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FER ET COBALT

Suivant Hassenfratz , le fer allié avec le cobalt est trèsmalléable et soudable, il n'est pas cassant à froid, mais il a

[i\ A. D. 186!,iio1865.

(2» Annalender Pharmacie, l. If, p. 2Û7; 1852.

(5) Proceedings of il* tidnthesler Phihsophlctit Sociêllj, 9 «fart 183S.

des tendances à être rouverain (1). C'est seulement dans ces dernières années que le cobalt pur a été produit en quantité, et il n'est pas certain qu'autrefois on eut du métal pur pour faire ses alliages; l'arsenic surtout pouvait s'y rencontrer. Berthier assigne exactement les mêmes caractères aux alliages de fer et de cobalt qu'à ceux du fer et de nickel; mais il est douteux qu'il ait fait assez d'essais pour justifier cette assertion.

M. Smith a fait les expériences suivantes en se servant de protoxyde de cobalt et d'hématite à peu près pure. Les quantités en grammes étaient :

Hématite 12.95 23.32

Protoxyde de cobalt. . . . 12.95 2.59

Charbon en poudre. ... 6.47 6.47

Le mélange fut mis dans un creuset de plombagine; la cavité fut remplie d'un mélange d'argile à porcelaine et de chaux, et le creuset, bien luté, fut exposé pendant deux heures à une chaleur blanche.

1. Résultat : culot bien fondu avec globules, pesant 19*M7; attirable à l'aimant, s'aplatit quelque peu, puis se rompt sous le marteau; cassure grenue, d'un gris bleuâtre avec faible éclat. La scorie consiste en un verre transparent, d'une teinte bleue pâle grisâtre.

2. Résultat : culot pesant 18gr.53, bien fondu, avec quelques globules attirables à l'aimant; se brise sous le marteau; cassure grenue, d'un blanc grisâtre au centre, entourée d'une bordure très-mince, à grain fin, terne, gris foncé. Scorie semblable au n° 1 .

Les culots avaient cette composition pour 100 :

Fer 46.71 87.21

Cobalt(2) 53.29 12.79

(1) Karsten, 1. I, p. 532.

(2) Par différence et y compris le carbone présent, mais indéterminé.

Quand ces alliages sont réduits en poudre fine, ils sont aisément décomposés par l'acide chlorhydrique, avec dégagement d'hydrogène fétide.

Si l'hématite contenait 70 pour 100 de fer et le protoxyde de cobalt 78.5 pour 100 de cobalt et que tout le métal se fût séparé sans enlever de carbone, les culots auraient dû peser respectivement 19.23 et 18.33, et contenir 47.1 et 83.3 pour 100 de fer; leurs formules respectives s'approcheraient alors de FeCo et Fe*Co.

Le mercure n'attaque pas le fer, ni à froid ni à chaud. On a décrit plusieurs procédés indirects pour allier le fer avec le mercure; mais il est douteux que ces essais aient donné de vrais amalgames. En faisantûntervenir un troisième métal, on favorise la tendance du mercure à s'associer : ainsi, quand un morceau de fer à la surface bien nette est plongé dans un amalgame de potassium, sa surface se revêt d'un amalgame très-adhérent, mais le mercure se sépare complètement, au fur et à mesure que le potassium s'oxyde par le séjour à l'air, et en laissant le fer aussi brillant qu'avant l'opération (J). M. Joule a décrit un amalgame défini dç la formule Fe 4-Hg, qu'il a préparé en électrolysant une solution de fer, le mercure formant l'électrode négative. Le mercure en excès fut distillé dans un appareil spécial, sous une pression de neuf tonnes par centimètre carré (2). M. Schônbein a préparé un amalgame de fer en brassant ensemble une dissolution concentrée de protochlorure de fer et du mercure renfermant 1 pour 100 de sodium. L'amalgame épais de fer qui en résulta fut lavé à l'eau jusqu'à parfaite pureté (3). Selon M. Bôttger,

(1) Berzélius, Traité, t. IF, p. 708.

(2) Brii. assoc. Rêp.. EUioburg, 1850. Transactions of Uic sections, p. 5ô. (5) Jahr«sb., L. et K., p. 95; 1861.

on obtient un amalgame de fer pur, très-magnétique, en triturant intimement ensemble, dans un morlier de porcelaine, deux parties en poids de chlorure de mercure cristallisé pt une partie de fer finement divisé, avec addition de deux parties d'eau froide ; on ogjte le tout sans discontinuer et Ton ajoute quelques gouttes de mercure au moment où la chaleur commence a se développer fortement (1). II. Cailletet annonce que le fer s'amalgame superficiellement par l'action de l'amalgame d'ammonium ou de sodium, ou quand il est imntergé dans l'eau acidulée en contact avec du mercure formant le pôle négatif d'une batterie galvanique (2).

