‹ Traité complet de métallurgieChapitre 94 sur 150 · VOIE HUMIDE : PROCEDE BANKART · texte numérisé non relu

VOIE HUMIDE : PROCEDE BANKART

quelque temps dans le voisinage de Neath ; puis on Ta abandonné. On employait les minerais pyriteux de Cuba, qu'on broyait sous des meules : ils renfermaient en moyenne 1 6 pour 1 00 de cuivre. Le four de grillage était construit d'une façon particulière. La sole se composait de carreaux recouvrant de longs carnaux qui revenaient à travers une double voûte. On y chargeait 20 brouettes équivalant à 2 tonnes, de minerai broyé qui subissait un grillage de 24 heures, en ayant soin de le brasser de temps en temps ; Tair atmosphérique entrait librement à travers les orifices sur la face du foyer et par les portes latérales, dont on laissait la partie inférieure ouverte, sauf pendant le brassage, afin que Tair pût agir plus directement sur le minerai.

Le minerai était à Tabri des gaz de la combustion du foyer. Le minerai grillé était transporté dans des chariots en fer par des galeries voûtées, pratiquées sous la sole des fours, d'où on les enlevait avec une grue, pour déposer leur contenu sur les aires de lavage. Ces aires sont garnies de cuves de dissolution en bois, de 1",35 de section , sur 0",90 de profondeur, superposées en trois étages» l'un au-dessus de l'autre, de façon que la solution puisse s'écouler successivement des cuves les plus élevées dans les plus basses. A 0"',08 au-dessus du fond, chaque cuve est munie d'un double fond percé de trous couverts de toile, dont les bords sont fortement calfeutrés avec de l'étoupe. Une cannelle en bois sert à écouler tout le liquide qui passe entre les deux fonds. Chaque cuve est pourvue d'un tuyau de vapeur et d'un robinet. A chaque étagje se trouve un chemin à rails. Une pompe et des réservoirs servent à distribuer l'eau à l'étage supérieur des cuves; quand la toile du premier fond a été bien mouillée, on y fait tomber le minerai ; on l'égalise et on le couvre d'autant d'eau qu'on peut en mettre raisonnablement. On injecte de la vapeur à travers l'eau avec un tuyau de caoutchouc vulcanisé, vissé sur un tuyau de vapeur, jus^ qu'à ce qu'il y ait complète ébullition. On fait alors couler la liqueur dans les cuves placées immédiatement au-dessous des premières, et préalablement chargées de minerai. La chaleur développée par

les sulfates anhydres est généralement suffisante pour faire bouillir la solution déjà chaude. On fait couler de la même façon la solution de ces cuves dans celles du troisième rang. On obtient à la fin une liqueur limpide , saturée de sulfate de cuivre , avec un peu de sulfate de fer. Le minerai restant dans les caisses est lavé avec de Teau nouvelle , aussi longtemps qu'il s'y trouve une quantité sensible de sulfate de cuivre ; en pratique, trois lessivages suffisent presque toujours pour atteindre ce but.

Sur le sol de Tusine, sont disposées à 0"^, 1 5, Tune au-dessous de l'autre, plusieurs rangées (douze environ) de cuves de précipt-tation semblables, supportées sur des massifs et remplies de fonte brisée et de morceaux de fer. La solution de sulfates s'écoule des cuves de dissolution les plus basses, dans les bassins supérieurs de précipitation , au moyen d'un caniveau placé sous la canelle des cuves. Une planche fixée à la sortie du caniveau, dirige la liqueur qui s'écoule vers le fond du bassin de précipitation. Lorsque le premier bassin est rempli, la solution, privée d'une quantité plus ou moins grande de cuivre, déborde par une rigole en plomb dans le suivant et ainsi de suite jusqu'aux derniers. Dès qu'elle a traversé ainsi la série des douze caisses environ, tout le cuivre est précipité. Il est nécessaire de frotter constamment la fonte avec un balai, et de racler les plaques de fer pour détacher le cuivre déposé et exposer de nouvelles surfaces. Le dépôt de cuivre est si abondant et si dense, qu'on peut l'extraire sous forme de feuilles. Avant d'enlever le cuivre, tout le liquide est soutiré dans le bassin immédiatement au-dessous, et on jette de l'eau fraîche sur le fer et sur le cuivre déposé pour ôter toute trace de sulfate. Après la précipitation complète du cuivre, la solution, qui renferme encore du sulfate de fer, est concentrée dans des citernes doublées de plomb, établies sur des carnaux et recouvertes de tuiles. La liqueur est ensuite envoyée dans des bassins où le sulfate se cristallise.

Le minerai lessivé, retiré des cuves de lavage avec des pelles en cuivre, est transporté dans des waggonets en bois jusque dans les ateliers de calcination où il est étendu sur la voûte des

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