‹ Traité complet de métallurgie (volume 2)Chapitre 96 sur 159 · FOURNÉE · texte numérisé non relu

FOURNÉE

Trois ou quatre essais de la même variété de minerai étaient enfournés en môme temps, et les résultats Consignés dans ce tableau ont été constatés par différentes personnes.

Oh a observé les faits suivants sUr plusieurs substances :

Phosphore. — Le culot, fondu avec des scories ou des laitiers de haut fourneau et quelques variétés de minerais de marais, est ordinairement blanc, dur et cassant.

Manganèse. — Le culot est lisse extérieurement, dur et noh graphiteux ; il se brise sous le marteau et présente une cassure blanche, cristalline et à grain serré. La scorie est vitreuse, transparente, de la couleur de l'améthyste ou de l'ambre, ou bien vitreuse, opaque, d'un gris jaune ou brun. Ces résultats se constatent dans les essais de minerais spathiques et de quelques variétés d'hématite brutie terreuse.

Tilaiïe. — Le culot est lisse à 1* extérieur et se brise sous le

marteau avec une cassure d'un gria foncé, terne ou cristalline. Il adhère fortement à la scorie qui est souvent résineuse, noire et scoriacée ou curieusement plissée à l'extérieur. La scorie et quelquefois le culot sont recouverts d'une pellicule métallique de cyano-azoture de titane dune couleur de cuivre caractéristique ; parfois la scorie est vitreuse et d une teinte bleuâtre.

Chrome. — Tantôt le culot est lisse, bien fondu, avec une cassure brillante cristalline et d'un blanc de tain; tantôt il est blanc, àdemi fondu, ou bien il forme une masse spongieuse d'un gris clair, suivant la quantité de chrome contenu dans le fer. Beaucoup d'alliages de fer et de chrome rayent le verre ; la scorie est foncée , résineuse et parfois entourée d'une mince membrane métallique.

Essais dans des creusets nus. — En Angleterre , on essaye souvent dans des creusets nus, en opérant sur une quantité de minerai, avant ou après grillage, variant entre 100 et 1000 grains (6 à 60 grammes). Les flux mis en œuvre sont principalement des mélanges d'argile schisteuse et de chaux, ou de verre et de chaux, dont on fait varier les quantités et les rapports d'après les indications données. Le minerai est mélangé avec du charbon de bois ou de l'anthracite pulvérisé, ou avec du poussier de coke. La quantité à ajouter doit être proportionnelle à celle de l'oxyde de fer et même l'excéder un peu. 100 parties en poids de sesquioxyde de fer exigent pour leur réduction 22 parties et 1/2 de carbone. On peut se servir de creusets de plombagine de France ou du Cornouailles, et de tous autres creusets de terre. Les bons creusets de plombagine résistent à la plus haute température et servent plusieurs fois. La scorie est relativement exempte de fer, et le fer est d'un gris foncé ou graphiteux. De petites parcelles de graphite se mêlent à la surface extérieure ' de la scorie aux grenailles de fer. Les creusets français sont d'un bon usage ; les creusets du Cornouailles également, mais ils se ramollissent aux hautes températures des essais ; on remédie un peu à

cet inconvénient en laissant refroidir les creusets avant de les retirer du feu. Les couvercles une fois lûtes, on les introduit dans le fourneau chauffé avec du coke ou de l'anthracite, et la température s'élève jusqu'au blanc. La durée d'un essai est d'une heure environ. La scorie doit être vitreuse, transparente, d'un vert clair ou gris par transmisssion ; le culot doit être bien fondu. S'il y a des grains métalliques mélangés à la scorie, on les isole en concassant d'abord la scorie et en promenant ensuite un barreau aimanté à la surface.

Les deux essais suivants d'hématite d'Ulvertone ont été faits dans des creusets de Cornouailles :

Minerai 32.39 Minerai 32.39

Argile schisteuse. . . . 16.19 Verre 1295

Chaux 19.43 Chaux 19.43

Anthracite pulvérisé . 7.77 Anthracite pulvérisé. 7.77

Total 75.78 Poids totaf. . . 72.54

Poids du fer obtenu. . 22.54 Poids du fer obtenu. 22.34 Fer 69 1/2% 69 °/«

La cassure du culot était colorée en gris clair.

Parfois on a recours aux essais par la voie sèche, en vue d'obtenir des indications sur la nature et la quantité de fondants nécessaires dans le traitement au haut fourneau : c'est ce qui a lieu spécialement en Suède. Les creusets doivent être alors brasqués avec du charbon de bois, de la plombagine ou toutes autres matières charbonneuses, pour que le creuset même ne soit pas en contact avec le minerai et ne puisse pas en altérer la fusibilité. Les flux doivent être de la même nature que ceux employés en grand.

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