ESSAIS PAR LA VOIE HUMIDE
Le bichromate de potasse et le pêrrtiahganate de potasse constituent les deux seules méthodes de dosage dont on puisse se servir pratiquement pour la recherche du fer avec des solutions titrées. AU point de vue d'une extrôme exactitude, de la rapidité d'exécution et de la facilité d'application, ces méthodes laissent peu à désirer. Dans les deux cas, il faut :
1° Dissoudre le fer dans l'acide chlorhydrique ou l'acide sulfurique étendu ;
2° Réduire le fer en sous-sel dans cette dissolution ;
3° Convertir le sous-sel de fer en sur-sel par une solution titrée.
C'est avec du zinc ou du sulfite de soude qu'on peut le plus facilement réduire le sesquichlorure ou le sesquisulfate de fer en protochlorure ou en protosulfate de fer.
Zinc. — Le zinc doit être exempt de fer ; celui du commerce eh contient toujours et parfois en grande quantité. Nous avons fréquemment constaté sa présence dans le zinc vendu à l'état de grenailles. Si le zinc est en lingots, tel que le livrent directement les usines, on le trouvera relativement pur de tout mélange de fer : le zinc que nous avons l'habitude d'employer contient environ 0.10 pour 100 de fer. Il faut le faire fondre à une chaleur rouge faible et le verser ensuite de quelques pieds de haut dans de l'eau chaude; on l'obtient ainsi en grenailles qui ne se désagrègent pas aussi facilement, par l'action de l'acide, que celles projetées dans l'eau froide. On se sert également de petites lames de zinc en feuilles. Si l'on ne dispose pas de zinc suffisamment pur, il importe, dans l'essai du minerai, de tenir compte de la quantité de fer que contient le poids de zinc employé. Le zinc peut être débarrassé du fer en le distillant dans une cornue en terre. Le plomb généralement présent dans le zinc, et que l'acide
ohlorhydrique dilué n'attaque pas, mais laisse sous forme de résidu noir, n'affecte pas les résultats. Les indications nécessaires pour réduire par le zinc la solution d un sur-sel de fer seront données plus loin.
Sulfite de soude. — On ajoute ce sulfite sous forme de cristaux, ou on en prépare à l'avance une solution. Exposée à l'air, cette solution absorbe peu à peu l'oxygène et est bientôt hots d'usage. Pour opérer la réduction d'un sur-sel de fer par le sulfite de soude, on fait bouillir dans l'acide une quantité du minerai pesée ; on l'étcnd avec environ 250 ou 300 centimètres cubes d'eau dans un flacon d'un demilitre, muni d'un entonnoir; puis on ajoute le sulfite de soude et l'on fait digérer la solution à Une chaleur douce jusqu'à ce qu'elle se soit presque décolorée. On pousse alors à Tébullition, que l'on maintient jusqu'à ce que la liqueur devienne incolore ou d'une teinte vert pâle et qu'on Hé setlte plus l'odeur du gaz acide sulfureux. Il faut éviter d'employer un excès d'acide. S'il reste quelque doute sur la présence de l'acide sulfureux, on ajoute un petit morceau de zinc; car, dans le cas où il resterait quelque trace de 3ulfite, l'odeur de l'hydrogène sulfuré se développe aussitôt.
On apprécie le degré des solutions de bichromate ou de permanganate de potasse à l'aide de fil de fel*, de sulfate de fer, ou encore de sulfate de fer et d'ammoniaque.
Fil de fer. — Le fil de clavecin est le meilleur, car il est des plus purs. Il contient, en moyenne, près de 99.5 pour 100 de fer métallique, et le reste consiste en petites quantités de carbone, de silicium, etc. ; on peut le regarder, dans des essais pratiques, comme du fer pur. Si l'on en titre les solutions destinées à doseï4 le fer dans la foîite, l'acier, etc., où il faut une grande exactitude, on devra tenir compte des impuretés (0,5 pour 100). Le fer déposé par la pile, lorsqu'on peut s'en procurer, est préférable, car il est généralement débarrassé de tous les corps étrangers; c'est en réalité du
fer pur. Le fil de fer dont nous avons l'habitude de nous servir depuis plusieurs années et que Ton essaye de temps en temps avec des solutions de bichromate ou de permanganate de potasse, titrées par du fer déposé par la pile, contenait 99.354, — 99.420, — 99.706, — 99.592 et 99.537 pour 100 de fer métallique.
Sulfate de fer. — Le sulfate cristallisé ordinaire est sujet à se peroxyder à la surface; préparé avec soin par le procédé indiqué page 72, il peut se conserver sans éprouver de changement dans un flacon bien bouché pendant plusieurs années. C'est un sel très-utile pour titrer avec exactitude ; sa formule est FeO,S08 + 7HO; il contient 20.14 pour 100 de fer métallique. Une certaine quantité de ce sel préparé par M. C. Tookey, d'après le mode déjà décrit, fut trouvée contenir 20.14 et 20.13 pour 100 de fer, correspondant au total théorique. Dans ces essais, le fer avait été dosé avec une solution normale de bichromate de potasse titrée par du fer pur déposé à la pile ; mais titrée avec du fil de fer ordinaire, la solution normale indiquait (sans correction) 20.22 pour 100 de fer, soit une erreur de 0.08 pour 100 en plus.
Sulfate de fer et d'ammoniaque. — Sa formule est AzH*0, S03+FeO SO8 + 6HO ; pur, il a l'avantage de contenir précisément le septième de son poids de fer, soit 14.286 pour 100.
11 est assez difficile, sans le peroxyder légèrement, de chasser les dernières traces d'eau hygroscopique de ce sel, même en le desséchant dans le vide. Un échantillon ainsi desséché pendant quinze jours s'était un peu décoloré et avait pris une teinte jaune brune; il ne contenait que 14. 11 6 pour 100 de fer à l'état de protoxyde; le reste était peroxyde. On prépare ce sel par la méthode décrite page 72.