que cette singularité soit due à la cause assignée plus haut, et recherchons si cette cause est compatible avec la théorie qui explique que ce fer n'est pas soudable. D'après la théorie de M. Scheerer, — si nous en saisissons bien le sens, — le carbone réduit instantanément toute couche ou pellicule d'oxyde de fer non fondu, à la surface de contact des deux morceaux de fer portés au rouge blanc ; si cette pellicule persistait, elle empêcherait évidemment la soudure. Quiconque a surveillé attentivement l'opération du soudage, acceptera difficilement, croyons-nous, cette explication. Les deux morceaux de fer, quoique chauffés au milieu de charbons incandescents et très-rapidement juxtaposés, sont invariablement revêtus, au moment du contact, d'une couche épaisse d'oxyde. Un morceau de fer soumis au degré de chaleur de soudure ne peut être exposé un instant à l'atmosphère sans en être recouvert; de sorte qu'en supposant qu'il ait une surface métallique bien nette tant qu'il est au feu, il aurait amplement le temps de s'oxyder superficiellement en le portant sur l'enclume.

L'oxyde, à la température de soudure, est liquide ou solide ; s'il est liquide, on sait que la soudure peut s'effectuer par le départ de l'oxyde fondu, et il n'y a pas lieu de recourir à l'action réductrice du carbone dans le fer; mais si l'oxyde n'est pas liquide, la soudure ne peut s'effectuer, quoique le fer contienne du carbone.

Le fer soi-disant brûlé est très-cristallin (nous en expliquerons les raisons plus loin), et on ne peut le forger sans dès précautions spéciales. Il n'est pas prouvé que cela tienne

(4) Scheerer, Uhrb. d. Jfctati., U I, p. 653.

à l'absence du carbone, mais plutôt peut-être à sa structure intérieure particulière. Le fer brûlé qui, à la vérité, présente une cassure dune apparence cristalline analogue à celle de quelques variétés de galène, peut être avec quelques soins forgé en barres; ces barres offriront à leur tour une cassure fibreuse sur toute la surface. Mais on ne peut forger ce fer exactement dans les mômes conditions que le fer en barre ordinaire, et un métal qu'on ne peut bien forger, ne peut être également bien soudé ; cependant un forgeron n'hésitera pas, quand un fer a besoin pour être martelé de précautions inusitées, à dire qu'il ne peut se forger ni se souder. Ainsi, l'impossibilité du soudage causée par la particularité de la structure intérieure, semble avoir été attribuée à tort à la pénurie ou à l'absence complète de carbone.

Les expériences suivantes faites par M. Riley, aux usines de Dowlais, démontrent que du fer très-cristallin peut se souder. On coupa en morceaux de 2 1/2 centimètres carrés de la tôle de fer connue sous le nom de tôle noire, et on les fondit dans un creuset avec des scories provenant d'essais de minerai de fer. On retira, sous une couche de scories d'un vert foncé, un culot de fer bien fondu, lisse et uni, qui pesait 102 grammes. On essaya de le couper avec un ciseau à froid, et on brisa le culot ; la cassure était très-cristalline dans le sens du plan de clivage des cristaux. Moitié de ce culot fut forgée par un ouvrier, en une barre de 1 1/2 centimètre carré. Le fer était très-doux, d'une belle venue et avec des arêtes vives comme l'acier; deux morceaux furent soudés ensemble; le fer se travaillait bien à la température de soudage, mais en se refroidissant, il se criquait et se rompait; la cassure du fer qui n'avait pas été exposé au degré de chaleur de soudure, était très-soyeuse, et on pouvait le plier en deux sans le fendiller; le forgeron déclara que c'était un des fers les plus durs qu'il eut travaillés. M. Riley répéta ces épreuves et en tira cette conclusion ; « La nécessité de mettre au rebut du fer soumis à la

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