‹ Traité complet de métallurgieChapitre 95 sur 150 · VOIE HUMIDE : PROCÉDÉ BANKART · texte numérisé non relu

VOIE HUMIDE : PROCÉDÉ BANKART

fours pour y sécher ; une fois sec, on le mélange avec 1 /5 ou 4 brouettes de minerai nouveau. On calcine le tout pendant i 2 heures, !es oxydes de fer et de cuivre du minerai lavé facilitant beaucoup la conversion du soufre du minerai nouveau en acide sulfurique. On lessive le produit comme au début, et on retire généralement de cette seconde calcination une plus grande quantité de cuivre que de la première. L'opération est répétée trois fois, et à la dernière, le nouveau minerai n'est plus que de la pyrite ferrugineuse. En résumé, on calcine le minerai trois fois. Chaque rangée de cuves est affectée aux périodes respectives de la calcination. La rangée la plus élevée sert au minerai nouveau; la seconde au produit de la seconde calcination, et ainsi de suite. Le même arrangement préside aux fours à calciner; c'est-à-dire que le minerai du premier rang est transporté en tête de la seconde paire de fours, et successivement ainsi jusqu'à la fin. Finalement le cuivre est fondu et affiné dans un fourneau de raffinage.

D'après M. Bankart lui-même, cette méthode soulève plusieurs objections : l"" la nécessité de broyer le minerai; 2"" une grande masse de matières à enlever plusieurs fois pendant l'opération ; 3* une perte de cuivre résultant des filtrations ; 4o un excès de cuivre dans les résidus par rapport à celui des scories des iburs ordinaires ; S"" une valeur du sulfate de fer comme produit accessoire, bien moindre que le coût du fer et de la cristallisation ; 6* des scories d'affinage qui ne peuvent être économisées comme dans le procédé de fonte ordinaire. La seconde objection pourrait, en grande partie, être écartée par une fusion préliminaire et par la concentration du cuivre dans une matte. I^a grande masse de minerai serait ainsi amoindrie d'un seul coup, et le broyage de la matte comparé à celui du minerai , causerait une très-petite dépense. L'avantage particulier de cette méthode consiste principalement dans la production d'un cuivre remarquable par sa pureté et sa malléabilité, et on eut tout d'abord l'espoir qu'elle ferait une concurrence victorieuse au procédé habituel de fonte. Des expériences furent faites dans ce sens, sous la direction de M. Richard Philipps, avec

des fours de grillage pouvant traiter une tonne de niinerai à la fois; seulement, l'on crut qu'elles avaient eu lieu dans des conditions très-défavorables par rapport' à ce qu'elles auraient pu être, en opérant sur une plus grande échelle et avec des appareils plus convenables. Le minerai contenait 1 2,62 pour 1 00 de cuivre et était passéà travers un crible percé de 18 trous par centimètre carré. M. Philipps calcula que « la dépense probable, comme combustible et comme main-d'œuvre, par tonne de cuivre précipité par le procédé de M. Bankart serait respectivement de fr. 13,95 à fr. 18,75, suivant la richesse du minerai (1). » Lorsque les procédés de métallurgie n'ont pas été bien expérimentés, il est sage de ne pas trop s'appuyer sur des chiffres de prix de revient ; les prévisions de M. Philipps, dont les calculs étaient sans doute très-consciencieux, ne se confirmèrent pas, et M. Bankart a, depuis plusieurs années, renoncé à ce procédé auquel il avait ajouté pleine confiance, pour continuer la méthode ordinaire de fusion. La logique des faits est inexorable, et quand il s'agit d'inventions, il ne faut pas chercher d'autres guides; ainsi, M. Phillips reconnaît dansson rapport que la quantité de cuivre perdu dans les résidus n'est pas moindre de 0,62 pour 100, c'est-à-dire bien supérieure à celle qui se perd dans la scorie des fours ordinaires. •

Les principes exposés rendent parfaitement intelligible la théorie du procédé Bankart. Il y a toutefois un point qui demande à être expliqué : à savoir l'emploi de la pyrite de fer seule dans le der^ nier grillage. Quand ce sulfure est grillé dans des conditions convenables, il se produit d'abord du sulfate de protoxyde de fer, qui se décompose entièrement, car l'acide sulfurique se dégage et le sesquioxyde de fer reste comme résidu fixe. Le sulfate de protoxyde de fer est décomposé à une température plus basse que le sulfate de protoxyde de cuivre. D'où il suit que dans le dernier grillage , la pyrite de fer est utilisée pour fournir de l'acide

(1) Prinied Copy of Report of Richard Phillips, etc.; on M. Frederick Bankart^s* P«lent Procès» for rediicing Copper Ores. Craig^s Court, 26 no?. 1847. Ce calcul ne comprend pas le fer nécessaire à la précipitation.

Page 1