‹ Traité complet de métallurgieChapitre 100 sur 150 · AA • «A «A «AAA 'A 'AAA · texte numérisé non relu

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Il est à remarquer qu*il n'est fait mention, dans les analyses précédentes, ni d'antimoine ni d'arsenic ; et cependant il n'y a guère de métaux qui se rencontrent plus fréquemment dans le cuivre du commerce. Citons un fait intéressant sur la présence de T arsenic dans du cuivre d'une époque très-reculée. Il y a quelques années, un morceau de cuivre martelé, qu'on supposait avoir servi de lame à un couteau, fut découvert en creusant le sol à quatre mètres de profondeur, près de la statue de Rhamsès II, qui régna en Egypte, croit-on, vers l'an 1 400 avant J.-G. A la demande de H. L. Homer, une portion de ce cuivre fut analysé dans notre laboratoire ; en voici la composition :

Cuivre 97. U

Arsenic 2. W

Fer 0.43

Étain^ avec traces d'or 0.24

L'arsenic donne de la dureté au cuivre ; mais cette lame, malgré la présence de 2 1 /4 pour 1 00 d'arsenic, était trop ductile pour avoir pu servir à un instrument tranchant ; ce métal s'y trouvait peut-être accidentellement. Henry découvrit avec nous de l'antimoine, dans un échantillon de cuivre reçu de M. Paul Moore, à Birmingham , qui en élabore des quantités considérables ; ce spécimen provenait exclusivement, nous assuraitrK)n, des minerais de Burra- Burra. Dans un échantillon de cuivre récemment examiné au laboratoire métallurgique, on a trouvé environ O'^'OOl d'antimoine par tonne; les bords des plaques laminées offraient une rugosité particulière. Le bismuth n'apparatt pas non plus dans ces analyses, et cependant il s'y trouve parfois en quantité très-sensible. Le fer s'y rencontre généralement, bien que la proportion en soit très-petite ; il faut cependant se rappeler que le cuivre peut eo retenir de grandes quantités. Une ancienne monnaie de l'Inde, ressemblant à du cuivre, fut soumise à l'analyse par notre ami,

M. Éd. Thomas, très-versé pour ses connaissances dans la numismatique de rinde (1 ). M. Tookey trouva qu^elle était composée de :

Cuivre 94.60

Fer 8.06

Les remarques de l'auteur sur la présence de l'antimoine, — que nous reproduisons plus loin, — et de Tarsenic dans le cuivre du commerce, sont confirmées par le tableau des résultats analytiques auxquels sont arrivés MM. Abel et Field (2) en recherchant dans les cuivres de toutes provenances et à tous les états, ces deux métaux, outre le bismuth, le plomb, l'argent, l'étain et le fer. La méthode qu'ils ont adoptée après de nombreuses modifications et qu'ils ont suivie avec succès pour découvrir et doser l'antimoine, l'arsenic, le bismuth et le plomb, mérite d'être décrite.

On fait dissoudre environ 10 grammes de métal dans l'acide azotique; on ajoute une petite quantité d'une dissolution d'azotate de plomb, correspondant à environ 0sr>6 de sel, et plus tard un excès d'ammoniaque et de carbonate d'ammoniaque. Le précipité ainsi formé peut renfermer de l'oxyde et du carbonate de plomb, de l'arséniate et de Tantimoniate de plomb et de l'oxyde de bismuth; la totalité du cuivre étant dissoute, on filtre, et le précipité, parfaitement lavé, est mis à digérer dans une solution concentrée d'acide oxalique, qui dissout l'antimoine et l'arsenic.