M. William Crookes nous a communiqué les faits suivants : Lorsque l'amalgame de sodium cristallisé est recouvert d'une dissolution saturée de protosulfate de fer, ce dernier métal change de place dans le cours d'une heure ou deux, avec le sodium, et il se fait un amalgame de fer. Celui-ci est activement agité avec de r acide chlorhydrique dilué qui le débarrasse du sodium en excès, et il reste à l'état de masse molle et onctueuse. De la consistance du beurre et de couleur intermédiaire entre le mercure et le fer, ce produit paraît être un mélange d'un amalgame solide de mercure. En pressant la masse dans de la peau de chamois, le mercure se sépare à l'état liquide, et il reste dans la peau une masse solide, cristalline, d'un gris d'acier, qui, d'après l'analyse, contenait 12.77 pour 100 de fer (FeHg* exigerait 12.28 pour 100). Si cet amalgame solide est pétri avec les doigts dans la paume de la main, il s'échauffe graduellement, et peu de temps après se sépare en globules de mercure métallique et en fer noir pulvérulent. Le même changement s'opère plus lentement quand le gâteau d'amalgame de fer est abandonné à l'air; le mercure en sort par moments en jets de 2 à 3 centimètres de longueur. La chaleur développée n'est pas causée par l'oxydation du fer, car le

(i) Jahresb , L. et K., p. 2<24, 1857. (S) Jahresb., déjà cité, p. 249, 1857.

FER ET ARGENT. 29:i

môme changement a lieu avec séparation de la même poussière noire, lorsque l'amalgame est hermétiquement emprisonne dans un tube renfermant de l'huile de naphte minérale. L'amalr g-ame solide et l'amalgame liquide, de même que le mercure liquic[p qui s'en exprime, sont très -magnétiques. Le fer s'oxyde peu à peu en séjournant à l'air ; il se recouvre à la sur-: face d'upe pellicule d'oxyde rqugc. Lorsque l'amalgame a une consistance butireuse ou un peu ipoins épaisse, il ne paraît pas se décomposer spontapéjijput.

Les avis des métallurgistes les plus anciens , sur les alliages du fer et de l'argent, sont très-contradictoires : les uns prétendent qu'ils s?allient facilement et complètement par la fusion, et les autres, que le fer et l'argent ne s'associent qu'en de trèspetites proportions. Coulomb affirme que l'argent peut seulement retenir près de 1/150 de fer, et Morveau, que le fer ne peut retenir plus de 1/80 d?argent (1). Le premier de ces observateurs a trouvé que l'argent contenant seulement 1/320 de fer agit sur l'aiguille aimantée, et que l'argent dû à la réduction du chlorure d'argent fondu déplace l'aiguille, même s'il contient 1 de fer pour 133119 d'argent. On s'est servi pendant plusieurs années de grands creusets de fer forgé pour fondre l'argent, ce qui prouve surabondamment qu'à la température de l'argent en fusion , il ne peut y avoir d?affinité très-marquée entre ces deux métaux.

Nous devons à Karsten des essais en grand pour déterminer l'action de l'argent sur les propriétés du fer. Du fer en barre fabriqué avec de la fonte affinée au bois, auquel on ajoute 1 1/2 pour 100 d'argent fin, perd de sa qualité par cette addition. Pendant le procédé de conversion, une vapeur d'un

(1) Karste»,t. I, p. 401.

vert bleuâtre s'échappe du métal ainsi que du fer en barre pendant le martelage, tant qu'il reste au rouge blanc. Le fer de mauvaise qualité, lamelleux et très-rouverain, indiquait à l'analyse 0.034 pour 100 d'argent. L'argent exerce la même action que le soufre sur le fer, quoiqu a un degré un peu moins marqué.

