I. — HNEBiUS OXYGÉNÉS
Cette classe comprend Yoxyde magnétique, le peroxyde anhydre, le peroxyde hydraté.
1° Le fer oxydulé magnétique ou oxyde magnétique gît dans les terrains anciens : c'est le minerai par excellence de la Suède.
Nous ne le trouvons en France qu'en gttes très-restreints, ou bien associé en filons, en nodules ou en veinules à d'autres minerais, ou encore disséminé dans la masse. Citons sur le versant méridional des montagnes Noires, dans l'Hérault, le gîte de Saint-Pons ; ceux de Mas Carol et de Puymorens, à l'extrémité sud-ouest des Pyrénées-Orientales, sur les confins de l'Espagne et du département de l'Ariége. Les minerais de Mas Carol sont très-purs et s'exportent en Catalogne pour les foyers catalans qu'on trouve encore dans les vallées de Ribas et du Ter.
Nous avons encoçe des fers oxydulés magnétiques en filons de 10 à 15 centimètres, enclavés dans les couches de fer spathique du beau gîte de Balaigt (Pyrénées-Orientales) adossé aux flancs nord du Canigou; il est disséminé dans la plupart des mines de cette région.
La vallée d'Andorre offre, à Escaldas, à Moll», etc., et à Baya, m Cer-
dagne, dos gîtes intéressants d'oxydulé que le défaut de communications empêche d'utiliser en France.
On rencontre encore l'oxyde magnétique au Courniou, dans l'Hérault, au Vigan (Gard), dans les Àrdennes et à Saint-Brieuc (Côtes du-Nord) ; en Corse et en Savoie.
Dans l'Algérie, le fer oxydulé existe en veinules ou mélangé au fer oligiste qui constitue les gttes d'Aïn-Molka et d'Àl-Karezas, province de Bone et de Constantine. On a tenté de traiter ces minerais dans les usines du Nord et du Midi ; les usines du Creusot se proposent d'y recourir pour leur alimentation.
La Sardaigne est riche en oxydes magnétiques : ils se présentent en amas considérables dans les schistes siluriens métamorphisés et dans le granit. On les exploite, pour le compte d'usines françaises, dans les gîtes d'Is-Gineslras, de Capoterra, de Perda-Steria, district de Cagliari, et de Perda- Niedda, district d'Iglesias. Il en existe divers autres encore, mélangés d oligiste, à Seddori, à Arenas et à Turribino, qui pourraient très-bien subvenir aux besoins des forges françaises de la Méditerranée.
L'Ile d'Elbe possède, à Calamita, un gisement important d'oxydulé plus ou moins mélangé d oligiste compacte et d'hématite, reposant sur les schistes quartzeux métamorphique, et qui fournit, avec un système d'extraction des plus grossiers, en moyenne une dizaine de mille tonnes par an.
Les oxydes magnétiques compactes ou à l'état de sables sont des minerais d'ordinaire fort riches, réfractaires la plupart, et parfois mélangés de pyrites de cuivre; mais ils produisent des fers d'élite, tenaces, très-nerveux, se prêtant à tous les emplois. .Ce sont les plus estimés depuis un temps immémorial dans la fabrication de l'acier, d'où qu'ils viennent, et, malgré toutes las théories formulées ces dernières années, ce sont toujours ceux qui aident à produire les premières marques d'aciers fins.
2° peroxyde anhydre. — Cette espèce est caractérisée, on le sait, par sa poussière rouge ; on y remarque quatre variétés :
Le fer oligiste proprement dit, ou peroxyde de fer; le fer micacé ou mê~ talloïde; Yhèmatite rouge et Yoxyde compacte ou terreux.
Le fer oligiste existe en amas ou en masses plus ou moins considérables, concrélionnées, ou à texture grenue, lithoïde, stratifiées ou en filons dans les terrains anciens et dans ceux de transition. Le célèbre minerai de l'Ile d'Elbe en est le type le plus connu.
