VOIE HUMIDE : PROCÉDÉ ESGALLE
sulfurique à tout oxyde de cuivre qui pourrait se trouver dans le minerai calciné, et qui sans cela ne serait pas extrait.
PROCÉDÉ DE M. ESCALLE (1).
Cette métiiode pratiquée, il y a quelques années dans le voisinage de Marseille, à Tusine de Caronte, n^a pas donné de résultats bien satisfaisants, du moins au point de vue pécuniaire. Le minerai (sulfures et pyrites de cuivre) broyé en poudre très-fine, était grillé dans un four à réverbère à double sole.
Le grillage avait lieu sur la sole la plus élevée; on travaillait 1000 kil. en douze heures, avec une perte en poids d'environ 1 7 pour 1 00. Le grillage terminé, le minerai humecté avec de Tacide cblorhydrique à 16^ (densité 1.124) était ramené sur la première sole; chaque charge pesait 250 kil. qu'on brassait activement de manière à former une pâte, et la réaction avait lieu sous l'influence de la chaleur du foyer. La chloruration durait trois heures, au bout desquelles on défournait et l'on portait la matière dans des bassins où Ton faisait arriver de Teau. Après dissolution des chlorures dans Teau, on décantait la solution dans des bâches en bois, où Ton introduisait en même temps une dissolution de polysulfure de calcium.
On obtenait ce polysulfure en faisant fermenter pendant quelques jours des marcs de savonneries ou des résidus de lessivage des fabriques de soude, matières sans emploi et qui sont si abondantes dans la préparation « de la soude et du savon. » Ces résidus sont formés de sulfure de calcium, de chaux et de carbonate de chaux, dont la « fermentation » produit un polysulfure de calcium soluble. On lessivait et c'est avec cette dissolution qu'on précipitait le cuivre de la solution chlorurée.
Le cuivre était d'abord précipité à l'état de sulfure noir, les autres métaux ne se précipitant que plus tard. Dès que le liquide ne bleuissait plus par l'addition de l'ammoniaque, on cessait d'ajouter
(1) V. Bulletin de la Société de l'industrie minérale, t. III, 4* livraison, 1858. Notice fur le» usinée d cuivre et les usines à antimoine des Bouches-'du^Rhône, p. 550.
du polysulfure de calcium; on décantait alors et on recueillait du sulfure de cuivre précipité. Ce précipité cuivreux était recueilli, égoutté, séché, comprimé et ensuite moulé en pains; l'on obtenait ainsi un sulfure de cuivre (CuS), avec excès de soufre, presque chimiquement pur. C'est ce minerai artificiel qui était réduit dans un four à manche ordinaire, avec addition de charbon, par couches successives. Le produit consistait en une masse noirâtre scoriacée, une sorte d'épongé de cuivre, mêlée de globules métalliques; l'acide sulfureux engendré dans cette opération, était renvoyé aux chambres de plomb de l'usine à soude. L'éponge de cuivre était refondue, sans aucune addition, dans un four à réverbère et donnait en peu de temps du cuivre métallique très-pur.
PROCÉDÉ HAHNER.
La description de ce brevet (1) n'est pas, à tous égards, des plus intelligibles. Si nous avons bien compris, ce procédé consiste essentiellement à exposer de l'oxyde de cuivre mélangé à du chlorure de sodium et à de la silice, à la chaleur rouge d'un four à réverbère; il se produit alors, dit-on, du chlorure ou de l'oxy chlorure de cuivre et du silicate de soude. Les minerais dans lesquels le cuivre existe à l'état d'oxyde n'ont besoin que d'être pulvérisés, mais les sulfures doivent être d'abord grillés à basse température. Si le minerai ne contient pas de silice, il faut en ajouter environ 10 pour 100. Le chlorure de sodium, ou un autre chlorure est intimement mêlé avec un poids égal de minerai grillé, puis humectés ensemble, t Ce mélange de minerai grillé et de chlorure, aussi intime que possible, est introduit dans un four chauffé au rouge vif et brassé d'une manière continue jusqu'à ce que l'odeur d'acide chlorhydrique cesse d'être perceptible et que le minerai commence à adhérer aux outils. » On le retire alors du four qu'on charge de nouveau» Le produit grillé est ensuite lessivé, encore chaud, si c'est possible, avec de l'eau acidulée par de l'acide chlorhydrique, ou sulfurique, ou par un autre acide. On obtient ainsi