M. Longmaid a pris récemment un brevet pour un alliage de fer avec des doses homœopathiques d'argent(l). D'après l'inventeur, la quantité d'argent ne devra jamais excède* 280 grammes par tonne de fer; mais il préfère, pour l'usage ordinaire, qu'elle n'excède pas 25 ou 50 grammes : il n'augmente les proportions que lorsqu'il veut rendre le fer plus résistant, plus ductile, ou propre à sa conversion en acier. On peut ajouter l'argent pendant l'affinage ou le puddlage. L'inventeur annonce qu'il «a trouvé une amélioration, marquée dans le fer fabriqué avec une addition de moins de 25 grammes d'argent par tonne; » et il ajoute qu'il est « certain qu'on s'est déjà servi d'argent pour l'alliage, mais que les quantités en étaient si grandes, qu'elles ont neutralisé les qualités recherchées dans le fer allié, parce que l'argent ne se combine chimiquement qu'en de petites doses. » Le brevet de M. Longmaid n'a pas attiré l'attention des maîtres de forge ; le contraire nous eût surpris. En expérimentant au four à puddler, il est nécessaire de prendre les plus grandes précautions pour éviter des conclusions erronées, et il est difficile dans deux chauffes successives de s'assurer même de l'identité des conditions. Un peu plus d'attention ou un travail mieux conduit, c'est-à-dire le tour de main du puddleur, dans une « chauffe » comparée à une autre, peut occasionner des différences notables. Un pourboire utilement glissé dans les mains de l'ouvrier l'engage à atteindre dans les essais de ce genre, coûte que coûte, le résultat désiré. Nous avons vu un pùddleur du pays de Galles présenter à son patron,

(1) Improvements in the manufacture ofiron. A. D. 4861, 24 juillet, n* 1863.

qui s'occupait d'essais absurdes pour améliorer le fer, une barre de première qualité qu'il déclarait provenir d une fonte de la pire qualité, et dont il attribuait entièrement la supériorité aux améliorations proposées.

MM. Faraday et Stodart ont fondu de l'argent et de l'acier; ils ont constaté les résultats suivants (1) : lorsqu'on maintient pendant longtemps en fusion un mélange de ces métaux, un alliage parfait semble se former ; mais en se solidifiant, il apparaît à la surface des globules d'argent pur qui se sont dégagés de la masse. Quand une barre de cet alliage est attaquée par l'acide sulfurique étendu , l'argent reste en filaments , « de manière à offrir l'aspect d'un faisceau de fibres d'argent et d'acier unies par soudage. » Les fibres ont quelquefois 0n.003 de long. Après avoir été chauffés pendant très-longtemps à une température élevée, les parois et le haut du creuset se sont revêtus d'une rosée de petits globules d'argent. L'argent et l'acier avaient été fpndus dans les proportions suivantes :

(I) Argent, 1, et acier, 160. Les culots consistaient en acier avec fibres d'argent. Des globules d'argent adhéraient à la surface; quelques culots produisaient encore, parle forgeage, plus de globules. Des barres faites avec ce mélange s'oxydaient rapidement à l'air humide. (II) Argent, 1, et acier, 200: fibres et globules en abondance. (III) Argent, 1, et acier, 300: fibres moindres, mais encore visibles. (IV) Argent, 1, et acier, 400 : fibres encore visibles. (V) Argent, \ , et acier, 500 : le culot était parfait sans aucune apparence d'argent à la surface, ni aucunes traces de dépôt sous forme de gouttelettes sur les parois et sur le couvercle du creuset ; on ne put distinguer aucunes fibres dans une barre forgée et traitée par un acide, même à l'aide d'un fort grossissement. Le métal, quoique très -dur, se martelait très -bien et fut reconnu

(1) Quarterly Journ. of Science, Litierature, and the Arts, t. IX, p. 525; 1820.

« décidément supérieur au meilleur acier. » On attribuait cette supériorité à « la combinaison d'une petite portion d'argent, » dont on constata la présence dans toutes les partics de la barre. On fit un essai sur une plus grande échelle, en fondant 3k.C3 de « très-bon acier indien » avec l/500e de son poids d'argent pur. Le lingot « avait un meilleur aspect à la surface et dans la cassure ; il était plus dur que le meilleur acier fondu et même que le wootz indien, sans qu'on pût le faire criquer par le martelage ni par la trempe (1). » Faraday et Stodard ont conçu une haute idée de la valeur de cet alliage ; mais l'expérience ne l'a pas sanctionnée. Us ont en vain essayé d'allier l'acier et l'argent par cémentation, en mettant dans un creuset un petit morceau d'acier entouré d'une feuille d'argent dans la proportion de 160 : 1 ; le creuset, rempli de verre blanc pilé, fut maintenu pendant trois heures à une chaleur blanche : l'argent se fondit et adhéra à l'acier, mais sans combinaison .