Ce minerai se rencontre notamment dans la chaîne des Pyrénées, à La* roque d 'A Ibères et dans la plupart drs gîtes adossés aux versants nord du Canigou, mines de Fillols, de Sahorre, etc. (département des Pyrénées- Orientales); dans lavchaîne des Corbières (Aude). Il est exploité dans la Moselle, le Bas-Rhin, la Côte-d'Or, etc., dans les Vosges, à Framont, lié au carbonate de chaux nacré.
On le trouve en Corse ; sur les côtes çie Toscane, à Monte- Valerio et à
Gavorrano ; en Sardaigne, près d'Iglesias, à la mine d'Enna-Murta, et associé aux gîtes d'oxydules que nous avons signalés sur ce point. Il domine dans les gisements d'Ain Motka et d'Àl-Karezas , sur la côte algérienne. en Afrique. Enfin les mines d'Oyarzun, province du Guipuzcoa, le produisent en abondance. Ces divers gisements, sis à proximité des rives de la Méditerranée et de l'Océan, concourent à l'alimentation des usines du sudouest et du midi do la France.
Tous ces minerais permettent généralement de fabriquer de fort bons fers.
Voligiste micacé, dont la structure lamelleuse est si caractéristique, est presque toujours associé à la variété précédente sous forme de veinules, de petits rognons brillants, intercalés dans la masse. Il est parfois roulé dans les amas de peroxyde hydraté.
Il existe en filons dans les croupes orientales du mont Sparreguère (chaîne des A Ibères), et daps les gîtes déjà cités qui s'échelonnent sur les flancs nord du Canigou; enfin à Saint-Paul de Fenouillet et à la Tour de France, au sud des Corbières (Pyrénées-Orientales).
On le trouve aussi à Occas, à Anhaux (Basses-Pyrénées), et disséminé dans les mines de Rancié. Il s'exploite à Laroche-Bernard (Loire-Inférieure); on en connaît deux gîtes dans l'Ille-et- Vilaine et le Morhihan, ainsi que dans le Cantal, et quelques petits filons dans les Alpes.
L'oligiste micacé, généralement très-fusible, donne des fers à nerf, mais sa facilité à s'exfolier et à tomber en poussière, sous l'action d'un feu vif, fait que les forges catalanes, et même les hauts fourneaux, recourait rarement à son emploi.
L'hématite rouge se rencontre en masses puissantes concrétionnées, d'un rouge sombre ou violacé, présentant une couche fibreuse et rayonnée. Ce minerai est d'habitude intercalé dans les roches schisteuses du terrain de transition. Presque toujours il est mélangé aux fers hydratés.
Les hématites rouges se rencontrent dans l'Hérault; aux mines de Villerouge, Aude ; et dans presque tous les gisements des Pyrénées déjà mentionnés. A Rancié (Ariége), elles se présentent en couches minces concrétionnées. On les trouve également dans les Vosges et le Puy-de-Dôme.
Voxyde compacte, beaucoup plus commun, constitue des gîtes considérables qui sont la plupart activement exploités; c'est un des meilleurs minerais. 11 se présente dans les terrains de transition, dans le lias, à la base du terrain jurassique, etc., en masses terreuses, compactes, à cassure grenue; en grains arrondis plus ou moins agglutinas, ou en poussière. On y observe, dans divers gîtes, des parties passées à l'état d'oxyde de fer. En général, il est mélangé à des peroxydes hydratés et au manganèse, et donne presque toujours des fers de très-bonne qualité.
Il est exploité sur une grande échelle à la Voulte (Ardèche), où il existe
allié à du carbonate, en masses puissantes encaissées dans des calcaires schisteux ; à Baigorry (Basses-Pyrénées) ; dans l'Aude, à Palayrac ; dans la montagne de Causses et sur divers autres points de la chaîne des Corbières; il se rencontre aussi dans les montagnes Noires.
Il s'extrait avec avantage dans la Moselle; les Côtes-du Nord et le Morbihan le renferment aussi. Il est exploité à Framont et à Rothau dans les Vosges, où il est associé à l'oxyde magnétique ; on le trouve dans le Bas- Rhin et à Saulnot (Haute-Saône), au contact des porphyres, etc.