On ajoute à la liqueur filtrée du sulfhydrate d'ammoniaque ; ou mieux encore, on la rend alcaline par de l'ammoniaque, et on y fait passer de l'acide sulfhydrique jusqu'à saturation. Des traces de sulfure de cuivre donnent au liquide une teinte brune; ce sulfure se dépose après quelque temps, car il est à peu près impossible de séparer par lavage, les dernières traces de cuivre du précipité d'azotate de plomb. On le recueille sur un filtre, et on ajoute un léger excès d'acide chlorhydrique à la liqueur filtrée, que l'on étend pour lui donner un volume de 2S0 centimètres cubes. Si la quantité d'antimoine ou d'arsenic est notable, le précipité sera immédiat; si la quantité est faible (0sr,0006 à Osr,001) on placera le flacon sur un bain de sable pendant quelques heures, en l'y maintenant a la température de 60 à 90"" C; et les métaux ne tarderont pas à se pré-

(1) Cette pièce, diaprés la description qu*en a faite M. Thomas, parait appartenir à répoque des souverains indigènes des provinces du Gange (Trans-Himalaya), antérieure à rintroduction de Tart grec. {Joum, de la Soc, asiatiq. du Bengale^ t. vu, pi. XXII, flg. 12 ; et Prin$ep, Euait, pi. xliv, lig. 12, Londres 1858.)

(S) Qwiriêrly journal of th$ ehemieal society.

cipiter Tétai de sulfure. Si le précipité est de couleur orange ou rouge orangé, la présence de l'antimoine et certaine ; mais s'il est jaune citron pur, on peut conclure qu'il n'y en a pas.

Les sulfures précipités sont oxydés par de l'eau régale concentrée ; la liqueur claire est mélangée avecdu chlorhydrate d'ammoniaque et saturée d'ammoniaque. L'arsenic sesépare a l'état d'arséniate ammoniaco-magnésien (2 H g 0, AzH^ 0, A 10', H 0). On acidifie légèrement la liqueur filtrée avec un peu d'acide chlorhydrique étendu, et on précipite» par l'acide sulfhydrique, l'antimoine que l'on dose finalement à l'état d'antimoniate de teroxyde d'antimoine (Sb 0*). Quand on a reconnu préalablement la présence de l'antimoine et de l'arsenic, il est inutile, pour les doser, de les précipiter tous deux a l'état de sulfures dans leur dissolution par Tacideoxalique^ puisque l'arsenic peut être séparé par l'addition du sulfate de magnésie et un excès d'ammoniaque, et que l'antimoine reste dans la liqueur filtrée.

Pour doser le bismuth et le plomb contenus dans le cuivre, indépendamment du cuivre, de l'étain, de l'antimoine, on suit une méthode fondée sur le môme principe.

On mélange la dissolution des 10 grammes de cuivre dans l'acide azotique^ avec une petite quantité de phosphate de soude; on ajoute un excès d'ammoniaque. Le précipité est recueilli sur un filtre, et lavé à l'eau ammoniacale, puis dissous dans l'acide chlorhydrique. La liqueur rendue alcaline par Tammoniaqueest soumise à un courant d'acide suifhydrique. On lave parfailement les sulfures de plomb et de bismuth précipités, et on les redissout dans l'acide azotique étendu. La liqueur étant à peu près neutralisée par de l'ammoniaque, on y laisse digérer de l'oxyde de cuivre hydraté ou de l'azotate de cuivre basique, qui précipite l'oxyde de bismuth, tandis que le plomb reste en dissolution. On lave le précipité, on le dissout dans l'acide azotique étendu, et on sépare le bismuth du cuivre par un excès d'ammoniaque. L'oxyde de bismuth ainsi obtenu est lavé et pesé. La liqueur contenant les azotates de plomb et de cuivre, est mélangée avec du carbonate de soude; on y ajoute un excès d'acide acétique et une faible quantité de bichromate de potasse, et on recueille le chromate de plomb.

Si le cuivre renferme du fer, ce métal se trouve & l'état d'oxyde avec le bismuth; on reconnaît sa présence à la teinte brune de l'oxyde de bismuth ; on sépare alors ces deux métaux par les pocédés ordinaires.

Cette méthode permet de doser les quantités les plus minimes d'antimoine, d'arsenic, de bismuth et de plomb» et notamment des deux premiers.

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