L'or et le fer s'allient facilement. On croyait autrefois que la ductilité et la malléabilité de l'or étaient altérées, voire môme détruites, par l'addition d'une très-petite quantité de fer, jusqu'à ce que Hatchett eût prouvé par les expériences suivantes que cette opinion était erronée (2) :

N° \ . De l'or fin fut fondu avec 8.3 pour 100 de fil de fer décapé, et, après avoir mélangé le tout, on le coula en barre dans un moule de fer graissé. L'alliage était d'un gris jaunâtre pâle, tirant au blanc terne; il était très-ductile et par le laminage il se réduisait très-facilement de l'épaisseur de 0m.006 à celle d'une guinée ; on put alors très-facilement le découper à l 'emporte-pièce en flans qui se frappaient très-faci-

(i) Phil. Trans., p. 257; 1822.

(2) PhH. Trans., p. 37; 1803.

lement, bien que le métal n'eût pas pté préalablement recuit.

N° 2. On ajouta à de l'or fin en fusion 8.3 pour 100 d acier fondu en plaque mince. L'alliage ressemblait sous tous les rapports au premier.

?î° 3. De l'or fin fut fondu avec 8.3 pour 100 de fer sous forme de clous. On fit l'expérience de la même manière, et l'alliage offrit les mêmes caractères que lé numéro 2.

Hatchett en conclut que l'or, titré avec du fer, de l'acier ou de la fonte, c'est-à-dire allié dans la proportion de 22 d'or à 2 de l'un ou l'autre de ces méiaux, ne devient pas cassant, quoique sa dureté augmente, puisqu'il peut être martelé, laminé et estampé sans avoir été recuit.

Selon Faraday et Stodart, l'or forme un bon alliage avec l'acier (1). Les essais de cet alliage, n'ayant été laits qu'en petit, les ont laissés très-indécis sur sa valeur. La densité d'un alliage d'acier forgé avec 1 poijr 100 d'or est de 7.870.

Le fer et le platine paraissent bien s'allier; tout docimaste qui a chauffé dans un creuset de platine un composé quelconque de fer susceptible de se réduire, a dû s'en convaincre. Le fer retient le platine avec énergie, et il est généralement inutile, pour l'enlever, de le faire bouillir avec de l'acide chlorhydrique, ou de le fondre avec du bisulfate de potasse, etc. Grâce à un pareil traitement, on rend la surface trèsbrillqnte ; mais en réchauffant au rouge, la présence du fer se manifeste par le noircissement de la partie intérieure où l'alliage existe. La connaissance de l'action du fer sur le platine à des températures élevées n'est pas sans importance pour les maîtres de forge; il y a peu de temps encore, un fabricant

(I) Qvarlerly Journal, déjà cité, p. 329.

d acier suggérait, dans une leçon sur le fer, la possibilité de substituer à ce métal le platine dans les laitiers des fours à puddler(l)!

D'après Faraday et Stodart, l'acier et le platine s allient en toutes proportions, et le platine se fond, au contact de l'acier, à une température à laquelle l'acier lui-même n'est même pas affecté : ils ont observé les résultats suivants (2) :

N° 1. Acier, 50, et platine, 50. L'alliage est magnifique et possède « la couleur la plus belle » pour la fabrication des miroirs ; il prend un très-beau poli, est malléable et ne se ternit pas; sa densité est de 9.862.

N° 2. Acier, 20, et platine, 90 : alliage parfait, malléable, n'offrant aucune tendance à se ternir et d'une pesanteur spécifique de 15.88.

N° 3. Acier, 80, et platine, 10. L'alliage de qualité excellente fut poncé et bien poli, mais il ne pouvait convenir aux miroirs, à cause de sa surface damassée. Après être resté exposé à l'air pendant plusieurs mois, il n'y avait pas une seule tache à sa surface, tandis qu'un alliage d'acier et de nickel combiné dans les mêmes proportions s'était rouillé dans ces conditions. La densité de l'acier allié avec 10 pour 100 de platine, est de 8.100, et celle d'un alliage d'acier forgé avec 1.5 pour 100 de platine, de 7.732.