Les oligistes litholdes de la Meuse (Belgique), qui viennent approvisionner nos fourneaux du Nord, etc., appartiennent à cette variété. Le Nassau en possèdo des gisements considérables, qu'on a tenté d'introduire dans la Moselle.
3° peroxyde hydraté. — C'est le minerai le plus répandu et le plus abondant que nous ayons en France ; on le trouve dans tous les terrains. De structure terreuse et prenant toutes les formes, il est généralement moins pur et moins riche que les espèces précédentes, mais 11 est plus fusible et s'adapte à tous les genres de traitement. Il comprend plusieurs variétés , dont les plus intéressantes sont P hématite brune, concrétionnée, fibreuse, ou mamelonnée; — Yhydroxyde compacte^ plus ou moins manganésifère; — la mine en grains, pisi forme, miliaire, en géodes, etc ; — et le fer hydraté limoneux. A l'exception de ce dernier, rare chez nous, et pour ainsi dire particulier aux lacs de la Suède où il abonde, toutes ces variétés se rencontrent avec une véritable profusion. Presque toujours elles sont réunies et sont assez généralement manganésifères.
Décrire toutes les localités où apparaissent les peroxydes hydratés, base de la fabrication française, nous entraînerait au delà des bornes de cet exposé ; nous devons nous restreindre à signaler les gîtes les plus considérables des régions où ils sont exploités avec le plus d'activité.
La chaîne des Pyrénées est particulièrement riche en peroxydes : les départements des Pyrénées- Orientales, de l'Ariége et de l'Aude constituent un groupe essentiel, remarquable par l'étendue des gisements, leur richesse et la grande variété des espèces qui s'y trouvent associées.
Les mines du Canigou (Pyrénées-Orientales) occupent, à 1 500, à 1 600 mètres d'altitude au-dessus de la mer, une zone ellipsoïdale mesurant, autour de la masse granitoïde qui a percé les terrains stratifiés, près do 16 kilomètres de diamètre. Elles sont dispersées dans un calcaire blanc saccharoïde, parfois très -ferrugineux, reposant sur les granits, ou enclavées dans cette roche qui passe alors au micaschiste ou au talc vert argileux qui pénètre ainsi dans la masse minérale : ou bien, ce sont les minerais qui fusent, à leur tour, en ramifications plus ou moins développées, à travers les granits ; mais ils sont plus particulièrement renfermés
dans les calcaires compactes on schtstoïdes an contact des roches cristallines, soit en stratifications parallèles à la stratification de ceux-là, on en amas enclavés dans celles ci. Les gttes du Canigon obéissent tous à la même loi d'origine et de formation; ils se divisent en denx groupes distincts naturellement indiqués par leurs points d'accès. Ici, le groupe de Batère au midi, caractérisé par les mines de las Indis, de la Pinouse, du Boulet, de la Droguère, etc., venant déboucher dans la vallée d'Arles ou du Tech. Le, au nord, le groupe de Villefranche ou du Vernet, comprenant les mines (ÏAytua, de Torren, à'Escarro, de Sahorre, de Fil fols, etc., qui aboutissent à la vallée de Prades ou de la Têt.
Les minerais de ces deux régions, particulièrement ceux de la première, se distinguent à la fois par leur grande pureté, leur titre élevé et leur richesse en mangonèse à l'état libre ou combiné. A leurs excellentes qualités se trouve réunie la plus grande variété : ils consistent, comme on Ta déjà vu, en fer oxydé, fer hydraté, fer apathique cristallisé et décomposé (mine douce) ; fer oligiste, terreux, lithoïde, ou spéculatif en oxydulé magnétique; en hématites brunes et rouges, enfin en hydroxydes manga* nésiféres, compactes, terreux ou en poussière.
Peu de gîtes offrent en effet d'aussi grandes ressources, et bien qu'exploités depuis le treizième et le quatorzième siècle, ils peuvent suffire pendant longtemps encore à la plus large extraction. Il n'est pas douteux que les forges du bassin méditerranéen ne trouvent bientôt là, aujourd'hui quelea chemins de fer vont pénétrer à travers ces régions écartées, les approvisionnements qu'elles vont chercher sur les côtes d'Espagne et d'Italie.
