‹ Traité complet de métallurgieChapitre 45 sur 150 · CUIVRE ET PHOSPHORE · texte numérisé non relu

CUIVRE ET PHOSPHORE

Cuivre et phosphore. — Ces corps se combinent facilement à de hautes températures. En laissant tomber avec précaution du phosphore sur du cuivre en fusion dans un creuset, il se forme un composé riche en phosphore. Nous avons combiné de cette manière, du cuivre avec \\ pour 100 de phosphore, sans pouvoir alBrmer que le métal n'est pas susceptible d'en absorber une plus grande quantité. Un autre échantillon, préparé en faisant agir du phosphore sur des tournures de cuivre chauffées, en contenait 9, 6 pour 100. Une petite quantité de phosphore n'altère pas sensiblement la couleur du cuivre, mais en grande quantité, il rend le métal gris. Du cuivre avec 1 pour 1 00 de phosphore, est très-rouverain et ne peut se laminer sans criquer, à moins qu'il ne soit froid ou à une température très-basse. En ajoutant un peu de phosphore au cuivre fondu dans un creuset, le métal peut être coulé en un lingot compacte, et un retrait marqué a lieu pendant la solidification. Le phosphore augmente la fusibilité et la dureté du cuivre : en grande quantité, il le rend cassant à la température ordinaire ; le métal paraît être parfaitement homogène. Le cuivre renfermant 1 1 pour 100 de phosphore est extrêmement dur et se laisse à peine entamer par la lime. Il est susceptible d'un beau poli, mais il se ternit promptement, du moins dans l'atmosphère de Londres. Il est d'une couleur plus ou moins gris d'acier. Coulé sous forme de cloche, il donne un son clair, mais inférieur, comme ton, à celui d'une cloche de mêmes dimensions, composée de 7 parties d'étain et de 24 de cuivre. Lorsqu'on prépare le cuivre phosphuré par l'addition directe du phosphore au métal, il faut avoir soin de l'agiter, soit avec une tige de cuivre, soit avec un bâton carbonisé. Nous avons reconnu qu'en prenant une tige de fer, le métal contenait une quantité considérable de fer. Il avait la composition suivante :

Cuivre 95,72

Fer. 2,4i

Phosphore M^

En faisant digérer dans l'acide azotique étendu, il resta une poudre noire, insoluble, complètement exempte de cuivre et composée de 0,93 de phosphore et de 1 ,99 de fer, de sorte qu'on peut la représenter exactement par la formule Fe'^P'. Malgré cette grande quantité de phosphore et de fer, le métal se lamina à froid et s'étira en fils passablement fins (1) ; il fut laminé et tréfilé à Birmingham par d'habiles ouvriers. Berthier affirme qu'une très-petite quantité de phosphore rend le cuivre extrêmement dur et propre à faire des instruments tranchants (2). D'après nos essais^le cuivre contenant i/2 et 2 1/2 pour 100 de phosphore, n'est pas extrêmement dur, bien qu'il soit sensiblement plus dur que le cuivre ordinaire, Berzélius dit « avoir vu un couteau de cuivre phosphuré qui avait la • couleur du cuivre, maisqui noircissait graduellement à l'air (3),» Cette assertion est surprenante, et, certainement, on ne se serait pas attendu à ce que, le métal étant assez dur pour faire un couteau, ait contenu assez de phosphore pour être gris. Plusieurs phosphures définis ont été préparés et décrits par Rose, mais, ils sont sans intérêt au point de vue métallurgique; ils sont facilement décomposés par le grillage (4). La. quantité maximum de phosphore que. le cuivre est capable de fixer, à une haute température, est évaluée à 7,7 pour 100 (5), tandis que, suivant Berthier, elle est de 20 pour 100. Quand on prépare le cuivre phosphuré en combinant directement les éléments, il y a nécessairement une perte considérable de phosphore par volatilisation. Les expériences suivantes sur la préparation du cuivre phosphuré, ont été exécutées dans le Laboratoire métallurgique.

i. — Par M. R. Smith. Du phosphate de cuivre (2 Cu O, PO'+aq) fut réduit par du charbon. Le phosphate avait été préparé

(1) Chemical Gazette, t. V, p. 1.

(2) Traité det Essais, t. II, p. 410.

(J) Traité de chimie, 2* édition, t. II, p. 5.14.

(4) Bepzélius. Ja'ires-Bericht, 1j<42.

(ô) Berzélius, id.

Page 1