IL — MINERAIS CARBONATES
Cette espèce de minerais, si justementrecherchée, existe particulièrement dans les terrains de transition inférieurs et supérieurs; dans la formation houillère, à la base'du lias et parfois dans les terrains postérieurs. Elle se présente soit en filons, soit en amas, ou bien encore en couches stratifiées avec la roche encaissante.
Elle comprend trois variétés :
Le fer spathigue, fer carbonate ou sidérose.
Le ferspatkique décomposé. (Mine douce.)
Et le fer carbonate lithoîde ou des houillères.
Toutes les trois ont une grande importance dans la sidérurgie. Les deux premières sortes surtout produisent des fers nerveux, de qualité remarquable, particulièrement recherchés dans la fabrication des aciers. Les fers et les fontes lamelleuses ou spiegeleisen du pays de Siegcn, de la Styrie, etc., fabriqués avec ces minerais seuls ou mélangés, jouissent d'une réputation incontestée.
A. Le fer carbonate des houillères est assez peu répandu dans les bassins français. Il est en général siliceux ou quartzeux. Compacte ou schisteux et
(1) Voir sur les gisements de la Champagne et de la Franche-Comté les mémoires de M. Thirria, Annales des Mines, 3« série, 1836, t. X et t. XV, p. 11; 1880.
presque toujours concentré dans quelques couches d'un bassin ; il s'y présente sous la forme habituelle de rognons ellipsoïdaux d'une couleur brune, noirâtre ou gris ardoisé, stratifiés dans les couches argileuses. — Il se compose d'argile et de carbonate de fer parfois mélapgés de pyrites. Ces rognons contiennent assez fréquemment un noyau d'argile, de pyrite, ou encore dos fossiles qui semblent avoir déterminé la précipitation chimique. Les fers carbonates appartiennent presque toujours aux mômes assises : ce sont les minerais désignés en Angleterre sous te nom de blackband, qui joue un rôle si considérable dans sa fabrication.
On les connaît en France dans l'Allier; — dans le bassin de Saint- Etienne, concession du Breuil; à la mine de Gros, en masses puissantes, assez impures, encaissées dans des bancs d'argile ; pareillement aux environs de Saint-Chamond. — Le bassin d'Aubin (Aveyron) est de tous celui qui le renferme le plus abondamment. II existe aussi au Vigan ; — dans le Gard, concession delà Grande-Combe, à Palmesalade, ainsi que dans le département de Saônc-et-Loire, près de Beauchamp. et dans les schistes houillers de Ronchamp. 11 est exploité dans les régions citées pour l'alimentation des hauts fourneaux du Creusot, d'Alais et de Decazeville. — On les trouve encore dans le bassin du Nord, à Anzin et aux environs de Marquise.
Celle espèce de minerai, en Franco du moins, est de qualité médiocre, coûte assez cher d'extraction et n'a qu'un intérêt secondaire comparativement aux autres minerais moins dispendieux à exploiter et d'un traitement facile et beaucoup plus avantageux.
B. Le fer spatkique pur ou sidérose est blanc, avec une teinte jaunâtre, brunissant à l'air; à texture compacte, tantôt cristalline ou lamellouse; il est associé au manganèse et quelquefois mélangé de magnésie, de baryte, de carbonate de chaux et de roches schisteuses. On y trouve do temps en temps de la! pyrite de cuivre disséminé ou en petites veinules, d'où la nécessité de le soumettre à un grillage préalable et de le laisser, comme en beaucoup de pays, séjourner à l'air.
Il a été signalé dans les mines du Canigou, où il existe en masses puissantes, d'une remarquable pureté, soit à la mine Rarnac, concession du Boulet (Batère) ; Rocas Negras, las Canals, etc. ; — à Torren et à Camélas (Pyrénées-Orientales). Mentionnons encore sa présence à Ustiliguy, aux mines de Baigorry et dans la Haute-Garonne et dans l'Aude. —Les fersspathiques s'exploitent dans le département de l'Isère à AUevard, h Vizilte mines de Fayard, de VArticole, etc.; — en Savoie, à l'ancienne mine de Saint-Georges de Heurtières, vallée de l'Arc ; — aux environs d'Àutun, Saône-et-Loire; — dans le Tarn et le Puy-de-Dôme, à Hermet.
Enfin les mines de la Bidassoa (Guipuzcoa) en renferment de magnififiques filons, susceptibles de subvenir à une large extraction.
C. Le carbonate décomposé (mine douce) est dû à la transformation de la sidérose en peroxyde. Il dérive donc de la variété précédente, soit par la
décomposition lente à l'air, ou dans l'intérieur dos filons, en laissant dégager l'acide carbonique et par la conversion de la magnésie on bicarbonate soluble que les eaux entraînent. Il accompagne presque partout les gites de celui-ci, mélangé à divers hydrates isolés, ou en filons formant des amas compactes, ou terreux pulvérulents ; il a une teinte brune, noirâtre, tachant fortement les doigts. C'est un minerai excellent, en général fort riche, très-facile à fondre et donnant des produits d'élite. Il existe dans presquo tous les gisements de l'Isère, de l'Aude, des Pyrénées et de l'Ariége.
[II. — MNERAIS SIJLICIÊS.
Ce sont des minerais où la silice est combinée avec le peroxyde de fer anhydre ou le peroxyde hydraté : ils sont peu communs et ne sont exploités que très-secondairement. Les basaltes volcauiques sont des minerais siliceux, ainsi que les jaspes et les grenats ; les premiers se trouvent en masses considérables dans le Cantal, le Puy-de-Dôme, l'Ardèche et l'Hérault : les grenats et les jaspes sont disséminés dans les Alpes (Isère) et les Pyrénées.
Le minerai de Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord) est un silicate associé à l'oxyde magnétique.