Les mines de ttancié, près de Vicdessos, dans l'Ariége, nous représentent également un des gisements les plus remarquables par sa richesse ; elles sont encaissées dans un calcaire blane on gris plus ou moins cristallin et dans une argile schisteuse. L'ensemble des couches du terrain métallifère adossées au granit parait appartenir à la partie inférieure du terrain jurassique ; elles sont presque toutes verticales, et l'une d'elles est tellement imprégnée de fer, que le minerai semble êlre la roche dominante. Ce gîte, qui est travaillé, depuis cinq cents à six cents ans, sur une hauteur verticale de 600 mètres, ne parait pas près d'ôtro épuisé d'ici à de longues années. IL renferme en première ligne des hématites brunes, accompagnées d'hématite rouge, d'oxyde et de fer spathique en partie décomposé. Il a alimenté et il alimente encore un nombre considérable de foyers catalans situés dans le pays et dans les départements voisins.
'Le peroxyde hydraté s'exploite aussi sur d'autres points de l'Ariége, dans l'arrondissement de Foix, à Tarascon <?t non loin de la Bastide, d'Ax et de Mirepoix.
Ces minerais constituent dans l'Aude des gisements importants que nous
rapporterons à deux groupes situés l'un an nord, l'autre au midi du dé* parlement.
Le premier s'étend, dans les montagnes Noires, du sud-ouest au nordest, du mas Cabardès jusqu'aux environs de Saint-Pons (Hérault); il est caractérisé par les mines de la Caunette, l'un des gîtes les plus réputés de cette région ; puis viennent, en suivant la chaîne à l'ouest, Salsignes, Villaniere, Castanvielle, Citou , etc., etc., encaissées dans les calcaires et les schistes de transition. On y trouve associés, à la Caunette notamment, le manganèse et le fer apathique.
Le deuxième groupe est renfermé dans les Corbières, entre Tuchan et Lagrasse. Les minerais sont enclavés dans les calcaires subordounés aux schistes siluriens supérieurs. On y remarque les mines de Monthounet, do Bordevielle, de la Boussole, du Roc Noir et de Villardebelle, etc.
Revenant aux Pyrénées, on rencontre encore des hématites dans la Haute-Garonne, au col de Peyre-Sourdes et dans la vallée d'Aure (Hautes- Pyrénées), ainsi qu'à Baigorry.
Des gîtes analogues, encaissés dans les granits, existent ven abondance aux confins de la frontière française, dans la vallée de la Bidassoa, sur le territoire espagnol. Une exploitation de ces gîtes, situés au sud-ouest de la petite ville d'Irun, s'est organisée ces derniers temps, pour alimenter les usines des Landes et du sud-ouest de la France, etc.
Au peint de vue industriel, il convient de rattacher à cette zone métallifère des Pyrénées si étendue les magnifiques minerais de Sommorostro, plbvince de Bilbao (Espagne), qui concourent au même but.
Le Périgord fournit assez abondamment des peroxydes manganésifères estimés. Ils sont également exploités dans les Vosges ; — dans l'Est, département de la Moselle, à Longwy entre autres, sous forme d'hématites brunes, caverneuses, jaunes claires ; — dans la Franche-Comté, à Laissey (Doute) ; à Ougney (Jura), etc.
Vhydroxyde compacte, beaucoup plus répandu que toutes les variétés citées, forme deux couches considérables dans les formations plus modernes; il est d'ordinaire dur, compacte, à cassure terne avec poussière jaune. — - Nous le trouvons dans les terrains jurassique et crétacé, c'est-àdire qu'il existe sur le territoire partout où ceux-ci apparaissent, sous forme d'amas ou de couches plus ou moins étendus. Il est exploité dans les Vosges, la Marne, la Moselle et les Ardennes* — dans les Basses- Pyrénées, à Balarel; dans l'Ariége, l'Aude, le Lot ; l'Aveyron, à Mont-de-Lezac; le Puyde-Dôme, etc., etc. ; — la Nièvre, l'Algérie et sur les côtes d'Espagne.