Des fils d'acier et de platine, de diamètre à peu près égal, furent mis en paquet et fondus avec autant de facilité que du fer et de l'acier. En attaquant légèrement avec un acide la surface polie d'une barre ainsi forgée, « on fit apparaître une nouvelle surface, où l'acier et le platine formaient des nuages foncés et clairs d'un fort bel effet. » Quelques-uns des nuages

(i) Extrade from Miscellaneous observations on the Manufacture of Iron, etc. By Richard Solly, of the Leabrook Iron Works, Staffordshire, and of Sheffleld A paper read before the Geological and Polytechnic Society of the West liiding of Vorkshire. « Si le pla- « tine devenait assez abondant et assez bon marché, il remplirait probablement ce but. > (Page 11.)

(2) Quarterly Journal, déjd-cilé. .

aciéreux paraissaient consister en un alliage des deux métaux résultant de la cémentation.

Dans des expériences en grand faites à Sheffield, d'après les instructions de Faraday et Stodart, on fondit 4k.500 de bon acier indien avec 1/100 de platine spongieux. Les barres étaient remarquablement lisses et offraient une belle cassure. L'alliage était moins dur, mais il avait beaucoup plus de corps que celui de 3\600 d'acier avec 1/500 d'argent. L'acide sulfurique étendu l'attaquait rapidement (1). Si Ton immerge un morceau d'acier et un morceau d'alliage de platine dans le même acide faible pendant le môme temps, ce dernier dégage cent fois plus de gaz que le premier. L'acier acquiert cette propriété quand il est allié aune très-petite quantité de platine : 1/400 développe l'attaque considérablement; avec 1/200 et 1/100, elle est vive ; avec 10 pour 100, l'action n'est pas très-énergique; avec 50 pour 100, elle n'est pas plus forte qu'avec l'acier seul ; et un alliage de 90 de platine et 20 de fer n'est pas attaqué par l'acide. Quand deux morceaux d'alliage de platine, l'un dur et l'autre mou, sont abandonnés, pendant quelques heures, dans le même acide sulfurique étendu, le morceau dur se revêt « d'une poussière métallique d'un noir de charbon, et sa surface devient généralement fibreuse, » tandis que le morceau mou se revêt « d'une matière d'un gris métallique plombagineuse, douce au toucher, » facile à couper, et excédant en quantité sept ou huit fois celle adhérant au morceau dur. La poudre de l'alliage mou, quand elle n'est pas restée longtemps dans l'acide, ressemble exactement à de la plombagine à l'état de division ; en présence du fer, elle s'oxyde par le séjour à l'air et se décolore. Après être restée longtemps, ou après avoir bouilli dans l'acide, elle est réduite au même état que la poussière de l'alliage fabriqué avec l'acier durci. Par l'attaque à l'acide azotique, un résidu noir se produit, qui, après avoir été

(1) Phil. Trans , déjà cilé, p. 257.

302 ALLIAGES DU ÊÊR.

soigneusement lavé et séché, est très-détdîlaiit : il contient beaucoup de platine et très-peu de fer. Enveloppé dans du fer blanc et chauffé, il fait explosion avec fracas, déchire l'enveloppe et produit une faible lueur. Projeté à la surface de mercure chauffé, il fait facilement explosion à 204.4° C, mais avec difficulté à 187.7° C. Quand la température est élevée graduellement, il ne détone pas, mais il se décompose peu à peu. Si on le fait détoner au fond d'un tube de verre chauffé, beaucoup d'eau et de fumée se produisent et le résidu consiste en platine métallique avec très-peu de fer et de carbone. Un brevet d été récemment accordé à M. W. Loftgmaid pour des « perfectionnements dans la fabrication du fer et de l'acier (1) » qui consistent à allier le fer ou l'acier avec de petites quantités d'or ou de platine, ou des deux métaux à la fois. Le breveté assure qu'avec 3/16 à 5/10 d'une once d'or ou de platine, ou de l'un et de l'autre réunis, « on améliore sensiblement la densité, la ductilité et la ténacité du fer oti de l'acier. » On ne comprend pas très-bien ce que veut dire « améliorer la densité. » Le breveté a coulé une cloche de métal très-sonore, en ajoutant jusqu'à 85 grammes d'or par tonne de fer; mais, sauf ce cas, il ne juge pas utile d'introduire plus de 14 grammes d'or ou de platine, ou des deux métaux à la fois, par tonne de fer ou d'acier. Pour les pièces moulées ordinaires, il ajoute environ 7 grammes d'or ou de platine, oti de l'un et de l'autre à la fois, par tonne de fonte ; mais pour des moulages durs, il ajoute li grammes ou davantage. En puddlant, il introduit l'or ou le platine à raison de 7 grammes environ par tonne de fonte employée, lorsque le métal se fait, c'est-à-dire quand par la décarburation il s'est converti en fer malléable. En faisant de l'acier puddlé, la poudre merveilleuse est ajoutée de la même façon. Dans la fabrication du fer malléable ou de l'aciei1 fondu par d'autres procédés que le

(1) A 1). 1861, janv.24.no 190.

