DETAILS ECONOMIQUES SUR LA PONTE DU CUIVRE MÉTHODE GALLOISE
Frais de transport. — Ces frais, pour toutes sortes de minerais des Cornouailles, s'élevaient en septembre 1859, à 4''-35 par tonne. Avec le transport des mines au port, ils atteignaient autrefois 1 2^*^*50 la tonne rendue aux usines; tandis qu'aujourd'hui ils ne se montent en moyenne qu'à 8 francs.
Le fret des minerais de cuivre de Cuba à Swansea oscille de 62^'-50 à 68^'-75 par tonne. Le fret de Callao, Amérique du Sud, est descendu & 45 francs; en septembre 1859, il était de 81 ''-25 et par retour de 46'^-25, Les frets de Cuba, ne suivent pas le prix du cuivre, comme ceux de l'Amérique du Sud. Ces chiffres nous ont été communiqués par M. Nicholson, engagé dans de vastes affaires entre Swansea et l'Amérique du Siid.
Poids de vente des minerais de cuivre. — Le minerai est vendu en Angleterre par tonne de 21 quintaux, pris sec; (le quintal est égal à H 2 livres et la tonne pèse 2352 livres) ; mais s'il est importé, il est d'habitude d'accorder à l'acheteur 21 1/2 livres par 21 quintaux.
Prix de revient de la fonte de cuivre. — 11 est à croire que lestraitéç et les mémoires métallurgiques contiennent fréquemment des appréciations très-erronées qui peuvent induire en erreur les personnes inexpérimentées sur les dépenses de fabrication. 11 n'y a pas longtemps qu'on déclara sérieusement, à une réunion de la Société des Arts, que le bénéfice moyen de la fonte du cuivre
représentait 40 pour 100 du capital; et en 1861 le Tinies annonçait, sous le patronage de noms respectables^ la formation d*une grande compagnie, au capital de 25,000,000 de francs» en alléchant les souscripteurs par la perspective d'un bénéfice de 30 pour 100. Ce chiffre a pu être avancé de bonne foi, mais les promoteurs de cette entreprise s'étaient bien certainementttrompés dans leurs calculs.
Il est impossible d'évaluer d'une manière précise et générale le prix de revient de la fabrication, parce qu'il varie nécessairement avec le prix toujours mobile du combustible, de la maind'œuvre, du fer, des produits réfractaires et des autres matières ; cette variation dépend de la position des usines et d'autres particularités. Ainsi, dans tel établissement, le combustible coûte presque te double de ce qu'il coûtait, il y a quelques années, et les salaires se sont accrus de 10 pour 100. D'un autre côté, les frais de fusion d'une espèce particulière de minerai, se modifient d'après le stock du fondeur; à certains moments, on pourra éviter de griller en disposant d'une autre espèce de minerai , et obtenir par ce mélange des scories bien plus pures. Enfin, il faut tenir compte des frais de démolition des fourneaux et des fonds de fourneau, de la conversion des produits en cuivre marchand, et de beaucoup d'autres éventualités qu'on ne peut estimer d'une manière absolue dans les grands établissements. Il n'y a que l'examen des livres d'un fondeur qui puisse guider, et encore faut-il que la quantité de chaque espèce de minerai et sa teneur moyenne en cuivre y soient relatés.
Mais, au point de vue industriel, on verra combien peu de confiance on doit encore ajouter à ces calculs. De grandes masses de minerais de cuivre sont achetées aux mines et transportées aux frais du fondeur à un port d'embarquement; ici, le transport d'une mine peut valoir 4 francs, et là, pour une autre, 12 francs la tonne. Puis vient le fret : dans une usine le minerai peut être débarqué presque à pied d' œuvre, dans cette autre, il faudra le transborder par bateau ou sur des wagons et payer encore un
supplément de quelques francs. Ajoutez qu'un fondeur peut être voisin, et que tel autre sera très-éloigné du marché, ce qui augmente les dépenses. On peut donc avancer qu'il en coûte parfois autant pour transporter le cuivre sur le marché, payer les intermédiaires et l'escompte aux acheteurs, que pour le fabriquer avec les minerais les plus riches.