Hydroxydes en grains , oolitkiques ou terreux; hydroxydes pisolithiques.
Celle variété, qui comprend aussi les minerais alluviens est la plus commune. Elle existe à profusion dans le lias, à tous les étages de la forma-
tion oolithique et crétacée et dans les dépôts tertiaires qui les recouvrent Ces minerais sont en grains agglutinés, ou isolés dans les fentes ou les érosions de ces calcaires.
Avant de poursuivre, expliquons ce que sont les minerais d'alluvion. Ils datent de la formation des hydroxydes pisolithiques, et sont déposés dans les argiles du terrain tertiaire superposées en différents points aux dernières assises du crétacé jurassique. Ils se manifestent surtout dans la vallée du Cher, à Chanteloup, à Saint- Florent, etc., etc.; ils constituent des dépôts superficiels dans le Nivernais, le Bourbonnais et le Bas-Rhin. Dans la Moselle, ils régnent au pied des falaises de la grande oolithe; telles sont les mines de Saint-Pancré. Ce sont, au demeurant, des minerais remaniés, tantôt disséminés, tantôt réunis par un ciment ferrugineux ou calcaire, et provenant essentiellement des minerais des formations antérieures.
Ils se distinguent de ceux de l'oolhite par la grosseur des grains pisiformes plus considérables, plus irréguliers, et se trouvent dans les mômes régions que les minerais intercalés; on n'y voit jamais de stratification, et ils renferment assez fréquemment des fossiles et des débris d'ossements d'animaux antérieurs à la période alluvienne. Ceci dit, ils n'offrent pas, au point de vue pratique, la moindre différence avec les minerais jurassiques. Ils se rencontrent indistinctement dans tous les terrains à des niveaux variables, remplissant les dépressions du sol ou les anfractuosités des roches sous-jacentes. Il n'y a donc pas intérôt à faire ici une distinction que les maîtres de forges ne cherchent point à établir, et nous avons cru devoir les confondre dans la généralité des minerais de l'époque jurassique dont ils dérivent la plupart.
Les hydroxydes sont généralement très-friables, mais par contre d'tfhe teneur médiocre et souvent associés à des substances étrangères parmi lesquelles domine le phosphore. Ici ils donnent des fers passables, là des fontes très-bonnes pour les moulages, ou des fers excellents ou trèsrouverains, suivant les localités, ou les lieux de gisement. Ils jouent, quels qu'ils soient, un très-grand rôle dans la fabrication française; plus que tous autres, ils ont aidé au développement de notre industrie sidérurgique; c'est par eux que sont alimentés les centres de fabrication les plus productifs, du Berry, de la Marne, de l'Est, de la Franche- Comté, etc. A ce titre, il est intéressant d'entrer dans quelques détails sur la situation et les caractères généraux des principaux gîtes de notre territoire.
Dans la Franche-Comté, les hydroxydes se rencontrent au contact des frontières jurassique et crétacée en petits grains brunâtres agglutinés-, tels sont ceux des mines de Bouckeram , des Fourgs et des Longuevilles, etc., dans le Doubs et dans le Jura, à Malange.
Ils ont la forme miliaire dans la Haute-Saône, c'est-à-dire en grains pisiformes, déposés en couches concentriques entourées d'argile marneuse :
ces couches se manifestent la plupart dans des dépôts tertiaires reposant sur des dépressions de l'oolithe supérieure. Entre autres localités où ils sont exploités (variété miliaire), citons Calmoutiers, Fleury-les-Faverney, Pisseloup, Noroy -l'Archevêque ; —(variété pisiformc), Pennes, Autrey, Gray, Marnay, etc.
Dans les Ardennes, à Chauvency, à Steney, à Thonnelle, etc., etc.; ils sont en grains pisiformes, bruns ou gris, empâtés d'argile, assez riches la plupart, mais un peu réfractaires : ils fournissent des fers nerveux, un peu secs, durs et de moindre qualité que ceux de la Franche-Comté.
