‹ Traité complet de métallurgieChapitre 81 sur 150 · MÉTHODE RIVOT ET PHILLIPS · texte numérisé non relu

MÉTHODE RIVOT ET PHILLIPS

Cette méthode fut suggérée en 1845, par M. Rivot, professeur de docimasie à TÉcole des Mines de Paris, et M. Phillipps, durant !c cours des tentatives faites à cette époque en Angleterre, pour extraire le cuivre métallique, par une action de courants voltaîques, des minerais sulfurés préalablement grillés. Les détails sui* vants sont extraits d'une description manusciite.

Des minerais sulfurés de cuivre, exempts d'étain, d'antimoine et d'arsenic sont réduits en poudre et grillés à une chaleur modérée, terminée par un bon coup de feu. On charge, dans un four à réverbère bien chaud , un mélange de minerai grillé avec de la chaux ou du sable et des scories d'une opération précédente, en quantité suffisante pour déterminer la fusion complète de la matière, afin que tout le cuivre existe à l'état de silicate dans la masse fondue. Quand tout est bien fondu, on introduit alors dans le bain des barres de fer plates, en engageant leurs extrémités dans les cannelures disposées à la paroi opposée à la porte de travail, et de part et d'autre du trou de coulée. Le cuivre est précipité du silicate par le fer, et tombe sur le bas de la sole d'où on le fait couler; il se forme une proportion équivalente de silicate de protoxyde de fer. Il faut avoir soin de maintenir les barres de fer plongées dans le bain liquide, au-dessus de la surface du cuivre qui s'accumule en dessous, et qui, au contact de ces barres, deviendrait très-ferreux. Il est nécessaire aussi, de jeter quelque peu de charbon sur le bain, pour empêcher le protoxyde de fer en combinaison avec la silice de passer à un plus haut degré d'oxydation, ce qui diminuerait la fluidité de la masse et nuirait à la complète séparation du cuivre.

Lorsque des minerais de cuivre tenant de l'étain, de l'antimoine et de l'arsenic sont soumis à ce traitement, ces métaux passent plus ou moins complètement dans le cuivre réduit. Cette méthode a été expérimentée à Grenelle, près de Paris, en opérant avec des charges

de minerai grillé de 1 50 à 170 kilo. On a constaté t que TactioD des barres de fer, sur un silicate métallique fondu contenant de 2 à 3 pour i 00 de cuivre, est énergique et rapide, et que trois à quatre heures sufiisent pour appauvrir la scorie jusqu'à la teneur de 0,004 à 0,006; le cuivre obtenu est exempt de fer.»

On a calculé qu'avec des minerais rendant 8 pour 1 00 de cuivre, les frais spéciaux rapportés à 1 ,000 kilo, de cuivre obtenu seraient de 320 fr., et avec des minerais de 25 pour 100 de rendement, 102 fr. seulement. On a estimé en outre qu'avec des minerais d*une teneur de 8 pour 1 00 de produit, la balance en faveur de ce procédé, comparé à la méthode galloise, ne serait pas moindre de 17 pour 100 pour les frais de traitement de 1,000 kilo, de minerai, ou de 175 francs par 1 ,000 kilo, de cuivre.

Comme cette méthode n'a jamais été adoptée, il est à présumer que les avantages annoncés par les inventeurs, n'ont pas répondu à leur attente (1).

Fonte des scories riches de cuivre^ au demi-haut fourneau.

En 1 859, M. Hussey Vivian prit un brevet (2) pour des perfectionnements apportés à la fonte des minerais de cuivre ; ils sont décrits dans le mémoire annexé à ce brevet , qui est tombé en déchéance, parce que l'inventeur négligea de remplir les conditions usitées.

Autrefois, la méthode ordinaire de fusion des minerais de cuivre sulfureux consistait à les griller, d'abord à un degré suffisant, pour les amener ensuite à l'état de matte, riche d'environ 33 pour 1 00 de cuivre, que l'on grillait de nouveau, de façon à obtenir, en la refondant, une seconde matte beaucoup plus riche dont on retirait le cuivre, à l'aide d'autres opérations successives. On a reconnu que si le premier grillage est poussé assez loin pour produire une matte tenantplus.de 33 pour 100, la scorie qui l'accompagne

(1) Gomp. pend., t. XXTV, p. 617, et t. XV, p. 789. — Voir AnnaUs det Mina, 4* série, t. Xm, l^* livraison, pages 251 k 268. (S) A. D. 1859, n* 9Q2.

Page 1