M. Le Play a longuement détaillé les frais de fabrication du cuivre par la méthode galloise ; mais comme il ne paraît pas avoir eu à sa disposition la comptabilité des établissements où il avait été admis, ses chiffres ne peuvent faire autorité. Il est à peu près impossible, quelles que soient les connaissances que l'on ait de la théorie et de la pratique de la fabrication du cuivre, et si grands que soient l'habileté et le jugement dont on soit doué, de déterminer avec certitude de tels éléments en se basant, soit sur un simple examen, soit sur les données fournies par des conversations d'ouvriers. A la suite de ses études, à Swansea, M. Le Play pensa que la fonte de cuivre pourrait s'installer avantageusement sur la Méditerranée, à Caronte, près de Marseille, et il préconisa la création d'une usine sur ce point. Il n'hésita même pas à avancer qu'il n'y avait pas de localité sur le continent où l'on pouvait essayer avec plus de chance de succès le traitement métallurgique des minerais de cuivre. Confiants dans ces assertions, quatre établissements s'élevèrent près de Marseille: les usines de Garonte, du Rouet, de Septèmes et de Bouc. La dernière avait cessé de fonctionner en 1 854 et il n'en existait plus aucune en 1 858. *
On pratiquait dans ces usines une méthode intermédiaire entre celles du continent et du pays de Galles ; on employait simultanément les fours à manche et les fours à réverbère. On a donnée à la page 369, un aperçu de la méthode mixte qu'on avait tenté d'y appliquer.
Formule de Sir William Logan sur le prix de la fonte de cuivre. — A l'époque ou Sir William Logan s'occupait de la fabrication du cuivre, il avait noté avec soin le prix exact de chaque opération et en avait déduit pour calculer le prix de revient de
Topération entière, avec desmineraisde teneur différente, la formule suivante, savoir : 12^"*- 50 par tonne de nsinerai, en ajoutant 2^''* 50 par unité, pour 100 de rendement déterminé par la méthode d'essai des Gornouailles. Cette formule comprend tous les frais, depuis l'achat du minerai, sans le transport, jusqu'au raffinage du cuivre inclusivement; elle était applicable à tous les minerais sans exception. Mais il est évident que cette formule change avec le prix de la main-d'œuvre et du combustible^ et ces deux éléments importants de dépense, ont augmenté notablement depuis le temps où celui-ci dirigeait, avec M. Starling Benson, leui' usine à cuivre. Un fondeur nous assurait récemment que la formule en question, en comptant sur 2''* 15 au lieu de 2^*^*50 par unité de teneur, donnerait de meilleurs résultats. En examinant la balance d'une des plus grandes compagnies de Swansea, nous avons constaté qu^ainsi modifiée, cette formule donnait à peu près la même sonmie que celle indiquée pour la dépense du traitement. En effet, supposons que la teneur moyenne des minerais traités soit de 8 pour 100, les frais de fonte d'une tonne de cuivre seront de :
100(12fr. 50 + (8X2 fr. 1»)
i — ^ = 370 fr.
A la fin de 1859, les mineurs recevaient 2,250 francs par tonne de cuivre contenu dans le minerai , alors que le prix de vente était de 2,800 francs ; les fondeurs réalisaient donc un bénéfice de i87^'-50. Mais ce chiffre ne représentait pas le bénéfice net du fondeur , car il y a certaines dépenses , afférantes à la vente du métal, comme l'escompte, etc., qu'il faut en déduire.
Les frais de réduction dans de grandes usines, seraient, d'après un fondeur, de 29^^* 15, en moyenne, par tonne de minerai, dont le coût, par rapport au cuivre, n'excéderait jamais 250 francs, et souvent serait moindre.
Frais d'établissement d'une usine à cuivre et capital nécessaire. — Ces frais sont évidemment subordonnés aux localités ; on peut être obligé de construire des quais dispendieux, et dans tous
les cas, il faut une étendue de terrain considérable pour y déposer les scories, les cendres et les autres résidus. Les usines les plus ordinaires, si on veut réaliser quelques bénéfices, doivent produire avec un bon mélange de minerais, rendant en moyenne 1 0 pour i 00, au moins 4,100 tonnes de cuivre raffiné. De pareiilles usines doivent renfermer dix-huit fourneaux, soit six fours de grillage et douze autres, avec tous les accessoires ; dans ces conditions, les frais d'établissement peuvent s'évaluer à 250,000 francs. Les fours de grillage valent chacun 6,000 francs, sans l'outillage, etc. 11 faut en outre,' pour fonds de roulement, un capital de 895,000 francs; ce qui forme un total de 1,125,000 francs. Si ces usines étaient construites en vue d'un développement futur, on pourrait les doubler, avec 50 pour 1 00 du capital primitif.