La Meuse, la Meurthe et la Moselle surtout, possèdent des gîtes aussi nombreux qu'étendus d'hydroxydes en grains ou en rognons agglutinés par un ciment ferrugineux-calcaire, rouge brunâtre ou ocreux. Us sont renfermés sous des sables argileux assez terreux ou dans des marnes compactes grisâtres, micacées, qui remplissent des cavités du terrain jurassique.
La variété oolithique qui occupe l'étage inférieur de cette formation, est d'une extrême abondance dans le département de la Moselle. Elle constitue deux classes distinctes qui sont exploitées très-activement dans les petites vallées de l'Orne, du Conroi, de la Fensch, de la Chiers, etc., arrondissements de Briey et de Tbionville. Ici des minerais oolithiques hydroxydés en couches au-dessus des marnes, là disséminés en rognons ou en grains dans les argiles : enfin, on trouve encore ces minerais roulés dans les sables d'alluvion déposés au pied de l'étage inférieur de la grande oolithe. Parmi ces nombreux gîtes qui se manifestent également dans la vallée de la Moselle, à Novéant, à Pagny et au delà, mentionnons les Mines de Moyeuvre, de Hayange, de Saint-Pancré, d'Aumetz, d'Audun-le-Tiche, de Knutange, d'Ottange, de Lexy, de mont Saint-Martin, de Moulaine, de Villerupt, de Florange, etc. Ces minerais donnent, suivant la nature des gisements, des fers forts et des fontes de moulage excellentes (1).
La Haute-Marne est plus riche encore en minerais de fer ; ils présentent le même mode de gisement, se rencontrent principalement dans le deuxième étage jurassique et à la base du terrain crétacé, en grains isolés, en plaquettes ou agglutinés. — Ils sont exploités à Château-Vilain, Jonchery, Orges, Blessonville, Marans, Percy-le-Petit. — En couches concentriques, à très-petits grains entourés' d'argile, sur les territoires do Ragecourt, de Cheminon, d'Hevillers, de Sommevoire, de Prez-sur-Marne, d'Eurville, et dans la vallée de la Biaise; ils existent dans un banc de sable siliceux grossier, sous forme d'amas considérables, compactes à Chantonrupt, à Nomécourt, à Prez-sur-Marne, à Bettancourl, etc.
Enfin les hydroxydés s'extrayent, sous le nom de mine de roche, des
(1) Consulter sur les mines de la Moselle un travail détaillé de M. Eug. Jaequot, ingénieur. Annales des Mines, A* série, U XVI, p. 427, et la. notice de M. Levallois, ingénieur en chef, même volume, p. 391.
fentes et des anfractaosités du calcaire jurassique à Joinvilk, à Sailiy, à Môrtreuil, à Saint-Hubert, à Vald'Otne, etc. (1).
Ces minerais sont généralement peu riches, mais donnent de très-bonnes fontes et des fers estimés.
Le Berry, le Nivernais et le Bourbonnais produisent les mômes variétés de minerais : ils se rencontrent dans les argiles de l'étage supérieur du terrain jurassique, en grains, soit en masses concrétionnées, soit en rognons agglutinés par un ciment ocreux mélangé de quartz ou bien de ciment calcaire.
Les. exploitations de ces régions sont concentrées dans les vallées du Cher, d'Àubois et de l'Àuron.
Les minerais en grains sont également exploités dans l'Indre, la Vendée, la Charente, etc. ; dans le département de l'Ain, à Villebois; hChâtilionsur-Seine (Côte-d'Or) ; aux Arques (Lot), ainsi que dans le Lot-et-Garonne, la Dordogne, la Vienne, etc., soit en grains agglutinés, soit en grains isolés, au sein d'ilôts tertiaires superposés à la craie. Les minerais du Périgord sont assez riches et réputés pour la qualité de leurs fers.
Sans insister davantage sur ces détails, on voit que les oxydes globuliformes sont les plus abondants, et qu'ils fournissent, en effet, les éléments les plus actifs de notre industrie sidérurgique.