FËfl BT RHODIUM. S03

puddlage, la poudre est introduite « à Un moment quelconque du procédé, pendant qtie le métal est encore fluide; » et pour l'acier fondu, « on la fait fondre avec l'acier dans des creusets ou autrement. » Le breveté a soin de reconnaître qu'on avait déjà proposé d'allier de l'or ou du platine avec de l'acier ; et dans son opinion, « les tentatives antérieures n'avaient donné aucun résultat utile, » parce qu'on s'était servi d'or ou de platine « en trop grandes quantités, » jusqu'à plusieurs kilogrammes par tonne d'acier. Quel acier coûteux que celui-là ! Mais on ne saurait objecter la question de prix aux prétendues « améliorations » de M. Longmaid, qui peut bien passer pour le Hahnemann de la métallurgie. Avant de devenir son disciple, nous nous permettrons de deihander des preuves de l'efficacité de son traitement. Dans la spécification provisoire d'un autre brevet, M. Longmaid(l) iîidique l'addition en petite quantité pendant l'affinage ou le puddlagc d'aluminium ou de magnésium; mais cette addition a été omise dans le brevet définitif. D'après Gueymard, certaines variétés de fonte de la Savoie sont platinifères (2).

FEU ET RHODIUM.

Faraday et Stodart ont allié de l'acier fondu avec du rhodium qui leur avait été fourni par le Dr Wollaston (3); ces métaux s'associent en toutes proportions. L'acier ainsi allié est caractérisé par une dureté remarquable et par une ténacité suffisante pour l'empêcher de se criquer à la forge ou à la trempe. Pour tremper des outils tranchants fabriqués avec cet alliage, il est nécessaire de les chauffer à 16;6° C. de plus que le meilleur wootz, qui exige une température de 22 «2°

(2) Ann. de la Chambre Royale d'agriculture et de commerce de Savoie. Chambêrv, 1858, p. 449. Extrait du rapport de la 24» session du Congrès scientifique de France;

(5) Quarlerty Journal, déjà cilé, p. 329.

plus élevée que le meilleur acier fondu anglais. La densité de l'acier martelé, contenant 1.5 pour 100 de rhodium, est de 7.795. L'acier fondu avec un poids égal de rhodium « donne un culot qui offre au poli une surface de la plus grande beauté. » La couleur de cet alliage serait « la plus convenable que Ton puisse imaginer » pour les miroirs métalliques ; il ne se ternit pas à un séjour prolongé à l'air et sa densité est de 9.176 (1). Les alliages d'acier et de rhodium sont regardés, par Faraday et Stodart, comme étant « peut-être les plus précieux de tous. »

Faraday et Stodart ont fondu lk.80 d'acier avec 1/100 de palladium ; cet alliage « aurait vraiment de la valeur, surtout pour les instruments qui exigent un tranchant d'une douceur parfaite (2). » Nous ignorons s'il a été l'objet d'autres expériences. Il y a quelques années, le palladium était fourni en assez grande abondance par l'Amérique du Sud, et son prix de vente variait de 90 à 100 francs par kilogramme; mais depuis il est devenu fort rare, et il coûte aujourd'hui deux fois plus que l'or fin. Quiconque serait disposé à tenter d'autres essais d'alliage de ce métal avec l'acier, pourrait tirer parti des faits suivants :

On ne peut pas fondre le palladium dans un fourneau à vent ordinaire, mais seulement avec le gaz oxygène. D'après M. Cock, qui a acquis une grande expérience dans l'extraction de ce métal, il ne s'oxyde pas à l'air à la température ordinaire, ni au rouge vif, mais il s'oxyde au rouge sombre et sa surface se colore de la même manière que le fer ou l'acier. Chauffé ainsi pendant quelque temps, il se revêt d'un oxyde brun cassant, qui se réduit cependant à une température très-peu supérieure à celle où il se forme (3).

(1) Phil. Trans., déj* cité, p. 256.

(2) Phil . Trans., p. 254.

(3) Phil. Mag.t t. XXIII, p. 48; 1843.

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