Le combustible est la plus grande source de dépenses ; aussi, est-il essentiel de choisir une localité où le charbon soit de bonne qualité et à bon marché. La consommation de combustible dépend nécessairement de sa qualité, de la nature du minerai et de la conduite du travail ; cependant, dans des usines de la consistance que nous venons d'indiquer , on peut évaluer la consommation annuelle de combustible à 20,000 tonnes environ, soit à 1 8 tonnes de charbon par tonne de métal provenant de minerais rendant 10 pour 100 de cuivre.
Les frais de traitement suivent aussi le taux des salaires, le prix du fer, celui des briques et des autres matières qui se consomment en grandes quantités. Ou peut toutefois admettre que dans des usines placées dans les conditions indiquées , et produisant 1,100 tonnes de cuivre raffiné, ces frais s'élèvent à 240,000 fr., soit à environ 21 8 francs par tonne de cuivre. C'est uniquement le prix du traitement, non compris l'intérêt du capital, le transport des minerais aux usines et du cuivre sur le marché, les dépenses acessoires d'achat du minerai et de vente du métal et d'autres frais accidentels, dépendant des circonstances locales, de la proximité du , marché, etc.
Le bénéfice de la fonte du cuivre, est en relations avec la dis-
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position d'un fort capital et le tact commercial qu'il faut déployer dans Tachât des minerais et la vente des produits. Des hausses successives peuvent tripler les bénéfices ordinaires du fondeur, tandis qu'une série de baisses peut, non-seulement absorber les bénéfices, mais encore occasionner des pertes énormes. Les cours du cuivre sont sujets à des oscillations si considérables et quelquefois si inattendues, que les opérations commerciales sont des plus incertaines. On confond souvent la conduite de la fonderie avec celle des opérations commerciales qui s'y rattachent, mais ce sont deux choses essentiellement distinctes. La fabrication du fer ou du cuivre, et l'achat de ces métaux, ne se ressemblent point; c'est ce qu'il ne faudrait jamais oublier. Un propriétaire de vastes gisements de charbon et de minerais de fer, en voyant la prospérité des fondem*s voisins qui payent ces matières un prix élevé, est assez porté à croire qu'il pourrrait lutter avec ses voisins en fondant lui-même ses minerais avec son charbon. L'expérience lui prouvera bien vite l'erreur de ses calculs ; réussirait-il pour la partie métallurgique, qu'il pourrait se tromper avec la partie conmierciale.
Intérêt dû capital. — Quand l'industrie du cuivre prospère, le capital ne rapporte que 21/2 pour 100 par an ; mais la moyenne n'est en général que de 2 1/i. On n'est pas certain, en dehors de l'intérêt ordinaire à 5 pour 100, sur une période de dix ans, de retirer 13 pour 100 du capital. Gomme exemple de cette fluctuation de l'industrie du cuivre, nous pouvons certifier que vers 1839, à Swansea, une des plus grandes compagnies, des mieux conduites, n'a pas réalisé pendant deux ans plus de 5 pour 100, et qu'une autre en 1860, a subi des pertes importantes.
Bénéfices des fondeurs au siècle dernier. — On peut garantir l'exactitude de ces renseignements dont nous sommes redevable à M. W. Edmond, qui nous a communiqué la copie des balances des usines de Languvelacken 1743 et 1745. Le capital social de 150^000 francs était divisé en quarante parts, réparties entre sept propriétaires. Du mois de décembre 1742 au mois de dé-
cembre 1743, le bénéfice s'était élevé à 109,550 fr., et de décembre 1744 à décembre 1745, à 29,610 seulement.
Grâce à M. Francis de Swansea, nous avons consulté le journal particulier d'un M. Morris, directeur des fonderies Forest, qui paraît avoir été écrit à la fin du siècle dernier. En janvier 1775, od remarque Tarticle suivant : « aperçu des bénéfices de la fonderie, 200,000 fr.; des laminoirs, 25,000 francs. >
On calculait que pour fondre, dans une année, 4732 tonnes de minerais, supposés devoir rendre 473 tonnes 2 quintaux de cuivre raffiné, il fallait onze fours de grillage, vingt et un fourneaux de fusion et deux fours d'afiinage ; on recommandait en outre mi four de grillage supplémentaire, au cas où Tun des deux autres aurait besoin de réparations. Voici quelle était la consommation de charbon par semaine :
ToDues.
21 fourneaux de fusion 370
S Id. d'affînage U
Il Id. de grillage 88
Cette évalpation d'un nommé Martin Bevan se rapporte à la vieille méthode où la matte était pulvérisée.